‹ Notions élémentaires de la science sociale de FourierChapitre 4 sur 34 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Notre Père qui êtes aux cicux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive sur la terre comme dans le ciel; donneznous notre pain quotidien..,.

Se rallier au cri de la conscieuce universelle qui proclame l’existence d’un Dieu et qui fait remonter jusqu’à cette suprême intelligence le principe des harmonies qui éclatent de toutes parts dans la création, ce n’était pas assez pour un esprit aussi profondément religieux que celui de Fourier. Comme toutes les grandes lumières qui ont tour à tour brillé sur le monde, il devait encore raffermir et retremper notre foi; il lui appartenait de rapprocher l’humanité de Dieu.

En effet, en dévoilant à [nos regards la sublime unité des lois de la vie, en brisant cet

• 26 * )lEU antagonisme funeste qui existait partout, entre les intérêts et les sentiments des hommes, entre l’âme et le corps, entre la nature et Dieu; en un mot, en chassant pour jamais de la face des sociétés le’ hideux fantôme du Mal, Fourier n’aura-t-il pas détruit jusqu’à la possibilité de l’athéisme ? Quelle bouche pourrait encore blasphémer; quelle âme se resserrerait sous les glaces du doute, si le règne de la fraternité, du travail attrayant et de la paix féconde était inauguré sur la terre? Qui songerait à nier Dieu, si toutes ses créatures étaient heureuses ?

ta théorie de Fourier est donc pour tous ceux qui l’acceptent un magnifique argument en faveur de l’existence de Dipu; elle en fait éclater les attributs, et nous démontre la sagesse dé ses desseins. Mais à son tour, elle emprunte toute sa force à ces sublimes croyances. S’il n’y a pas une providence souverainement bonne qui veille sur le sort de 1 humanité, il est inutile de parler de progrès, d’amélioration, de bonheur; et s’il n’est pas donné à l’homme de comprendre les volontés célestes et d’aspirer sans cesse vers son Créateur par la lumière et l’ordre, il est inutile de savoir et d’espérer : le malheur, la guerre et l’abrutissement sont notre éternel partage.

C'est donc la foi qui a soutenu Fourier dans son œuvre, et qui, semblable à l’étoile (lestages, l’a guidé vers la cité sainte. Il est surtout quelques-uns des attributs de Dieu qui servent de base théologique à toute la doctrine sociétaire, et qui, réciproquement, en reçoivent une invincible force; ce sont : 1° l’Universalité de Providence, 2° l’Economie de ressorts ou Unité de système dans le gouvernement du monde, 3° la Justice distributive.

L’Universalité de Providence n’est-elle pas en effet l’expression par excellence de l’être tout-puissant et infiniment bon. Pourrait-il exister un atome qui échappât à son action, qui fût en dehors de son amour, quine concourûtpas à l’accomplissementdeses éternels desseins?» Hommes de peu de foi, disait le Christ » à ses disciples, de quoi vous souciez-vous? » tombe-t-il sur la terre un seul passereau sans » la volonté de votre père? Tous les cheveux » de votre tête ont été comptés. Ne craignez i) donc pas; car vous valez mieux que plu- » sieurs passereaux. ».( Evangile .)

Si donc l’Être suprême s’occupe avec tendresse du moindre des êtres; s’il a d’avance coordonné les destinées générales et particulières, comment aurait-il pu ne pas se préoccuper du développement harmonique de l’humanité, la première des créatures terres-

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très? «]|I1 doit donc-exister un code social » divin (que l’œuvre propre de l’intelligence » humaine est de découvrir). Si Dieu ne l’a- » vaitpas composé, sa providence serait par- '» tielle, insuffisante, limitée. Il aurait cru la » raison humaine supérieure à la sienne sous » ce rapport, qui est la branche la plus noble » du mouvement général, et il se serait de son » plein gré placé au-dessous de nous. » (Foti-

Mais ce serait peu d’avoir créé ce code social, s’il n’était pas possible àl’homme, doué de raison et de liberté, de le comprendre et de l’appliquer.

Et comment tout d’abord ce code pourraitil être accessible à notre intelligence, s’il se trouvait eh contradiction avec les loisharmoniques de l’univers? Serait-il digne delà sagesse et de la bonté de Dieu de tendre à notre raison ce piège cruel? et puis une telle duplicité d’action porterait-elle le caractère de la puissance infinie? Si nous jugeons de la perfection d’un mécanisme quelconque par la simplicité du mouvement et l’économie de ressorts qui s’y manifestent, que sera-ce de l’œuvre du tout-puissant architecte ? N’y verra-t-on pas réunies la merveilleuse économie de moyens et l’immensité des résultats : en un mot V Unité de système ne brillera-t-elle pas

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