PROGRAMME OFFICIEL
DES MOLLUSQUES ET DES ZOOPHYTES; EXEMPLES PRIS PARMI LES ESPÈCES UTILES OU NUISIBLES.
EMliUAtiCUEMËNT DES MOLLUSQUES.
§ 1 56. En traitant des différences principales que la nature a introduites dans la conformation des animaux, nous avons vu que le colimaçon et l’huître s'éloignent beaucoup par leur structure, soit des animaux vertébrés, soit des entomozoaires, et doivent prendre place dans uno division particulière du règne animal appelée I’km-
IIRANCHEMENT DES MOLLUSQUES.
Nous avons vu aussi que chez ces animaux le corps n est jamais soutenu intérieurement par uno charpente solide comparable au squelette intérieur des vertébrés, et n’est pas composé d une série de tronçons ou d'anneaux comme chez les entomozoaires ; enfin que la peau ne constitue pas, comme chez ces derniers, un squelette extérieur formé do pièces solides articulées entre elles , et. Il propres à servir comme organes de locomotion , mais se revêt le plus souvent d’une sorte de croûte lamelleuse appelée co- <1 ni lie.
Le corps de ces animaux, abstraction faite de la coquille, est donc toujours mou ; mais ce caractère ne suffit pas pour les distinguer de tous les vers, et les zoologistes fondent principalement la séparation entre les mollusques et les autres animaux sur des particularités anatomiques dont il serait prématuré de parler ici ; sur la disposition du système nerveux, par exemple. Nous ajouterons seulement que les mollusques sont des animaux à sang incolore, dont la respiration est ordinairement aquatique, et
Fi#. 321. Mollusque du ■ genre Calmaret.
lUOLLUSgUKS. 249
dont le corps n'est jamais pourvu de pâlies disposées par paires comme cirez les animaux vertébrés et les animaux articulés.
Chez quelques uns, il existe bien des appendices grêles et allonges qui servent à la locomotion ; mais au lieu d’être disposés en deux séries longitudinales sur la partie moyenne et postérieure du corps, ces organes sont fixés sur la tète et groupés en cercle autour de la bouche [/i;/. 321). Ce singulier mode d organisation se rencontre chez divers mollusques marins que l’on désigne sous le nom de Poulpes (/);/. 321), de Seiches, etc.
Chez le colimaçon, la limace et beaucoup d’autres mollusques, on
Fig. 322. Teslneelle.
ne voit rien de semblable, et la locomotion ne s’effectue qu’à l'aide d'une expansion charnue qui occupe la face ventrale du corps.
m’ ai. f d’
br m
Fig). 323. Anatomie de l’Huître (i).
Chez I’Huitre, il n’y a 'pas d’organes locomoteurs, et il est aussi
(1 ) v, l’une des valves de la coquille ; • — v', sa charnière ; — m, l’un des lobes du manleau , - - m\ portion do l’autre lobe reployée en dessus, — c, muscles de la coquille, — br, branchies , — b, bouche , — f, tentacules labiaux , — -f, foie , — i, intestins , — o, anus , — co, cœur.
à noter que le corps de ces animaux ne se termine pas antérieurement par une tète distincte , comme chez les colimaçons ou les poulpes.
Enfin , il existe aussi d'autres mollusques qui, de même que les huîtres, n’ont ni organes de locomotion ni tête distincte, mais qui ne sont pas pourvus comme celles-ci d’une coquille. Ces animaux vivent en général fixés sur les rochers, et forment un groupe zoologique particulier ; on leur a donné le nom de Molluscoides , tandis que l'on appelle Mollusques proprement dits tous les précédents qui ont soit une coquille, soit un appareil locomoteur organisé pour la reptation.
§ 157. Les Mollusques proprement bits sont les seuls dont nous ayons à nous occuper ici, et d'après ce que nous avons déjà dit du mode de conformation du poulpe, du colimaçon et de l'huître, on voit que ces animaux présentent trois formes bien distinctes; aussi les divise-t-on en trois groupes, savoir :
La classe oes Céphalopodes, comprenant le Poulpe et tous les
Fijj'. 32t. Poulpe commun .
autres mollusques qui ont une tête distincte, et pourvue d organes locomoteurs en forme de bras charnus ou tentacules.
2 3 La classe des Gastéropodes, comprenant le colimaçon et tous les autres mollusques qui ont aussi une tête distincte, mais qui n ont pas la bouche entourée de bras locomoteurs, et se meuvent
MOLLUSQUES. 05 j
au moyen d’une espèce de pied charnu formé par la face inférieure de leur corps.
Hg. 325 . Mollusque gasléropode {du genre porcelaino).
.5’ La classe des Acéphales, comprenant l’huître et les autres mollusques dont le corps est, dépourvu de tête et d'organes de reptation , mais est protégé par une coquille comme chez la plupart des précédents.
§ 158. La coquille des mollusques est produite par une Fig. 320. Teiiine. portion de leur enveloppe cu-
tanée appelée manteau, qui occupe la face dorsale de leur abdomen, et qui d’ordinaire se prolonge plus ou moins sur les côtes et en avant , sous la forme d’une sorte de voile ou de sac. La coquille naît à la surface de ce manteau, et ressemble d abord a une petite lame cornée ou épidermique, mais en général se durcit bientôt par le dépôt d’une quantité considérable de carbonate de chaux dans son épaisseur.
La manière dont la coquille s’accroît est facile à comprendre. Si l’on examine une écaille d huître, par exemple, on voit qu’elle se compose d’une multitude de lames superposées dont on peut même déterminer la séparation à l’aide de la chaleur Ces lames, ont été formées successivement par le manteau de l’animal quelles recouvrent, et par conséquent c’est la plus extérieure qui doit être la plus ancienne ; c’est elle aussi qui est la plus petite, et chaque nouvelle lame qui vient s’y ajouter dépasse la lame située au-dessus, de façon que la coquille, en même temps qu’elle augmente d’épaisseur, s élargit rapidement. En général, la distinction des lames corn-
252 ZOOLOUUi.
posantes est moins marquée, et souvent les matières nouvelles se déposent sur le bord de la coquille seulement, et de manière que leurs molécules correspondent exactement aux molécules de la partie déjà consolidée ; ce qui donne au tout une structure fibreuse Les couleurs les plus diverses et les plus agréablement disposées ornent les coquilles et varient souvent avec l’âge. Presque toujours elles sont tout à fait superficielles et semblent dépendre d’une sorte de teinture opérée par la peau de l’animal, qui est peint
d'une manière correspondante à celle de son enveloppe. La matière colorante paraît être déposée sut la coquille au moment de sa formation : aussi est-elle d’autant plus vive que cette dernière est plus jeune. C’est le bord du manteau qui la produit.
Chez les mollusques gastéropodes, la coquille recouvre, comme une sorte de capuchon, la partie
Fig. 328. Ormier commun.
Fig. !)2'J. CoiiUdle de Vennel,
supérieure et postérieure du corps, et y constitue tantôt une sorte do bouclier 6vasé(/îgr. 328), tantôt une gaine v conique dont la longueur augmente avec
Fig. 330. Vennel.
Fig- 331 (1).
I âge, et dont le diamètre augmente en même temps. L'espèce de
(1) Une coquille turbinée ouverte pour montrer comment elle s’enroule en spirale : b , bouche ou ouverture de la coquille ; — e, colnmellc ; — o' portion de la tolnmelle
cornet, ainsi constitué, s'enroule d'ordinaire en spirale, et est en générai assez capace pour que le corps de l'animal puisse, en se contractant, y rentrer en entier, ainsi que cela se voit chez le colimaçon. Chez beaucoup de gastéropodes, il existe aussi à la partie postérieure et supérieure du pied une plaque calcaire de forme discoïde, qui est appelée opercule , et qui est disposée de façon à venir fermer l'entrée de la coquille quand le mollusque s’y relire.
Chez l’huître et les autres mollusques acéphales, la coquille est formée de deux battants ou valves, qui sont réunies par une charnière sur le dos de l'animal, et qui descendent de façon à constituer une sorte de boîte.
Les acéphales sont les seuls mollusques à coquille bivalve; chez les céphalopodes, le corps est souvent nu, et chez ceux où il existe une coquille extérieure, cet organe protecteur est conformé de la môme manière que chez les gastéropodes. Mais il est à noter que chez plusieurs céphalopodes, il existe sur le dos une sorte de coquille intérieure qui est logée sous la peau : le corps calcaire appelé os de la seiche , est un produit de ce genre.
Les coquilles présentent souvent à leur face interne une structure particulière qui les rend vitreuses et chatoyantes ou nacrées. Quelquefois môme , Fig .. 333 , Arche
cette couche brillante y offre
une épaisseur assez grande, et elle constitue la substance que l'on emploie dans l'industrie sous le nom de nacre.
Les perles sont des corps de même nature que la nacre brillante dont l'intérieur de ces coquilles est revêtu. Elles se composent de couches concentriques de nacre très serrées, et elles se produisent
renfermée i laits le dernier tour du spire ; — s, avant-dernier tour du spire ; p, pointe
on sommet de la onquiTlc.
aat zoologie.
lorsque cette matière, au lieu de s'étendre en couches plates sur celles déjà déposées, constitue de petits amas isolés comme des gouttelettes, ou adhérents à la coquille par un pédicule seulement. Leur formation dépend d’une espèce de maladie, ou du moins d’une activité anomale dans le travail sécrétoire qui donne naissance à la nacre : aussi toutes les circonstances qui peuvent stimuler cette sécrétion, telles que la présence d’un grain de sable ou de quelque autre corps étranger entre la coquille et le manteau de l’animal, tendent-elles à en déterminer la formation. Toutes les coquilles dont l’intérieur est nacré peuvent en contenir; nos moules communes en renferment quelquefois, et il n’est pas rare d’en trouver dans une grosse espèce de mulète qui habité les grandes rivières c’est la pintadine mère-perle ou aronde perlière qui en fournit le plus et qui en donne les plus belles ( I ) .
(1 ) L’Aronde perlière ou Huître perlière est un mollusque aeéphnle nui aheaucoilp Je ressemblance avec l'huilrc commune, mais sa coquille est bombée sur les deux valves, et elle est pourvue comme la moule d’un paquet de filaments appelés bysttl M, ■' l'aide duquel elle s'attache aux rochers.
C’est principalement dans le golfe de Manaar, sur les cotes do Ce, vlan, dans le golfe Persique, dans le golfe do Panama cl sur la cote est de la Californie, que se pratique la pêche dos perles; mais il existe dos bancs de piuiadines mères-perles dans plusieurs
autres localités, telles que les côtes du Japon, de Cumana, etc. Pour se procurer ces I-
lusques précieux, des hommes, habitués à cet exercice , plongent au fond de la mer, et vont les ramasser ainsi à des profondeurs de 7 à 18 mètres. Afin d’accélérer sa descente, le plongeur saisil avec ses orteils une grosse pierre, munie d’une corde, el, quand le besoin de respirer ou la crainte des requins lui fait désirer do remonlcr, il se debarrasse de ce poids el donne le signal pour que les matelots restés sur le bateau le tirent a eux. La pierre est ensuite ramenée à bord, et sert à un nouveau plongeur. Le temps pendant lequel les plongeurs restent sous l’eau est ordinairement d’une tuinnlc, quelquefois d’une minute et demie ou même deux minutes: ou cite même des individus qui putivaicul y rester plus longtemps encore. Chacun d’eux est muni d’un sac ou filet destiné ;t recevoir les coquilles qu’il ramasse , et il n’est pas rare de les voir remonter chargés d'une con- Inine de eus mollusques: ils plongent quarante ou cinquante fuis dans une journée, el la pêche d’un bateau, monté par dix plongeurs et dix hommes employés à les baler il bord , s’élève quelquefois à plus de trente, mille pintadincs pur jour. Pour que les bancs no soient pas dévastés, on eti règle l'exploitation , et on pense qu'il faut scpl ans pour que ces animaux acquièrent Imite leur maturité. A Ccyion, la saison de la pèche dure depuis le milieu do février jusque vers la fin de mars. Les coquilles sont disposées sur lit plage, dans des enclos particuliers ; et, lorsque les animaux sont morts et à demi pourris , ou examine attentivement chaque coquille, pour en retirer les perles ; on choisit aussi les plus belles coquilles, propres à fournir la nacre ; puis ou fait le triage des perles ; on le» nettoie ; on les détache et on polit avec de la poudre do. perles brisées ; enfin on les perfore et on les réunit en chapelet polit’ les livrer au commerce.
Fig. 334. Aronde perlière.
du nord de l’Europo ; mais
§ 487. Los mollusques de la classe des CÉru.u.oronEs , tels que les poulpes (fig. 324), ont le corps on forme do sac plus ou moins arrondi postérieurement, et terminé en avant par une grosse tête pourvue d’yeux, et de huit ou dix grands bras charnus dont la face interne est garnie d'une multitude de ventouses à l'aide des-
Fig:. 335. Calmar commun.
Fig. atiü. .1 ruuunle (dans sa cuiiuille;.
quelles ils s'attachent fortement aux objets dont ils veulent se saisir : la bouche, comme nous l’avons déjà dit, est située au centre de l'espèce de couronne formée par ces bras, et elle est armée do deux mâchoires cornées qui ressemblent beaucoup à un bec do perroquet. L’anus est placé sous le cou, à la base d’une sorte d 'entonnoir par lequel ces animaux expulsent au dehors une matière noire appelée encre. Enfin, il est aussi à noter que tous les céphalopodes sont marins, et qu’ils sont carnassiers. Les uns n’ont pas de coquille (le poulpe, les seiches et les calmars, par exemple); d’autres (tels que l’argonaute) sont logés dans une coquille univalve.
11 est aussi à noter que les coquilles qui se trouvent souvent dans la terre à l'état fossile, et qui sont connues sous lo nom d 'Ammonites, appartiennent à des mollusques de cette classe.
§ 158. Les Gastéropodes ressemblent tous au colimaçon par la forme générale de leur corps. Quelques uns, tels que la limace, n’ont pas de coquille, mais la plupart ont une coquille assez grande pour pouvoir s’y loger eu entier. 11 en est qui vivent à terre, et respirent l’air au moyeu Figi aaT. d’un poumon (lo colimaçon et la limace,
” . , par exemple) ; mais en général ce sont des
animaux aquatiques, a respiration branchiale, et la plupart d’entre eux vivent dans la mer.
Fig- 338. Lgmnée des étangs.
§ 1 39. Les Acéphales sont tous des mollusques aquatiques ; quelques uns, tels que les Anodontes, habitent nos eaux douces, mais la plupart vivent dans la mer, et d’ordinaire s'y fixent aux rochers
MOU, USQ 11 lis. 257
oit s'enfoncent iliins le subie ; quelques uns ont la faculté de larauder les pierres et le bois pour s’y creuser une demeure O.
Les espèces les plus communes de ce groupe sont les huîtres et les moules (2).
Les huîtres ont une coquille irrégulière, feuilletée ot composée de de deux valves dissemblables ot réunies par un petit ligament logé do part et d autre dans uno fossette, sans que la charnière présente ni dents ni lames saillantes. L animal lui-même est d’une structure très simple. Son manteau, dont les lobes sont unis supérieurement près de la charnière, présente une double bordure frangée ; il n’y a aucune apparence de pied. Le muscle qui sert à rapprocher les valves est situé vers le centre du corps ; la bouche est cachée sous 1 espèce de capuchon formée par la réunion do la portion supérieure
(I) Los tords ri 1rs pliobides, par exemple..
(-) tous res mollusques priiduiseiil ries omis, qui, au nioniciil île la poule, soûl d'une polilesso extrême, ri sont suspendus dans mi liquide blanchâtre. Ce frai nage dans l'eau et s agglutine bionlnt aux roquilles voisines ou à quelque aulro corps marin : aussi les jeunes huîtres sont-elles toujours adhérentes , soit en Ire olles, soit à uno huître adulte ou aux rochers sur lesquels elles vivenl ; mais , dans le premier cas , elles se détachent en général par les progrès de I'âgo , et forment seulement do grands amas , que l'on appelle des bancs. Leur croissance est très rapide. Les pêcheurs assurent qu'il trois mois, nos huîtres communes ont déjà la grandeur d’une pièce de deux francs, cl que, îi la fin .le la première année, elles ont environ 5 centimètres do diamètre ; enfin il leur faut trois ans pour acquérir la taille quo présentent celles que l'on vend sur nos marchés, c'est-àdire environ S cenlimètrcs de diamètre. On ne mil rien de précis sur la durée de leur existence.
On connaît plusieurs especes d'hiulres : la plus répandue dans nos mers et la plus intéressante esl Vhuîlrc comestible , qui nous fournit un aliment sain et agréable , dont on fait, depuis l'antiquilé la plus reculée, une consommation immense. Ces mollusques se 1 rouvrait <1 ordinaire rassemblés en nombre inealeuiable, et forment ainsi ries bancs d'une étendue très grande, situés en général assez près des cèles, ou du moins dans les localités on la mer n'esl pas très profonde. Ils sunl l’objet d'une pôelio active, et, pour les prendre, ou trame sur le fond do la mer une espèce de ralean, garni d'un lllei, îiniimié dengue ; mais, après les avoir recueillies , on ne lis livre pas loin de suite à la consommation ; où les dépose dans des bassins parliculiers, où on les lait parquer pendant un certain temps,
OÙ elles engraisseiil i l prennent un goût plus délient. I.es plus grosses soûl d’ordinaire séparées de leur écaillé et marinees ; mais les aulrcs se mangent sans préparation et ne sont mémo eslimées qu’aulaiit qu’elles sont vivantes. En effet, l'habitude qu'ont res animaux de fermer leur coquille dès qu'on los retire de l’eau, rend possible leur eonservnlinii pendant un temps assez long, et c'est à l'étal vivant qu'un les sert sur nos tables, quand elles meurent, leur coquille rosie béante. Plusieurs points de nos côtes en fournissent ; mais e esl à Marenncs, et surtout dans la baie do Cancale, que les huîtres abondent: c est cette dernière localité qui approvisionne presque exclusivement les marchés de la capitule et du presque tout le nord do la France ; les bateaux do la Houllo, près Cancale, el do Granville , pêchent chaque année , dans cette baie, plus de vingt-quatre millions de ces mollusques, dont la majeure partie esl envoyée à Coursou Iles el dans d'autres ports de la Normandie, où il existe des établissements considérables pour le parcage des
huîtres et d'où on les expédie en peste pour Paris. C'est vers le comment' eut de l'été
que ces mollusques jettent leur frai ; dans relie saison, on est dans l'habitude pas
les manger, cl l'on croît généralement qu'ils deviennent malsains ; mais celle opinion ne nrnîl pas fnmloo.
des deux lobes du manteau ; les tentacules qui entourent cette ouverture sont grandes et les branchies entourent tout l'abdomen : enfin l’anus se voit au-dessus du muscle.
br v»
Fiir. 330. Anatomie de l'Huître (1).
Les Mort . rs abondent sur les rochers do nos côtes où elles vivent fixées par leur byssus, faisceau de filaments soyeux qui liait de leur abdomen ou pied. Leur coquille est close, et ses valves, de forme triangulaire, sont égales, bombées et réunies par un ligament étroit sur le côté 4e leur angle aigu. La bouche de l’animal est située près du sommet de la coquille dont l'extrémité opposée laisse passer le byssus ; l'anus est placé aussi près de la charnière ; et vis-à-vis do cet orifice, il existe une ouverture particulière ou un petit tube formé par le manteau; vers l’angle arrondi de la coquille, lii où passe l'eau nécessaire à la respiration, le bord du manteau est frangé ; enfin l’abdomen se prolonge de manière à former le pied grêle et cylindrique.
Les moules sont généralement employées comme aliment, mais elles déterminent quelquefois une espèce d empoisonnement accompagné de symptômes très alarmants et suivis quelquefois de la mort. Le vulgaire attribue ces accidents à la présence d’un polit
(i) v, l'une dos valves do la coquille ; 1l\ sa charnière ; — m, l'un des lobes du
manteau ; — m', portion de l'antre Inhe roydoyée en dessus ; — e, muscles de la coquille ; — br, branchies ; — b, bouche ; - f, tentacules labiaux y — f, foie ; - i, inlesiins ; . — q, anus ; — co, rouir.
crabe nommé Pinnolhère, qui se trouve fréquemment dans l'intérieur de la coquille de ces mollusques; mais cette opinion n’est pas fondée, car ce crustacé n’est nullement vénéneux. Quelques auteurs pensent que la qualité malfaisante des moules dépend au contraire de ce qu’elles se sont nourries du frai des étoiles de mer , qui , assure-t-on, est de lui-méme un poison ; enfin d’autres la considèrent comme résultant d’une maladie de ces mollusques; le fait est qu'on ne sait rien de positif à cet égard.
§ 160. Les sous-em- « t>
branchements des molluscoïdes ne se composent guère que d'animaux de très petite taille qui sont tous aquatiques , et vivent en général fixés aux corps sous-marins. Souvent les individus qui naissent les uns des autres restent unis de façon à constituer des colonies d’animaux agrégés comme nous l'avons déjà vu pour divers zoophytes. Les petits mollnscoïdes que les naturalistes désignent sous le nom d 'ascidies vivent do la sorte.
EMBRANCHEMENT DES ZOOPHÏTES.
§ 1 6 1 . Ce quatrième et dernier embranchement du règne animal comprend, ainsi que nous l’avons déjà vu, tous les animaux à formes radiaires, c'est-à-dire dont les principaux organes, au lieu d’être disposés par paires de chaque côté d'une ligne médiane, comme chez tous les êtres dont il a déjà été question, sont rangés d’une manière circulaire ou comme les rayons d’une roue autour du centre du corps oii se trouve la cavité alimentaire.
Les zoophytes ont une structure beaucoup moins complexe et moins perfectionnée que celle de la plupart des autres animaux ; ils sont privés d’organes des sens ou n’en ont que de rudimentaires : en général , même leur corps n'est pourvu que d'un seul orifice qui communique avec la cavité digestive et qui remplit à la fois les fonctions d une bouche et d’un anus. Le nom do Zoophytes ou Animaux plantes leur vient de la ressemblance que beaucoup d’entre eux
(I) Ascides du genre porophora : — ii, bouche ; — e, estomac ; i, intestin ; —
n, anus ; — f, tige commune! — les flèches indiquent la direction dn courant d’eau servant à la respiration.
l r ig. 310. Ascides sociales (I).
2fin ZOOLOGIE.
ont avec îles lleurs sous le rapport de leur forme extérieure. Presque tous vivent, dans la mer.
l'ijt. 34 t. Astérie ou Étoile de mer.
1 62. Les uns sont organisés pour ramper et sont pourvus à cet
effet de petits organes filiformes qui se terminent en suçoirs el permettent à l’animal d’adhérer aux corps étrangers ; en général
ZOOPHYTF.S.
aussi leurs téguments sont hérissés d’épines mobiles qui agissent à la manière de leviers et servent également à la locomotion.
Fig-. 343. Oursin (I).
Ces animaux appartiennent à une première division de l'embranchement des /.oophytes, appelée la classe des Échinodermgs. Ce sont les astéries ou étoiles de mer , les oursins , etc. Ces derniers sont remarquables aussi par l’espèce d’ossification de leur peau.
§ 163. D’autres zoophytes sont organisés pour la natation seulement ; ils ont le corps mou et gélatineux, et par leur forme générale ressemblent le plus souvent à une cloche ou à un champignon.
Ils forment la classe des Acalèphes, et sont très communs dans nos mers. Tels sont les méduses et les béroés.
§ 1 6 4 . Il est un grand nombre d’autres zoophytes qui ne sont organisés ni pour ramper ni pour nager et qui vivent fixés aux rochers ou à d’autres corps sousmarins. Ils ont , en général , la forme d'un cylindre dont la base adhère au sol et dont le sommet est garni d’une couronne de tentacules cylindroïdes ou plumeaux qui entourent la bouche et sont susceptibles de se contracter ou do s’épanouir de façon à ressembler
(1) Ou côté gauche on a enlevé les épines du test pour montrer la disposition 'les pinces calcaires dont celte enveloppe est composée.
3 il. Méduse (Rhizostome).
à une lleur. On donne le nom de Poupes aces singuliers animaux au nombre desquels il faut ranger les actinies ou anémones de mer, dont il a été question dans notre première leçon (fig. 1).
En général, les polypes se multiplient par des bourgeons qui restent unis à l’individu dont ils naissent. Les générations nouvelles forment ainsi.
Fig. 345. Hydre. Fig. 346. Serlvlaire.
avec celles dont elles descendent, des sortes de colonies dont tous les membres sont unis entre eux, ou des animaux agrégés.
Il est aussi à noter que la portion inférieure du corps de la plupart des polypes s'ossifie en quelque sorte par les progrès de l'âge et constitue une sorte de loge dans laquelle l’animal rentre plus ou moins complètement quand il se contracte. On donne le nom de polypier à l’espèce de gaine ainsi formée. Pendant longtemps on croyait que ces loges, dont la substance est en général pierreuse, étaient formées seulement par une sorte de croûte extérieure au corps de l’animal et destinée à leur servir de demeure; mais on sait aujourd’hui qu’elles font réellement partie de leur organisme et sont formées par la solidification de la peau. Quelquefois chaque polype possède un polypier