CAOUTCHOUC
Cette substance porte souvent le Jtom àc gomme élastique. Ou Vt-xtiail , dans rAniéiique méridionale , de i'Aereo Guianensis (Hi linjatriiflia claslica. On pralicjue au tronc de ces arbres des incisions transversales, par Ics'iuelles s'écoule un suc laiteux qui tient en suspension environ 31 pour 100 de caoutchouc. D'autres sucs végétaux , tels que ceux des orties , des
CAOITCHOIC. 417
iphorbes, des asclépias , du |ia\ol, de In laitue , conllen- «ent également du caouLcIioiic.
' Le caoutchouc a été décrit pour la première fois , en 1751 , ir La Condamîiie. L'étude de ses propriétés a été faite principalement par M. Faraday.
Le caoutchouc se trouve dans le commerce sous la forme
1^ poires généralement brunes , tantôt lisses , lanldt tatouées
)le divers dessins , et qui ont été obtenues en appliquant sur
nies petites bouteilles de terre , serviinl de modes , le suc Iai<
lUX des plantes. Ces poires sont ordinairement sécliées à la
iinée , qui les colore , le moule est ensuite brisé et laisse le
caoutchouc sous la forme de poire. On rencontre souvent
aussi le caoutchouc en plaques épaisses; on l'expédie depuis
quelque temps en Europe dans des bouteilles <|ui contiennent
le suc naturel ; en soumettant ce suc à l'ébullition , l'albumine
qu'il contient se coagule et entraîne le caoutetiouc.
. Le caoutchouc est transparent, incolore; ses surfaces ré-
meemment coupées se soudent entre elles immcdiatement. On
vmet à protit cette propriété pour faire les lubes qui sont em-
Hf|iloyés si fréquemment dans les laboratoires de chimie.
H - Le caoutchouc est altéré par les acides sulfuriquc et azo-
W tique concentrés ; mais il résiste à l'action des autres acides ,
et même à celle du chlore ; la potasse, mémo en dissolution
concentrée ne l'allèro pas. Il ne conduit pas l'éleclrieité.
(Lorsqu'on l'expose à une température de 0', il se durcit forle- Dient; il reprend par la clialeur so souplesse primitive. Le caoutchouc est insoluble dans l'eau , solulile dans l'éther pur ; l'alcool le précipite de celle dissolution; lorsqu'on le met en coninct à froid avec de l'huile de pétrole, il augmente d'abord de Milunie el il se dissout complélcmetit par l'ébullition. Il est également mJwIj)*' iluiis phisieui's (miles ernpyreuis, dans les huiles essentielles , les Uuiles grasses , le ! carbone. Il entre en fusion vers 120" et donne
miwtnrg à une rabstaiire lHti)eus«- ; il panll éprouver â«n<. oe cas une ïîmplt; tiioJiriraIJon bomèriqup.
Lorsqu'on soumet le noutrbnur à la distillation , il se IftasfornM* en diflerenU carbur^a d'btdroi^vne.
Les liwiu<i ÎRiperniéablGs ^moI orilînairvOKnl jiréparé» eu plaçant eiitiv ileus étoBes une rourhe très mince d« caoutchouc , que l'on a fait dî«oudrf prMilaUcmcnl daits de l'tSf Mcre de têrébetiUiîiie pure. Le raoutrhou^-. est appliqué suus U forme d'vnduil . qui doit être é l'état pAleux pour ne pas torber Téloirp.
Le eaoult-hoar sert à eBacer les traces de crayon sur le papier; il entre daiii U romposiliou de Ui glv marine, mélange r(>mart)imblB par la forte adhésion qu'il dcteroiinc entre les pièces de Uiis contre lesquelles ou l'apfJique. La plu marine rotisùte dans une dissolution de raoutcbour dan^ l'huile fssenlielle de goudron , à laquelle ou ajoiilo de la gomme laque. On l'emploie aune température d'environ 120°, pour la construction de m4t» d'assemblage, pour réparer les cassures faites à la mer dans la milure , les vergues , etc.
Le caoutchouc sert à préparer les instruments de chirurgie qui exigent de la souplesse et de la flexibilité ; mais son principal usage consiste dans la préparation des draps imperméables, des chaussures, des bretelles, et des autres objets d'habillement qui demandent de l'élasticité.
Les dissolvants employés dans les arts pour dissoudre le caoutchouc sont l'éther, le sulfure de carbone, l'essence de goudron de houille, divers carbures d'hydrogène, et particulièrement ceux qui proviennent de la distillation m^me du caoutchouc. Le dissolvantquiestlc pluscn usugeest l'essence de térébenthine bien recliOée.
On trouve depuis quelque temps dans le commerce uue substance venant de Chine, que l'on désigne sous le uom de gulta-perclia, et qui présente une grande analogie avec le caoutcliouc.
La guttii-pcrclia ressemble souvent à des rognures de cuir ou à de la corne ; elle est blanchâtre, dure, cDriace, flexible; elle devient molle et «élastique lorsqu'on la cliuulVe. On peut en quelque sorte la pétrir dans l'eau bouillante. Elle est plus légère que l'eau : soumise à la distillation, elle se décompose en donnant des huiles qui sont très inllammables. Elle est insoluble dans l'eau et dans l'alcool, soluble dans le sulfure de carbone ; l'éther la gonfle et la dissout très lentement; elle résiste à l'action des dissolutions alcalines et de l'acide chlorhydrique. L'acide sulfurique concentré la cliarbonne diinciicmenl ; l'acide azotique la transforme en une substance résineuse jaune,
La gulta-percha, débarrassée des substances étrangères qu'elle contient presque toujours, telles que des résines, un acide particulier, etc., a présenté à M. Soubeiran une composition qui la rapproclie beaucoup du caoutchouc. Ce corps peut donc être considéré comme un carbure d'hj^drogène solide comparable au caoutchouc.
La gutla-percha est enipiuyéi.' pour faire îles manches du fouets, des cravaches, des courroies pour les machines, etc.
COlïl'S GUAS.
Avant les travaux >i n-inar(|iialilL-s d<-. M. (ihevreul sur les
corps gras, ces substances étaient a peine coruiues. On savait
bieq que filq^eyrs matières grasses produisent des savons ou
■plâtres, lorsqu'on les traite p|ir 1(, potaage^ \t^ JH}Md%
SM ClUMIb OKr..\MQlT..
OU l'oiiyde de [iloinb. Srliéele uvait coiiatuiè, dans les [>roduitsde l'action de l'oxyde de plomb sur les huiles, l'existence d'une substance solubte, sucrée, qu'il désignait sous le nom de principe doux dff huiles; mais la Dicorie de la saponiHcation était entièrement inconnue.
Vers l'année 1 81 3, M. Chevreul publia sur les corps gras neutres etsur les produits qui se forment dans la saponification, une série de trasunx qui jetèrent le plus grand jour sur cette question. Il dciiiuEilra que les matières grasses connues sous les noms A'Iiuile, graisse, suif, étaient formées, à part un très petit nombre d'exceptions, par un mélange de principes immédiats qu'il décrivit sous les noms de stéarine, de margarine, d'oléine; que ces principes immédiats se dédoublaient, sous l'influence des alcalis, en principe doux des buile^, ou glycérine,tien acides gras particuliers; qu'ainsi lastéarine produisait de la glycérine et de Vacide oléique; que la margarine se dédoublait en glycérine et en acide margarique; et il fit remarquer que si dans lu saponification il se formait des mélanges d'acides différents, c'est que les corps neutres soumis à l'action des bases étaient eux-m^mes des mélanges de margarine, (l'oléine, dcbutyi'îne, etc.
Dès l'origine de ses travaux, IH. Chevreul avait assimilé les huiles et les graisses aux étliers ; il avait constaté que la saponification pouvait avoir lieu dans le vide , sans dégagement comme sans absorption de gaz, et qu'elle consistait uniquement dans ta fixation des cléments de l'eau sur la matière grasse, qui se dédoublait alors en glycérine et en acide gras.
Il ne se borna pas à faire- connaître les phénomènes généraux de la saponiliculioii ; il décrivit aussi avec le plus grand soin les propriétés de la plupart des rorps gras neutres ou arides. Les recherches qui ont été entreprises dans ces derniers temps sur les corps gras n'ont fait que confirmer l'exactitude des travaux de M. Chevreul.
Lasléariae exislo dans pi'esquf loiilcs les graisses solides et dans plusieurs huiles végétales. Sa proportion dans les corps gras est d'autant plus considérable que leur consistanec est plus grande et leui- point de fusion plus élevé. On relire ordinairement la stéarine du suit' de mouton.
La stéarine est blanche, très combustible, sans odeur ni saveur, fusible à Qî". Elle est insoluble dans l'eau, f.'alcool bouillant en dissout environ le sepliénn? de son poids, et en laisse déposer la plus grande partie par le refroidissement. Elle est beaucoup plus solubledaiis l'éther bouillant; maïs ce liquide, lorsqu'il est iVoid, n'en retient en dîssuliitioii qu'une proportion très faible.
Les bases, et parliculièremeiit la potasse, la soude et la chaux, déco[n[iosent la stéarine, en présence de l'eau et à l'aide d'une ébullilion prolongée. Cette réaction, connue sous le nom de .lap'inifir.alion, produit de la glycérine hydratée et un stéarate alcalin.
Il serait à désirer ([u'on pi'il extraire facilement la stéarine du suif, cor sa grande ressemblance avec la cire permet de croire qu'elle serait propre à la fabrication des bougies ; on a proposé dans ce but de traiter le suif par resseticc de térébenthine, qui dissout l'olciue et laisse la stéarine, que l'on peut eUMiite comprimer. .Mais cette opéralion n'a pu jusqu'à présent être exécutée en grand avec économie.
La margarine ■^e trouve dans la grai^^e liumaine, dans l'huile d'oiive et dans beaucoup d'autres corps gras ; elle est ordinairement mélangée à l'oléine et à la stéarine ; on la trouve souvent combinée à l'oléine.
odeur L'st lorlt; l-1 (-aracLéi'islJ(]ue, sa savegr «ït Acitt et b laiite; elle bout û 156*; elle est iiilkmmable et brûlo avec une Haniaie fuligineuso : exposée à Tairi l'essence de térébenthine diircil peu à peu, et se rosinise ensuite complétetnenl. L'essence de térébenthine dissout très facilement les résines; elle est surtout employée dans k peinture à l'huile et dans la rabrication des vernis.
Les substances ri-sineuscs ont une grande i:nportance induslrielle. Elles sont abondantes dans la végétation ; mais leur étude chimique laisse encore beaucoup à désirer. On les extrait ordinairement en pratiquant sur certains arbres des incisions qui laissent écouler des mélanges de résine el d'huile essenliclle. On opère la séparation de ces deux corps en distillant la résine naturelle à feu nu, ou bien en présence de l'eau.
Les résines sont toutes insolubles dans l'eau et solubles dans l'tilcool à chaud ; leur dissolution alcoolique, mélangée avec de l'eau, devient laiteuse, et la résine s'en sépare. Quelques unes, telles que la résine copal, sont insolubles dans l'alcool.
La plupart des résines sont soUihles dans l'éther; ce|jendanl quelques unes, comme la résine de jalap, ne s'y dissolvent pas. En général, les résines se dissolvent dans les huiles ii\('s et dans les huiles volatiles.
Quelques résines peuvent cristalliser; maïs, en général, elles sont iiicristallisahles. Lorsqu'on les soumet à l'action de la chaleur, elles se ramollissent, entrent en fusion, et donnent naissance, par la distillation, iïdesearhuresd'hydrogêne solides, liquides el gazeuN.
RKSISRS, il5
Klles Konl toutes comliuslibles : leur flamme est peu éclairante, très fuligineuse, et laisse un dépiU clmrbonneux.
Les alcalis dissolvent souvent les résines, qui se comportent dans ce cas comme des acides faibles. L'acide azotique les oxyde avec énergie.
Les résines forment avec les bases de?; sels qui portent le nom de résinâtes, et que l'on nomme improprement savons de résine.
Les savons de résine moussent dans l'eau comme les savons formés par lc;î corps gras ; mais ils ne sont pas précipités par le sel marin comme les savons ordinairi's.
Les substances résineuses dont nous venons d'indiquer les principales propriétés sont ordinairement employées à la confection des vernis.
Un vernis peut être considéré comme une dissolution d'une ou de plusieurs matières résineuses dans un liquide volatil ou pouvant se dcssécber à l'air.
La qualité d'un vernis dépend, en général, de la dureté de k résine qu'on a dissoute. Nous donnons ici la liste des principaux corps qui entrent dans la composilioti des vernis.
Rnile d'œillpup.
— de lin.
— df l^riibonlhinc
Copnl, Silirin.
Irtmme-gulie.
Alo^s.
— dr romarin.
Altool.
SniiiInnuiiK'.
Safran.
Ether.
Espril de bois,
An'loni'.
Benjoin.
(Wnphanp.
Ari'ansuii.
l'aouU'liouc.
Vlusieurs résines peuvent entrer immédiatement dans la composition des vernis; mais d'autres, telles que la laque et
iSA OIIMIK (mCAMQL'E.
contient souvent des traces d'oxyde de plomb que l'on prA-ipile par l'hydrogène sulfure; on filtre, pour séparer le sulfure de plomb, et, par une concentration convenable, on obtient la i^ycériite pure.
PnOFHltiTÉS GÉnËRALES DES CORPS GRAS NEUTRES.
Les trois substances qui constituent la plupart des corps gras, soit d'origine vêgélale, soit d'origine animale, sont la sléarine, la margarine et Voléîne. On comprend alors que les huiles végétales et les graisses animales doivent offrir un grand nombre de propriétés communes, La plupart du temps la petite quantité de matières colorantes, sapides ou odorantes qu'elles contiennent, modifie à peine leurs propriétés chimiques.
Les corps gras qui existent dans les graines des v^étaux sont ordinairement enfermés dans des cellules; la chaleur ne suffirait pas pour rompre ces cellules, il faut les briser par trituration ; on comprime ensuite à la presse les graines dont les cellules ont été brisées, et souvent on ajoute l'action de la chaleur à celle de la pression.
Dans quelques cas, on déplace la matière grasse contenue dans les graines en soumettant celles-ci à l'action de l'eau; il est rare qu'on emploie les dissolvants pour extraire les huiles des végétaux.
Les huiles ont une consistance tout à faitvoriable; quelques unes peuvent rester liquides sous l'influence d'un froid assez considérable ; d'autres, comme l'hnile d'olive, se solidifient toujours en hiver ; quelques unes enfin présentent une consistance de graisse: tels sont les beurres de palme, de coco et de cacao.
Les huiles sont plus légères que l'eau.
L'air ngit différemment sur elles: les unes sèchent rapide-
COUPS f.n»s. 426
ment el soritnomméiis huiles siccaticrs; J'autres, au contraire, portent 1« nom ilhuileênon siccatives et ne se résiriirient que très lentement.
Pendant tenr dessiccalioii, les huiles altsorbciil de l'oxygène. 1 Théodore de Saussure, ({iii s'est ocei]])é ilc ces phénomènes, • reconnu que celte absorplîori se fait d'une manière irrégulière et qu'elle est favorisée par la chaleur. Ainsi, une huile de Dois, qui, en six mois, n'avuit ahsorbé que vingt à trente fois .90n volume d'oxygéim, a pu absorbei' 80 volumes d'oxygène lans le mois suivant.
Lorsqu'une huile s'o\yde ù l'air, sa température s'élève ralidement, et l'on cite des exemples d'inceiitlies qui ont éU' produils par l'inllainmfltion spontanée des huiles au moment de leur oxydation. Ces espères de combustions sont assez fréquentes lorsque les huiles sont divisées par certaines matières Oi^aniques, comme le coton.
Des huiles que l'on conserve dans des caves peuvent absorber une assez |i;niiKle quantité d'oxygène pour que l'atmosphère de ces caves devienne impropre à la respiration.
On admet géiiérulemeul que les huiles sont formées par le mélange de la mar^nrine avec l'oléine.
Les huiles, exposées ù l'air, deviennent acides et contractent une odeur désagréable; c'est ce phénomène qui porte le nom de rancistemenl. L'huile, dans ce cas, éprouve ime espèce de fermentation qui est duc à l'influence des corps azolos qu'elle tient en dissolution. On peut éviter, jusqu'à un certain point, le rancissement des huiles en les chaulTiint fortement ; la chaleur coagule la matière animale et suspend son actiun.
Celle huile s'obtient principalement en Provence, en Italie, •n Espagne et sur les côtes d'Afrique. Un récolte les olives
&26 aiiMii: untitMQiE.
quelque teiiq)^ avant leur innIiiiiU'; i>n les «écrase el on les presse a froid : celte première opéralion donne de VhuUe fine ou vierge. Pour retirer une nouvelle quantité d'huile des olives romprimdes, un les soumet à l'action de l'eau rliaude, qui duiinc une huile de deuxième qualité. Il existe encore dans le commerce une huile d'olive de qualité iiirérieure, qu'on obtient en abandonnant à la fermentation les olives entières ou le résidu qu'elles laissent après leur compression.
Dans l'extraction de l'huîle d'olive , il faut avoir soin de presser les olives dès qu'elles sont écrasées; car, en attendant quelque temps, il se mutiifeste dans la masse une sorte de fermenlalion qui nuit beaucoup à la qualité de l'huile.
L'Iiuile d'olive commence à se congeler à quelques degrés au-dessous de 0" ; elle rancil facilement, ce qui Lient â l'ailération d'une matière qu'elle lient en dissolution, et qui lui donne sa suveur agréable. Elle est sohditiée rapidement par l'n/olalc de protoxyde dp mercure. Pour l'essayer, on la bat avec le douzième de son poids de ce sel : on reconnaît ainsi la présence de 1/10', et souvent de 1/20' d'huile d' œillette dans l'huile d'olive. Ce procédé d'essai est sullisant; car, auilcssous de 1/10', la fraude ne présente plus d'intérêt.
L'huile d'olive refroidie, comprimée, puis traitée à diverses reprises par l'élher, laisse cristalliser confusément une matière blanche dont le point de fusion ne peut être porté au delà de 20». Cette matière est une véritable combinaison d'oléine el de margarine, que la saponification transforme en un mélange d'acide oléique , d'acide margarique et de glycérine.
Cette huile s'extrait des semences de liii commun , qui en fournissent un peu plui du ciiuiuième de leur poids. Sa coulinir es! jaunâtre el son odeur lailile : c'esl une des huiles
COUPS liHAS. 427
que le froid congèle It; plus difficilemeril; elle ne se solidifie qu'à 15 ou 20' au-dessous de zéro. Elle sp dissout dans 40 parlies d'alrool froid, 5 parties d'idrool Ijiuiillniil, il dansl,6partie d'éthcr.
L'huile de lin est une des huiles les |i[its siccatives. Cette propriété, si utile pour la falirîcalion des vernis gras et des couleurs à l'huile, devient beaucoup plus prononcée dans l'huile de lin qui a été soumise, pendant quelques heures, à Vébuililion avec de la lilharge ou du bi-oxyde de manganèse. La dessiccation de Vliuile de lin est due à nue absorption d'oxygène. Au bout de quelques années d'es[)osition à l'air, elle se résinific complètement.
L'huile de lin lilhargyrée sert a préparer l'encre des imprimeurs, les vernis noirs sur cuir, les laiïelas gommés, etc. On peut lui donner la consistance, et, jusqu'à un certain point, l'élaslicitèdu Ciionlchouc, et l'employerà préparer des sondes et plusieurs autres instruments de chirurgie.
L'huile de lin , exposée à une haute température , forme une glu épaisse comme de la lérébi'iilhine. Kn faisant bouillir pendant plusieurs heures ce résidu avec de l'eau acidulée par l'acide azotique, on nlitienl une matière de consistance euiplastique qui durcit par l'expnsilion à l'nir. Cette matière se ramollit, 5an:s loulefoisse fondre, par In chaleur de l'eau bouillante, et acquiert une grande èlaslirilé ; elle a beaucoup de ressemblance avec le caoutchouc ordinairo l'gonunc élastique). Elle se gonlle ronsldérnblemenl dans l'étlier, et se dissout dans 1" essence' de lérébentliine et dans le sulfure de
I carbone : une dissolution dépotasse concentrée la durcil ; elle se dissout, au cnnlraire, dans les liipieurs alcalines très étendues, et reproduit par les acides un corps semblable au caoutchouc.
ClltSIE omUXKtL'E.
Oii désîjitiv 40tis le noiii de mf (ps dîfléfviiles graisse*' (les herbivores. Les masses île graisses cxlratlcs par les boucben portciil le iiani tlo nif rn branfhe* ; elles ciiiilieniient c|a suif proprement dit , et de plus des m«-inl»nnes animales ipron enlève en faisant fondre le stiif.
Deux procédés diiïérenU «ont «uivis [lour la fonte du suif. Le preaiier, qui est le procédé dts erelom, oanstsle à faire chauffer simplement le suif en branches; dttiisre cas, les membrane:^ animales se crispent et laissent suinter les corpo ffii. Les ri^idu* t-gouttéli s(^ nomment pains dt erelùtu.
tx second prucédé pour la fonte du suif a été diScrit par M. d'vVrcct , et porte le nom de procédé à l'acide. Le suif en braiiches est traité par l'aride snlfuritjue , qui dissout ou désaf;rége les membranes. Le suif que l'on obtient ainsi est de Ijelle qualité, mais il présente en été un inconvénient assez (;rave ; l'acide sulfurique parait avoir déterminé la séparation de l'oléine du suif ; car le suif préparé à l'aride est grenu et laisse racilement suinter l'uléine.
On doit considérer le suif comme un mélange de différents corps gras qui sont : la stéarine , la margarine, l'oléine , et déplus, une substance neutre, très aboitdantr dans le suif de bouc , que M. Clievreul a nommée hircine.
Le suif donne par lasaponiliration, les arides oléique.stéal'ique, maigarique et liirriquc. La proportion de ce dernier acide est exin^memcnt faible. Comme les arides solides sont lirédominanls dans les produits de la snpoiiilication du suif, ce corps gras est presque toujours employé dans la fabrication (les boupiicsstéariqucs.
cuitrs r.tixs.
La coiii[K>silioii ilii licun-c [);ir,iil iHrc In's complexe. M. Clievrcul a tléiiioiilir (|iit! ce corps contient cinq snlistances neutres, qui sont; Witèine . \a margarine, lit batyrinr, la caprine et la caproïne.
Ces corps gras, traités par les alcalis, se saponifient et se transforment eu acides oléique, margaii(|ue , butyrique, caprique et caproïque.
Les acitles caprique, caproique et butyiiquc, sont volatils et peuvent t^tre sépares des acides oléique et margariinie par la dislillalîou.
Le beurre est une des nuiliéres grasses les plus riches en margarine, mais il ne parait pas co[ileriir Je stéarine. Les beurres rances servent quelquefois à la fabrication des bougies.
La cire que l'on trouve dans le commerce se présente sous deux o.'^pects dilTéreiits.
Lorsqu'on prend les cellules des abeilles, et qu'on les fait .fondre sans leur faire subir aucune espèce de purilkalioii , on obtient une cire decouleur jaune , ilnul le |»]int de fusion est à 62 ou 63°.
Cette cire , exposée à l'air et à la lumière , perd sa couleur ; elle constitue alors la cire Llanclic, iloiil le [loinl de fusion est entre 6h elfiS".
Tout io monde sait que la cire ot siirtouL employée à la confeclion des bougies; '(Ji'cIIl' f.st oiiffiiiuircinent jaune, et que , pour la blancbir , i>n la soumet , en laines minces , à l'influence (le l'air et de la lumière.
jS6 CllJMIK (IHfîAMUUE.
On a essaye de bliinrliir lu cire en la Houmellanl à ractio» (lu chlore. La t-ire se décolore , il esl vrai , maïs elle retient Iniijoim du chlore [[iii , pendant la combustion de la bougie, présente l'inconvi-tiietil de produire de l'acide chlorhydrique.
Il résulte des belles observations de M. Chevreul que la *aponification est une opération qui a pour résultat de transformer, sons l'influence de* bases, les corps gras neutres en glycMne et en acides gras qui s'unissent à la base employée ponr faire le savon.
Les savons sont donc de véritables sels formés par la combinaison des acides gras avec les oxydes métalliques, Ceus donlon fait le plus fréquent usage dans le commerce ont pour base la soude ou la potasse, cl pour acides, les acides stéarique, niargariqiie, oléique et palnniliquc. La grande ressemblance que présentent entre eux les divers acides gras sepoursuitdans leurs combinaisons avec les bases, c'est-à-dire dans les divers savons. La consistance des savons est d'autant plus grande que le point de fusion de la niallère grasse avec laquelle ils ont clé préparés est plus élevé. La soude forme dos savons beaucoup plus durs, toutes choses égales d'ailleurs, que la potasse.
Les savons à base de potasse, de soude et d'ammoniaque sont seuls solubles dans l'eau ; tous les autres sont insolubles dans ce liquide, et peuvent iHre obtenus par double (-cliangi', comme les autres sels que l'eau ne dissout pas. C'est ainsi que si l'on verse de l'oléo-margarate de potasse ou de soude (savon) dans de l'azotate de cliiiux ou de enivre, on obtient un précipité qui consiste en oléo-margîirnte de chaux ou de cuivn-. Les savons à bases id -alincs sont soluhlcs dim> l'alcool et
Xn
ilOBI'S CRtS. 431
l'étlier ; k's savons miHalliqiirs propiftiieiil ilib, à l'exception des savons de cuivre, de proto\yde de fer et de manganèse, sont insolubles dans ces liquides. Les liuiles grasses et l'essence do lérébenLhine peuvent aussi dissoudre ces derniers savons.
Les acides décomposent les savons cri s'imissant à leurs bases et en éliminant It^s acides gras qui viennent nager à la surface des dissolutions aqueuses dans lesquelles ils sont insolubles.
Les savons solubles se préparent soit en unissant directement les acides gras à la potasse et à la soude, soit en traitant les builes, les graisses cl les suifs par des dissolutions alcalines bouillantes. Cotte opération, qui constitue la s<i;)oni'/îcation, exige beaucoup de temps et de patience pour être amenée à son terme. Dans les laboratoires, on prépare le savon de soude ou de potasse en faisant bouillir dans une capsule de porcelaine un mélange de 100 parties d'un corps gras neutre (huile d'olive, suif, axonge, etc.) avec 20 à 25 parties de potasse ou de soude caustiijue, et 200 à 250 parlies d'eau. Le mélange doit être sans cesse agité avec une baguette de verre : l'eau , à mesure qu'elle s'évapore , est remplacée par de l'eau distillée bouillanle. Oii reconnaît que la saponification esl. lerminée quand une petite quantité de matière, essayée avec de l'eau pure, s'y dissout enliêroment et sans laisser apparaître aucune trace de matière grasse. On juge encore que le savon csl bien préparc quand les acides cblorliydriquc ou sulFurique en séparent un acide gras entièrement soluble dans l'alcool.
Nous a^ons dit que les savons insolubles peuvent titre obtenus par double décomposition; mai» ceux à base de proloxyde de plomb, de chaux, de Imrylc el de stnintiane, peuvent aussi Otre préparés de la mOmc manière que les savons alcalins, c'esl-à-dire en faisant bouillir directement ces
èS9
osvdes vret- Ae l'eui et dec rorfi» |inis n#ulr«s. Il se i
ain»i in Mvnns insolubles, <4 I'mu Ktienl de U glyrérîne.
LVniplilre fumplo de piomb se pr^|i«re toujours du» le» phaniiaries cii HMimelliat à rftallitioo uo raéliDge d'boile, de lilluirge et dVau.
Oïl (]i«Ungiu> (Uns 1c roniincrce les twtons en garotu mou* tA ea MFoiu duri. Ijea Mivans tnous son! luujuurs â base de pota»e, et œ Caiil orvr des huiles de rliénevis, de lin, di* rolza, de.
Les Hivons durs wiil à base de soude : on les Tabrique avec de rituile d'olive, du snif, des graisses, elc . , c'est-à-diro avw des rtirp; gras qui roiiliennenl une grande quantité de malién> solide.
LfS savons peuvent ^^Iro coagulés par un grand nombre de seh airaliiis ; nous nierons prtneipalcmenl les rarbonatcs de potasse et de soude, le chlorure de sodium, le sulfate de soude, le rlilorhydrate d'ammoniaque, etc. Celle propriété est mise à profit "dans la faliritation des savons. Lorsqu'on juge, à certains raractères physiques, que fa matière grasse est complètement saponifiée, pour la débarrasser de l'excès d'alcali avec lequel elle est toujours empalée, on jette dans lu cuve du sel marin qui détermine la séparation du savon et de l'eau alcaline.
On intei'pose souvent dans le savon, hu moment où il va se solidifier, un savon d'alumine ferrugineux, coloré en vert, [{ui forme ce qu'on appelle la madrurt ou la marbrure du snvon.
Lu présence d urjc iiiarlirure daus un savon u l'uvaiitago d'iiiiUquer à peu près à coup sur lu proportion d'eau qu'il retient, eur celle opéralioii n'est praticable que lorsque le savon ne eontient pas plus de 30 pour 100 d'eau.
Dans la préparation des savons noirs et de quelques savons de toilette, on fait réagir l'alcali sur le corps gras ; mais on