DIS OMBRES
Des Ombres solaires.
1°. La première chose à connaître est évidemment la hauteur du soleil, puisqu’elle détermine la direction des rayons lumineux. Or , cette hauteur dépend de la volonté de l’artiste, c’est— à— aire, du rapport qu’il veut établir entre la hauteur des objets et la longueur des ombres. -Il est clair que , plus le soleil sera élevé sur ' l’horizon , plus les ombres seront courtes ; q^uc plus , au contraire, le soleil se rapprocnera de l’horizon , plus elles seront longues ; de sorte que , si cet astre se trouvait dans le plan même de l’horizon , les ombres seraient infinies ; entre la plus grande élévation et la plus petite , c’est-à-dire , le soleil étant élevé d’un angle demi-droit , la longueur des ombres est précisément égale à la hauteur des objets.
2®. On peut, sans erreur sensible, considérer les rayons solaires comme parallèles entre eux; cette remarque montre pourquoi l’on distingue les ombres solaires des ombres au flambeau. Ce dernier étant considéré comme le centre d’une sphère lumineuse, les rayons lumineux qui en émanent, loin d’être paraMèles, divergent vers
Pcr»pective. ^
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tous les points de l'espace , et Ton conçoit dès-lors que les ombres qu'il produit diffèrent très-sensiblement des ombres solaires»
5®. Le soleil peut se trouver ou dans le plan du tableau , ou devant le plan du tableau , ou enfin derrière le plan du tableau; de ces trois positions dérivent les trois problèmes généiaux que nous allons résoudre.
Problème.
Trouver Tombre perspective d'un objet, le soleü étant dans le plan du tableau.
-'Soit 26) S RD l'angle qui détermine la direction du rayon solaire qu'on prend telle qu’on le juge à propos pour le but qu'on se propose ; soit D B G- 1 un plan dont on veut avoir l'ombre perspective ; faisons passer S R par l'angle B ; par l'autre angle G menons G N paraÎQèle à S R puisque les rayons solaires sont parallèles ; par les angles inférieurs D et 1 , menons les parallèles à la ligne de terre D R et IN, car lorsque le soleil est dans le plan du tahleauy V ombre de toute Ugne perpenMcuUùre sur le plan du terrain , est parallèle à là ligne de terre] ces droites auront pour limites les
Î toints où elles rencontrent les rayons so— aires. - ’
su OMBRIS. 75
Cela fait, puisque les lignes B G , D I vont au point de vue , leurs apparences dans l’ombre devront concourir en ce môme point , tirant donc par R et par Via ligne RV, cetteligne déterminera l’espacel) IRN qui sera l’ombre portée du plan B D G I sur le terrain perspectif. Si l’ombre rencontre un obstacle, les marches d’un escalier
Ï ^ar exemple 26 his. ) , on déterminera
es points où les rayons solaires toucheraient la muraille ; on conduirait toujours des pieds de Tobjet des parallèles à la ligne de terre jusqu’à la rencontre- avec le premier obstacle , la première marche dans l’exemple actuel , par les points de rencontre on élèverait des perpendiculaires jusqu’au sommet de Tangle saillant de la marche ; par les points où ces perpendiculaires rencontrent l’arête de la marche , on mènerait de nouvelles parallèles à la ligne de terre , puis des perpendiculaires , puis des parallèles , etc. , jusqu’à ce qu’enfin les rayons lumineux passant par l’extrémité supérieure de l’objet , rencontrent ces parallèles ou ces perpendiculaires, et bmitent ainsi la perspective de l’ombre.
^6 THÉORll
Problème.
Trouver Tombrè perspeclive d’an plan, le soleil étant en avant du tableau, c'està-dire derrière le spectateur.
11 faut imaginer ^ue le soleil est dans un point du ciel , place au-dessous de rhori— zou diamétralement opposé à celui où il se trouve réellement au-dessus. Soit B la chute des rayons sur le parquet, on élèvera de ce point une perpendiculaire jusqu’à la rencontre de l’horizon en Â.
Supposons maintenant qu’on veuille déterminer perspectivement l’ombre du plan MGCD(^^. 27 )\ des points CD, on tirera au point Aies droites DA CA; des points su- ' périeurs M G on tirera au point B les droites M B , G B ; les intersections 1 , 2 de ces cjuatre droites déterminent les limites de 1 ombre du plan.
Si l’ombre rencontre un obstacle , on la déterminé en élevant perpendiculairement la ligne d’ombre partant du, pied de l’objet, le long de la surface qui l’arrête. Si c’est uu escalier , cette ligne étant arrivée ' à l’arête de la première marche , devra être dirigée au point A, encore élevée perpendiculpTeraent s’n y a d’autres marches, et
nînsi de suite jusqu’à ce que le rayon du point supérieur de l'objet limite la longueur • de cette ligne d’ombre en la remontrant.
Ombre perspective d'un Plan, le soleilétant situé derrière le Tableau.
Soit le point S (/?§"• 28 ) , le point où passe le faisceau barallèle de rayons lumineux ; du point S abaissez une perpendiculaire S A ‘ sur la ligne d’horizon , soit C BD Eleplan dont on veut avoir l’ombre perspective ; par les points inférieurs D E du plan tirez au point A les droites AD M, A ET que l’on recoupe ensuite en M et T, par les droites menées du point S passant par les points supérieurs C, B; on obtient ainsi l’ombre perspective D E M T du plan D E CB.
Bien que dans le dessin et la peinture il soit permis de faire venir le jour d’où l’on veut , et de supposer que le soleil est dans tel point du’ciel que l’on aoubaite , cependant le goût indique assez qu’on ne doit point en général , le supposer en face du tableau , ni en avünt ni en arrière ; car si la lumière venait directement du côté de l’œil , les objets élevés sur le plan du terrain seraient presque tous éclairés ; ils se-
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raient aii contraire tous dans l’ombre , si la lumière venait du coté opposé ; ce qui dans Tun et l’autre cas produirait un mauvais effet.
Ombres au Flambeau,
En général , V apparence d’un corps opaque et d’un corps lumineux dont les rayons sont divergens étant donnés , on trouvera l’apparence perspective de l’ombre par la metbode suivante :
. 1 ®. du corps lumineux qu’on considère dans ce cas comme un point , et qu’on suppose déjà rapporté sur le plan du tableau de manière qu’on sache en quel endroit l’œil doit le voir, qn abaissera une perpendiculaire sur le plan géométral , ou plutôt on cherchera dans le plan perspectit la posi— tion du point sur lequel tombe une perpendiculaire tirée du centre du corps lumineux ; 2® des différens angles ou points élevés de ce corps, abaissez desperpen— diculàires sur le plan ; S® joignez les points sur lesquels tombent les perpendiculaires>^ par des droites avec le point sur lequel tombe la perpendiculaire qu’on a abaissée du corps lumineux et prolongez ces lignes vers le côté opposé au corps lumineux; 4® par les angles les plus élevés du corps .
DBS OMBRBS.
opaque et par le centre du corps lumineux, tirez des li^cs qui coupent les premières , les points d^intersection seront les limites de Tombre : ainsi si l’on demandait la perspective de l’ombre du prisme AB C D E F {fig- 2S), comme les lignes A D, B E et C F sont perpendiculaires au eéométral et que L M est aussi pe^endicujaire à ce plan , tirez les drooites G ]\I et II M par les points M D et E : par les points élevés A et B tirez encore les droites G L et II L qui coupent les premières en G et H : puisque l’ombre de A D se termine en G , que celle de B E se termine en H et que les ombres de toutes les droites conçues dans le prisme donné, sont comprises entre les points G , H , D , E ; G D E H sera l’apparence de l’ombre pr(qetée par le prisme.
Cette construction suppose au reste que l’élévation de l’œil est la même que celle du corps lumineux. Sans multiplier inutilement les figures , on voit assez ce que l’on aurait à faire pour obtenir l’ombre sur un mur d’une ligne quelconque , d’un bâton droit ou incl'né , par exemple , dont on aurait la perspective dans le tableau.
Il sufllrait tie conduire par' le pied du flambeau, c’est-à-dire par le lieu perspectif du point où la perpendiculaire abais-
Di
8o TnÉoms des om&res.
sée du flambeau rencontre le sol, il suffirait dis-je de conduire une droite par ce point et par le pied du bâton jusqu’à ce qu’elle rencontrât la muraille ; du point où cette li^ne rencontrerait hi muraille, on élèverait une perpendiculaire au sol c^u’on recouperait par la droite menée par 1 extrémité supérieure du bâton et par le centre lumineux ; l’on obtiendrait ainsi de l’autre côté du flambeau par rapport au bâton une ombre composée de deux parties, la première sur le sol depuis le pied du bâton jusqu’à la muraille , la seconde verticale et limitée d’abord par le point où la première droite de notre construction a rencontré la muraille , et ensuite par le point où la droite menée par l’extrémité supérieure du bâton a rencontré la perpendiculaire. - ,