BATRACIENS
se forment que plus tard, et en même temps la queue se raccourcit, puis disparaît complètement.
Les Crapauds et les Rainettes, qui appartiennent aussi à cette classe, subissent les mêmes métamorphoses. Mais d’autres batra-
ciens, tels que les Triions ou Salamandres aquatiques , conservent toujours leur longue queue; et il en est d’autres qui, pendant toute
Fig’. 185. Axolotl .
la durée de la vie, conservent aussi leurs branchies de façon à pouvoir respirer également bien dans l’eau a l’aide de ces organes, et à l'espirer l’air au moyen de leurs poumons: tels sont les Protées et l 'Axolotl. ‘
CLASSE DES rOISSONS.
§ 112. La classe des Poissons comprend les animaux vertébrés ovipares qui, pendant toute la durée de la vie, respirent uniquement au moyen de branchies. Ce sont des animaux conformés pour habiter dans l’eau : dont les membres ont la forme de nageoires et dont la Peau est écailleuse ou nue.
Ces animaux ont, on général, la tête très grosse, point de cou, et ta queue presque aussi forte à sa naissance que le tronc : aussi leur c orps est-il ordinairement tout d'une venue, diminuant seulement Par degrés vers les deux extrémités. Quelques poissons manquent de nageoires : mais chez presque tous on en voit un nombre plus ou moins considérable : les unes sont latérales et paires ; les autres oc-
180 ZOOLOÜ1E.
cupent la ligne médiane, eL sont impaires. Les premières représentent les quatre membres des autres animaux vertébrés. Celles qui correspondent aux bras de l’homme ou à 1 aile des oiseaux, et qui sont nommées nageoires pectorales, sont fixées immédiatement derrière deux ou plusieurs ouvertures placées à leur tour derrière la
tête, et nommées ouïes.
Celles qui répondent aux membres abdominaux occupent en général la face inférieure du corps, et peuvent être placées plus ou moins en avant ou en arrière , depuis le dessous de la gorge jusqu’à l’origine do la queue : on les nomme nageoires ventrales. Los nageoires médianes sont verticales et impaires , et on les distingue en nageoires dorsales, nageoire anale et nageoire caudale, suivant quelles sont placées sur le dos, sous la queue, ou à l’extrémité postérieure du corps.
C’est principalement en frappant latéralement l'eau par les flexions alternatives de son tronc et de sa queue, que le poisson avance eu nageant ; ses nageoires servent surtout à le diriger dans sa course.
Les ouïes ouvrent passage à la sortie de l’eau qui a servi à la respiration et qui arrive aux branchies par la bouche.
Le squelette de ces animaux est tantôt osseux , comme celui des autres vertèbres, d autres fois compose seulement de cartilages flexibles. La carpe, la perche, le brochet, la truite, la morue, etc., présentent le premier de ces doux modes de conformation : la raie présente lo second, et c’est principalement à raison de ces différences de structure que 1 on dix ise la classe des poissons en (leux grandes sections, savoir : les Poissons osseux ot les Poissons cartilagineux.
§ 1 \ 3 . Les mœurs des poissons n’offrent que pou de particularités curieuses : mais 1 histoire do cos animaux doit néanmoins nous intéresser, ne fût-ce qu’à raison de l’importance des pèches dont ils sont l’objet. A une époque qui n’est pas bien éloignée de la nôtre, cette branche d'industrie occupait un cinquième de la population totale do la Hollande, et. pour la pêche du hareng seulement ce p>ayr couvrait de ses bâtiments les mers du Nord. En Angleterre, elle fait
H) Le Rouget (Mullus barbalus), pour montrer les diverses nageoires, etc. : — p, nageoire pectorale; — », nageoire ventrale; — d', première dorsale ; — d-, deuxième dorsale ; — c, caudale ; — <i, anale; — o, ouverture des ouïes; — b, barbillons de 1» mâchoire inferieure.
il* li 1
Fig. 180 (1).
* FUISSUNS. 181
subsister aussi un nombre considérable de bons cl liardi; matelot ^ . et même eu France, où elle a moins d'importance, on compte de trente à quarante mille pêcheurs , dont près du tiers s aventurent chaque année jusque sur les côtes del Islande et de Terre-Neuve à la recherche de la morue, grand et excellent poisson qui abonde dans ces
Fig. 1S7. Morue.
parages et qui se montre aussi, mais en petit nombre, dans nos mois
Ces animaux sont presque tous ovipares et leur fécondité est immense.
C'est au développement simultané d’un nombre incalculable d'œufs déposés dans un mémo lieu et à l'instinct qui pousse divers poissons à se suivre entre eux, que l'on doit attribuer la réunion de certaines espèces en légions immenses et serrées, appelées par les pêcheurs des bancs de poissons. En effet, on ne peut guère appeler ces réunions des sociétés; les individus dont elles se composent ne s'aident pas entre eux ; les mêmes besoins à satisfaire les retiennent dans la même localité ou les on éloignent, et si on les voit quelquefois suivre l’un d'entre eux comme un guide, c’est probablement par suite d'une tendance à l’imitation qui accompagne toujours les premières lueurs de l'intelligence.
Quoi qu’il en soit, ces animaux, ainsi réunis on troupes, font souvent de longs voyages, tantôt pour gagner la mer, tantôt pour remonter les rivières ou pour changer de parages. Certains poissons mènent une vie presque sédentaire et restent toujours dans la localité qui les a v us naître ; d’autres sont toujours errants, et un grand nombre de ces animaux font périodiquement des voyages plus ou moins longs. A l'époque du frai , ils se rapprochent ordinairement des côtes, ou entrent dans les rivières. Chaque année, vers la môme époque, des bandes de certains poissons voyageurs arrivent dans los mêmes parages, et l’on croit généralement que plusieurs de ces espèces émigrent régulièrement du nord vers le sud et du sud vers le nord, en suivant une route déterminée; mais peut-être serait il plus exact de croire que lorsqu’ils disparaissent du littoral, Us se retirent seulement dans les grandes profondeurs’de la mer. Le Hareng est un des poissons les plus remarquables sous ce rapport, et le plus célèbre par l’importance des pèches dont il est
182 ZOOLOUlK.
l’objet. Il habite los mers du Nord et arrive chaque année en légions innombrables sur diverses parties des côtes do l'Europe, de l'Asie et de l’ Amérique, mais ne descend guère au-dessous du 43' degré do latitude nord.
Aux mois d’avril et de mai, les harengs commencent à se montrer dans les eaux des lies Shetland, ot, vers la fin de juin ou en juillet, ils y arrivent en nombre incalculable et on formant do vastes bancs serrés qui couvrent quelquefois la surface de la mer dans une étendue de plusieurs lieues et ont plusieurs centaines de pieds d épaisseur. Peu après, ces poissons se répandent sur les côtes de l'Ecosse et de l'Angleterre. Pendant les mois de septembre et d’octobre, ds y donnent lieu à de grandes pèches; et, depuis la mioctobre jusque vers la fin de l'année, ils abondent dans la Manche, principalement depuis le détroit de Calais jusqu’à l'embouchure de la Seine. En juillet et août, ils restent d’ordinaire on pleine mer ; mais ensuite ils entrent dans les eaux peu profondes, et cherchent un endroit convenable pour y déposer leurs œufs, où ils séjournent jusque vers le mois do février. Les harengs les plus vieux fraient les premiers, ot les jeunes plus tard ; mais la température et d autres circonstances paraissent influer aussi sur ce phénomène, car dans certaines localités on en trouve dœuvés pendant presque toute 1 année. Après la ponte, ils sont maigres et peu estimés ; les pêcheurs les appellent alors dos Harengs guais. Leur multiplication est prodigieuse : on a trouvé plus de 60 000 œufs dans le ventre d’une seule femelle de moyenne grandeur.
Los Sardines, les Maquereaux, les Thons et les Anchois sont aussi des poissons de passage qui visitent périodiquement nos côtes et y |
donnent lieu à des pèches importantes. r.o Saumon est également remarquable par ses voyages : il habite toutes les mers arctiques, et chaque printemps il entre en Fig. 188. Thon commun. grandes troupes dans los rivières pour les remonter jusque près de leurs sources. Dans ces émigrations, les saumons suivent un ordre régulier, en formant deux longues files réunies en avant et conduites par la plus grosse femelle qui ouvre la marche, tandis que les plus petits mâles sont a 1 arrière -garde. D ordinaire ils avancent lentement et en se jouant; mais, si quelque danger parait les menacer, la rapidité de leur natation devient telle que l’œil peut à peine les suivre. Si une digue ou une cascade s’oppose à leur marche, ils font les plus grands efforts pour la franchir. Eh s’appuyant sur quelque rocher et en redressant tout à coup avec Violence leur corps courbé en are , ils s’élancent hors de l’eau et