DE L INDICATIF
amà {v)ij
aimai,
amàstij
aimas,
amâ {v) it,
aimât, puis aima.
amâ \v) imus,
aimâmes^.
amâstiSj
aimastes, aimâtes,
amàruntj
aimèrent.
Les formes amasti, amas lis, amarunt, sont des contractions classiques pour amavisti, amavistis, amaverunt.
De même encore l'imparfait du subjonctif français s'est formé du plus-que-parfait du subjonctif latin contracté : aimasse vient de amassem, contraction de amavissem.
Quant aux temp3 passés, nous l'avons vu, ils se forment du participe passé latin et de l'auxiliaire être ou avoir :fai aimé correspond à habeo amatum.
L'emploi des verbes auxiliaires pour la formation des temps passés dans lee verbes actifs et neutres, et pour celle de tous les temps dans les verbes passifs est donc une particu-
1. Cette désinence ornes que nous trouvons dans le français du moyen âge, et surtout dans le dialecte picard, est presque latine et s'est conservée dans nous sommes {sumus). Elle a donné naissance à onSf par la chute de r^ ; aimom's.
2. R La première perjonne du pluriel (du parfait) est, dans les plus anciens textes bourguignons et normands écrite sans s intercalaire : péchâmes, arrivâmes. Mais de bonne heure les textes picards intercalèrent une«.' levasmes^ feismes. Cette lettre est une faute, car il n'y a point à's dans la personne correspondante du temps latin ; mais \'s picarde s'étant propagée, la langue du seizième et du dix- septième siècle Ta recueillie, et celle de notre temps l'a remplacée par un accent circonflexe tenant la place de ce qui, en réalité, ne manque pas.» (Littré, Histoire de la langue française^ ir, 130.)
larité remarquable de la langue française. Cependant on trouvait déjà en latin des locutions où le verbe avoir (haàet^é) perdait son sens particulier de posséder pour n'être plus qu'un auxiliaire. Il y avait donc deux formes pour le parfait : Tune, synthétique^ comme rfm (j'ai dit), /)aram (j'ai préparé), indiquant que l'action avait été faite, et une autre, analytique^ comme dictum haheo^ paratum habeo^ indiquant non seulement que l'action avait été faite, mais qu'elle avait été complètement achevée.
En latin, le verbe ess^,qui signifiait être^ était défeclif : il empruntait son participe futur futwms et six de ses temps passés (parfait et plus-que-parfait de l'indicatif et du subjonctif, futur anlérieur de l'indicatif, parfait de l'infinitif) au verbe inusité *fuere dont la racine fu se retrouve en grec, et signifie naître et croître^. L'une des formes de l'imparfait du subjonctif (forem) et du futur de l'infinitif {fore) dérivait de la racine fo qui n'est qu'une modification de /m.
Il en est de même en français. Le verbe être emprunte ses temps ;
1® à *essere^ infinitif barbare pour esse; 2° au verbe *fuere; 3** au verbe stare.
*Essëre a donné d'abord estre, ipuisêtre, par la chute de la syllabe brève se et l'épen thèse d'un t^. C'est à tort qu'on a fait venir être de stàre^ qui est accentué surs/â, et quia donné régulièrement le verbe ester, qui n'est plus usité que dans l'expression ester en justice, c'est-à-dire poursuivre judiciairement une action*. L'indicatif présent et le subjonctif présent sont calqués sur les temps correspondants latins :
i. C'est à cette racine que se rattachent les mots physiologie f physionomie^ néophyte^ zoophyte^ foin^ fanera fécond et tes dérivés.