‹ Notions élémentaires de la science sociale de FourierChapitre 7 sur 34 · L ATTRACTION · texte numérisé non relu

L ATTRACTION

égard dans une énumération que le lecteur peut facilement suppléer à l’aide de ses souvenirs historiques, croit-on qu’il y ait beaucoup d’absurdités, de crimes, d’injustices concevables à l’intelligénce humaine, qui n’aient été successivement glorifiés par ia.lûi, la morale et l’usage?

Comment s’étonner ensuite de voir tant de réactions violentes, tant de révolutions politiques, tant de catastrophes ensanglanter les annales du monde !

Les véritables bases d’une société, ce sont ses lois et ses mœurs : or, quelle stabilité peut offrir un édifice social dont les lois et les mœurs sont incessamment flottantes, arbitraires et contradictoires, plus où moins destructives de la nature humaine, ignorantes et ennemies de sa destinée ?

Il serait temps enfin de s’accorder sur ce point : est-il à propos, avant de faire des lois, de s’enquérir de la véritable nature de l’homme, afin d’harmoniser la loi, qui est par elle-même modifiable, avec la nature qui est immuable et souveraine ? ou bien faut-il a priori bâtir une loi à laquelle de gré ou de force devra se plier la nature? sauf à voir l’humanité tourner éternellement dans le même cercle de misères et de crimes, et répéter toujours : «Vérité eu deçà, erreur au-delà! »

og l’attraction.

Nous ne saurions, pour notre part, nous résigner à une conclusion qui donnerait, de Seur de toutes choses, une idee s. cruelle et si misérable. Nous croyons fermement qnü t été accordé à l’homme d’arriver par ses efforts réfléchis à la possession du bien; que le ,. np saurait se trouver ailleurs que dan:, l’intelligence et l’observation lois naturelles-et nous marchons avec confiance vers ce but en foulant aux pieds le scepticisme Cependant, qui nous guidera dans cette

jTk quel siU certain reconnaîtrons-nous

la vraieloi, ce rameau de paix, ce gage de

ïïÊfrriû

de chaque siècle, est contenue lout en- Hè°re dans ce double précepte :

. «Ne faites pas à autrui ce que vous ne vou-

comme vous

de Qudque°beUes que soient réellementccs r émules ie les trouve encore vagues. Elles

-'■tïtr

nu’une détermination prec.se de la loi.....

Toutefois, en les étudiant avec attention, on voit que la question morale y est du moins

posée sur son véritable terrain. J’y découvre, d’une part, le pressentimènt de la solidarité humaine, et, de l’autre, le dogme de la révéla* tion naturelle.

Pourquoi, en effet, le philosophe ne paraîtil chercher à la loi morale.d’autre base que la réciprocité ? sinon parce que son sentiment lui révèle qu’une solidarité intime relie entre eux tous les membres de la société ; que chaque homme fait comme partie d’un seul être collectif : de telle sorte que frapper son semblable, c’est se frapper soi-même; que travailler pour l’intérêt général, c’est travailler pour ses propres intérêts ; et cela, non seulement parce que l’homme satisfait, en agissant ainsi, le besoin de justice que Dieu a placé dans son âme; mais encore parce qu’il sent et voit qu’il ne peut lui-même vivre, développer sa puissance et être heureux que par le concours des efforts de ses semblables.

C’est donc au nom de la solidarité universelle, que les révélateurs de tous les âges ont, quoique souvent à leur insu, convié les hommes à l’accomplissement de la loi morale. Eh bien ! la solidarité est la base religieuse de toute la théorie sociétaire : bien plus,elle en est la garantie, le critérium moral et scientifique. Nous ne disons pas seuement : « Aide ton prochain, pour mériter

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