‹ Notions élémentaires de la science sociale de FourierChapitre 28 sur 34 · OIVoXn ISATlOÏt · texte numérisé non relu

OIVoXn ISATlOÏt

blique, est répntéc honorable; de plus, le principe de la division du travail, poussé partout à ses dernières limites , en rend chaque partie d’une exécution facile et rapide.

Alors, quelle métamorphose dans l’activité sociale ! On verrait la plupart des hommes, et jusqu’à ceux dont l’intelligence est la mieux douée pour les études contemplatives, prendre part avec empressement aux travaux de la campagne, ou exercer quelque profession industrielle, pourvu qu’ils n’y fussent pas enchaînés, et qu’ils pussent les quitter avant que la satiété arrivât, pour retourner à leurs études favorites. Quel charme ne résulterait pas de cette variété d’occupations ! Quelle influence elle exercerait, sans la santé des corps et des esprits , sur la richesse publique, qui profiterait de toute cette activité nouvelle ; sur les hommes d’étude, qui trouveraient dans ces occupations accessoires une distraction fructueuse ; sur les prolétaires qui pourraient s’élever aux travaux de l’esprit; sur la vie humaine tout entière.

« Quelques-uns diront que la frequente » variété des séances consumera beaucoup de » temps en déplacements : il en coûtera de «cinq à quinze minutes, moins d’un quart « d’heure eu moyen terme, pour les déplace-

» menti) champêtres ; car ou emploiera de « grandes voitures légères, à dix-huit per- >, sonnes, pour le transport des groupes agri- .. coles, et moitié moins à l’intérieur, où 1 on » circule par le moyen de la rue.-galcrie, qui >i joint entre eux les corps de logis parallèles » au moyen de couloirs sur colonnes.

Ceux qui regrettent ce chômage sont coin- » parables à celui qui proposerait de suppri- » mer le sommeil, parce que c’est un temps « perdu pour l’industrie. C’est accélérer l’in- » dustrie que de lui ménager des repos : le « travail passionné des harmoniens sera arn dent, ils feront en une heure ce que ne fout ii pas eu trois heures nos salariés lents, malaii droits, ennuyés, musards, s’arrêtant ets’ap- » puyant sur leur bêche, dès qu'ils voient » passer un oiseau. L’ardeur des harmoniens n au travail deviendrait donc un excès nuisi- » ble, si elle n’était tempérée fréquemment » par les relâches qu’exige le changement de « séance. Mais les critiques veulent toujours » juger le mécanisme sociétaire d’après les cou- » tûmes et moyens du système civilisé. »

(Nouveau Monde industriel, p. 81, 82.)

4 T a plupart des travaux productifs, et principalement ceux de culture, de fabricat ion et de ménage, s’accomplissent aujourd’hui

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au milieu de conditions matérielles qui blessent de mille façons ce besoin de propreté, de bien-être, de luxe, qui est plus ou moins vivement senti par tous les hommes : ateliers malsains et sales, outils grossiers, vêtements repoussants, exhalaisons fétides, tout semble réuni pour choquer les sens et inspirer le dégoût du travail. Dans les campagnes, à peine la demeure de l’homme est-elle distincte de celle des animaux. L’échoppe du petit artisan est le plus souvent un infect cabanon, qui lui sert encore de cuisine, de salle à manger et de lieu de repos. Le cœur du riche se soulèverait à la seule pensée de vivre dans un tel bouge. El que dirai-je de ces grands ateliers industriels où la sauté de l’homme est inévitablement frappée? de ces mines où les travailleurs Testent douze heures par jour enlouis loin de la lumière du soleil ? il est vra que ces sortes de travaux sont des plus productifs.... pour les capitalistes.

Eh bien ! ces conditions de travail, même lorsqu’elles ne tuent pas rapidement l’ouvrier, entraînent plusieurs conséquences funestes. En influant fatalement sur sa santé elles influent sur toute sa vie, sur sa vieillesse, sur la constitution de ses enfants, qui naîtront avec un germe fatal; elles tendent à détruire tout sentiment élevé dans la classe

ouvrière, tonte délicatesse de mœurs, de for. mes et de langage ; enfin, elles contribuent plus fortement qu’on ne l’imagine à accroître la fatigue et les dégoûts du travail.

Dans la commune associée, tout se passe autrement l’homme n’y étant pas sacrifié à la matière, c’est le bien-être des travailleurs qu’on se propose pour premier but. Les ateliers sont grands, splendides, luxueux; les instruments de travail réunissent la commodité à l’élégance; chaque ordre de fonctions a ses costumes de fatigues et d’apparat, pittoresquement appropriés à la tâche; les corporations rivalisent entre elles de magnificence 1 ; enfin, tous les arts, jusqu’à la musique (en fiton jamais un plus noble usage), viennent, par leurs gracieuses fantaisies , charmer l’imagination du travailleur, exalter son ardeur et ses forces, et jeter leurs prestiges sur les plus humbles fonctions.

« Dans les campagnes, dit Fourier, les sar- » i'aus gris d’un groupe de laboureurs, les sar- » raus bleutés d’un groupe de faucheurs, se- " ront rehaussés par des bordures, ceintures

1 Comme cela se pratiquait en Italie, au xvi"' siècle dans les corporations d’artistes. (Voyez les maîtres Mosaïstes par G.-Sand.)

» et panaches d’uniforme , par des chariots » vernissés, des attelages à parures peu coù- » teuses, le tout disposé de manière que les » ornements soient à l’abri des souillures du » travail.

» Si nous voyions dans un beau vallon dis- » iribué en mode ambigu , dit anglais, tous U ces groupes en activité, bien abrités par «des tentes colorées, travaillant par masses « disséminées, circulant avec drapeaux et ins- » truments, chantant dans leur marche des » hymnes en chœur, puis le canton parsemé u de castels et belvédères à colonnades et flè- » ches , au lieu de cabanes en chaume, nous » croirions que le paysage est enchanté, que » c’est une féerie, un séjour olympique. »

(Fourif.r, Traité d’Association, tom. n.)

Résumons-nous. Pour rendre le travail attrayant, il faut le dégager des conditions mauvaises qui l’ont accompagné jusqu’à ce ce jour.... Que les tâches soient proportionnées aux forces et assorties avec les dispositions naturelles; que le travailleur cesse d’être l’esclave de l’oisif, et qu’une légitime mesure de profits et d’honneurs lui soit assurée en raison de son utilité personnelle ; qu’une subdivision aussi extrême que possible des fonctions en rende chaque partie fa-

cile;quc la variété introduite dans le champ du travail y remplace la monotonie passée, éloigne la fatigue et favorise le développement de toute l’activité physique et intellectuelle de l’homme; enfin, que le luxe et les arts viennent embellir et poétiser le travail.

Cependant jusqu’ici nous avons à peine tou ché aux cordes les plus vibrantes de lame humaine : les intérêts du travailleur, la satisfaction légitime de son égoïsme, les conditions hygiéniques de sa vie, nous ont presque seuls préoccupés. Que sera-ce si nous tendons vers le travail, les ressorts les plus élevés de sa nature !

Quels puissants mobiles l’association ne trouve-t-elle pas d’abord dans les passions affectives ?

Dans nos tristes sociétés, l’homme est seul à tout ce qu’il entreprend: autour de lui il ne voit que des envieux. Le monde industriel, on le sait, est une arène de combat où la victoire ne s’achète que par la ruine du faible, ét souvent au prix de l'honneur. Il y a bien de tous côtés juxta-dpposition de travailleurs ; mais nul lien de sympathie ou d’intérêt ne les associe entre eux : l’œuvre de chacun est étrangère à tous, quand elle ne leur est pas funeste. Cet antagonisme cruel est si bien accépté que l’on entend répéter à l’cnvi : «. Ici-

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bas, il faut être dupé ou dupeur..:. » Quelle preuve plus flagrante pourrait-on trouver de l’impiété de notre monde? En dépit des sublimes prescriptions du Christ dont nous nous prétendons les disciples, combien parmi nous ne sont pas forcés de spéculer froidement, d’appeler même de leurs vœux la ruine de leurs semblables. « Un médecin désire à ses concitoyens de bonnes fièvres, et un procureur de bons procès dans chaque famille. Un architecte a besoin d’un bon incendie qui réduise en cendres le quart de la ville; de même de tous les états. » ( Foitrikr.)

En association, cet affligeant tableau disparaît : l’intérêt d’un seul homme ne se trouve plus en opposition avec l’intérêt de tous.

Le médecin, par exemple, au lieu de bénéficier sur la maladie, aurait tout à y perdre. Préposé officiellement à la santé d’une classe • de citoyens, c’est par le nombre des bien-portants, et non par celui des malades, qu’il est payé. De la sorte, c’est à prévenir le mal que son intérêt, d’accord maintenant avec sa conscience et le bien-être de ses clients, le porte; et l’hygiène devient à ses yeux la plus importante des sciences médicales '.

' II ne faudrait pas cependant imaginer qu’en association le médecin fût rendu pour ainsi dire responsable

Dans les carrières industrielles, la plus grande partie des fonctions seront accomplies par des groupes où le double lien du cœur et de l’intérêt unira les travailleurs. Chacun aura choisi lui-même ses compagnons et ses chefs.

Il reviendra avec d’autant plus d’empressement à sa lâche quotidienne, qu’il saura y rencontrer ceux qu’il aime; que sa subordination y sera volontaire, ou son commandement accepté avec joie : en un mot, qu’’il s’y sentira uni à un tout qui le protégera sans l’absorber. Si ce n’est pas là du véritable esprit chrétien noblement réalisé, qu’on nous dise où il se trouve.

Nous arrivons aux passions distributives, les plus énergiques ressorts du mouvement social. Elles sont, comme on se le rappelle,

des accidents qui peuvent frapper la santede scsclients, et que, dans une épidémie, par exemple, il fût obligé à un dévouement et à des fatigues plus grands sans en recevoir plus de récompenses. Une telle combinaison serait le comble de l’injustice. Il est plus exact de dire, que les profits du médecin s’élèveront en proportion du zèle qu’il déploiera non pas seulement à l’égard des malades, comme en civilisation, mais encore envers les bien-portants afin de les préserver, à l’aide des conditions générales d’hygiène, et. de conseils personnels, de toutes les maladies auxquelles ils sont exposés maintenant sens défense.

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au nombre de trois , cabalistc, composite, papillonne. (Voyez page 44, l re partie.) Leur influence est déjà grande aujourd’hui; mais souvent plus funeste que salutaire.

En civilisation, la cabaliste n’est pas seulement cette généreuse émulation qui grandit l’homme, tend toutes ses facultés vers un but glorieux, et enfante les merveilles; plus souvent, au contraire, elle devient cette jalousie haineuse et basse qui souffle la calomnie,inspire les sourdes intrigues, arme deux nations l’une contre l’autre, rend l’homme fratricide et impie.

Si la composite ou passion de l’accord ravit, comme par un mouvement électrique, les volontés de lamukitude, inspire les grands dévouements, transforme tout d’un coup un soldat en héros, et, sous le nom de patriotisme , devient le plus ferme rempart des libertés publiques; c’est elle aussi qui, sous l’inspiration de l’orgueil, ce lils aîné de l’ignorance, à la voix du fanatisme religieux ou politique ,. sous les suggestions d’une éloquence corrruptrice, remplit le monde de crimes : les sanguinaires émeutes, l’aveuglement de l’opinion publique et ses .iniques lâchetés, l’émulation pour le mal et ces cris insensés qui retentissent, dans l’histoire, autour de tons les

Christs de l’humanité : « crucifiez-le, que son sang retombe sur nous et sur 110 s enfants ! »

Enfin, quelqu’avides que nous nous montrions de variété dans nos plaisirs, il est malheureusement vrai que, dans un monde où l’ordre est si peu réel, la passion du changement serait de nature à jeter le trouble dans le mouvement général de la société, comme elle y est funeste aux intérêts individuels.

Aussi flétrissons-nous des noms de légères , de superficielles , ces natures faciles et fécondes pour lesquelles la variété est un besoin indispensable , tandis que nous prisons fort les esprits souvent étroits qui peuvent se prendre à un point unique, s’y fixer avec opiniâtreté, s’y incarner, et ne lâcher prise que décrépits et stupides, mais enrichis. Encore un coup, là où l’homme marche isolé, sans avoir de secours à attendre de ses semblables, cela est logique. Il s’agit bien d’équilibre de facultés dans un monde où les trois quarts des travailleurs luttent encore contre la faim !

Nous allons examiner quel sera le rôle nouveau des trois puissantes passions que nous venons de caractériser dans notre organisation du travail.

D’abord, par le fait seul de l’association,

la carrière éniulative se trouve complètement déplacée. Je ne saurais plus chercher mon profit dans le mal de mes rivaux, puisqu’une intime solidarité unit nos efforts. Et puis la cupidité individuelle n’est-elle pas tout d’abord émoussée par la garantie du mini-

Adieu les spéculations tortueuses, les renommées de réclame, les roueries de l’agiot : tout se fait au grand jour et par les mains de tous; la seule voie ouverte aux intérêts particuliers, c’est la voie des intérêts généraux : là, pour gagner plus, il faut plus mériter. filais aussi dans ces limites, qu’on dirait tracées à la fois par la religion et la justice, l’intérêt de chacun se trouve-t-il mieux assuré : l’association décuple toutes les ressources; le vrai mérite brille sans obstacle, car c’est pour l’intérêt général qu’il se développe, alors même qu'il ne songe qu'à sa propre satisfaction.

La solution est donc parfaite sous ce point de vue, puisqu’elle protège également bien sans les confondre les droits du citoyen et de la société.

Restent les luttes d’amour-propre qui grandiront d’autant plus que la question d’argent sera rendue moins importante par les garanties de l’ordre nouveau. En travail se-

I! TRiVVAIf.,

riaive ou associé, It: groupe a remplacé les tra- Tailleurs isolés. L’émulation subit le même déplacement: elle s’exerce de groupe à groupe : elle est même si dominante sous cette forme, qu’elle se subordonne facilement les prétentions particulières dans le sein du groupe. L’action de la composite ( passion de l'accord ) exalte le sentiment de l’unité entre les membres du groupe pour fournir une puissance plus compacte à la rivalité des groupes entre eux. C’est ce qu’on nomme vulgairement Yesprit de corps : qui n’a été frappé de son énergie ?

Un groupe a intérêt à dépasser ses rivaux, en s’élevant au-dessus d’eux, mais non en les faisant descendre ; car la ruine du vaincu re- ’ tomberait sur le vainqueur lui-même.

La rivalité de deux groupes est d’autant plus ardente que les produits de leur travail sont plus semblables. De même qu’en musique deux notes frappées ensemble discordent d’autant plus qu’elles sont plus rapprochées , et qu’aussitôt que l’on a franchi l’intervalle d’une tierce on obtient des alliances harmoniques : de même, en industrie, les groupes éloignés s’allieront pour lutter avec plus d’avantage contre leurs rivaux directs. Les deux ailes d’une série fonctionnelle se réuniront dans une rivalité commune contre les grou-

pes (lu centre qui renferment les travaux essentiels de la série.

Mieux, l’échelle des fonctions et des groupes est assortie, c’est-à-dire plus elle présente une gamme de discords et d’accords régulièrement opposés et complets, plus le jeu de la cabaliste est puissant, plus le travail offre d’attrait et devient fructueux.

Le même principe va se développant avec toute la hiérarchie des fonctions. La série entière lutte industriellement contre une série voisine. La phalange s’agrège pour sa production favorite à une série provinciale où les mêmes intrigues se reproduisent, etc.

Mais, à tous les degrés, la rivalité d’en haut neutralise celles du même plan ’, et la grande solidarité universelle contient toutes ces luttes dans les limites du travail, de la justice et de l’honneur.

Ajoutons encore que ce qu’il pourrait rester de personnel dans ces jalousies corporatives se trouve annihilé par Vcngrènement des fonctions.

Pierre et Jean étaient rivaux ce matin dans' un groupe de moissonneurs ; deux heures

1 C’est-à-dire, la rivalité corporative des séries airàte le développement des rivalités des groupes, entr’eux de même que la rivalité corporative dns groupes domine les rivalités individuelles;

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après, ils se trouvent réunis dans une fonction nouvelle; de rivaux, ils sont devenus amis. L’émulation ne peut donc dégénérer < n haine : elle demeure enfermée dans la fonction où son influence est salutaire; elle n’atteint pas les personnes qui ne sont rivales qu’un instant.

Tel est le système de contre-poids par lequel le jeu des passions se trouve contenu au milieu même de leur essor.

Il faut songer en effet que ce mécanisme, loin de rétrécir le théâtre des ambitions individuelles , l’étend à l’infini, sans briser aucun des ressorts du mouvement général.

Partout où se manifeste une supériorité (et la variété des fonctions de chaque travailleur n’en laisse aucune méconnue ), elle devient l’occasion d’un titre hiérarchique. Le double principe de la fusion des intérêts et de l’émulation corporative réduit au silence les amourspropres aveugles, impose au suffrage de ses collègues le fonctionnaire éminent, et le porte nécessairement, d’échelon en échelon,'jusqu’au faîte de la hiérarchie.

Voilà donc, si on y prend garde, le jeu de la cabaliste, le mobile passionnel le plus redoutable régularisé. Cette passion que Fourier appelle avec énergie la passion du discord; ce dissolvant perpétuel de l’ordre

civilisé , la source capitale, après le paupérisme, des crimes de ce monde : la voilà transformée , disciplinée ; elle sera désormais le soutien le plus énergique de l’ordre ; comme un irrésistible aiguillon, elle poussera chaque homme à travailler au bien-être de ses semblables au nom même de son égoïsme et de sa propre gloire.

Ou nous nous abusons fort, ou il existe un rapport providentiel entre ces conquêtes de la science sociale sur les forces libres et incompressibles de l’âme humaine dont l’ignorance méconnut si longtemps la valeur, et ces découvertes d’un autre ordre qui soumettent à notre volonté les puissances les plus formidables de la nature.

Les unes et les autres n’ont-elles pa’s été tour à tour divinisées par la crainte et maudites par le préjugé,jusqu’à ce que le génie de l’homme eût calculé les lois de leur action. Voyez ; l’électricitc, la foudre, la vapeur, le feu, les gazes les plus destructeurs, et jusqu’à ces poisons qui foudroient : que de puissances naturelles, non-seulement légitimées par la science,à titre d’agents salutaires de la vie générale, mais encore devenus les serviteurs soumis de l’homme !...

Que dirons-nous de la composite envisagée comme stimulant du travail sociétaire ? Ne

•suffit-il pas d’y songer un instant pour se représenter quel élan d’enthousiasme emportera ces travailleurs unis à tant de titres, sollicités par d’aussi puissants attraits ?.Qui

voudra rester inactif au milieu d’une vie si variée, si gaie, si utile ? Quand toutes les récompenses, tous les honneurs seront pour l’activité et le dévouement, quel est le riche qui ne secouera pas son oisiveté et son ennui pour prendre part à cette existence si. pleine d émotions, de contrastes et de mouvements ; de rivalités vives et généreuses et de nobles ambitions?...

L’inflbence de la papillonne sur le travail sériaire a été indiquée ailleurs (voyez p. 189): nous n’y.reviendrons pas. Mais peut-être le lecteur, comprend-il mieux en ce moment combien il était nécessaire de ne pas négliger ce mobile passionnel dans une combinaison qui a pour but d’exalter l’ardeur du travail, tout en se préoccupant de l’hygiène physique et morale du travailleur ; d’ouvrir une car • rière immense aux rivalités, tout en resserrant les liens sympathiques qui doivent unir entre eux les rivaux; d’agrandir la puissance de production de Thomme, tout en ménageant ses forces et en respectant son indépendance. Fourier a résumé l’action des trois pas-

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sions distributives dans une funmvle.que je livre à la méditation de mes lecteurs :

La Série industrielle doit être î’.xm.téi 7 ., ri» valises ET engrexée. Exaltée par la composite (ou passion de l’accord), rivalisée par la enbaliste (ou émulation), engrenée par la;; ( ;pillonne qui produit l’agencement des séries et des groupes les uns dans les autres.

Enfin, est-il nécessaire de montrer combien le travail sociétaire donne une large satisfaction à ce besoin supérieur de justice et d’ordre, à cette aspiration religieuse qui résume toutes les tendances de l'âme humaine, l’Usi- TÉISME ?

Celte solidarité intime, ce noble dévouement au bonheur de. tous, cette fraternité vivante et pratique ne présentent-elles pas l’image-,de la plus sublime unité qu’il soit possible àThommc d’atteindre sur cette terre? 3V’est“ce pas la réalisation, du christianisme ,lans ce qu’il a de plus pur et de plus géné-

FaïRK QUE LES HOMMES S0IK5T HEUREUX ...A LE TRAVAIL ET LA CHARITÉ, Voilà Cil

deux mots notre but. Ceux qui n’ont pas vu cela dans la théorie sociétaire, n’y ont rien compris 1

A vaut d'abandonner ce sujet, le plus important qu’il nous soit possible de traiter, réunissons sous les yeux du lecteur l’ensemble des conditions dans lesquelles la théorie sociétaire veut placer le travail, en les opposant synoptiqucnient aux conditions dans lesquelles il s’accomplit maintenant.

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