‹ Notions préliminaires d'histoire naturelle pour servir d'introduction au cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 24 sur 39 · REPTILES · texte numérisé non relu

REPTILES

Les lézards n'ont ni carapace ni plastron ; leur corps a la tonne des quadrupèdes ordinaires, et leurs membres sont libres et bien développés ; enfin , leur bouche est armée de dents nombreuses et pointues.

Fig. Ut. Léiard vert piqueté.

Quant aux serpents, ils sont dépourvus de pattes, et ne peuvent ramper que par les mouvements ondulatoires de leur corps, qui est arrondi et très allongé.

Tous les reptiles ressemblent à 1 un ou à 1 autre de ces trois types, et par conséquent cette classe d’animaux se divise en trois groupes principaux, savoir : les Chéloniens, ou Tortues; les Sauriens, ou Lézards, et les Ophidiens, ou Serpents.

g 108. Les Tortues varient un peu dans leurs formes, suivant qu elles sont destinées par la nature à vivre à terre , dans les eaux

douces ou dans la mer. Les tortues de terre se reconnaissent à leurs pattes grosses et tronquées au bout ; les tortues d'eau douce ont les doigts plus allongés et palmés; enfin, les tortues do nieront les pattes aplaties en manière de rames et tous les doigts cachés sous une peau commune.

C’est à ce dernier groupe qu’appartient la tortue nommée Caret , dont on tire l'écaille employée en tabletterie. Cette matière constitue de grandes plaques qui recouvrent la carapace.

§ 1 09. L’oRDnEDES Sauriens comprend tous les reptiles qui, par la forme générale de leur corps, ressemblent aux lézards , tels que h geckos, etc.

Fig. 175. Caret.

crocodiles, les caméléons, les

m ZOOLOGIE.

Les Crocodiles sont remarquables par leur grande taille, les fortes écailles osseuses dont leur dos est, cuirassé, leur queue comprimée latéralement en forme de rame , ot leurs pattes postérieures palmées. Ils habitent les parties les plus chaudes des deux

Vis. Crocodile.

continents , et se tiennent d'ordinaire dans les fleuves et les lacs d'eau douce. Ils sont très carnassiers et redoutables môme pour l’homme.

Les Lézards [fuj. 171) ont la queue arrondie, les doigts grêles et libres, le corps couvert de petites écailles, la tète revêtue en dessus de plaques plus grandes, et une sorte de collier écailleux sous lo cou. Ils sont remarquables par leur agilité et se nourrissent d'insectes. Plusieurs espèces de ce genre habitent la France.

Les Caméléons, qui sont communs en Algérie, ont la queue préhensile et les doigts disposés en deux paquets opposables comme une pince. Ce sont des animaux fort singuliers non seu-

Fig;. 177 . Caméléon commun.

lement par la forme de leur corps et^la gaucherie de leurs mouvements , mais aussi par la faculté qu’ils ont de changer do couleur.

Les Geckos, dont une espèce se trouve dans le midi de la France, ont les doigts garnis d’espèces de ventouses qui leur permettent de grimper aux murs, aux plafonds , etc.

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S; I 111. L’ordre des Ophidiens, ou Serpents, comprend un grand

nombre d'espèces et se divise en deux groupes principaux, savoir : les Serpents non venimeux et les Serpents venimeux.

Les Serpents non venimeux so reconnaissent à leurs dents, dont aucune n’est mobile ni creusée d’un canal ou d'une gouttière ; toutes sont fixées, et elles forment dans le dessus do la bouche quatre rangées à peu près égales, et deux dans le dessous.

Les principaux genres de cotte division sont les Couleuvres, dont une espèce est très commune on France, et les Bous, qui sont de très grande taille, et qui se trouvent en Amérique et dans l’Inde.

Les Serpents venimeux portent de chaque côté de la tête une glande particulière qui sécrète un poison et le verse au dehors par un canal dont l’extrémité vient aboutir à un conduit ou à une gouttière creusée dans certaines dents de la mâchoire supérieure. Chez presque tous ces reptiles (les vipères et les serpenls à sonnettes, par exemple), lesdentsqui servent ainsi à la sortie du venin sont « plus longues que les autres et implantées dans l’os maxillaire supérieur, qui est très petit et mobile. Lorsque l’animal veut se servir de son poi- ■ <i on, il redresse ses dents, que l’on nomme des crochets; mais, dans

(1) Appareil venimeux rl’nn serpent à sonnettes : —V, glande venimeuse dont le cond'iii excréteur aboutit à la grosse dent mobile c ; — m, muscles élévulours de la mâchoire ( l"i recouvrent en partie la glande et peuvent la comprimer; — s, glandes salivaires 'l'd garnissent le bord des mâchoires ; — n, narine au-dessous de laquelle so voit la tussetip qui distinguo res serpents et les trigonocopbales îles vipères.

le cas contraire, elles sont reployées en arrière contre la mâchoire supérieure et cachées dans un repli de la gencive. Il y a derrière ces crochets plusieurs germes destinés à produire de nouvelles dents, pour remplacer celles-ci dans le cas où elles viendraient a se casser; mais l'os maxillaire ne donne pas insertion à une rangée de dents, comme chez les serpents non venimeux, de façon qu’on ne voit dans lo haut de la bouche que les doux rangéos de dénis palatines. Le canal dont les crochets sont percés vient aboutir près do leur extrémité, et verse au fond de la plaie qu'ils font l'humeur sécrétée par la glande située au-dessus. Ce liquide est un poison violent, qui produit des oil'ets plus ou moins funestes, selon les espèces qui le fournissent; en général, il est plus redoutable chez les serpents qui habitent les pays chauds que chez ceux des pays froids ou même tempérés , et scs effets sont d’autant plus terribles, que le serpent est plus irrité, qu’il est resté plus longtemps sans se servir de cette arme cruelle, et que l'animal mordu est de plus petite (aille. Lo venin n'agit qu’aprôs avoir été absorbé cl porté dans le lorrent de la circulation ; mais néanmoins les symptômes terribles qu’il occasionne se manifestent souvent avec une rapidité effrayante. Chez beaucoup d’animaux, les effets sont déjà sensibles au bout de quinze ou vingt secondes : on a vu des chiens succomber en quinze secondes par la morsure d’un serpent à sonnettes , et l’on assure que ces reptiles font périr môme les chevaux et les bœufs presque instantanément. Cependant l'expérience a montré que le venin des serpents pouvait être introduit dans les voies digestives sans danger : c’est ce qui explique pourquoi co poison violont peut couler dans la bouche de l’animal qui le produit sans l’incommoder, tandis que si, par maladresse, il se mord luimême, il périt avec la méjne rapidité que ses victimes ordinaires.

Le serpent venimeux lo plus commun et le plus dangereux de I Europe est la Vipère commune. Sa morsure est promptement mortelle pour les petits animaux ; mais, en général, la quantité de venin qu'il peut verser dans la plaie qu’il fait n'esL pas assez grande pour tuer les animaux de la iaille d’un cheval ou môme d’un homme. La personne mordue par une vipère ressent d'abord une douleur aiguë dans la partie blessée, puis celle-ci se gonfle, devient luisante, chaude, rouge et violette, ensuite livide , froide et insensible; la douleur et l’inflammation se propagent au loin; bientôt le malade éprouve des syncopes, des nausées, des vomissements, des tranchées aiguës et une foule d’autres symptômes effrayants; eniin, si ces accidents no so calment pas, la gangrène s’empare de la partie blessée, le malade est tourmenté par une soif inextinguible, un mal de tête violent, une faiblesse extrême, une terreur accablante, symptômes qui sont les précurseurs de la mort. On a vu un homme

liEl*TILES. 177

succomber on liait heures il la morsure d'une vipère; mais, nous le répétons, dans notre climat ces blessures ne sont, en général, mortelles que pour les enfants et les animaux de petite taille (l).

Les serpents venimeux ont tous la tête large en arrière, la langue très extensible, et un aspect féroce. Ils sont ovovivipares. On les divise en Crotales, Vipères,

N aï as, etc. (2).

Les Viïèbes ont le dessous de la queue garni d’une double série de plaques comme les couleuvres ; presque toutes se distinguent facilement de ces dernières, non seulement par leurs crochets, mais aussi par les écailles du dessus de la tête, qui sont petites et granulées, tandis que chez les couleuvres elles ont la forme de grandes plaques lisses (ftg. 181 et 182). La Vipère commune est Fig. 180. Crotale.

dans ce cas ; elle est brune, avec

uno double rangée de taches transversales noirâtres sur le dos. Sa longueur excède rarement 8 décimètres , et elle se trouve dans les

(1) Nous avons dit que le venin des serpents n'agissait que par absorption : aussi la première précaution à prendre lors d'accidents de co genre consiste a comprimer les veines au-dessus de la blessure , et à appliquer une ventouse sur celle-ci. Ces moyens destinés à retarder l'absorption du poison ne suffisent pas toujours pour préserver complètement do ses atteintes, cl après les avoir employés, il faut agrandir la plaie cl la brûler profondément, soit avec un fer rouge, soit avec la pierre a cautère (potasse caustique) ou quelque autre cautère puissant; l'ammoniaque, ou alcali volatil, appliquée sur la plaie et administrée à l’intérieur, est aussi 1res utile.

(Oi L’ u a des genres les plus remarquables do ce groupe est celui des Cuotales, appelés vulgairement Serpents à sonnettes , à cause de l'instrument bruyant qu'ils portent au bout de”la queue. Cet instrument est formé de plusieurs cornets écailleux emboîtés lâchement les nus dans les autres, de façon à se mouvoir et à résonner quand l'animal rampe ou remue la queue. Les cornets dont il se compose paraissent être formes par ' épiderme, dont l'animal se dépouille à certaines époques; le i nombre^ augmente avec l'àgo, a, ji en reste un de plus après chaque mue. Ces serpents habitent 1 Amérique ; leur venin esi extrêmement puissant ; mats en général ils no mordent que lorsqu ils sont provoqués, cl ils attaquent bien rarement des animaux trop gros pour qu’ils puissent les avaler. Us ne grimpent pas aux arbres ; cependant ils font leur nourriture principale d'oiseaux, d'écureuils, etc. On a cru pendant longtemps qu’ils avaient le pouvoir d’engourdir iJnrs victimes par leur haleine ou même de les charmer P ar leur regard, et de les contraindre ainsi à venir se précipiter dans leur gueule ; mais c'est seulement la frayeur extrême qu'ils inspirent à res petits animaux qui trouble ceux-ci au pointée les empêcher de r ui , ,|,. i 0Ul . ; , ire exécuter des mouvement* désordonnés, et de les faire tomber même dans b gueule de leurs ennemis.

cantons boisés, montueux ot pierreux do presque tonies les parties temperees et méridionales de i Europe. Il y a quelques années, elles s étaient multipliées d’une manière effrayante dans la forêt de Fon-

Fisr. lfll. Tête Ile Vipère. Fig. 182. Télé i le Couleuvre.

tainebleau. Sa nourriture principale consiste en souris, mulots, taupes, lézards, grenouilles, jeunes oiseaux et insectes. Comme la | couleuvre, elle passe 1 hiver et une partie du printemps engourdie dans des trous.

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