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PLATINE

Le platine n'a été introduit en Europe que vers l'annw 1740; son nom vient du mot espagnol ;>ian'iin qui signifie pdi' argent. Ce métal était connu depuis longtemps en Amérique; mais on n'en faisait aucun usage ; ce n'est que depuis le commencement de ce siècle qu'il a été employé dans les laboratoires de chimie et dans les arts.

Le platine forgé est presque aussi blanc que l'argent; il prend un grand éclat par le poli; il n'a ni saveur, ni odeiir; il est très ductile et très malléable; il occupe le cinquième rang parmi tes métaux pour la malléabilité, et le troisième pour la ductilité- Un fil de platine de 2 millimètres de diamètre se rompt sous un poids de 12â kilogrammes.

£pla(me est plus mou que l'argent. Il est plus dur que le e et moins dur que le fer. C'est le moins dilittable de s les métaux.

e platine est infusible dans un feu de forge, mais il fond wilemerjt au chalumeau à gaz liydrogène el oxygène. A la cbftleur lilanoiie, il se ramollit, se laisse forger, et peut se souder sur lui-même comme le fer. Cette propriété est très 'cieuse; elle permet de confectionner des ustensiles en plat. Le platine parait volatil, lorsqu'on le ohaLifTe à une Lemllure très élevée, el produit des éLiiicelles briUuntes d on l'expose à la flamme du chalumeau à gaz hydrogène. e platine n'est oxydé par l'air, ni à froid, ni à chaud. Il ■décompose l'eau dans aucune circonstance, et n'est nlla- Bque par un petit nombre d'acides, ■li'jwide azotique n'a pas d'action sur le platine pur, mais e dissout lorsqu'il est allié à une quantité sufOsante d'ar- Htl et d'or. Son véritable dissolvant est l'eau régale. 100 parlîes d'eau régale, formée de 75 parties d'acide chlorhydrique 8 15», et de 25 parties d'acide azotique â 35", peuvent dissoudre \à parties de platine.

^Les acides sulfurique el chlorLydriquc ne dissolvent pas le ■itinc.

Le platine en mousse s'unit au soufre lorsqu'on le chanIVe suifisamment; le platine forgé ne s'y combine que très diiliolement.

Le phosphore el l'arsenic s'unissent aussi au platine en MODge et forment un phosphure et un arséniure très l'n-

KLorsqu'on brûle dans un creuset de plaline une matière

V^anique contenant du phosphore, comme le cerveau, il se

broduil, par !a rt'duction de l'acide pliosphorique, du jiiios-

ire de platine qui est très fusible; aussi le creuset est-il

en quelques instants.

Le clilore est nbsorbé tenteraent par le platine.

Le platini! s'allie avoc prest[uc tous les métaux à une Iratpératiire plus ou moins élevée : lorsqu'il est très divisé, il s'ttilic au mercui-e.

Le platini! métallique se présente sous difTérents aspects.

Lorsqu'il p^o^'ient de la calcination du chlorure de platiA ammoniacal, il est spongieus, terne, d'un gris cendré : onls nomme alors platine en éponge ou en motMJ«; l'éponge dl platine prend de l'éclat p«r le rrottenii^nt.

Lorsque le ptaline se précipite d'une de ces dissolutions, i se présente quelquefois sous la forme d'une poudre noire i{Bl l'on nomme noir de platine.

L'éponge et le noir de platine peuvent, comme le cltarboB, condenser les gaz en produisant de la chaleur, et déterminenlr aous l'influence de l'air, l'inHammatinn des ga/ et des vapeun combustibles.

Le noir de platine peut absorber jusqu'à 7àb fois son vl^ luine d'hydrogène. '

Le platine divisé possède la propriété de délermincf dfs combinaisons par sa seule présence. Nous rappellerons ifi'fs principales réactions qui s'opèrent sous l'influence du noirou de la mousse de platine.

L'iiydrogèue et l'oxygène s'unissent en présehptî du flatine divisé, cl produisent de l'eau. (Jn lil de platine très délié, ou des feuilles très minces de ce mélâl deviennent incandcscenls dans un mélange détonant, et opèrent la cotltblHaisott des deux gaz.

L'acide sulfureux et l'o-xygène s'unissent sous l'influCtice de la mousse de platine légèrement chauffée , et forttienl Je l'acide sulfurique anhydre. L'alcool absorbe l'oxVgèfiC en présence du noir de platine, et se change en ttcide acélif|Ue' La dissolution de platine dans l'eau régate porte le tiom de chlorure de platine; elle est colorée en brun, et on l'etnptoi^

Donunr-. 321

Iiirs les rabrifiiios de porcelaine pour produire des lustres de }!alitt(. Lorsqu'on applii]ue, en ell'et, sur une poterie, un mrange de clilonire de plalinc et d'essence ilc laviuidc, et qu'on passe la pièce au feu, on obtient un lustre très Lnllnnt.

Le clilorurc de plalini; est employé dans les laboraloires pour reconnaître les sets de potasse; il produit dans leurs

Rolulions un préripilé jaune peu solultle dans Vcaa,

ittDlu

En terminant l'iiistoire des métaux, nous présenterons ([uelques généralités sur la dorure, la galvanoplastie et la

plioloj^'rapliie.

Vn grand nombre d'objets sont dorés au moyen de feuilles (l'or qu'on fisc avec diiïérents mordants. C'est ainsi qu'on dore le bois, le carton, le cuir, les grilles de fer, etc.

Pendant longtemps, on dorait It; ruivre et ses alliages au moyen d'un amalgame d'or qu'on appliquait sur les pièces IHtrfaitemcnt décapées ; on tbaulTait pour volatiliser le mercure, et l'on obtenait une pellicule d'or adliérente dont l'épaisseur ne pouvait dépasser une cerlainelimile.

Cette méthode est presque complctenienl remplacée par la ilorure au trempé et par la dorure galvanique.

La dorure au trenqié s'emploie surtout pour les Lijoux de

cuivre qu'on veut recouvrir d'une légère couclie d'or; on se

sert d'une dissolution de pcrcbloruîe d'or et de bicarbonate

''■^ "Classe ;' il sullil iV- ploi:u'''r dfiiis ccite liqneur, pendant

lemi-minutc, les objets prèalalileiuent décapés avec soin.

lauile lavés à grande eau etséchés.

m MÉTAUX ■ ^^^^^

Les procédé» galvaniques pemietlejil de déposer sijr ij mêlai quelmmjue une fouciitr d'or ailliéreiile, el dont i't'piîj seur augmcnti; àvoloiilé. La dissolution d'or qui coiiviealfl mieux pour cet usog» est le cyanure double d'or et de m tassium.

Les objets doivent être décapi^s et soumis à des préparatioa , variables avec la nature du môtal ; on les plonge dans le bù i aurifère eu les mettant en communication avec les deus pol» d'une pile dont l'intensilé doit filre convenable. L'épaisseurè la couche d'or déposée dépend de la durée de l'immersion et de l'intensité du courant électrique.

Oti argenté par des procédés analogues en remplaçant le buin aurifère par une dissolution do cyanure de potassium et d'argent, ou mieux de cyanure de calcium et d'argent.

On obtient aussi par les procodés galvaniques des dépOUtls platine, de cuirru, de zinc, etc. La tôle recouverte de zioc porte le nom de tôle gaîvaniièc

GALVANOPLASTIE.

Le but de la galvanoplastie est do précipiter sur un objet donné une couche continue el consistante , mais non aiihérente, d'un métal dont on décompose la dissolution par un courant électrique. Le métal qu'on emploie le plus souvent est le cuivre ; on décompose par un faible courant électrique une dissolution de sulfate de cuivre saturée et légèrement acide.. L'objet qu'on veut recouvrir de cuivre est placé au pùle négatif de la pile et plonge dans ta dissolution ; s'il n'est pas conducteur, on le recouvre de plombagine ; c'est le cas te plus général , car on commence le plus souvent par faire un moule en plâtre de l'objet qu'on veut reproduire. Ce moule non conducteur est métalUti avec de la plombagine, et se trouve

i'iiuTi)GRAi>)i[i:. 323

l recouvert d'un dép6t île ruivre qui l'L'préseiiLu cxacîDl l'objet proposé.

Dans ces dernières années, on a obtenu par les procéiiés de gBlvaiiuplaslic des bas-reliofa en argent d'une grande perction.

i'IlOTOGBAPlirL.

L'art de la pholograpliie repose sur la propriété que préentent les sels d'argent de noircir sous l'influence de la imière. On recouvre une plaque d'argent, ou de plaqué d'arent, d'une couche mince d'iodure d'argent, en l'exposant aux apeurs d'iode ; la plaque ainsi préparée est placée au loyer 'une cbambre obscure ; l'iodure d'argente;^^ décomposé dans s parties claires de l'image ; son altération esl incomplète los les demi-teinles et nulle dans les parties noires, l'our radre l'image visible, on l'expose à l'influence des vapeurs e mercure; il se forine un amalgame d'argent qui produit les irlies claires de l'image. On lave ensuite la plaque avec une ssolution faible d'iiyposullile de soude, allti d'enlever l'ioire d'argent non altéré, qui noircirait ù la lumière. On a perfectionné celle mélliode, qui est due à Daguerre, r l'emploi de certaines substances dites accélératrices, de VApeur de brume, par exemple, qui rendent la couche d'ioire d'argent plus sensible, et permettent do prendre les lages dans un temps très court. l)e plus, on a trouvé dill'é- [its procédés pour rendre les épreuves plus nettes et plus iltérables ; on les fixe en les soumeLlant à l'iniluence du lorure d'or.

Dans ces dernières années, on a obtenu des images |}hùloques d'une [grande perl'i'flioii i'ti se wrvaiit de jiojiurs es ou phiilogéniquc» préparés avec dilVéreiils composés t. Le papier noircit dans les parties lumineuses de

kSS MÉTMS. ^^

rimnge, etreslc Wnnc dans les parties obscures; on expi 1(1 lumière celle épreuve négalivc en plaçaiil par derriùi autre papier sensible qui noircit dans les parties <\m ce poniient aux blancs de la première , et forme ainsi l'ép positive. Cette épreuve est ensuite lavée à l'IiyposulU soude.

ÎHIMIE ORGANIQUE.

ÎRAUTÉS SDR LES CORPS ORGANIQUES.

oniie lu nom de corpit organiques à ceux qui entrent constilulion des vcgélaux ou des animaux, lupart des substances organiques retirées des végétaux "inées de trois corps, qui sont: U' carbone, l'hydrogène, fgène.

lubslances organiques qui sont produites parl'organiinimale contiennentsouvenl de l'azote; elles peuvent tre formées do carbone, d'bydrogène, 'd'oxygène et , On extrait, du reste, des végétaux, un certain nombre is qui sont également azotés,

ubslonces organiques les plus diverses et qui s'éloignent les unes des autres par leurs propriétés, telles que )c e vinaigre, le bois, l'amidon, les gommes, les résines, le nt donc formées des mt^mes éléments. Sous ce rapport, ps organiques diiïèrenl essentiellement des substances liques, qui contiennent des élémcnlsdiirércnts. Ainsi les sulfuiique, azotique, carlMiniquc, ont bien un élt;ommun qui est l'oxygênc, maïs contiennent des corps ;, le soufre, l'azote, le carbone, qui donnent à ces acides iprïétés toutes spéciales. Les corjis organiques ne difdonc pas entre eux [lar la nature de leurs éléments, ien par la prnpurlion ilr ce* éiéirieril*. Ainsi le sucre îOnt formés, il est vrai, de carbone, d'oxygène, d'Iiyle, mais la proportion de cçs éléments est bien diffç-"

Szv i:hihii!: ouuankjue. ^g

rente dans les doux cas: le suif conlient beaucoup pltuds' carbone et d'hydrogène que le sucre.

L'action delà cliaieiir permet souvent de distinguer un co/pï organique d'une substance inorganique. On peUl dire en cffef que toutes les substances organiques sont décomposées ioraqu'on les soumet à l'action d'une température suQisomDunt élevée ; elles dégagent de l'eau, des vapeurs acides, du goadron, des gaz inflammables, et laissent souvent un résidu ds charbon, tandis que la plupart des corps inorganiqnes nos' volatils résistent à l'action de la chaleur.

Les corps organiques ont encore pour propriété caractéristique de se décomposer spontanément lorsqu'on les ex|K)Sfii l'influence de l'air humide ; ils éprouvent une sorte de combustion lente et se changent en eau cl en acide carbonique.

Lorsqu'on chauffo un corps orgaiiîquo formé d'oxygént, d'hydrogène et de carbone avec de l'oxyde de cuivn.', sou l'iidluence do l'oxygéue contenu dans cet oxyde, les élémeuls du corps organique se changent en eau et en acide carbonique. En appréciant les proportions d'eau et d'acide cailtonique qui se sont produites pendant celte décomposition, on peut déterminer la quantité de chacun des éléments qui constituaient la matière organique: c'est sur ce principe qu'est fondée l'analyse organique élémentaire.

Lorsque le corps soumis a l'influence de l'oxyde de cuivre est azoté, l'azote se dégage à l'état de pureté, si l'on a eu le soin d'employer une certaine quantité de cuivre métalhque, qui décompose le hi-oxyde d'azote qui tend à se former. En recueillant alors l'azote dans une cloche graduée, on apprécie l'ucilenie[it la quantité d'azote contenue dans la substance que l'on avait soumise à l'analyse.

Les corps organiques peuvent être divisés en trois grandes classes <|ui comprennent ; 1» les acides, 2" les bases, Z" les corps neutres.

ACIDE ACÉTKJUE. 327

immeles corps organiques neutres sont 1res nombreux, faciliter leur élude , on les a partagés en un certani pibre de groupes qui comprennent : les substancesligneuses, substances amylacées, les gommes, les sucres, l'alcool, les 9les essentielles, les corps gras, les niatièrus colorantes, les bstances animales.

Nous choisirons, dans ces diflérenles classes, les corps qui feentenl le plus d'intérêt , et nous en ferons connaître les incipates propriétés : nous commencerons par l'étude des Bides organiques.

Cet acide est im des plus importants de la ciiimie orgaque : il existe en abondance dans l'organisation végétale ; ■ peut le produire artiticiellement par un grand nombre de ncédés diflérents. L'acide acétique libre ou les acétates sont laployés dans plusieurs industries.

tii'acide acétique se rencontre dans la sève de toutes les iDtes ; il y est combiné en général avec la potasse, la soude la chaux. Les acétates produisent par la calcination les tribonatos que l'on trouve dans les cendres des végétaux, rencontre aussi l'acide acéti([ue dans plusieurs sécrétions lales. La plupart des liquides qui ont éprouvé la putréion ou la fermentation contiennent cet aride, •s matières organiques traitées par la polasse, l'acide sul- [ue, l'acide azotique, etc., donnent naissance à do l'acide 16. On peut considérer, en outre, l'acideacétiquecomme 'des produits consfanLs de la distillation des matières orga- ■es. On a ivraniiii i|iii> l'iuidi- acétique se Ibnne presque tamment lorsqu'on apporte quelque trouble dans l'équi- I des éléments d'une matière organique.

mt CIIIHIE OrtCiMOCE.

Nous examinomn'' les principam cas de produrlion i' Tariile acL'tiqiu".

Art-tiAeMtlon. — On sait que h vîn petit devenir ariiIcH s{> trunsfornier en vinaigre.

L(! vin pinit ùlrc ronsidori; comme une liijiiciir tenant h ilissoiuLioii lie. l'alcool et une subslaiire juolée.

Il est bien démontré que dans l'acétififation duvin.c'Bl l'alcool qi)i absorbe l'oxygcne d« l'air oL se change en vinaigre; car lorsque le vin est devenu aigre, il n'est plus alcnoliqiw Mais ratio transformation ne se Terait pas sans l'influenwfc la innti^re azotée, qui délcrminc l'absorption de roxygéne ' l'iiir par l'alcool.

Pour faire de l'acide acétique avec du vin, on voit danc qu'il faut mettre en contact l'alcool et i'oKygène de l'air, et faire inlcncnir, en outre, un troisième corps qui agit par présence , et détermine l'action de l'oxygène sur l'alcool, U nombre des matières organiques propres à transformer la liquides spinUnnix eu vinylgre est cunsidérabif; mais «lie qui présente au plus haut degré cette propriété est la mênii vinaigre, matière gélatineuse qui se dépose dans les tonneaiB où l'on fait fermenter le vin.

On peut empêcher le vin de s'aigrir, soit en précipitant la matière azotée par t'ébuUilion, comme dans la fabrication ies vins cuits, soit en mettant le vin ù l'abri de l'air.

Toutes les circonstances favorables àla transformation del'aV cooten acide acétique ont été réalisées dans un mode d'acétilî. cation qui est dû àM.SchuzenbacIi. On fait circuler à plusieurs reprises de l'alcool étendu sur des copeaux de bois de bélre mélangés avec du moût de bière, et placés dans un tonneau percé laléralemetil de plusieurs trous. On prend ordinairemerl de l'alcool à 80/100" ; on le mélange avec 6 parties d'eau, et l'on fait passer cette liqueur à trois ou quatre reprises dans le

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