N. LAISNÉ
AVANT-PROPOS
Tout passe dans la vie, et, pour entretenir l’usage des choses même les plus utiles, il faut les rappeler souvent à la mémoire, si l’on ne veut pas en voir diminuer l’importance. Ce n’est qu’en vue de cette considération que j’essaie une fois encore de venir en aide à l’enseignement gymnastique.
Si la gymnastique est profitable à tous, elle est surtout indispensable au soldat.
Elle a pour lui des effets spéciaux propres à lui créer de précieuses ressources, surtout pendant la guerre.
En augmentant sa vigueur, elle le rend plus capable de résister aux influences épidémiques.
En l’occupant, elle l’empêche de s’abandonner
AVANT-PROPOS
à une fâcheuse apathie et de prendre des habitudes aussi contraires à sa santé qu’à sa dignité.
Elle lui donne plus de décision, plus de sûreté dans les déterminations, plus d’énergie et de résignation dans les privations.
Enfin, et c’est un des points les plus importants auquel on ne pense pas assez sérieusement, si la gymnastique leur était bien enseignée, les soldats, de retour dans leurs foyers, pourraient en répandre la pratique jusque dans les points les plus retirés de la France.
Mais toute personne, si bien disposée qu’elle soit, ne peut enseigner que ce qu’elle sait, et chez le soldat l’instruction gymnastique est trop restreinte pour qu’il puisse la propager d’une façon profitable à tous.
Ce n’est pas avec quelques mouvements brusques qu’on peut modifier les gestes désordonnés des enfants, ni avec la connaissance de quelques exercices qu’on peut protéger le développement physique et le développement normal des organes si compliqués dont se compose notre être.
Je dis non; la nature ne permettra jamais de faire des hommes avant le temps voulu. On ne peut anticiper le développement physique et le développement moral sans déroger aux lois de la nature, et surtout sans , agir contre la prospérité future de sa nation.
AVANT-PROPOS
C’est le cas d’appliquer ici le proverbe : « Le Temps se venge de tout ce qu’on fait sans lui. »
Je me permets d’ajouter que notre esprit cherche sans relâche à perfectionner et à approfondir ce. qui est juste et utile, et qu’il se refuse à se préoccuper des choses qui n’ont aucune valeur humanitaire.
Le savant D r J.-D.-T. de Bieuville, en parlant -des enfants dont on néglige l’éducation physique, dit :
« On voudrait leur former l’esprit avant le « corps. Ignore-t-on que jamais celui-là ne sort « le premier sans accabler l’autre? »
Du même auteur :
« L’enfant est une cire pour recevoir les im- « pressions, et un diamant pour les conserver, « quand elle les a une fois reçues. »
La conséquence de celte bonne pensée n’est pas difficile à concevoir; si l’on donne à un enfant, pour exercer ses facultés, un professeur de mauvaise tenue et d’un savoir médiocre, l’enfant ne manquera pas de l’imiter en tout point; si, au contraire, on lui donne un maître doux, instruit, mais décidé et énergique en même temps, l’enfant ne manquera pas encore de l’imiter, et il n’oubliera jamais ce qu’il aura reçu de lui.
Il n’est donc pas plus difficile de développer les
AYANT-PROPOS
facultés physiques des enfants en vue du beau et du bien, qu’il n’est difficile aux moralistes de les conduire dans cette voie; il suffit pour obtenir ce précieux résultat de leur servir d’exemple, en théorie comme en pratique.
L’extrait ci-dessous d’un long rapport lu à l’Académie le 10 avril 1855 par le bien regretté D' - Bouvier, membre de l’Académie, me dispense de m’étendre sur les résultats obtenus dans les hôpitaux par une sage application des exercices gymnastiques sur différentes maladies, principalement la chorée; voici ce passage :
« M. Blache nous a exposé à son tour ce qu’il « avait vu à l’hôpital des Enfants, où l’adminis- « tration, de plus en plus convaincue, par les « rapports des médecins, dé l’utilité et de l’effica- « cité de la gymnastique dans plusieurs maladies « de l’enfance, a fait construire successivement « deux vastes gymnases (1) qui permettent, en ; « toute saison, d’appliquer sur une grande échelle « cette ressource thérapeutique, trop longtemps « méconnue. Une création analogue a eu lieu à « l’hospice de la Salpêtrière pour le service des
(1) Les deux premiers grands gymnases créés à l’hôpital des hntants, ainsi qu’à la Salpêtrière, ont été établis non sans beaucoup de travail, je puis dire opiniâtre, par les enfants les moins malades de l’hôpital des Enfants, et les filles et femmes les plus valides de la Salpêtrière.
AVANT-PROPOS
«épileptiques, et l’on n’a eu également qu’à « s’en louer.
«Le conseil municipal vient de compléter « cette œuvre philanthropique en ajoutant aux « allocations de fonds qu’il avait déjà votées « celles qui étaient encore nécessaires pour as- « surer à ces gymnases une direction intelli- « gente, active, dévouée, que l’on n’a due pen- « dant longtemps qu’au zèle désintéressé de « M. Laisné. »
La conclusion de ce rapport se termine ainsi :
« En résumé, nous dirons, en modifiant « quelque peu les termes des conclusions der- « nières de M. Blache, que, dans la plupart des « cas, la gymnastique ne le cède en efficacité à « aucun des autres modes de traitement de la « chorée, et qu’elle n’a point les inconvénients « attachés à plusieurs d’entre eux. »
5 Nous avions à cette époque, en ne citant que 1 hôpital des Enfants, plus de cent garçons internes et autant de filles, et trente à quarante enfants de chaque sexe auxquels la gymnastique était ordonnée comme traitement externe.
Dans 1 intérêt de cette science, qui comprend les frictions, les massages et les exercices rationnels, je cite un cas de chorée des plus graves guéri par ces procédés, et dont le résultat a été proclamé à l’Académie de médecine ; le voici dans sa réalité :
AVANT-PROPOS
Le 21 septembre 1850, M. le D r Blache me fit demander pour me montrer un choréique nommé Conrard (Émile), couché au n° 17 de la salle Saint-Jean; il me demanda si, dans l’état désespéré du malade, j’espérais pouvoir le soulager, ajoutant que je n’avais rien à redouter de ce qui pouvait arriver de fâcheux, attendu que ce pauvre être était au plus mal. Je m’en occupai séance tenante. Ge digne docteur qui considérait son petit malade comme perdu, s’exprima d’une façon très vive en présence de tous les internes, et en particulier de M. Defrance, interne de la salle : « Mon cher Laisné, si vous sauvez celui-lâ, la croix est au bout. » Après un mois et demi de traitement l’enfant a pu être rendu à sa famille, mais la croix est restée encore bien des années à la Légion d’honneur.
A la suite de cette heureuse guérison, réunie à tant d’autres, M. le directeur de l’Assistance me fit l’honneur de m’adresser une lettre dont je cite quelques passages :
« Je sais encore que vous avez fait de ces « exercices la plus heureuse application. Dans « vos habiles mains, ils sont devenus d’utiles « auxiliaires pour la science et de nombreux « malades vous doivent leur guérison.
« De pauvres jeunes filles infirmes et idiotes « de la Salpêtrière sont aussi l’objet de vos
AYANT-PROPOS
« soins les plus assidus et les plus désinté- « ressés.
« Depuis que vous avez bien voulu vous oceu- « per d’elles, une amélioration notable s’est pro- . « duite dans leur position.
« Vous avez fait preuve, à leur égard, d’une « bonté et d’une charité au-dessus de tout éloge. « L’Administration, monsieur, vous doit tous ses « remerciements pour les services que vous ren- « dez aux pauvres.
« J’éprouve un vif plaisir à vous les adresser « en son nom.
« Paris, le 2b janvier 18bl,
« Le directeur de l’Assistance publique,
« Signé : Davenne. »
Je prends ici la liberté de témoigner ma vive reconnaissance à messieurs les docteurs qui, par leur bonté sympathique, n’ont jamais cessé d’encourager mes efforts par leur concours bienveillant et désintéressé.
SUR LES
e tout temps, les hommes prévoyants et pénétrés de 1 idée de voir grandir la puissance de leur patrie ont été unanimes pour insister sur la nécessité de se livrer à la pratique des exercices du corps. MM. Amar Durivier et L.-L.-F. Jauffret ont bien exprimé cette utile pensee en consignant dans leur Gymnastique de la jeunesse (1803, page b), ceci :
« Le vœu constant de tous les sages, le but « principal de l’éducation chez tous les peuple* « qui ont brillé sur le grand théâtre du monde « par leurs exploits et par leurs vertus, fut « toujours de rendre l’esprit sain et le corps « vigoureux. » 1
II est regrettable qu’on ne sache pas tenir compte de ces prudents conseils, puisque, même encore de nos jours, pour trop de personnes les traditions l’emportent toujours sur l’histoire ; après bien des siècles écoulés, elles ne pensent qu’aux luttes sanglantes dès Romains, et cherchent à éluder les salutaires effets qu’ont eu les exercices du corps sur certains hommes de génie dont nous ne nous fatiguons pas d’admirer les travaux. Elles ont encore la faiblesse de penser que le corps ne peut se fortifier qu’aux dépens de l’esprit.
Si cependant la culture seule de l’esprit suffit pour procurer un bien-être durable, il est permis de demander pourquoi une grande partie des savants sont vieux et souvent très vieux à cinquante ans; il manque donc ici un équilibre qu’on a négligé de pratiquer en temps utile, et auquel on ne veut plus avoir recours; cependant pas une de ces personnes n’ignore que Socrate se livrait assidûment dans sa chambre à des exercices de chironomie pour entretenir sa santé, et que Platon dit:
« La liaison générale qui est entre l’âme et «le corps ne permet pas que le corps puisse « être exercé sans l’esprit, et l’esprit sans le « corps.»
Mais, par un entraînement contraire aux .lois de la nature, l’adolescent cherche à tout devan-
cer pour avoir l’apparence d’un homme avant le temps .voulu ; puis, dès qu’il croit avoir atteint ce but, il ne tarde pas à regretter sa précoce maturité qui ne lui permet pas d’entreprendre quelque chose de sérieux.
Ce qui surprend, c’est le manque de prévoyance des parents qui souffrent de ce manque d’équilibre, et qui n’agissent pas avec plus de prudence que leurs devanciers envers leurs enfants ; de nombreux conseils ont cependant été donnés en tous temps ; en voici un qui date d’assez loin : De l'éducation des enfants, de Locke, traduit de l’anglais par M. Goste (Amsterdam, 1737, page 45).
« Nous sommes généralement assez avisés « pour songer à discipliner ces animaux dans le « temps qu’ils sont jeunes, et à dresser de « bonne heure toute autre créature de cet ordre « que nous voulons employer à notre usage.
« Nous ne manquons en ce point, qu’à l’égard « des créatures que nous mettons aü monde. »
Ce retard, trop longtemps prolongé, d’un enseignement réclamé tant de fois, ne provient que de l’absence d’une école normale de gymnastique générale ; la fondation seule de cette école imprimera dans l’esprit public le goût de ces exercices et la considération qu’ils mériteront dès qu’ils , seront enseignés par des professeurs compétents.
. S îf a ™ ét « assez heureux pour faire accepter des 1 865 mon projet présenté à M. le Ministre de 1 Instruction publique (dans mon ouvrage : Application de la gymnastique , page 309) la France posséderait aujourd’hui par centaines
T" 8 à la haute ” ^ leur mission et pénétrés des services qu’ils auraient rendus au pays; je regrette aujourd’hui plus que jamais de n avoir pas réussi dans cette idée conçue sans autre ambition que celle du bien de l’humanité.
dit B ™™ r ’ “embre de l’Académie, 1
ait, dans le Dictionnaire encyclopédique de?
sciences médicales (1866, page 231) f ■
, / Le ® e ^ ercices corporels sont assurément un
dans Pe f m0ye “ d<î k 1 ™ 61, la “netitution dans 1 enfance; mais n’en fait-on pas un abus « nuisible, en appliquant à cet âge la gymnaï « ‘‘1™, d f s sa P eurs -P 0I npiers, des soldathet des «matelots? Ne peut-on bannir de l'éducation physique des enfants ces attitudes violentes «ces inflexions exagérées des jointures, ces
* suspens,ons forcées P ar les membres sunt
« rieurs, ces ascensions périlleuses, ces tours de « bateleurs, en un mot tout ce qui exige des
« 3Z A° rS d ® P r °P orti °n avec l’état des organes du mouvement à cet âge tendre, genre de gymnastique pédagogique dont on revient « aujourd’hui dans les pays où l’on a le mieux « approfondi ce sujet. » mieux
' Ges observations paraîtront peut-être un peu longues; mais, comme elles émanent d’hommes des plus compétents en cette matière, je ne remplis quun devoir utile en les reproduisant dans cet opuscule.
Observations de notre bien regretté M. le D r Demarquay sur l’Exposition de 1867 et renseignement gymnastique dans les hôpitaux :
« On peut dire sans exagération que, sous le « rapport musical, les enfants de nos collèges « sont moins bien favorisés que les enfants du « peuple, qui trouvent dans les orphéons un « enseignement souvent complet. Quand on a « assisté aux leçons de gymnastique données « avec tant de dévouement par M. Laisné aux « enfants de nos maisons hospitalières, il est « facile de voir tout ce que l’on peut obtenir « Tous ces pauvres petits malades exécutent'
« avec une précision parfaite, un certain nom- « bre d’exercices gymnastiques, en chantant « avec un remarquable ensemble des chants dis- « tingués que ce gymnasiarque a associés à « ses exercices gymnastiques.
« Puisque les membres du groupe 10 de l’Ex- « position ont pour mission de faire connaître « ce qui peut améliorer les conditions physiques « et morales de l’homme, je me permettrai de « demander Inapplication complète et absolue de « la gymnastique ; et, pour arriver à un résul-
« tat favorable, je ferai remarquer qu’il faut que « l’éducation physique de nos enfants ne soit « point confiée à un brave soldat, mais à un vé- « ritable professeur de gymnastique, connaissant « l’hygiène et sachant, comme le. faisaient les « Grecs, opérer d’heureuses associations aux di- « t vers exercices corporels commandés par la « gymnastique.
« Il n’est pas indifférent de faire une bonne ou « une mauvaise gymnastique; si, en effet, les « exercices ne sont pas proportionnés à l’âge, à « la force, à la santé de l’enfant, ils deviendront « nuisibles. Il faut que chaque exercice mette « en jeu les forces musculaires, mais il ne faut « point qu’il soit poussé trop loin; car alors, s’il « s’agit de l’enfant, celui-ci, rentre dans sa « classe épuisé et incapable de se livrer aux « travaux de l’esprit. Ce que je dis des enfants « s’applique également à l’homme ; il faut donc « varier les exercices autant qu’il convient, se- « Ion la constitution de chaque individu.
« Un grand principe de M. Laisné a juste- « ment trait à ce point.
« Quand une personne, dit-il, affaiblie par « une indisposition quelconque, réclame des « soins de ce genre; si, au début, on lui fait « dépenser une somme d’action plus grande « que celle qu’elle peut donner pour qu’elle en « éprouve du bien-être, on peut être assuré « qu’on la rendra plus malade au lieu de la
« soulager. » {Application de la gymnastique a,la guérison de quelques maladies, par Laisné, 1880, 2 e édition.)
Au sujet de l’application des chants aux exercices, on sait combien les enfants sont, disposés à crier, il faut donc apporter toute son attention à les faire chanter sans forcer leur -voix, et surtout à ce que les sons soient exprimés par le registre de poitrine. Il ne faut jamais oublier que l’expression du chant doit être mise en rapport avec l’exercice qu’on exécute c’est-àdire que, si l’on exécute un exercice dont les mouvements sont courts, comme celui de faire agir les bras avec flexion, le chant peut être exécuté avec une certaine vitesse ; si au contraire les mouvements sont grands, tels que ceux qui font agir les bras dans leur plus grande extension, le chant doit être doux et exprimé librement, à cause de la participation que prennent les muscles élévateurs et abaisseurs de l’inspiration et de l’expiration.
On sera certain d’avoir bien procédé, si, après l’exécution d’un ou de plusieurs exercices en chantant, on peut encore chanter aussi librement qu’au début. Il est utile de constater ici que, dans les hôpitaux nous avons obtenu des résultats surprenants en appliquant, avec une sage progression, le chant aux exercices, sur des sujets dont la poitrine et les organes étaient d’une faiblesse extrême.
Il faut donc, surtout pour les enfants, ne jamais oublier qu’on a affaire à des êtres en voie de développement, et qu’on ne peut forcer leurs organes sans entraver l’œuvre delà nature.
« Il est étonnant, dit Plutarque, combien « l’exercice journalier de la voix est avanta- « geux non seulement à la santé, mais même « à l’entretien des forces, je ne dis pas de celles « qui font les athlètes, mais de la force et de la « véritable vigueur des principaux viscères du « corps, d’où dépend principalement le réta- « blissement de la santé. y> (Plutarque, t. II, page 130.)
Voici en dernier lieu la conclusion d’un rapport de MM. les docteurs de l’hôpital des Enfants lu à l’Académie le 23 juillet 1831 :
« Disons en terminant, que, grâce aux soins « intelligents de M. Laisné, à sa bienveillance « attentive, à son zèle et à son habileté, nous « n’avons eu aucun accident à déplorer depuis « quatre années. Profondément versé dans la « connaissance de la gymnastique, passionné « pour son art, il sait communiquer à ses élèves « toute l’ardeur qui l’anime.
« Doué d’une grande perspicacité, d’une « fermeté et pourtant d’uüe douceur et d’une « patience à toute épreuve, les beaux succès
« qu’il vient d’obtenir à la Salpêtrière, dans le « traitement de l’épilepsie vraie et simulée, « doivent le recommander d’une façon toute « particulière à la bieveillance de M.le direc- « teur général de l’Assistance publique et à « l’estime de tous nos collègues (1). »
Je n’ai donc jamais pensé à restreindre les exercices gymnastiques ; ce que j’ai toujours dédaigné, c’est de chercher à faire de l’homme un singe,^de le faire agir sans se rendre compte de ce qu’il fait et de l’exercer en dehors des conditions réservées à sa nature.
En un mot,je voudrais que garçons, hommes, filles ou femmes, fussent exercés en vue de la perfection de leur être sous tous les rapports, en cherchant à atteindre au plus haut degré ce que je me permettrai d’appeler la politesse physique, qui facilite si bien l’accès de toutes les carrières.
Ceci me permet de dire que pour la gymnastique. civile, -aussi bien que pour la gymnastique militaire, rien de sérieusement profitable à, cette science n’est encore fait, et il en sera ainsi de même aussi longtemps que la création d’une école normale de gymnastique générale se fera attendre, et que cette science sera toujours mise de côté dans les examens.
(1) Ce rapport est consigné en entier dans mon livre, Application de la gymnastique à quelques maladies (1865):
Ce n’est pas sans nn profond regret, nous sommes placés de façon à pouvoir constater ce fait de nos yeux, qu’aux examens d’admission aux écoles normales d’institutrices et d’instituteurs, nous voyons un assez bon nombre de belles natures dont la gymnastique des écoles a protégé le développement, qui, pour quelques points de moins qu’elles obtiennent dans les examens, se trouvent éliminées pour faire place à de pauvres natures affaiblies par un travail intellectuel outré. Les sujets font bien quelques progrès sous le rapport physique pendant les trois années de soins et d’exercices gymnastiques qu’ils passent dans ces écoles, mais ils ne rattraperont jamais l’arrêt de développement normal qu’a provoqué chez eux la trop grande tension prématurée de l’esprit. Heureusement qu’il n’y a pas de règle sans exception, mais ce n’est pas ainsi qu’on doit procéder pour assurer la prospérité d’une nation au point de vue physique comme au point de vue moral.
Un aperçu des engins gymnastiques pour le civil ne sera pas déplacé ici pour les lycées, collèges, écoles, etc. J’ai déjà consigné ces détails dans d’autres ouvrages ;
Les voici par ordre d’utilité :
Des sautoirs;
Des échelles horizontales et inclinées ;
Des barres parallèles ;
Des barres à suspensions dites barres fixes ;
Des planches à rétablissements ;
Des poutres horizontales ;
Des échelles orthopédiques.
Comme agrès et instruments .
Des xylofers remplaçant les barres à sphères avec grand avantage;
Des haltères;
Des massues;
Des échelles de corde ;
Des cordes lisses ;
Des perches mobiles ;
Des cordes à nœuds;
Des petits mâts fixes, ainsi que tous les jeux connus.
Pour les demoiselles, au lieu de les exercer d’une façon trop souvent peu convenable pour leur sexe, les gymnases des institutions ne devraient être composés que des machines cidessous, classées par ordre d’utilité :
Des sautoirs;
Des échelles orthopédiques;
Des échelles horizontales ;
Des bascules brachiales ;
Des tirages continus ;
Des tremplins;
Des poutres horizontales très peu élevées audessus du sol.
Comme agrès et instruments .
Des xylofers ;
Des haltères ;
Des poignées à sphères mobiles, et tous les jeux qui peuvent convenir à leur sexe.
Pour les militaires, je l’ai déjà écrit bien des lois, et je le répéterai toujours, tant je suis certam d être dans le vrai, en fait de machines il suffit d avoir :
1 Une barre horizontale dite à suspensions, bien supérieure au trapèze;
2° Une planche à rétablissements ;
3° Des barres parallèles ;
4° Des échelles horizontales, sur une échelle fixée horizontalement à 2-,30 au-dessus du selon peut exécuter tous les rétablissements et remplacer au besoin la barre à suspensions.’
En ajoutant les poutres horizontales, ces cincr machines sont suffisantes pour, composer un gymnase militaire; les Grecs et les Romains n ont pas eu besoin de tant d’engins pour former des soldats dont la force et le courage ont bien des fois étonné l’univers.
Pour ce qui concerne les sauts, chaque régiment ou chaque bataillon devrait se construire des tertres et des fossés avec ses propres ressources, car pour les militaires, les tertres gazonnés de différentes hauteurs sont indispen-
sables pour habituer les hommes à franchir des obstacles réels.
Comme agrès mobiles.
1° Des perches à crochets dites Amau.rosiennes;
2° Des cordes lisses ;
3° Des mâts fixes de plusieurs diamètres ;
4° Des xylofers ; le fusil avec la baïonnette et son fourreau peuvent remplacer cet instrument sans aucun dégât pour le fusil ;
b° Il devrait y avoir des haltères en quantité dans chaque régiment ; c’était le principal instrument des Grecs et des Romains pour fortifier les soldats ;
6° Des cordes pour les luttes de traction.
Pour les militaires, ce sont les exercices d’ensemble qui sont préférables, car, qu’ils soient bien ou mal exécutés, tous sont forcés, de se soumettre au rythme indiqué. Y aurait-il quelque chose de plus attrayant et de plus grandiose que de voir cinq à six cents hommes manœuvrant ces instruments avec énergie; cet effet es^ déjà imposant lorsque ces exercices sont exécutés par les enfants des écoles communales ; on peut juger de l’effet que produiraient ces exercices s’ils étaient exécutés par des militaires.
7° Les massues sont des instruments précieux pour assouplir et fortifier les [bras, ainsi que la