CLASSE DES INSECTES
g I 17. Les Insectes senties seuls animaux non vertébrés qui soient organisés pour le vol et pourvus en conséquence d’ailes. Mais ces organes manquent chez quelques espèces de cette classe (la puce, par exemple), et pour caractériser ce groupe d’une manière plus netle.
Fig. 199. Æsline à tenailles (mâle).
il faut avoir égard à la manière dont la respiration s’effectue et à la conformation générale du corps. En effet, les insectes sont tous des animaux à respiration aérienne, tandis que les crustacés ont la respiration aquatique, et ils se distinguent facilement des arachnides et des myriapodes , dont la respiration est également aérienne, par le nombre de leurs pattes et le mode de division de leur corps.
Tous les insectes ont trois paires de pattes, et ces organes s’insèrent à une portion moyenne du corps nommée thorax, qui n'est confondue ni avec, la tôle ni avec la portion postérieure du tronc, ou abdomen. 11 en résulte que le corps de ces animaux se trouve composé de trois portions : la tête, le thorax et l'abdomen.
La me (fig. 200) porte les yeux, l’appareil buccal, et une paire
Fig-, 201, Squelette tégumentaire il'un Insecte (2).
Enfin ï abdomen, qui fait suite au thorax et se compose d ur
,l!t rC i > ! raan ' m ’ u,es ; - mâchoire ; - <>• hoguelle i-t, palpes labiaux : ai A ? ‘! 0S ''" runes j — g, yeux composés ; — h, ocelles.
(-) Anatomie du squelette tégumentaire d’un insecte : n, tôle séparée du thorax
, jeux , c, antennes ; — /, thorax ; — il, premier anneau du thorax, portant le;
d’appendices frontaux qui ressemblent à des espèces do cornes h mobiles et grêles que l’on nomme antennes.
Le thorax porte les ailes aussi bien que les y. pattes, et se compose de trois segments ou anneaux appelés prolhorax, mésothorax et IJ mélathorax. Chacun de ces anneaux donne insertion à une paire de pattes, et les deux derniers portent en général chacun une paire d’ailes : mais le prothorax ne donne jamais c attache aux organes du vol, dont le nombre, par conséquent, ne dépasse pas deux paires’ Quelquefois une de ces paires d ailes manque, Fis:. 200. Tète de Blette ct alors il n’existe que deux de ces organes vue par devant (1), (chez les mouches , par exemple)
nombre assez considérable d'anneaux articulés à la file, ne porte ni pattes ni ailes . mais est souvent garni à son extrémité de
l-'ijr. 202. ,S iirx gi s ant.
quelques appendices grêles disposés de manière à constituer un dard ou une tarière.
On distingue dans les pattes des insectes une hanche composée de deux articles, une cuisse, une jambe, et une espèce de pied nommé tarse , qui est divisé en petits articles dont le nombre varie do deux à cinq, et qui est terminé par des ongles. Leur conformation
varie, mais, femme on le pense bien, est toujours en rapport avec les mœurs de ces animaux. Ainsi les insectes dont les pattes postérieures présentent une grande longueur sautent, en général, plutôt
Patios de la première paire e ; — f, second anneau (lu thorax, supportant les ailes de la première paire g et les pattes de la seconde paire h ; — i, troisième anneau du thorax, supportant les ailes de la seconde paire j, et les pattes de la troisième paire ; k, misses ; K jamhos ; w, tarse ; — nb, abdomen.
qu ils ne marchent Chez les insectes nageurs, tels que les dvtisaues et les gynns, appelés vulgairement Tourniquets, les tarses sont or dinairement aplatis , ciliés et disposés comme des rames et chez ceux qui peuvent marcher suspendus à des’ surfaces lisses ( es mouches, par exemple), on trouve sous le dernier article de ces organes une espèce rie pelote ou de ventouse propre a les faire adhérer aux corps ou 'ils tou client. Quelquefois aussi les pattes antérieures sont élargies comme ce les des taupes, afin de servir à creuser la terio: la courtiliere , qui occasionne souvent dans nos campagnes dos dégâts considérables on coupant les racines qui se trouvent sur son passage, nous olfre un . , exem P le remarquable de ce mode de structure II existe aussi des especes chez lesquelles ces mêmes pattes constii, T organes de préhension: un grand insecte du midi de laFramÏ "
Fig 1 . 205. Courtiliere.
la mante religieuse, est conformée de la sorte. Enfin on connaît aussi des insectes (certains papillons, par exemple) chez lesquels les pattes anterieures, réduites à un état rudimentaire et reployées contre
Fig. 20G. * Mante religieuse .
la poitrine, ne servent plus aux mouvements et échappent facilement a la vue, de façon qu’au premier abord on croirait ces animaux pourvus de quatre pattes seulement: plusieurs papillons diurnes sont dans ce cas.
Les ailes des insectes sont- des appendices Iamelleux, composés d’une double membrane, soutenus à l'intérieur par des nervures plus solides. Lorsqu’elles sont encore à peine développées, elles sont molles et flexibles : mais bientôt elles se dessèchent et demeurent roides et élastiques. Leur forme varie. Lorsqu'elles servent réellement au vol, elles sont minces et transparentes ou recouvertes a par une sorte de poussière colorée formée par des écailles d’une “ petitesse microscopique, comme cela se voit chez les papillons; mais souvent celles de la première paire deviennent épaisses, dures et opaques, et constituent des espèces de boucliers ou d’étuis nommés èlytres (fiy. 507, a), qui dans le repos recouvrent les ailes membraneuses [b) et servent à les protéger. D’autres fois, ces mêmes ailes , encore membraneuses vers leur extrémité, deviennent dures et opaques vers leur base, et sont alors désignées sous le nom de demi-étuis, ou hémélytres ( fig . 208). On connaît aussi des insectes chez lesquels les ailes, au lieu d’avoir une structure lamelleuse, sont fendues on une multitude de lanières barbues sur les bords, et semblables à des plumes disposées en éventail : cela se Voit dans un genre voisin des papillons. Enfin , lorsque les ailes postérieures manquent, elles sont d’ordinaire remplacées par deux petits filets mobiles terminés en massue, que 1 on nomme balanciers. Fig, 208. Réduve tuberculé .
§118. Les insectes subissent dos métamorphoses remarquables dans le jeune âge. Ils n’ont jamais d’ailes quand ils naissent, et, on général, ils changent beaucoup de forme avant que d’arriver à l’état parfait.
|lJ2 ZUüLüUlK.
Les vers à soie, ou bombycos du mûrier ()), peuvent nous servir très bien pour I étude de ces métamorphoses.
Cos animaux en sortant de l’œuf ont la forme de petites chenilles et sont alors désignés par les naturalistes sous le nom de forces.
Leur corps est allongé, cylindrique, annelé, ras, et ordinairement de couleur grisâtre; à son extrémité antérieure on distingue une
tûte formée par deux espèces de calottes dures et écailleuses sur lesquelles on remarque des points noirs qui sont des yeux ; la bouche occupe la partie antérieure de celle tète, et est armée de fortes mâchoires ; les trois anneaux suivants portent chacun une i r ig. duo. Vers à soie. paire de potites
, pattes écailleuses,
et repi esenlcnt le thorax ; enfin 1 abdomen est très développé et no Porte pas de membres sur les deux premiers segments, mais est garni postérieurement de cinq paires de tubercules charnus qui ressemblent à des moignons, et qui constituent autant de pattes membraneuses.
Les vers à soie se nourrissent de feuilles de mûrier, et vivent à I état de larves environ trente-quatre jours. Pendant celte partie de leur existence, ils changent en général quatre fois de peau : le temps compris entre ces mues successives constitue ce que les agriculteurs appellent les divers âges de ces petits animaux. A l'approche do chaque mue, ils s'engourdissent et cessent de manger; mais, après avoir changé de peau, leur faim redouble. On appelle petite {rese le moment de grand appétit qui précède chacune des quatre
(t) Le llombyce t/tt mûrier est de loua les insecte* le plus nlilo à l'homme, car sa an e n'est noire chose que le Ver à soie, dont l'éducation contribue si puissamment à la prospérité agricole de nos provinces méridionales, et dont les produits alimentent tant nu riclies industries.
Ilot insecte est originaire des provinces septentrionales de la Chine, ut ne fut introduit en Curupc que dans le vr siècle. Des missionnaires grecs en apportèrent, des œufs •' Constantinople sous le règne de Justinien, et, à l'époque des premières croisades, sa culture se répandit en Sicile et en llnlie; mais ce no fut guère que du temps de Henri IV que cette branche d industrie agricole acquit quelque importance dans nos provinces uiéritonales, dont elle forme aujourd'hui l’une des principales richesses.
premières mues, et ijrunde frise celui qui se remarque durant le cinquième âge du ver. l.a quantité de nourriture qu ils consomment augmente rapidement. On compte que pour les larves provenant d'une once do graine, il faut environ 7 livres de feuilles pendant le premier âge, dont la duree est ordinairement de cinq jours; 21 livres pendant le second âge, qui dure seulement quatre jours ; 70 livres dans le troisième âge, qui dure sept jours ; 2 1 o livres pendant le quatrième âge, dont la durée est égale a celle du troisième âge, et 12 à 1300 livres pendant le cinquième âge. L'est le sixième jour du dernier âge qu'a lieu la grande frèze. Les vers dévorent alors 2 à 300 livres de feuilles, et font, en mangeant, un bruit qui ressemble à celui d'une forte averse. Le dixième jour, ils cessent de manger et s’apprêtent à subir leur première métamorphose. On les voit alors chercher à grimper sur les branches des petits fagots qu’on a soin de placer au-dessus des claies oii jusqu’alors ils sont restés. Leur corps devient mou, et il sort de leur bouche un fil de soie qu’ils traînent après eux. Bientôt ils se fixent, jettent autour d’eux une multitude de fils d’uno finesse extrême, qu’on appelle banc ou banne , et, suspendus au milieu de ce lacis, filent leur cocon, qu'ils construisent en tournant continuellement sur eux-mêmes on divers sens, et en roulant ainsi autour de leur corps le fil qu'ils font, sortir de la filière dont leur lèvre est percée. La soie ainsi formée se produit dans des glandes qui ont beaucoup d analogie avec les glandes salivaires dos autres animaux, et la matière dont elle est composée est molle et gluante au moment de sa sortie, mais ne larde pas à se durcir à 1 air. 11 en résulte que les divers tours de ce fil unique s'agglutinent entre eux, et constituent une enveloppe dont le tissu est ferme et dont la forme est Ovoïde. La couleur de cette soie varie: tantôt elle est jaune, tantôt d'un blanc éclatant, suivant la variété du ver qui 1 a produite, et la longueur de chaque fil dépasse souvent (>00 mètres, mais varie beaucoup, ainsi que le poids des cocons. Les vers nés d’une once de graine peuvent en donner jusqu’à 130 livres; mais une telle récolte est rare, et souvent on non retire que 70 à 80 livres de cocons.
En général, trois jours et demi à quatre jours suffisent aux larves pour achever leur cocon, et si Ion ouvre ensuite celle espèce de cellule, ou voit que l’animal n 'offre plus lo mémo aspect qu’avant sa réclusion, mais s’ est changé on un corps auquel on donne le nom de chrysalide ou de nymphe : il a pris une couleur brune, sa peau ressemble à de vieux cuir, et sa forme est ovoïde, un peu pointue a son extrémité postérieure (/iÿ. 211). On n'y distingue plus ni tête ni mâchoires; mais sa portion postérieure est occupée par des anneaux mobiles, tandis qu’en avant on remarque une bande oblique disposée en écharpe, et représentant les ailes futures de l’animal
parfait. J.e temps pendant lequel les bombyces restent ainsi renlermés à l'état de chrysalide varie suivant la température : si la chaleur est de 15 à 18 degrés, ils en sortent à I état d'insecte parfait du dix-huitième au vingtième jour. Pour percer leur cocon, ils
Fig. 210. Botnbvee du mitner. Fig. SU. Chrysalide.
en humectent une extrémité avec une liqueur particulière qu’ils dégorgent, et ensuite ils heurtent avec violence leur tète contre le point ainsi ramolli. Lorsque le bombyce a do la sorte achevé ses métamorphoses, il se présente sous la forme d’un papillon à ailes blanchâtres; sa bouche n’est plus armée de mâchoires, comme dans le jeune âge, mais se prolonge en une trompe roulée on spirale; ses pattes sont grêles et allongées ; il n'a plus de pattes membraneuses à l’abdomen, et sa conformation intérieure diffère autant de celle delà larve que sa formé extérieure. Presque aussitôt après leur naissance, les papillons se recherchent entre eux ; ensuite les femelles pondent leurs œufs, dont le nombre s’élève à plus de cinq cents pour chacun de ces insectes ; enfin, après avoir vécu à l’état parfait pendant dix à vingt jours, ils meurent.
En résumé, nous voyons donc que ces insectes affectent durant le cours do la vie trois formes distinctes : ils naissent à l'état de larve, passent ensuite à l étal de chrysalide ou de nymphe, et durant cette période de leur existence, ils restent inactifs et cessent de prendre do la nourriture ; enfin ils achèvent leurs métamorphoses lorsque leurs ailes se sont développées, et lorsqu’ils sont ainsi ar rivés à l’âge adulte, on les appelle des insectes parfaits.
On appelle Insectes à métamorphoses complètes ceux qui subissent les divers changements que nous venons de décrire chez les vers â soie ; mais tous les animaux de cette classe no présentent pas des différences aussi grandes en passant de l’état de larve à l’état do nymphe, puis à l’état d'insccte parfait, et n’ont que des demi-métamorphoses.
Ainsi les sauterelles, quand elles sont à 1 état de larves, ne diffèrent des insectes parfaits que par l'absence de tout vestige d'ailes, et lorsqu'elles passent à l'état de nymphes, elles ne cessent ni de se mouvoir ni de se nourrir, et ne diffèrent de ce qu'elles étaient pondant la première période de leur vie que par l’existence d'ailes rudimentaires cachées sous la peau; enfin la nymphe n'éprouve guère d'autre changement en passant à l’état d’insecte parfait que celui dù au développement, complet de ses ailes.
Quelques insectes, tout en subissant des changements considérables dans le jeune fige, ne passent point par la série complète de transformations dont nous venons de parler ; ils semblent, pour ainsi dire, s'arrêter en route, et n’arrivent, jamais à posséder des ailes. Les puces sont dans ce cas. En sortant de l’œuf, elles sont privées de pieds et ont la forme de petits vers de couleur blanchâtre. Ces larves sont très vives et se roulent en cercle ou eu spirale. Bientôt elles deviennent rougeâtres, et, après avoir vécu dans cet état pendant une douzaine de jours, elles se renferment dans une petite coque soyeuse d’une finesse extrême pour s'v transformer en nymphes ; enfin, au bout de quinze jours environ de réclusion, si le temps est chaud, elles sortent de leur enveloppe à l'état parfait.
Enfin, il est aussi des insectes qui ne subissent pas de métamorphose et qui naissent avec tous les organes dont ils doivent être pourvus; mais ce sont toujours des insectes aptères qui nous offrent ce mode de développement. Les poux sont dans ce cas.
§ 119. Les insectes, si remarquables par leur organisation, le sont encore davantage par leurs mœurs et par l’instinct admirable dont la nature a doué un grand nombre d’entre eux. Les ruses qu'ils emploient pour se procurer leur nourriture ou pour se soustraire à leurs ennemis, et l'industrie qu'ils déploient dans leurs travaux, étonnent tous ceux qui en sont témoins, et, lorsqu'on les voit se réunir en sociétés nombreuses pour suppléer h leur faiblesse individuelle, s'aider entre eux, se partager les travaux nécessaires à la prospérité do la communauté, pourvoir à leurs besoins futurs, et souvent même régler leurs actions d’après les circonstances accidentelles où ils se trouvent, on reste confondu de trouver chez des êtres si petits, et en apparence si imparfaits, des instincts si variés et si puissants et des combinaisons intellectuelles qui ressemblent tant à du raisonnement. Le sujet ne tarirait pas si nous voulions rapporter ici des exemples de ces phénomènes curieux; mais les limites étroites de ces leçons ne nous permettent pas d’y consacrer en ce moment plus de temps.
§ 120. Les insectes diffèrent beaucoup entre eux par la manière dont ils se nourrissent et par le mode de conformation de leurs ailes. Aussi est-ce principalement d’après les caractères fournis par la
structure do la bouche et des organes du- vol qu'on les divise en groupes secondaires ou ordres.
§ I 21 . Un de ces deux groupes les plus remarquables est celui des Papillons, ou Lépidoptères.
Fig-. 212. Thaïs hyftijpyle.
Les insectes ont deux paires d’ailes recouverles d’une sorte de poussière colorée, qui se compose do petites ieuilles écailleuses et pédoncuïées. Leur bouche est munie dune trompe roulée en spirale et n’est „ propre qu à aspirer les liquides sucrés qui leur servent do nourriture et qui se trouvent à la surface des plantes. Enfin , tous ces insectes subissent, comme les bombyees dont il a déjà ete question, des métamorphoses complètes, et leurs larves, connues sous le nom de chenilles, sont pourvues do pattes articulées au thorax , et de p pattes membraneuses à l'abdomen; il est aussi h Fig. 2ia (i). !, 10 ' er leur bouche, au lieu de se prolonger en
, oi me de trompe, comme chez l’insecte adulte,
est armée do fortes mandibules à l’aide desquelles elles rongent la ? /
Fig, 21-1. Chenille du papillon Machaon.
substance des feuilles ou des autres corps solides dont elles se nourrissent.
(1) Têlo d’un papillon : — t, tête en forme de I rompe ; — p , palpo.
o, mil ; — a, base de l'antenne ; — l, beuHie
Parmi les lépidoptères, les uns volent de jour, les autres ne se montrent qu’à la brune, et d’autres encore restent comme engourdis durant lo jour, et ne sortent que la nuit.
§ 1 I 2. Les Diurnes se reconnaissent à leurs ailes élevées verticalement pendant le repos, et sont remarquables par la variété et la Fi S- 215. Chrysalide 4« Machaon.
vivacité de leurs couleurs. On les désigne plus spécialement sous le
Fig. 210. Papillon Machaon.
nom de Papillons, et il est à noter que lorsqu’ils sont à l’état de nymphe ou chrysalide , ils ne sont pas renfermés dans un cocon, mais seulement suspendus à quelque corps étranger, au moyen d’un (il de soie.
Fig*. 217. Danaïde. Fig. 218. Chrysalide
Nous citerons comme exemples de la famille des lépidoptères diurnes, les Papillons proprement s dûs ou Chevalins, les Parnassiens, les
Thaïs , les Piérides , les Coliadcs, les Danaïdes, Mes Vane&ses, les Satyres et les Polyommales.
Fig-. 219. Yanesse Paon (le jour.
Fig. 220. Sphinx (le la vigne.
23. Les Lépidoptères crépusculaires n’ont pas, comme les pré-
cédents, les ailes relevées pendant
ti?. 221. Ztigine synlomide.
le repos, et. celles de la seconde paire se trouvent accrochées aux ailes antérieures par une sorte d’épine; enfin leurs antennes, au lieu d'être terminées par un petit bouton ou une masse allongée comme chez les diurnes, sont en général fusiformes. Nous citerons comme exemples de cette famille les Sphynx et les Z y gènes.
§ 124. Enfin les Lépidoptères nocturnes ont comme les crépusculaires les ailes rabattues pondant le repos, mais leurs antennes sont sétacées ou plumeuses, et demeurent de même grosseur de la base au
Fig*. 22 v 2. Érèbe limace.
sommet. La plupart de ces papillons de nuit ont des couleurs ternes el leurs chenilles se filent un cocon pour y subir leurs métamorphoses.
Cette famille est très nombreuse et se compose de plusieurs tribus dont la plus importante a pour représentant principal le Bombyce du mûrier ou Papillon du ver à soie, et a reçu le nom do tribu des Bomrycites. On reconnaît les lépidoptères do ce groupe aux: caractères suivants : la trompe est courte ou même rudimentaire; les antennes sont fortement pectinées chez le mâle (souvent même dans les deux sexes); les ailes sont grandes, plates pendant le repos et celles delà seconde paire débordent celles de la première. Il est aussi à noter que chez tous les bombycites, les chenilles vivent à nu, se nourrissent de feuilles et se renferment dans une coque do soie pour y subir leurs métamorphoses.
Dans les espèces appartenant au genre Bombyx, les ailes sont in clinées en forme de toit pendant le repos. Nous avons déjà parlé des mœurs du bombyce du mûrier , par conséquent nous n’y reviendrons pas ici ; mais à côté de cet insecte si utile se trouvent quelques autres espèces qui nuisent beaucoup à l’agriculture et méritent ainsi do fixer également notre attention.
Tel est le Bombyce livrée ( Bombyx neuslria .), qui a les ailes jaunâtres avec des bandes fauves. Sa chenille, très poilue et rayée longitudinalement de blanc, de bleu et do rouge, vit principalement sur les arbres fruitiers, mais envahit parfois les forêts en nombre très considérable et nuit beaucoup à la végétation en détruisant les feuilles. La femelle dépose ses œufs autour des petites branches en forme d’anneau ou de bracelet, et pendant l’hiver il est facile de les reconnaître et de les détruire.
Une autre espèce de lépidoptères de ce genre, le Bombyce pn>-
cessionnaire, mérite aussi d'être citée, à cause des mœurs de sa larve. Ces chenilles vivent sur le chêne en sociétés nombreuses et se filent on commun une toile qui les abrite et qui est composée de soie mêlée d'un grand nombre de poils roides (I). Le soir on les voit sortir de leur demeure, en formant une phalange régulière. Un seul individu, dont les autres suivent tous les mouvements, ouvre la marche; deux autres viennent ensuite, puis trois, puis quatre, et ainsi de suite, chaque rangée étant formée d’une chenille de plus que la rangée précédente . c’est do là que leur vient le nom de Cheuilks processionnaires. Au moment de so transformer en chrysalides, elles se filent chacune une coque les unes à côté des autres, r.cs entomologistes distinguent sous le nom générique d' A meus.
Iüg. 223. Bmbyce petit Paon de nuit.
ou de Saturnie, d'autres bombyeites dont les ailes sont horizontales pendant lo repos et dont les chenilles donnent souvent beaucoup de soie susceptible d’être employée dans l'industrie. La plupart des vers à soie de l’Inde appartiennent à ce genre qui, chez nous, a pour représentants principaux, les papillons appelés grand et petit Paon de nuit.
Enfin , les Lasiocampes sont des papillons qui ressemblent aux bombyees par la disposition de leurs ailes, mais qui ont la bouche conformée un peu autrement. Plusieurs espèces de ce genre sont très communes en France, et sont souvent très nuisibles à la végétation (2).
On a donné le nom de faux Bom- Fl *. -- 1 - feuii/nie eMie. rycites à des lépidoptères qui ressent-
(t) Ces poils entrent facilement dans la peau et produisent une urtication très vive lorsqu’on manie ces nids».
(2) Le Lamcampa ([ucrcifolia (flg. 221) a reçu le nom vulgaire de Feuille-morte, y
blent beaucoup aux précéderas, mais qui ont les ailes inférieures complètement couvertes par les supérieures pendant le repos , et accrochées à celles-ci par une sorte d'épine sétacéo. C’est à ce groupe qu'appartiennent la plupart des chenilles qui abondent la plus sur les grands arbres de nos promenades et de nos jardins, la chenille du Lipnris chrgsaorrhœa, par exemple, dont les nids sont construits sur des branches élevées et servent de retraite pendant l’hiver à une foule de ces animaux ( I ).
§125. Dans une autre tribu de lépidoptères nocturnes, colle des Xoctiélites, les ailes sont conformées à peu près comme chez les précédents, mais les antennes sont en général simples , et la trompe longue ot enroulée en spirale. Ce groupe comprend aussi plusieurs espèces très nuisibles à l’agriculture. La Noctuelle granivore (Nuctua graminis), par exemple, dont la chenille ravage quelquefois les prairies.
On donne le nom de Phalènes on Géomètres, à une quatrième tribu de papillons de nuit dont les chenilles sont remarquables par la manière dont elles marchent. Lorsqu’elles veulent avancer, elles so lisent par les pattes antérieures, puis relèvent leur corps en anneau, do façon a eu rapprocher les deux exlrémités ; se cramponnant au moyen des pattes postérieures, et se redressant ensuite, portent en axant leur tète et vont prendre avec leurs pattes de devant un nouveau point d appui pour recommencer le même manège. Dans I immobilité, leur attitude est également singulière, fixées à une branche par les pattes de derrière seulement, elles restent pendant plusieurs heures et même des jours entiers lo corps suspendu en l'air, parfaitement droit et tout à fait immobile.
Une espèce do cos chenilles, dites Arpenteuses, se trouve souvent •sur le sureau, une autre sur le lilas et une troisième sur le groseillier.
raison Je la forme eide la couleur de scs ailes; sa chenille grise et velue nllnque souvent los arbres fruitiers. L'nc autre espèce du même genre (LasiOûamp&pini) vit sur les arbres v erts et eu détermine quelquefois la mort en détruisant toutes les feuilles.
(1) C’est celte chenille qui, en 4851 et 1852, a occasionné de grands ravages dans * e l»oU tle Boulogne.
f ne autre espèce du même genre, le Liparis dùpar, se plaît aussi sur les ormes, les r ‘lï«‘*ies, etc., et pullule quelquefois au point de devenir un véritable fléau pour la sylvicul- ,ure * Ainsi , à plusieurs reprises, les arbres du bois de Vincennes ont été complètement ‘'épouillés de leurs feuilles par des légions innombrables de ces chenilles.
§ -126. D’autres chenilles, au lieu de vivre à découvert sur les plantes dont elles se nourrissent comme toutes celles que nous
venons de mentionner, se construisent des demeures, soit avec des feuilles enroulées , soit avec d'autres matières étrangères. Ces lépidoptères, généralement de petite taille, composent deux tribus :
celle des Toroeuses ou dos Pyraiuens, et celle des Tixéites.
Dans le premier de ces groupes, les ailes antérieures sont arquées Fis. 226. A’M du Tortrir. à leur base, courtes et larges;
d'où le nom de Phalènes à larges épaules, que quelques auteurs ont donné à ces papillons.
L’espèce la plus intéressante de celte tribu est la I’yrale de la vigne, qui h diverses époques a occasionné do grands dégâts dans
les vignobles du Méconnais et de quelques autres parties de la France. Les chenilles ne se bornent pas à' dévorer les feuilles de la vigne et à nuire ainsi à la végétation du ceps, elles détruisent aussi les grappes on los entourant des (ils dont elles construisent leurs cocons. Pendant l'hiver elles se retirent dans les fentes des écorces et s'y engourdissent :
aussi a-t-on pu mettre en usage un procédé très simple pour les détruire : c’est d echauder les ceps avec de l’eau bouillante lorsqu’ils sont ainsi infectés.
Les petites chenilles qu’on Fis-. 1 2 -i. Piirale de vigne (2). trouve souvent dans l'intérieur
des pommes, et qui ressemblent a des vers, appartiennent à un papillon très voisin de la py raie, nommé Carpocapsa pomonuna ( 2 ).
(1) Feuille do vigne atlaquce par lu pyrale: — V, le mâle; — 4 a, la femelle ; — 4 & la chenille; — 4 c, les cents; — 4 d, 4 e, les chrysalides.
(2) Ce polit pyralien, dont les ailes sont d’un gris cendré, avec des stries brunes, est très commun en France cl se montre d’ordinaire en avril ou en mai, vers le soir, ha
INSECTES. üOJ
£nlin, le Cochylis de la vigne, "ou Teigne de la oigne, appartient également à cette tribu, et sa chenille, qui n’attaque jamais les feuilles, comme le fait la pvrale, mais dévore la grappe de raisin, est parfois très nuisible aux vignobles, particulièrement en Champagne (1).
§ 1 27. Dans la nuira des Tinéites, les chenilles sont toujours pourvues de seize pattes au moins, et, au lieu de vivre sur les parties extérieures des végétaux, comme dans les groupes précédents, elles so tiennent cachées dans des habitations on forme de fourreau, qu’elles se construisent et qu'elles traînent avec elles, ou bien qu’elles fixent d’une manière immobile. C’est avec les substances dont elles se nourrissent qu’elles font cette gaine dont la forme varie beaucoup. On a
donné le nom de fausses Teignes à celles dont la gaine est fixe, ét l’on a appelé Teignes celles qui transportent leur fourreau avec elles. Ces dernières, connues aussi sous le nom vulgaire de vers, attaquent principalement les étoffes de laine, le crin et les fourrures, qu’elles coupent avec leurs mâchoires, pour s’en faire des fourreaux. Les fausses teignes se bornent ordinairement à miner l'intérieur des substances végétales et animales, dont elles se nourrissent, et à y construire de simples galeries. Celles qui vivent ainsi dans le tissu des feuilles sont appelées des chenilles mineuses. A l’état parfait, les tinéites sont de très petite taille. Leur forme varie. Chez
femelle dépose ses oeufs dans le calice des fleurs du poirier et du pommier ; les petites larves naissent quelques jours après et pénètrent dans le parenchyme du fruit ou voie de développement ; clics en rongent la substance, et lorsqu’elles ont achevé leur croissance, elles en sortent pour aller dans les fentes de l’écorce se transformer en chrysalide. Vers la fin de juillet ou en août, les carpocapses achèvent leurs métamorphoses, et l’on voit apparailre une nouvelle volée de papillons qui pondent en septembre. Los larves de cette seconde génération attaquent les poires et les pommes, comme celles do la première, et s'y trouvent souvent lorsque le fruit est mûr.
(1) Les vignerons donnent quelquefois le nom de Ver rouge ou Ver (le la Vendante à cette larve.
Le Cochylis est un petit papillon dont les ailes sont rabat! ues sur les côtés du corps en manière de fourreau pendant le repos; les antérieures sont jaunes avec une bande transversale brune, les postérieures gris-perle. Il fait sa première apparition en avril, et pond sur les bourgeons de la vigne; les larves qui naissent, en général, au moment do la floraison de |a vigne sont très agiles et se nourrissent des jeunes grappes. Vers la tin do juin ou en Juillet ils sc construisent un cocon au milieu des grains flétris, s'y transforment eu nymphes, puis douze ou quinze jours après se montrent à l’état de papillons pour donner bientôt naissance a une seconde génération. Les larves d'automne font beaucoup plus de dégâts que celles de la génération précédente cl déterminent une sorte de pourriture dans ks grappes qu'elles attaquent ; enfin, vers la fin de septembre ou en octobre, clics descendent dans les fissures de l’écorce de la tige ou dans les fentes des cchalas pour s’y métamorphoser et y hiberner. Cette dernière circonstance permet aux vignerons de les détruire Par le procédé de l’échaudagc, comme cela se pratique pour la pyrale.
Soi
zooi.oi.ir:.
les unes, les ailes forment une sorte de triangle allongé et plus ou moins aplati, et il existe à la bouche quatre palpes distincts : telles sont les Aylosses (1 ), les G aller i es (2), etc. Chez d'autres, les ailes supérieures sont, longues, étroites et appliquées perpendiculairement sur les côtés du corps, ou bien couchées et roulées sur l'abdomen, autour duquel elles semblent sc mouler, ainsi que cela se voit dans les Teignes proprement dites (3).
L'Ahicitc (i), qui depuis quelques années occasionne des dégâts 1res considérables dans divers départements du centre et du sudouest de la franco on attaquant le blé, est un petit papillon très voisin dos précédents.
Enfin, on range aussi dans la famille dos lépidoptères nocturnes,
à côté des tinéites, quelques petits papillons dont les ailes posté-
(J) Les AgIiOsses n’ont qu’une trompe rudimentaire, et sc reconnaissent à leurs ailes aplaties. On en trouve assez souvent dans les maisons, appliquées contre le mur. Luc espèce, YAglosse de la graisse, lorsqu’elle est à l’état de larve, se nourrit principalement de matières grasses, mais ronge aussi le cuir, les couvertures de livres, etc., et se construit sur les corps dont elle vit un long tuyau, dont la surface est recouverte de petites granulations. La larve d’une autre espèce d’aglossc mange la farine.
(2) Les Galleiues diffèrent des précédentes pur leurs ailes relevées postérieurement ou forme de crête. La Gallerie de la cire est cendrée avec quelques taches brunes. Sa chenille fait de grands dégâts dans les ruches, dont elle perce les rayons.
(3) Les Teignes mvOI'HEMENT dites ont une forme étroite et allongée ; leurs ailes sont inclinées, enveloppantes, et ne dépassent guère l'abdomen ; leur tète est huppée, et leur trompe est très courte. Une des espèces les plus communes est la Teigne des draps, petit lépidoptère d’un gris argenté, ayant un point blanc de chaque côté du thorax. Sa chenille se creuse des galeries dans l’épaisseur des étoffes de laine, qu’elle ronge rapidement, et sc construit avec les brins, ainsi détachés, un tuyau qu’elle allonge par le bout; cite y reste très longtemps, et, lorsque son corps est devenu trop gros pour être à l’aise dans celle demeure étroite, elle fend son fourreau et l’élargit eu y ajustant une pièce. Scs excréments ont la couleur de la laine qu’elle a mangée. La Teigne des pelleteries se distingue do la précédente par la présence d’un ou deux points noirs sur les ailes. Sa chenille vit dan* un tuyau feutré sur les pelleteries, dont elle coupe les poils à la racine. La Teigne à front jaune ravage de la même manière les collections d’histoire naturelle, et il est mie autre espèce, appelée Teigne des grains, qui ronge le blé, cl occasionne ainsi de grands dégâts.
(i) C’est le Uulalis cerealella ou Œcocophura cereale.Ua des entomologistes; il a !e~
Fig. 221). Ttêrophore.
Fig. 230. Ornêode.
l'ij. 231 . Abeille mâle.
INSECTES. i>05
Heures, au lieu d'être entières, comme d'ordinaire, sont divisées en un cerlain nombre de lanières étroites et frangées comme des plumes : ce sont les Pléroptères et les Ornéocles.
g 128. Si nous comparons maintenant aux lépidoptères, dont l'étude vient de nous occuper, une abeille ou une guêpe, nous verrons quo ces derniers insectes ont quatre ailes comme les précédents, que tous ces organes sont aussi minces ot membraneux, mais qu’au lieu d'être opaques et cou- \ crics d'une sorte de poussière colorée, elles sont nues et membraneuses; nous verrons également des différences très grandes dans la conformation de la bouche, car au lieu d’une trompe grêle et enroulée en spirale, nous trouvons des mâchoires et une sorte de langue longue et flexible qui est disposée pour lécher les sucs des fleurs plutôt que de les aspirer.
Ces insectes ne peuvent donc prendre place dans l'ordre des lépidoptères, et ils appartiennent effectivement à un autre groupe de même rang, auquel ou donne le nom d’otuiRE des Hyménoptères.
g 129. L’Abeille, ou Mouche à miel, est un des insectes dont l’histoire offre le plus d'intérêt tant à cause des instincts admirables dont la nature l’a douée qu'à cause des produits de son industrie. Elle est originaire de l'ancien continent, probablement de la Grèce, mais a été transportée dans toute l'Europe, ainsi que dans le nord de 1 Afrique et de l’Amérique septentrionale. Ces insectes établissent leurs demeures dans quelque cavité, telle que les trous des vieux arbres ou les espèces de huttes que les agriculteurs leur préparent et qu’on nomme des ruches. Chaque colonie sc compose d’un nombre très considérable d'ouvrières ou mulets [ quinze ou vingt mille , quelquefois jusqu’à trente mille), de six à huit cents mâles , appelés à tort Bour- ^ons par les cultivateurs, et communément d’une seule femelle, qui paraît y régner en souveraine et qui a reçu lo nom de reine. Ces trois sortes d’individus diffèrent entre eux par leur forme aussi bien que par les fonctions qu’ils
sont destinés à remplir dans ces communautés. Les ouv rières {fiij .232)
i' i o • Abeille ouvrière.
nie* Mt|n'neiiivs droite* d’uuii teinte café au lait uniforme, frangées au bout cl »c croisant l 'te : sur l’autre dans le repos.
üoti zuoLOuifc:.
qui sont des femelles stériles, sont les plus petites et se distinguent des mâles par leurs antennes composées do douze articles, leur abdomen court et formé de six anneaux, leurs mandibules un forme de cuiller et sans dentelures , et leurs pattes postérieures pourvues d’une corbeille (l) et d'une brosse pour la récolte du pollen. Les abeilles femelles ou reines ont l’abdomen plus long et les mandibules éohancrées; enfin les mâles [fuj. ”231) ont treize articles aux antennes et manquent d’aiguillon.
Ce sont les abeilles ouvrières qui exécutent tous les travaux nécessaires à l’existence et à la prospérité de la société , et ces animaux se les partagent entre eux Les unes, nommées eirières, sont chargées de la récolte des vivres et des matériaux de construction ainsi que des bâtisses à élever; les autres, appelées, à raison de leurs fonctions, les nourrices, s'occupent presque exclusivement du soin intérieur du ménage et de l’éducation des petits.
l’our faire sa récolte, l’abeille cirière entre dans une fleur bien épanouie, dont les étamines sont chargées de la poussière appelée pollen par les botanistes. Celte poussière s’attache aux poils branchus dont son corps est couvert, et en so frottant avec les brosses qui garnissent sos tarses , l’insecte la rassemble en pelotes , qu’elle empile dans les corbeilles ou palettes creusées à la face interne de ses jambes postérieures. A l’aide de leurs mandibules, les ouvrières détachent aussi de la surface des plantes une matière résineuse, appelée propoiis, ot en remplissent leurs corbeilles. Ainsi chargées, ces abeilles retournent à leur demeure commune, et, aussitôt arrivées, se débarrassent de leur fardeau pour retourner II la recherche de nouvelles provisions ou pour employer ccllos déjà recueillies. Los travaux de 1 intérieur sont plus compliqués; les abeilles commencent par boucher avec du propolis toutes les fentes de leur habitation et n y laissent qu une seule ouverture, dont les dimensions sont peu considérables ; elles s’occupent ensuite de la construction dos rayons ou gâteaux, destinés à servir de nid pour les petits et. de magasins pour les provisions de la communauté. Ces gâteaux sont faits avec do la cire, matière qui se trouve sur diverses plantes, ot qui est sécrétée aussi par les abeilles dans des organes particuliers
(1) On donne le nom île corbeille à une dépression qui se voit à la face externe îles jambes poslérieuros des ouvrières, et qui est bordée de poils do façon à servir au transport du pollen ; la palette est formée par le premier article du tarse (ou pied) qui, au lieu d être grêle comme les autres, s’élargit beaucoup, cl sa face iutorne est garnie d’un duvet soyeux qui constitue la brosse.
situes sous les anneaux de leur abdomen. Ils sont composés de deux couches de cellules (ou alvéoles) hexagones, à base pyramidale, adossées l'une à l’autre, et sont suspendus perpendiculairement par une de leurs tranches. En général, c’est à la voûte de la ruche qu'ils sont fixés, et ils sont toujours rangés parallèlement, de manière à laisser entre eux des espaces vides, dans lesquels les abeilles peuvent circuler. Les cellules, comme on le voit, sont par conséquent disposées horizontalement et ouvertes par un de leurs bouts. C’est avec leurs mandibules que les ouvrières les façonnent : elles en taillent les pans pièce à pièce, et elles portent dans leur construction une précision étonnante. La plupart de ces loges ont exactement les mêmes dimensions et servent à loger les larves ordinaires ou deviennent des magasins; mais quelques unes, destinées à contenir dos larves de femelles et appelées pour cette raison des cellules royales, sont beaucoup plus grandes et de forme presque cylindrique. Quand les abeilles ont 'fait une récolte abondante de pollen ou do miel, elles déposent leur superllu dans quelques unes des cellules ordinaires, pour subvenir soit à leur consommation journalière, soit à leurs besoins futurs. Elles ont aussi la précaution de boucher avec un couvercle de cire les cellules contenant leur réserve de miel, et, si quelque accident vient menacer de miner leurs constructions, elles savent aussi élever des colonnes et des arcs-boutants, pour empêcher la clmto de leurs gâteaux.
Quand une jeune reine a achevé ses métamorphoses et rongé les bords du couvercle de sa cellule, pour sortir de son nid, on voit se manifester dans tonte la colonie une grande agitation. D’un côté, les ouvrières bouchent avec de nouvelles quantités de cire les ouvertures qu’elle pratique, et la retiennent prisonnière dans sa loge; d’un autre côté, la vieille reine cherche à s on approcher pour la percer de son aiguillon et se défaire ainsi d'une rivale dangereuse : mais des phalanges d'ouvrières s’interposent, pour l’en empêcher. Au milieu du tumulte qui résulte de tout ce manège, la vieille reine sort de la ruche avec toute l’apparence de la colère, et suivie d’une grande partie de la société d’ouvrières et de mâles dont elle était lo chef unique. Les jeunes abeilles, trop faibles pour émigrer de la sorte, restent dans la ruche, et bientôt leur nombre augmente par la sortie de colles qui étaient encore à l'état de larves ou de nymphes ; les jeunes reines se dégagent aussi de leurs cellules pendant ce tumulte. S'il y en a plusieurs, elles se battent entre elles, et celle qui, après le combat, se trouve seule, devient la souveraine de la nouvelle société. L’essaim qui a abandonné de la sorte sa demeure avec la vieille reine ne se disperse pas, mais va à quelque distance se suspendre en groupe et fonder une nouvelle colonie qui recommence tous les travaux dont nous venons de parler, et qui à son
tour fournit au bout d'un certain temps un second essaim dont la sortie est déterminée parles mêmes causes que nous avons vues occasionner l'émigration du premier. Une roche donne quelquefois trois ou quatre essaims par saison ; mais les derniers sont toujours faibles.
La mort de l’abeille reine, la faiblesse d’une colonie ot les attaques de ses ennemis déterminent quelquefois les abeilles ii se disperser; les fugitives vont alors chercher asile dans une ruche plus fortunée, mais elles on sont impitoyablement repoussées à coup d'aiguillon par les propriétaires de la demeure qu'elles voudraient partager, car aucune abeille étrangère, môme isolée, n'est reçue dans une ruche uù elle n’ost pas née. Quelquefois aussi toute une colonie en attaque une autre pour en piller les magasins, et, si les agresseurs ont le dessus, ils détruisent complètement la population vaincue et enlèvent tout le miel de leurs victimes, pour le déposer dans leur ruche. Les abeilles ont aussi à redouter plusieurs insectes qui leur nuisent beaucoup, soit en dévorant leur miel ou la cire de leurs rayons, soit on les attaquant directement ( L .
§ 1 30. Les Bourdons vivent en sociétés composées de trois sortes
d’individus, comme les colonies des abeilles, et se construisent aussi des demeures avec beaucoup d’art (2).
D'autres hyménoptères qui ressemblent beaucoup aux abeilles, mais qui vivent solitaires, se nourrissent à peu près do la môme manière et.
ont également les pattes postérieures pourvues d’une palette pour la récolte du pollen , mais sans avoir ni corbeille ni brosse , constituent avec les précédentes
(1) Par exemple, les petites tinéiles du genre gallerie dont il a déjà été question page202.
(2) Les entomologistes donnent le nom de Bourdon à un genre voisin de celui des abeilles, mais qui s’en distingue par plusieurs caractères, tels que l’existence de deux épines à l'extrémité des jambes postérieures. Ces insectes ont aussi le corps plus gros et plus arrondi ; ils vivent réunis en sociétés d’une cinquantaine d'individus ou davantage, dans des habitations souterraines, revêtues de cire et garnies de mousse bien cardée; mais ces sociétés ne sont que temporaires et se dispersent en automne. Les ouvrières, les mâles et les vieilles femelles ne lardent pas à périr par l'action du froid ; mais les jeunes femelles qui sont déjà destinées à donner des roufs le printemps suivant se cachent dans quoique trou de mm ou même dans la terre, et y passent l’Iiiver dans un étal de sommeil lélliavgiqne.
Fig. 234. Bourdon.
INSLCTKS.
un groupe naturel que l'on appelle la famille des Mellieeres. Plu sieurs de ces insectes sont remarquables par l’industrie qu’ils mettent à construire et à approvisionner les nids dans lesquels leurs œufs doivent éclore et leu rs larves se développer; mais ils ne donnent pas d'autres soins à leur progéniture, et il n’y a pas comme chez les abeilles Fig. 235. Xylocope.
des ouvrières aussi bien que
des mâles et des femelles. Cette division des apiaires solitaires comprend les Xylocopes, ou Abeilles, perce-bois, les Mégaciules, etc. (1)
Fig. 23G. Nid de, Nilocnpe .
Fig. 237. Cnèie carlannière.
131. Les Guêpes sont des hyménoptères dont l’abdomen est armé d’un aiguillon comme chez les abeilles et les autres mellifères. mais dont les ailes antérieures sont ployées longitudinalement : il cm aussi à noter que leur corps est lisse et glabre au lieu d'être poilu comme celui des abeilles, ce qui est en accord avec leurs mœurs, car elles no récoltent pas le pollen et se nourrissent seulement dessin s sucrés des plantes. L'instinct architectural est aussi très développé
(1) Les Xylocopes ont l'habitude de creuser dans le vieux l>ois des canaux divisés par des cloisons et servant k loger leurs œufs, ainsi que la pâture destinée aux larves • aussi leur a-l-on donné les noms do mennisiâres , abeilles fcrcc-bois , etc. Une grande espèce do ce genre, longue do près d'un pouce, avec le corps noir et les ailes violacées, est très commune dans nos environs. D’autres apiaires solitaires, dont les naturalistes oui lunuo le’ genre Mkgaciiile, construisent contre les murs un nid avec une espèce de mortier ferreux, ou Lien creusent en terre, pour y loger leurs œufs, des trous cylindriques, qu'ils ferment avec un couvercle, et qu’ils garnissent de petits morceaux de fouilles dé- '■'iiipées à l’aide de leurs mâchoires. D’autres encore ne préparent pas de demeure pour leur progéniture, mais déposent louis omis dans les nids de quelque autre insocle de lu môme tribu.
chez ces insectes, et leurs nids, construits tantôt de lames foliacées.
Fi». 238. Nid (lejhijpe commune (1 ).
tantôt d'une matière qui ressemble à du carton, sont très remarquables (2).
(1) Dans cette figure on a représenté le nid ouvert à l’aide d’une section verticale.
(2) Les guêpes vivent en sociétés nombreuses, composées do trois sortes d’individus, comme chez les abeilles. Les femelles et les ouvrières font avec des parcelles de vieux bois, qu’elles détachent à l’aide de leurs mandibules, et qu'elles convertissent en une pâle semblable à du carton, des gâteaux ou rayons garnis en dessous de cellules hexagonales et suspendus en dessus par des pédicules ; tantôt ces agrégations d’alvéoles sont à nu ; d’autres fois les rayons sont renfermes dans une enveloppe commune, dont la forme varie et dont l’ouverture externe est en général située en dessous. Les femelles commencent seules la construction do ce nid, qu’elles placent tantôt on plein air, tantôt dans le creux d’un vieux arbre ou en terre. Les premiers œufs qu’elles y pondent produisent des individus stériles ou ouvriers, qui aident à agrandir le guêpier et à élever les petits. En automne, il naît des femelles et des mâles, et un peu plus tard toutes les larves et les nymphes qui ne peuvent achever leurs métamorphoses avant le mois do novembre sont arrachées de leurs cellules et tuées par les ouvrières, qui elles-mêmes périssent avec les mâles au retour delà saison froide. Quelques femelles seules passent l’hiver et deviennent au printemps les fondatrices de nouvelles colonies. La Guêpe commune construit son nid en terre, avec une matière semblable à du papier fin, et y place un grand nombre de
Ces insectes, ainsi que d’autres guêpes qui vivent solitaires, forment dans l'ordre des hyménoptères une seconde famille, et ont reçu le nom commun de Diploptékes.
§ -132. D’autres hyménoptères, qui, de même que tous les précédents, sont pourvus d'un aiguillon , mais dont les ailes ne sont pas ployées ni les pattes postérieures propres à la récolte du pollen , constituent une troisième famille, celle des Fouisseurs, ainsi nommée parce que les femelles ont l’instinct d'enfouir à côté de leurs œufs le corps d'un insecteou d’une araignée destiné à servir de nourriture à leur progéniture. Ils forment plusieurs genres auxquels on a donné les noms de Scolie, Crabro, Thypoxvlon, etc.
g 1 33. Enfin les Hyménoptères porie-aiguutou tonnent encore une quatrième famille, celle des Hétérogynes , dont les représentants les plus remarquables sont les Fourmis (1).
Ces insectes nous offrent encore un exemple de sociétés nombreuses composées de mâles, de femelles et surtout d'individus imparfaits et stériles, que l’on désigne sons les noms d’ouvrières ou de neutres. Les mœurs de ces petits animaux sont des plus singulières., et, si elles n’avaient été étudiées par des observateurs dignes do touLe notre confiance, on serait tenté de traiter de fables les récits qu’on nous en fait.
Les fourmis ouvrières sont dépourvues d'ailes et d’yeux lisses et se font remarquer aussi par la grosseur de leur tôle, la force de leurs mandibules et quelques particularités de forme : elles constituent, comme nous l avons déjà dit,
rayons renfermés dans une enveloppe composée de plusieurs couches disposées par 1 tan J es (ftg. 238). La Guêpe frelon place sou nid dans les trous des murs ou les vieux arbres cl ne lui donne ui autant de solidité ni un aussi grand nombre do rayons. Celle espèce détruit les autres insectes, et particulièrement les abeilles, dont elle vole aussi le miel. Une troisième espece, la Guêpe canonnière [ftp. 237), propre à l'Amérique méridionale, est célèbre par l’architecture de son nid, qui est suspendu aux arbres, et qui est composé d’un carton très fin.
(•1) Los hétérodynes so distinguent des mellifères parla forme grêle de leurs pattes postérieures, desdiploplèrcs par leurs ailes non ployées, et des fouisseurs par leurs antennes
Fourmi fauve neutre.
la portion la plus nombreuse des colonies dont elles font partie, et sont seules chargées des travaux nécessaires à la prospérité générale. Les unes bâtissent leur demeure commune en terre, les autres en bois
Les premières creusent dans le sol une multitude de galeries, ainsi que do chambres disposées par étages, et rejetant les déblais au dehors, élèvent souvent au-dessus de leur nid un monticule, dans l’intérieur duquel ces travailleuses infatigables creusent cle nouveaux étages semblables à ceux situés audessous ; quelquefoison les voit aussi construire avec cette terre des galeries qui montent le longdès tiges des arbustes où ces insectes vont chercher leur nourriture, et qui les abritent dans leurs courses journalières. Les fourmis qui construisent leurs fourmilières en bois , s’établissent dans dis arbres déjà attaqués par des larves d'autres insectes et ramollis par la pourriture. Avec leurs mandibules, elles détachent les particules de bois, et creusent dans l’intérieur de l’arbre plusieurs étages séparés par des planchers et soutenus par des piliers formés do bois non rongé ou do sciure détachée des parties voisines et pétrie avec delà salive. Si quelque accident vient détruire une partie de leur édifice, on voit aussitôt toutes les ouvrières qui ont échappé à ce désastre déployer une activité extrême, retirer des décombres celles qui y ont été ensevelies, transporter en lieu desûreté leurs compagnes blessées et ajouter de nouvelles bâtisses à celles encore debout. Les mâles et les femelles ne participent pas ii cos travaux. Les premiers ne restent dans la fourmilière que fort peu do temps, et périssent presque aussitôt qu’ils en sont sortis; les femelles quittent aussi la demeure commune avec les n aies; mais, après s’ètre séparées de ceux-ci et s'être dépouillées de leurs ailes, elles sont ramenées dans la fourmilière par les ouvrières, et placées dans les chambres les plus retirées, où elles restent prisonnières, et sont nourries par leurs gardiennes. Dès qu’elles pondent un œuf, une fourmi ouvrière s’en empare et le transporte avec soin dans une chambre particulière. Les œufs destinés à produire des femelles no sont pas logés dans les mêmes cellules que ceux d’où naîtront les ouvrières. Les larves reçoivent aussi de la part des ouvrières des
coudées, lu conformation du leur lmuclui et quelques autres caractères sur lesquels nous no pouvons nous arrêter ici, faille de temps. Il osl aussi à noter qtio citez les liéldpo^viits l'aiçufllon osl souvent rudimentaire : riiez la plupart dos fourmis, par exemple.
* IN'St-CTKS. 21?
soins assidus; chacune d'elles est appâtée par celle-ci avec des sucs qui lui conviennent, et, lorsque le temps est beau, on voit ces nourrices actives transporter leurs élèves hors de la fourmilière pour les exposer aux rayons du soleil, les défendre contre leurs ennemis, les rapporter dans leur nid à l'approche du soir, et les entretenir dans un état de propreté extrême. Les fourmis ne font de provisions ni pour elles-mêmes ni pour leurs nourrissons, mais vont chaque jour chercher les aliments dont elles ont besoin. Pendant que certain) s ouvrières s’occupent de l'entretien des bâtisses et des nouvelles constructions nécessaires à leurs colonies croissantes, d’autres vont chercher sur les fleurs des liquides sucrés, et surtout y récolter un suc particulier qui suinte du corps dos pucerons et de quelques autres petits hémiptères. Certaines fourmis no se contentent pas de prendre la gouttelette sucrée que le puceron leur abandonne lorsqu'il so sent caressé par leurs antennes. Souvent elles portent ces insectes dans leurs demeures et les y élèvent Commodes fermiers le font pour leurs vaches laitières. On a vu les habitante de deux fourmilières voisines se, disputer leurs pucerons, et les vainqueurs emporter leurs prisonniers avec le même soin qu'elles le foui pour leurs larves. Mais cette singulière habitude de prévoyance n'est pas encore le trait le plus extraordinaire de leurs mœurs. Il est des fourmis qui, après avoir vaqué pendant une partie de leur vie à leurs travaux ordinaires, semblent comprendre le plaisir de l'oisiveté et vont faire la guerre â des espèces plus faibles, pour eh enlever les larves et les nymphes, transporter celles-ci dans leur propre demeure et charger les esclaves qu’elles se sont ainsi procurés de tous les travaux de la communauté.
Les fourmis se reconnaissent aisément â la disposition de leur abdomen, dont le pédicule est en forme de nœud, soit simple, soit
double. Leurs antennes sont coudées, et leurs mandibules ordinairement très fortes. Les mâles sont beaucoup plus petits que les femelles.
§ 134. L’ordre des hyménoptères comprend aussi beaucoup d'insectes qui ne sont pas pourvus comme les Porte-aiguillon d’un appareil venimeux armé d'un dard, mais qui portent à l’extrémité de leur abdomen une sorte de tarière à l'aide de la quelle ils taraudent la substance des Fi S . ata, sou lie (, min - . végétaux ou le corps des animaux,
dans lesquels leurs œufs sont déposes et leur larve se nourrit . On désigne ces derniers insectes
21 i ZOOLOGIE.
sous le nom commun (I’Hyménoptères térébrants, et l’on comprend clans ce groupe les Ichneumons, les Cynips, etc. (1).
Fig 1 . 24-1. Cynips .
§ 135. Enfin d'autres hyménoptères dont l'abdomen n’est pas rétine
à sa base (ftg. 202) comme chez tous les précédents, et dont les larves, au lieu d'être apodes et vermiformes, ressemblent à des chenilles et ont beaucoup de pattes, ont été appelés Hyménoptères porte-scie (ou Mouches à scie), à cause de l’espèce de scie cpii remplace la tarière ou l’aiguillon des précédents. Les Tenthrèdes , dont plusieurs espèces nuisent à l’agriculture en coupant les jeunes poussesdes plantes, appartiennent Fig;. 215. Tenthrède. à ce groupe.
(1) Les ichneumons et les cynips ont l'abdomen pédicellé comme les hyménoptères orilinaires, et les antennes filiformes. Les premiers ont le corps très grêle et détruisent beaucoup d’insectes nuisibles à l'agriculture, en déposant leurs œufs dans l’intérieur du corps de ces animaux aux dépens de la substance desquels vivent les larves.
Les cynips sont de très petits insectes qui attaquent de la même manière les végétaux et y déterminent de la sorte la formation d’excroissances qu’on nomme galles. Les larves vivent tantôt solitaires, tantôt en société dans l’intérieur de ces petites tumeurs dont elles rongent la substance, et y restent plusieurs mois. Les unes y subissent leurs métamorphoses; les autres la quittent pour s’enfoncer dans la terre, où elles demeurent jusqu’à leur dernière transformation. Des trous ronds, qui se voient à la surface des galles, annoncent que l'animal en est sorti. Un de ces insectes, appelé Cynips de la galle à teinture (fig. 244), dépose ses œufs sur une espèce de cbênc du Levant et détermine ainsi la formation des noix de galle, dont on fait un si grand usage pour la teinture en noir cl pour la fabrication de l’encre (fig. 242).
Les excroissances qu’on voit souvent sur les rosiers , et qu'on nomme bédégurs , sont produites de la même manière, par la piqûre d’un cynips.