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CHIMIE ANIMALE

La partie de la chimie que l'on nomme chimie animale se compose de l'étude des corps que l'on retire de l'organisation animale , et en outre de l'examen chimique et physiologique des principaux liquides et tissus qui constituent les animaux.

Nous examinerons d'abord les propriétés des priacipaux corps qui existent dans l'organisation aniinatefi,

La fibrine est la substance qui dans le sang sL qui lui donne là

lltA CHIMIE ORfiAHIUl'E.

elle qui cotislitue , en grandt) {tartiti , la substance solide des juascles. Elle est aloi's traversée pai- lies prolongements dn vaisseaux., par des artùres, <les nerfii, des «itonévroses dont il est dillicile du la débarrasser.

liOrsque le sang est estrsîl des vaisseaux i[ui h conli«nlienl , il su sépare en deux parties : l'une forme une espèce de gelée, que l'on nomme caillot, tandis que l'autre est liquide et constitue le sérum. La Ubrine reste entièrement dans le caillot; c'e&t elle qui retient, comme dans un réseau, les globules du sang, qui sont colorés en rouge. Pour retirer la fibrine du caillot , on le coiipe eu tranches minces , que l'on écrase , et qui sont pluct^ ensuite sur une toile ; on les soumet à l'action d'un Clet d'euu froide ; les globules sont entraînés, tandis que la fibrine reste sur lu toile, sous la forme de filaments blancs el élastiques.

La fibrine peut encore être obtenue en battant du sang avec un balai tt l'extrémité duquel viennent s'atlaclier de longs filaments de fibrine impure. On lave d'aliord cette fibrine à grande eau pour la débarrasser des principes solubles du sang qu'elle peut retenir ; on la soumet à la dessiccation, puis on la lave avec de l'alcool et de l'ctber, qui enlèvent les matières grasses. On la traite ensuite par des acides faibles , et enfin par de l'eau distillée.

La fibrine , ainsi purifiée, est blanche , complètement insoluble dans l'eau , l'alcool et l'éther. Lorsqu'on la brûle , elle laisse toujours de 2 à 3 pour 100 de cendres.

L^ fibrine desséchée i l'éluve devient cornée, grise et opaque ; chauffée à SOO*, elle se décompose en donnant naissance à des produits ammoniacaux et en laissant un charbon brillant et volumineux.

Les acides agissent sur la fibrine, et produisent avec elle une masse blanche et gélatineuse.

L'acide azotique s'unit à la hbrine et la colore en jaune.

ILBIMIKE. h&6

L'acide clilorhydriqiie très airaibli, et ne contenant que 0",99A d'acide pour 1 litre d'eau , transforme à froid , après quelques heures de contact , la librine en une gelée transpar renie, qui se dissout dans l'eau pure. Cette dissolution se coRRule par la chaleur ; elle est précipitée par le tannin , par le cyaiioFerrure de potassium et par les acides.

L'acide chlorliydrique étendu dissout encora avec plus de facilité la lihrine lorsqu'on la mélange avec quelques gouttes de suc gastrique. Ces propriétés peuvent expliquer , d'après MM. Bouchardat et Sandras , la rapidité avec laquelle la fibrine se dissout dans l'estomac,

La fibrine , mise en contact avec l'acide acétique , produit une gelée incolore et transparente , qui est soluble dans l'eau bouillante.

La fibrine entre en dissolution dans la potasse , même étendue ; les acides peuvent la précipiter, mais elIt; a éprouvé dans ec cas une altération.

L'albumine est répandue en alxindarice dans les êtres organisés. Elle existe dans l'organisation animale et végétale.

Elle se trouve à l'état de dissolution dans (|uclques liquides de l'organisation animale, tels que le sang et le blanc d'œuf.

Lorsqu'on soumet une dissolution d'albumine à une température de 65", elle devient opaline, et si l'on porte la température à 7Ô'>, l'albumine se coagule alors complètement. L'albumine, en se coagulant par l'action {le la chaleur, rassemble dans une sorte de réseau tous les corps qui sont en suspension dans le iiquiile; aussi reiii]iloie-l-oii pour clarilier différentes liqueurs.

La coagulation de l'albumine sous l'intluencc dt la dialeur

A&6 CHIMIE OHGANIQUE.

est incomplète lorsque la dissolution est très étendue. Ainsi une liqueur qui est formée de 1 partie d'albumine et de 10 parties d'eau ne se coagule plus par la chaleur et devient simplement opaline. Lorsqu'on évapore de Talbumine à une température qui reste au-dessous de son point de coagulation, on obtient une masse gommeuse et transparente qui peut se redissoudre entièrement dans Teau.

L'alcool détermine la précipitation complète de l'albumine. L'albumine coagulée par Talcool se trouve dans le môme état que l'albumine coagulée par la chaleur.

Presque tous les acides précipitent en blanc l'albumine , à l'exception de l'acide phosphorique tri-hydraté et de l'acide acétique. Ce dernier acide fait prendre en gelée les dissolutions concentrées d'albumine.

L'acide azotique est de tous les acides celui qui coagule le plus facilement l'albumine ; cette propriété permet de reconnaître la présence de l'abumine dans les liquides de l'organisation animale.

Presque tous les sels métalliques sont précipités par l'albumine; nous citerons principalement le bichlorure de mercure, qui forme dans les dissolutions d'albumine un précipité blanc insoluble dans l'eau qui n'agit plus sur l'économie animale. Aussi l'albumine est-elle considérée comme le meilleur antidote du sublimé corrosif.

On trouve dans un grand nombre de plantes une substance, l'albumine végétale, qu'on avait depuis longtemps comparée à l'albumine animale, qui présentait, en efiet, les mômes propriétés et qui se coagulait i la môme température ; l'identité de l'albumine v^étale et animale a été démontrée analytiquement par M. Mulder. Ce fait est d'une grande importance pour la physiologie ; il prouve, en effet, que les végétaux contiennent tout formés quelques uns des principes que l'on retrouve dans l'organisation animale.

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