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Notions essentielles sur la Croix-rouge

Une erreur très répandue et contre laquelle il me paraît opportun de réagir, parce qu'elle peut être funeste à la Croix-Rouge, consiste à faire bon marché des principes sur lesquels repose cette dernière. Toute institution poursuit un certain but en usant de moyens déterminés; il ne suffit donc pas, pour avoir le droit de se réclamer d'elle, de viser à la même fin; il faut de plus suivre la voie qu'elle s'est tracée pour y parvenir. Considérer comme étant des « Sociétés de la Croix-Rouge » toutes celles qui, à un degré et d'une façon quelconques, portent secours aux soldats en campagne, c'est se méprendre gravement. Si cette opinion

prévalait, le sauvetage des blessés par des volontaires civils serait bien vite ramené aux formes élémentaires qu'il revêtait avant les perfectionnements que la Croix-Rouge a réalisés, et qui lui ont valu d'être saluée à son -aurore comme un notable bienfait pour l'humanité. On perd trop de vue quel a été l'apport de cette œuvre à la civilisation, et je voudrais lui rendre, à cet égard, la justice qui lui est due.

Le^rappel de ses caractères primordiaux se justifie d'ailleurs par l'intérêt de la science. La création d'un grand service public accuse les tendances de l'époque à laquelle il a pris naissance. L'objet qu'ont envisagé ses inventeurs, les sentiments qui les ont guidés, les conceptions plus ou moins géniales dont ils ont tenté d'expérimenter l'efficacité ne sont pas fortuits. Tel est le cas pour la Croix-Rouge. On espérait, en la fondant, donner des ailes à la charité, et lui permettre de se tailler un vaste domaine, dans une sphère qui jusqu'alors avait été pour elle d'un difficile accès. Sa propaga-

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