CHLORE
'' Schéele a d^ouverl le ehlore en 177i. Ce chimiste avait con^défé le cblore comme de l'acide muriatique ou marin privé de phlogistique, et l'avait nommé acide marin déphîogiitijué.
Lavobier vint ensuite, qui regarda le chlore comme étant formé d'acide muriatique et d'oxygène, et l'appela acide muriatique oxygéné.
En6n, en 1809, Gay-Lussac et M. Thenard en France, Davy en Angleterre, reconnurent que toutes les réactions du chlore peuvent s'expliquer en considérant l'aride muriatique oxygéné comme un corps simple ; et, en elTet, ce corps n'a jamais été 'décomposé.
H. Ampère lui s donné le nom de cklore, que tous leschi" mistes ont adopté.
M MÉTALUrtDES.
Le cblore est un gaz d'un jaune Terdâtre, comme l'indique json nom tiré du grec 7>Mfô7; d'une odeur forte et suflbcante^ ^i'une sareur caustique, d'une densité de 2,ââ ; il est impro|ire à la combustion : une bougie allumée que Ton plonge dans une cloche remplie de ce gaz brûle pendant quelque temps et s'éteint après avoir changé de couleur.
Le chlore est impropre a la respiration, et, de plus, délétère. Quelques bulles de chlore introduites dans les poumons produisent une suffocation yiolente, et peurent même causer des lésions suivies de crachement de sang.
Le chlore n'est pas un gaz permanent.
Faraday a obtenu sa liquéfaction en chauffant a 8S*, dans un tube fermé aux deux bouls, des cristaux formés par la combinaison du chlore avec l'eau. Sous l'influence d'une faible élévation de température, cet hydrate de chlore se déecHnpose, et l'on trouve au fond du tube deux couches liquides : la couche inférieure est du chlore liquéfié, et la couche supérieure de l'eau saturée de chlore.
Le chlore est soluble dans Teau. Un volume de ce liquide en prend 8,04 à 8*; c'est à ce terme que la solubilité de ce gaz est àson maximum. Cette solubilité diminue rapidement quand la température augmente : a 50**, elle n'est plus que 1,09; lorsqu'on fait bouillir la dissolution de chlore, elle perd tout le chlore qu'elle contient. Celte dissolution est d'un jaune verdàtre plus foncé que le chlore, et présente toutes les propriétés du chlore gazeux ; elle est employée dans les laboratoires de préférence au chlore, parce qu'elle peut être maniée plus facilement. Il ne faut pas la préparer à une température trop basse, parce que le pouvoir dissolvant de Teau diminue rapidement par le refroidissement à partir de 4- 8»; et à O^, l'eau ne dissout plus qu'une fois et demie environ son volume de chlore.
Un doit conserver la dissolution de chlore à labri de la lu«
r.llLORE. iSi
iiiiiTo , iiMendii (jii'ellc se d (■coin pose sons l'inllncnci' di' la radiation solaire. Le chlore, réagissant sur les éléments de l'eau, se combine avec l'hydrogène pour former de l'Sêide ■ohlorliydrique, et dégage de l'oxygéne.
En refroidissant, A la tempéruUire de 2 ou S* au-dessus dp zéro, une dissolution de chlore saturée à + 8", on ta toit bicnlrtt abandonner des cristaux d'hydrate de chlore d'un blanc jaunâtre, dont la forme parait être celle d'un oclaèdre allongé à base rhoniboldale.
Le chlore a pour l'hydrogène une grande nffinité.
L'artion de ces deux gaz l'un sur l'autre ne se manifeste pM tant lu'on les conserve à l'abri de la lumière et à la températuri' ordinaire : soumis à Tinfluence de l'électricité, de la chaleur nu do la rsdinlîon solaire, ces deux gaz se combinent immédiatement en faisant entendre une détonation Tiolente. IVnprès M. Draper, une lumière artificielle, celle d'une bougie par esemple, peut aussi déterminer la combinaison du chlore t'I di* riiyilrngène.
- Cette eombin^son produit de l'acide chlorbydrique, qui ré- «alteéortftriondflYdnines égaux de ditore etd'hydrogènesans 'emr^flBMtieff : ainsi 2 volumes de chlore et 2 volumes d'hydre^èM donnent i volumes d'acide chlorhydrique.
A \à hiitAkte diffuse, le chlore et l'hydrogène s'unissent lentement et sans détonation ; mais leur mélange se conserve indAfimment' dans un lieu obscur.
-Toos les rayons lumineux ne déterminent pas l'union du chlore avee l'hydrogène; les rayons violeU ont seuls cette pn^riété : ausn peut-on exposer à la lumière directe un mélange de chlore et d'hydrogène contenu dans des vases colorés en rouge, en jaune ou en vert, sans qu'il y ait comhinaisoa.
Quand le chlore sec a été exposé à la radiation solaire pendant quelqtM temps, il possède des affinités chimiques plus
énergiques ; il se combine avec Thydrogène à la température ordinaire et à Tabri de la lumière (M. Draper).
Le chlore agit non seulement sur Thydrogène libre, mais encore sur un très grand nombre de composés hydrogénés. Ainsi, lorsqu'on fait passer du chlore humide dans un tube de porcelaine chauffé au rouge, Teau se décompose, et il se forme de Facide chlorhydrique et de l'oxygène.
Sous rinfluence de la radiation solaire et de la chaleur, le chlore peut donc enlever de Thydrogène à l'eau pour former de l'acide chlorhydrique. Il agit de la même manière sur certaines matières organiques, et s'empare de leur hydrogène. Cette réaction du chlore devient surtout évidente lorsqu'elle s'exerce sur une matière colorante.
Aucune matière colorante de nature organique ne résiste à l'action du chlore ; la teinture de tournesol, l'indigo, l'encre, sont détruits par le chlore : cette propriété a été appliquée par BerthoUet au blanchiment des toiles de coton et de lio.
Lorsque le chlore agit sur une matière colorante, on peut admettre que l'hydrogène est enlevé ; mais il arrive aussi quelquefois que le chlore détermine l'oxydation des matières soumises à son action. Le chlore décompose alors Teau pour former de l'acide chlorhydrique, et l'oxygène, se trouvant à l'état naissant, se porte sur la matière colorante pour la détruire ou la modifier.
Le chlore pourra donc être employé tantôt comme un agent d'oxydation, tantôt comme un agent de déshydrogénation.
Un corps hydrogéné, après avoir été soumis à l'action du chlore, retient souvent du chlore qui s'est substitué à l'hydrogène et a formé de l'acide chlorhydrique.
L'affinité du chlore pour l'hydrogène explique son action sur les miasmes et les matières organiques en décomposition.
L'odeur que répandent certaines substances en putréiactioa