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Bourriquet à cheval. — Pour le transport des terres

dans la direction verticale on s'est servi, en 1819, dans l'exécution des terrassements de la place de Toulon, où les déblais devaient être élevés à une grande hauteur, d^un hour-^ riquet à cheval. Cette machinese composait, à sapartie inférieure, d'un treuil, de 0'",24 de diamètre, muni d'un tambour de 0™,63 de diamètre, sur lequel s'enroulait une corde, dont le dérou-

74 DE LA TRANSFORMATION »U MOCJVKWSMT REGTILIGNE

lementy parle moyen de la tractioa d'un cheyai, do&nail le mouvemeat à la machine ; une seconde corde s'enroulait sur le treuil et servait à monter le fardeau à l'aide d'une poulie; une roue à rochet,»avec un déclic placé à l'extrémité du treuil, s'opposait au mouvement en sens contraire en cas d'accident. Cet appareil transformait donc un mouvement horizontal continu en un mouvement vertical continu. Le cheval marchait en ligne droite , et la hauteur d'élévation était de 14 mètres. Le chemin parcouru par le cheval étant à la hauteur d'élévation du fardeau dans le rapport inverse des diamètres du treuil et

du tambour, ou d'environ -r^ == 2,45, si l'on admet que le

cordage ait O^jOS de diamètre, ce chemin sera égal à 2,45 X 14 = 34*", 30, ce qui montre que, pour ce cas, il fallait que la piste horizontale sur laquelle le cheval pouvait se mouvoir fût égale à peu près à 40 ou 50 mètres; ce qui, dans certains cas, serait un obstacle à l'emploi de ce dispositif. Le plateau sur lequel on posait les paniers remplis de déblais recevait douze paniers *.

66. Bourriquet à manège. — Le bourriquet ordinaire à traction en ligne droite a été remplacé par un autre à manège, établi sur un treuil vertical portant deux tambours mobiles ,

^ Un cheval élevait en moyenne la charge de 12 paaier$ 96 fois en 10 heures de travail; à chaque voyage il élevait donc 12 paniers de remblai

cubant «hacunO"%01l, ou ensemble 0*°' ,132, qu'il faut réduire <le g i ^ cause

du foisonnement. Le poids des terres étant estimé seulement à 1200 kilog.

le mètre cube, k poids élevé était de |.0"%132X 1200 = ]32S0O, plus

24 kilog. pour les paniers, et autant pour le plateau, soit en tout 180 kilog. L'effort exercé par le cheval, abstraction faite des frottements, était donc

Le travaU «tile total de la journée était de 96 x 132^ X 14" = 177 408^".

L'emploi de cette machine a produit une économie estimée à 30 p. 100 du prix qu'aurait coûté le même transport par des rampes et des brouettes, ou des veiturss. Le tnm^ort de 1 mètre cube à 14 mètres de haut a coûté , tous frais faits . 1 f r. 04 cent.

CONTINU EN EECTlLlfiNfi CONTINU* 75

par le moyen desquels se développe un câble communiquant le mouvement à un treuil horizontal. Le cordage s'enroule sur ce dernier treuil, et fait monter ou descendre les camions ou les tonnes au moyen de deux grandes poulies et de deux petites. L'un des tambours sur lequel s'enroule la corde dans le mouvement se fixe au treuil par un verrou , qui se retire et se pkoe à l'autre tambour lorsque le mouvement de la tonne déchargée change, afin d'élever k charge sans interruption du mouvonent et sans changer la direction de la marche du cheval. Un manchon d'embrayage vaudrait mieux. Une tonne descend pendant que l'autre monte , de sorte que le poids des tonnes n'est pas élevé inutilement*.

Cet appareil est bien préférable au bourriquet à traction en ligne droite , à cause de la facilité de son installation , et surtimt de la continuité de sa marche, qui, diminuant beaucoup le temps perdu , augmente le travail journalier.

W. Machine employée cm ircmsport vertical des terres. — Dans les travaux du fort de Vincennes on a mis en usage, pour le transport verlical des terres extraites des fossés , un appareil où l'on utilisait avec avantage le poids des hommes, et qui étak composé ainsi qu'il suit :

Au niveau de la contrescarpe sur laquelle on devait élever des terres, on a établi un plancher en encorbellement,

* Le produit de cette mackioe a été en moyenne de 3â mètres cubes de déblai, pesant au moins 1200 kilogr. le mètre cube, élevés en 10 heures de travail à la hauteur de 14 mètres ou de 35 X 1200x14 = 588000 kilom. ou l^itts du triple du bourriquet à traction reotiligoe. L'élévation du mètre cube de déblai à 14 m^ras «de kautear « coûté 0^,367 , au lieu de 1^49 qu'elle eAft«o«t6 par les moijtus ordinaires, at au lieu de 1^04 qu'eHe avait coûté par le bourriquet à traction rectiiigne.

sur le cadre duquel étaient assemblés les plateaux , que supportait une grande poulie à gorge. Ce plancher présentait deux ouvertures rectangulaires de dimensions convenables pour le passage d'un plateau chargé d'une brouette. Chacune de ces ouvertures était alternativement fermée par un plateau chargé d'une brouette pleine de terre, et qui était élevée par le contre-poids du routeur et de sa brouette vide descendant sur Tautre plateau *•

Dans la manœuvre de cet appareil , un routeur arrive avec sa brouette, la place sur le plateau inférieur, puis monte à Téchelle sur la contrescarpe; le routeur qui Ta précédé place sa brouette vide, et entre sur le plateau supérieur ; alors un surveillant, placé à poste fixe sur le plancher, agit sur la carde pour produire et modérer le mouvement. Des ressorts et des cliquets d'arrêt sont disposés en haut et en bas, pour que le mouvement ne se produise pas sans la volonté des ouvriers^ afin d'éviter les accidents.

Cet appareil transforme le mouvement vertical continu de descente en un mouvement vertical continu d'ascension II utilise le poids des hommes t et il a procuré une économie considéil^ble sur le prix d'élévation des terres. Le transport vertical du mètre cube, élevé à 13 mètres de hauteur, n'a coûté que 0^,322. Le môme ouvrage, fait à la brouette par des rampes et des relais disposés à la manière ordinaire, aurait coûté 1^,285 par mètre cube élevé. .

De. la transformation du mouvement reetllif^ne continu en elrenlaire, et réciproquement du mouvement eireulaire continu en reetiiigne eontinn.

67. Treuil ou tambour, — Dans les horloges à poids, le poids ou moteur descend et fait tounier un premier cy-

* Une brouette de terre de la natare de celle qu'on déblayait pesait moyennement 72^,50 , et il en fallait 24,8 pour un mètre cube, ce qui porte le mètre cube à 1798 kilogr. Le poids 4'un homme est estimé moyennement à 70 kilog.

lindre, sur lequel est enroulée la corde, que Ton nomme treuil ou tambour. Ce treuil e&t uu cylindre en bois ou en métal, traversé par un axe de fer dont les extrémités, tournées cylindriquementy se nomment tourillons^ ou fusées; celles-ci reposent sur des demi-cylindres appelés coquilles^ et le plus souvent coussinets y qui se font quelquefois eu bois, mais plutôt en bronze ou en fonte, et que Ton a soin de graisser pour faciliter le mouvement de rotation.

Dans les machines à manœuvrer les fardeaux, lorsque le poids descend d*un mouvement rectiligne, la corde ou la chaîne enroulée sur le treuil se déroule, et communique à celui-ci un mouvement de rotation continu. Alors les arcs décrits à la circonférence extérieure du treuUy mesurés au milieu de la corde^ sont égaux avo) hauteurs ou chemins décrits par le fardeaUy et la vitesse de descente ou d ascension du fardeau est égale à la vitesse de déroulement ou d'enroulement de la corde.

Quant à la vitesse angulaire ou des points situés à l'unité de distance de Taxe, elle est égale à celle du fardeau divisé par le rayon du treuil augmenté de celui de la corde.

68. Treuil des carriers^— Les treuils se composent la plupart du temps de plusieurs cylindres. Ainsi le treuil des carriers a une grande roue de 4 à 6 mètres de diamètre, garnie de poignées ou de chevilles, -^ sur lesquelles agissent les hommes, soit avec les mains, soit en montant, et d'un cylindre d'un diamètre plus petit, et qui forme le treuil proprement dit, autour duquel s'enroule la corde ou la chaîne qui soutient le fardeau.

Pour soulever une pierre, un ou plusieurs hommes agissent en montant sur les chevilles à peu près à hauteur du

centre, et, par leur poids, déterminent le mouvement de ro* tation de tout l'appareil autour de son axe. Alors la corde s'enroule autour du treuil, et, comme les chemins décrits par la circonférence du treuil , ou plutôt par les points de la circonférence qui passe par le milieu de la corde, et qu'on nomme circonférence moyerme^ sont proportionnels à son rayon, on voit que, dans ce treuil, le chemin décrit par le fardeau, ou la hautewr dont il s^étèce^ est au ehemhi décrit par les hommes à la cvrcortférence de la roue , comme le rayon de la circonférence moyenne du treuil est au rayon de la roue. Les vitesses sont dans le même rapport.

€19. Treail de» puits. — On ^ce qnelqueflm à côté ou an* dessus des puits des appareils du même genre , composés d'une route à poignées de 0^,80 à 1 mètre de <fiamètre, on d'un simple anneau en fbnte on en fer, sur lequel on agit à la main, et d'un treuil autour duquel s'enroule la diaine ou la corde du puits. On a, dans cet appareil» le même rapport que dans le précédent entre les chemins parcourus.

70. Des manivelles. — Au lieu d'une roue à poignée ou à chevilles, on emploie souvent une seule poignée, fixée, i 0^,40 environ de l'axe, à l'extrémité d'un bras qui est assemblé sur le corps du treuil, ou qui embrasse par une portée carrée l'extrémité de son axe. Cet appareil se nomme manivéSte. En agissant avec continuité sur la poignée, on la fait mouvoir circukirement, et l'on produit l'élévation du fardeau, laa hauleur et la vitesse d'élévation sont au chemin décrit par la manivelle ou à la vitesse delà poignée de la manivelle comme le rayon du treuil est au rayon de la manivelle.

71. Des norias. — On appelle ainsi un appareil composé de deux tambours, ou poulies, doués d'un mouvement de rotation, et établis parallèlement Fun au miKeu de la matière à élever, et l'autre un peu au-dessus du point où elle doit être reçue. Sur ces tambours s'enroule une double chaîne sans fin, ou une bande de cuir à laquelle sont fixés

CWnmj EN CmCl^LAlRE, ET RÉCIPROQUEMENT. 79

des espèces de pots en bois ou en métal, qu'elle emporte avec elle. Ces pots, s'emplissent de la matière liquide» grenue on pulvérulente, qu'il s'agit d'élever, et remportent arec eux en s'éievant : puis, quand ils sont parvenus vers le sommet du tambour supérieur, ils la versent dans des auges ou récipients disposés convenablement pour la recevoir.

Lorsqu'il s'agit d'élever des eaux,

il convient d'employer des pots fermés

à la partie supérieure, qui se vident

par une ouverure latérale, et d'en

munir le fond d'une soupape qui

s'ouvre pour laisser échapper l'air au

moment de l'introduction de l'eau.

Pour le transport des grains ou des farines d'un étage à

rautre des moulins, on emploie des norias dans lesquelles

la chaîne sans un est remplacée par une bande de cuir, et

les pots sont de simples godets en fer-blanc.

72. Des chapelets. — Au lieu de pots et de vases, si l'on fixe sur la chaîne , à des distances égales , des plateaux car-

rés ou circulaires dont le plan soit perpendiculaire à sa direction, et que l'on enveloppe ces plateaux, qu'on nomme grains, dans une auge fermée de toutes parts si elle est placée verticalement, ou sur trois côtés si elle est inclinée, on

forme l'appareil appelé chapekt vertical dans le premier cas, et chapelet incliné dans le second.

Il sert à ^lever des eaux, principalement dans les travaux d'épuisement des fondations ; mais , comme il est ordinairement nécessaire de laisser beaucoup de jeu aux grains dans l'auge, il se fait des pertes d'eau considérables qui rendent . cet appareil d'un emploi peu avantageux.

Le seul motif qui puisse engager à s'en servir, c'est la simplicité de sa construction et la facilité des réparations. La chaîne peut se faire en bois : chacun de ses maillons porte un grain avec lequel il s'assemble à clefs. Les tambours sont des espèces de roues sans jantes dont les bras à fourche s'engagent entre deux grains consécutifs.

Dans les norias^ comme dans les chapelets^ U est évident que le chemin parcouru par la matière élevée est égal aux arcs décrits par les parties de la chaîiu qui s* enroulent sur les tambours.

75. Chapelet moteur. — Si le chapelet vertical, au lieu d'élever l'eau dans laquelle plonge son tambour inférieur, reçoit à sa partie supérieure un volume d'eau qui force les grains & descendre, on voit que cet appareil devient un moteur dans lequel le mouvement de descente vertical continu de l'eau est transformé en un mouvement circulaire continu.

Dans ce cas, les grains seront garnis sur leurs bords de bandes de cuir qui s'opposent aux pertes -d'eau. Il convient d'adopter pour le tuyau la forme cylindrique, de préférence à la forme d'un prisme -^^^^^is^Ts:.::^" rectangulaire, et de faire le tuyau

en fonte, alézée au moinyvers les parties supérieures et infé-

rîeures, pour que les grains, en y circulant avec exactitude, ne perdent pas l'eau.

74. Treuil différentiel. — Ce treuil, dont l'invention est attribuéifi aux Chinois et aux Indiens, est une combinaison ingénieuse du treuQ ordinaire et de la poulie mobile. Il permet de réduire la vitesse du mouvement rectiligne du fardeau autant qu'on le veut , sans compliquer l'appareil de poulies ou de mouffles. L'arbre du treuil porte une roue à poignées ou à chevilles sur laquelle on agit à bras, ou un tambour sur lequel s'enroule une corde, à l'aide de laquelle on produit le mouvement. Le treuil se compose de deux parties de. diamètres difTérents, qui reçoivent en sens contraire les enroulements des deux extrémités d'un même cordon, dont les brins parallèles soutiennent la poulie mobile M, à laquelle est suspendu le fardeau.

Si l'on appelle R le rayon de la roue à poignées ou à chevilles, et V la vitesse à sa circonférence; r et V les quantités analogues pour la

plus grosse partie du treuil; r' et v' les quantités analogues de la plus petite partie du treuil;

Il est facile de voir que, quand la roue

à poignées ou à chevilles aura décrit un

arc AB ou un angle AGB, le brin de

corde qui s'enroule sur la plus grosse

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