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ACIDE AZOTIQUE

L'azole se combine avec Toxygène en plusieurs proportionSc Nous ne parlerons ici que de la combinaison la plus imporlanle qui a reçu le nom iVacide azotique.

On donne souvent à Tacide azotique le nom d'acide ni; trique, ou celui iVeau-forte.

L'acide azoli<|ue e^t liquide, incolore, fumant à l'air, très corrosif; on le ct)nsidère comme un violent poison.

11 agit sur tous les corps organiques et les détruit rapidement.

Une petite quantité appli(iuée sur la i)eau la désorganise et la teiiït en jaune. L'acide azotique produit une coloration semblable lorsqu'il agit sur la pUq>art des matières organi(iues. Celte propriété est souvent utilisée dans Tinduslrie IKHir tt^indre en jaune les plumes, la soie, etc. : elle sert à

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reconnaître dans l'analyse de petites quantités d*acide azo* tique.

L'acide azotique agit sur la teinture de tournesol comme nm acide énergique et la rougit fortement ; il détruit toutes 1m matières colorantes, même Findigo. On se sert ordinaire- ■mit de la dissolution d*indigo dans l'acide sulfurique, pour reconnaître la présence de l'acide azotique dans une liqueBr.

• L'indigo, qni résiste i l'action de tous les acides, même à eelle de l'acide sulfurique concentré, est immédiatement détruit et coloré en jaune, sous l'influence d'une faible quantité d'acide azotique.

L'acide azotique peut se décomposer, dans un grand nombre de cas, en eau, en azote et en oxygène, ou bien en oxygène et en un composé moins oxygéné que l'acide azotique. On le considère comme un des oxydants les plus énergiques. La lumière, ainsi que la chaleur, décompose l'acide azotique. L'action que les métaux exercent sur l'acide azotique est d'nne haute importance pour l'industrie; c'est elle qui permet en ^ei d'obtenir la plupart des sels métalliques.

On peut dire d'une manière générale que l'acide azotique •est décomposé par presque tous les métaux, il les oxyde en leur cédant une partie de son oxygène; ces oxydes , une fois formés, s'unissent à une partie de l'acide azotique non décomposé de manière à former des azotates. Tous les azotates étant solubles dans l'eau, on comprend que Tacide azotique soit généralement employé pour attaquer les métaux, c'est-à-dire poorles transformer en azotates solubles.

Cette action de l'acide azotique sur les métaux est toujours accompagnée d'une production de vapeurs rougeàtres qu*on appelle vapeurs rutilantes^ et qui sont produites par le dégagement d'un corps moins oxygéné que l'acide azotique, et qui

doit nécessairement prendre naissance lorsque Tacide azotique a cédé aux métaux une partie de son oxygène.

Les principaux métaux attaqués par Tacide azotique sont le fer, le zinc, l'étain, le plomb, le cuivre, le mercure et l'argent.

Parmi les métaux que Tacide azotique n*attaquc pas, nou$ citerons l'or et le platine.

Pour dissoudre les métaux qui, comme Tor et le platine, ne sont pas attaqués par Tacide azotique, on emploie, dans les arts, un mélange d'acide azotique et d'acide chlorbydrique qui porte le nom d'eau régale.

L'eau régale s'obtient en mélangeant 1 partie d'acide azotique avec 8 ou A parties d'acide chlorbydrique. Ces deux acides agissent l'un sur l'autre en donnant naissance à du cblore ; or, comme le cblore attaque tous les métaux, et même l'or et le platine, pour former des chlorures d'or et de platine, qui sont solubles dans l'eau, on comprend que l'eau régale soit employée pour dissoudre les métaux que l'acide azotique seul ne pourrait pas attaquer.

Preparatioyi. — On obtient, dans les laboratoires, l'apide azotique en chauffant dans une cornue de verre un mélange d'azotate de potasse (nitre ou salpêtre) et d'acide sulfurique (pi. X, fig. 26). L'azotate de potasse est un sel formé par la combinaison de l'acide azotique avec la potasse. L'acide sulfurique a la propriété de déplacer, de sa combinaison avec la potasse, l'acide azotique, qui passe à la distillation et vient se condenser dans le ballon.

Le procédé qui sert à préparer en grand l'acide azotique est le même que celui des laboratoires ; seulement , on remplace souventl'azotate de potasse par Tazotate de soude, qui est d'un prix moins élevé et qui donne, par sa décomposition, une plus grande quantité d'acide azotique.

Cette opération s'exécute toujours dans des cylindres dç

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fonte, ayant une (^àpëcité qui lëUf permet de recevoir une charge de 100 à 160 kitograrhtliès d*azotâte de soude (pi. X, flg. 27).

Le cylindre communique par des tuyaux de grès oQ de verre avec douze ou quinze tourilles à trois tubulures, Côtiténarit un peu d'eau ; les premières sont souveht placées dans dès tuves et refroidies par de l'eau.

L'application de la chaleur doit être graduelle , et tèrs la Qn de l'opération le t^ylitjdre est ôhàùfTé jusqu'au rougé.

L*acide qui se Condense dans lès tourilles est coloré en jaune orangé ; pour le rendre incolore et propre à être livré au commerce, on le fait bouillir pendant quelque temps dans des vases de verre ou de grès.

L'acide qui est livré au èomrWerce marque ordinairement 36 ou 40*; lorsqu'il doit servir à la fâbrtèatiori de l'aride Sulfurique, on l'emploie à 32*.

100 kilogrammes d'azotate de soiidë produisent environ 130 kilogrammes d'acide azotique à 36% et 84 de sulfate do soude. Ce dernier sèl est utilisé dains la fabrication du verre commun ou dans là préparation de 1^1 soudé artificielle. Il contient des quantités notables de fer emprunté à la matière même des cylindres ; aussi ces appareils subissent-ils ufte affération assez prompte, surtout dans la partie qui est exposée aux vapeurs : on rend leur usure plus uniforme en lèâ retournant de temps en temps.

Pour conserver les cylindres, on emploie, dans la décomposition de l'azotate de soude, un acide sulfùrique qui ne marque jamais moins que 60*; un acide plus faible les détruirait très rapidement, parce que l'eau, en se décomposant, oxyderait le fer.

U0«sefi. — L'acide azotique, étant un oxydant énergique, osl un des acides le plus souvent employés dans l'industrie ou dans les laboratoires.

ft2 MÉTALLOÏDES.

Il sert dans la fabrication de Tacide sulfurique pour transformer Tacide sulfureux en acide sulfurique; mélangé à Tacide clilorhydrique, il produit Teau régale, qui peut dissoudre For, le platine, etc.

11 est employé pour convertir Tamidon et le sucre en acide oxalique ; on s*en sert dans la teinture, dans la gravure sur cuivre et sur acier; dans les essais des monnaies, le décapage des métaux et des alliages; il s*unitaux matières ligneuses, qu'il transforme en pyroxyline (fulmi-coton).

L*acidc azotique est un réactif précieux : tous les sels qu'il forme avec les bases étant solubles, il sert dans les analyses a dissoudre presque tous les métaux et la plupart des oxydes, les carbonates, etc.

On l'emploie dans les recherches chimiques pour produire des phénomènes d'oxydation.

AMMONIAQUE (alcali volatil).

Nous plaçons ici une combinaison d*azote et d'hydrogène nommée ammoniaque , qui présente les propriétés d'une base, c'est-à-dire qui peut s'unir aux acides pour former de véritables sels.

Nous dirons d'abord dans quelles circonstances l'ammoniaque peut se former.

Les substances organiques contiennent souvent de l'azote au nombre de leurs éléments ; elles peuvent donner naissance à de l'ammoniaque :

1° Lorsqu'elles se décomposent spontanément ;

2" Lorsqu'on les soumet à l'influence de la chaleur ;

3* Lorsqu'on les chaufle avec un alcali hydraté , la potasse par exemple , tout l'azote de la matière organique se dégage alors à l'état d'ammoniaque.

L'azote et l'hydrogène peuvent s'unir à l'clat naissant pour

|it'0(iiiii'e do riiiiiiiiuiiiaque. Airiji , ijULind on fail [lassiT siniiillaiiément uii excès d'hydrogène et un composé oxygéné de l'azote sur de la mousse de platine légèrement chaufTée, il se produit de l'ammoniaque. Dans cette réaction, le platine agit par sa seule présence. On a reconnu que dans cette expérience on pouvait remplacer ce mêlai par du sesqui-osyde de fer,

Plusieurs métaux, et parLiculièrement l'étain , le zinc et le fer, traités par l'acide azotique, produisent dp l'ammoniaque.

Pour expliquer la production de l'ammoniaque dans la réaction de l'acide azotique sur les métaux, on peut admettre que, sous l'influence de cet acide, l'eau est décomposée, et qu'il se dégage de l'hydrogène qui, à l'état naissant, réagît sur l'acide azotique el le transforme en ammoniaque.

L(H^u'on introduit de l'acide azotique dans une liqueur qui conUent de l'acide sulfurique et du zinc, et qui produit par conséquent de l'hydrogène , le dégagement de gaz cesse quelquefois complètement , et l'hydn^ène se combine avec l'azote de l'acide azotique pour former de l'ammoniaque qui reste dana la liqueur à l'état de sel ammoniacal.

L'ammoniaque prend encore naissance lorsqu'on expose le ter à l'action de l'air humide : l'eau est décomposée , son oxygène s'uqit au fer pour former du sesqui-oxyde, et son hydrt^ne produit, avec l'azote de l'air, de l'ammoniaque , qui, se combinant à l'acide carbonique de l'air, donne du carbonate d'ammoniaque. Aussi la rouille dégage-t-elle toujoui's de l'ammoniaque quand on la mâle à de la potasse.

Certains oxydes de fer el de manganèse naturels, quelques argiles et diverses matières terreuses , contiennent de l'ammoniaque. On en trouve aussi de petites quantités dans les pluies d'orage, à l'état de carbonate ou d'azotate d'ammoniaque.

Il existe constamment des traces d'ammoniaque dans l'air ;

OU peul donc admettre que les corps poreux dans lesquels Oi a trouvé de l'ammoniaque n'ont fait que condenser ce gaz.

Les sécrétions des animaux, leurs urines, leurs excrémentsi •contiennent de l'ammoniaque ou des corps qui se transforment facilement en sels ammoniacaux.

On peut dire, en résumé, que l'hydrogène et Tazote oat une grande tendance à s'unir entre eux pour former de l'ammoniaque, et que cette combinaison se produit arec facilité, lorsque ces deux corps sortent d'une combinaison et qu'ils se rencontrent à Yétat naissant.

Propriétés. — L'ammoniaque e^t un gaz incolore, d'une odeur vive et pénétrante, tout à fait caractéristique.

Ce gaz est impropre à la combustion ; une bougie qu'on y plonge s'éteint immédiatement. Il n'est pas combustible daos l'air atmosphérique ; mais lorsqu'on l'introduit par une petite ouverture dans une cloche pleine d'oxygène , ou peut l'enflammer ; il brûle alors avec une flamme jaune.

L'ammoniaque est impropre à la respiration : elle produil des oplilhalniies, que Ton remarque fréquemment chez les ouvriers qui sont exposés aux émafialions ammoniacales.

La dissolution aqueuse d'ammonia([ne, mise sur la peau, produil une rubéfaction qui est bientôt suivie d'une ampoule et d'une véritable cautérisation: cette propriété fait employer l'ammoniaque pour cautériser les blessures faites par les animaux enragés. On se sert quelquefois de l'ammoniaque pour rappeler à la vie les personnes tombées en syncope.

Le gaz ammoniac n'est pas permanent. M. Bussy a démontré qu'en l'exposant au froid produit par Tévaporalion de l'acide sulfureux liquide, on peut le liquéfier.

M. Faraday a solidifié l'ammoniaque en l'exposant au froid produit par l'évaporalion dans le vide d'un mélange d'acide carbonique sohde et d'éther. L'ammoniaque solide

i^lLIandie, mstiiliiiii-, traiisi)iiR'iil.-, iilii> l.iiir.i.' ,jii.> l'ariimoniaque liquide; son odeur est faible, parce que, à celle basse Icmpéralure, sa temïuti n'esl |ias considérable.

Le gaz anmioniac réagil coinmu un alcali sur le papier rouge de louincsol et sur le sirop de violette. Celte propriété, qui n'apparlient à aucun autre Huide élastique, sert à le caractériser : aussi lui doniie-t-on le nom d'alcdli volatil. On recuonaiL en généra! l'ammoniaque à trois caractères : 1" à Sun odeur ; S° à son alcalinité ; 3» aux fumées blaridies de chlorhydrate d'ammoniaque qu'elle produit lorsqu'on en approche un tube de verre trempé dans l'acide chlorbydrique.

Si l'on fait passer l'ammoniaque â travers un tube rempli ■le fragnicuts de porcelaine ut chauffé au rouge, elle est en partie décomposée el donne naissance à de l'azote et à de rhydn^ène, qui se troiivont dans le rapporl de i volume (l'azole i 3 volumes d'hydrogène; celle décomposition est plus facile, si l'on introduit dans le tube de porcelaine une {Klite quantité de platine.

LVIeclricité peut aussi décomposer l'ammoniaque.

L'ammoniaque est un des gaz les plus solubles dans l'eau que l'on connaisse ; l'e^u peut en dissoudre 070 fojs son volifinp. Si l'on met en conliict avec l'eau une éprouvette remplie 4'|U|»noniaque pure, le gaz est absorbé instantanément, et l'eau frappe le haut de i'éprouvelte avec assez de force pour la briser ; aussi pour faire cette expérience, faut-il avoir le soin d'envelopper l'éprouvetle d'un linge, car les éclats de verre pourraieut blesser l'opérateur (pi. XIII, fig. 34),

Un morceau fie glace qu'on introduit dans une éprouvette KQiI^fi de gaz ammoniac absorbe rapidement le gaz et se fond aussitôt. Malgré cette grande solubilité, l'ammoniaque oe répand pas à l'air de fumées blanches, parce qu'elle ne fume pas avec l'eau de combinaison en proportion définie.

L'eau satprée de gaz ammoniac est employée dans les

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réacUons chimiques et remplace le gaz ammoniac, qui sertit plus difficile i manier.

Cette dissolution, que l'on appelle souvent ammumiaque Humide, abandonne tout le gaz qu'elle contient quand on la chaufle a 60® ou qu'on l'expose pendant longtemps au conlact de l'air : elle le perd également dans le vide.

L'oxygène agit sur l'ammoniaque sous l'influence de l'électricité, et forme de l'eau et de l'azote. M. Kuhlmann a démontré que, sous l'influence de la mousse de platine, légèrement chauffée, un mélange de gaz ammoniac et d'oxygène se transforme en acide azotique.

Le chlore décompose l'ammoniaque; si l'on fait passer dans ce gaz seulement quelques bulles de chlore, il se forme aussitôt des fumées blanches, qui sont accompagnées d'un dégagement de chaleur et de lumière. Il se produit du chlorhydrate d'ammoniaque el de l'azote.

Le chlore décompose aussi l'ammoniaque liquide, mais alors l'action est moins énergique ; elle n'esl pas accompagnée de lumière.

^n. — La préparation de l'ammoniaque est fondée sur la propriété que possèdent les alcalis fixes de la déplacer de ses combinaisons salines. Tous les sels ammoniacaux pourraient servir indistinctement à cette préparation; maison emploie de préférence le chlorhydrate d'ammoniaque, que l'on trouve en abondance dans le commerce.

Le chlorhydrate d'ammoniaque est une combinaison d'ammoniaque et d'acide chlorhydrique ; lorsqu'on traite ce sel par une base, la chaux, par exemple, cette base s'empare de l'acide chlorhydrique et met en liberté Tammoniaque qui se dégage.

On introduit dans un matras un mélange à poids égaux de chaux vive et de sel ammoniac ; le mélange ne doit occuper

iisroui

AIIIION[àQCBi ^7

lue le liers ou la moilié de la capacité du mairas : la partie ride est remplie de petits fragments de chaux caustique, de»tinés à dessécher le gaz (pi. XUl, lig. 3ô). Le balloD porte un tube recourbé qui s'engage sous une rouvetLe. On ne peut employer, pour dessécher l'ammoique, le chlorure de calcium, (jui a la propriété d'absorber de grandes ijuantités de ce gaz. L'action de la chaux sur le sel àmnoniac commence à froid i mais elle s'arrêterait bientôt âroD ne chauffait le ballon avec quelques charbons. Le gaz dût être recueilli sur le mercure, et l'on reconnaît qu'il est pur lorsqu'il est complètement abjorbable par l'euu.

Au lieu de produire le gaz aEiimoniac avec de la chaux et on sel ammoniacal, on peut aussi l'obtenir en faisant chauUer ^ammoniaque hquide du commerce ; il suÛlL d'une température peu élevée pour en dégager tout le guz qu'elle renferme. La dissolution d'ammoniaque (nommée ordinairement ammoniaque liquide j se préparc en recevant le gaz ammoniac, d'abord dans un llaeon laveur oii l'un a mis une petite quantité de lait de chaux pour absorber l'acide carbonique et les corps étrangers qui pourraient être entraînés, et ensuite dans uue série de llacons qui conlienueut de l'eau distillée.

Comme l'eau ammoniacale est plus légère que l'eau pure , le tube qui amène le gaz dans l'eau distillée doit plonger jus - ^'«u fond du Uacon. Four faciliter la dissolution de l'ammuniaque, ou entoure d'eau froide les flacons condensateurs. Ua peut considérer la saturation conmie complète, quand on voit t|e uombreuses bulles de gaz se dégagei' de la dissolution aniiDDiiiacale refroidie.

t'Misea de l*AiHnHiNliM|Me. — L'ammoniaque est employée dans les laboratoires comme réactif; elle sert en médecine, et entre dans la préparation de plusieurs pommades irritantes.

58 ]tfÉTALLOlOES.

On emploie Tammoniaque pour dissoudre le carmin et plusieurs autres matières colorantes, et pour modifier la teinte de quelques couleurs, telles que les cramoisis et les bleus de Prusse. Les dégraisseurs consomment de grandes quantités d'ammoniaque pour enlever les taches de graisse et faire reparaître les couleurs altérées par les acides. Les fabricants de fausses perles emploient Tammoniaque pour préparer Yessence d'Orient, Celte liqueur s'obtient en mettant en suspension dans de l'ammoniaque liquide les petites écailles d'un poisson de rivière appelé ablette. On insuffle cette liqueur ammoniacale dans des globules de verre ; les écailles s'appliquent contre les parois du verre et produisent les effets des perles d'Orient naturelles.

M. Thenard a prouvé que l'on peut se servir de l'ammoniaque pour traiter les animaux chez lesquels se présente un accident bien connu des cultivateurs sous le nom d'empansementy et qui affecte surtout les moutons ou les vaches qui ont mangé des herbages humides.

L'empansement est dû à la production d'une quantité considérable d'acide carbonique dans l'estomac et les intestins des animaux, qui détermine la mort en quelques instants.

Comme le gaz qui produit l'empansement est l'acide carbonique, et que ce gaz est absorbable par l'ammoniaque, il suffit d'administrer à l'animal quelques gouttes d'ammoniaque étendue d'eau pour voir l'empansement disparaître.

L'ammoniaque se combine avec tous les acides pour former les sels ammoniacaux. Le plus important de ces sels est celui qui résulte de la combinaison de l'ammoniaque avec l'acide chlorhydrique. On le nomme chlorhydrate d'ammoniaque ou sel ammoniac.

Le sel ammoniac sert à préparer l'ammoniaque pour les besoins des arts, et pour les laboratoires de chimie.

On l'emploie dans la fabrication du sesquicarbonate d'am-

iiionjaque incilicinul ; il serl pour io détiiiiiigi! des iiiéliiiix, ot parliculiéroment du cuivre; dans ce cas, l'animoniaque du chlorhydrate réduit par son hydrogène une partie de l'osyde d« cuivre à l'élat métallique, et le chlore Iransfontie l'autre ptrtic en protochlorure de cuivre qui se volatilise.

Le sel ammoniac est aussi employé dans quelques opéralions de teinture.

Le chlorure d'arg;ent étant solukJe dans une dissolution aqueuse de sel ammoniac, on se sert quelffuefois d'un mélange de ces deux sels pour argenter à froid le cuivre et le laiton.

Le sel ammoniac est employé dans Textraction du platine pour précipiter ce métal de sa dissolution dans l'eau régale.

Enfin le sel ammoniac entre dans la composition d'un lut employé pour sceller le fer dans la pierre; ce lui se prépare en arrosant, avec une dissolution de sel ammoniac, de la limaille de fer préalablement mêlée â 1 ou^ centièmes de soufre.

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