‹ Notions préliminaires d'histoire naturelle pour servir d'introduction au cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 6 sur 39 · DIVISION DES ANIMAUX VERTÉBRÉS EN CLASSES · texte numérisé non relu

DIVISION DES ANIMAUX VERTÉBRÉS EN CLASSES

§16. Lorsqu’on fixe l’attention sur les animaux qui habitent les champs et les bois, qui voltigent dans l’air et qui peuplent les eaux, on est tout de suite frappé de leur nombre immense, et lorsqu’on visite une de ces grandes galeries zoologiques où l’on réunit des exemples de chaque sorte d'animaux , la collection du jardin des plantes à Paris, par exemple, on voit que ce nombre doit être bien plus grand qu’on ne pouvait se l'imaginer d’abord, car la plupart de ces êtres ne sont connus que des naturalistes, et le vulgaire en ignore l’existence. Il est donc facile de comprendre que pour étudier tous ces êtres, pour les reconnaître et pour apprendre à les nommer, il soit nécessaire de les classer méthodiquement, c'est-à-dire de les diviser entre eux suivant les différences qu'ils offrent dans leur nature; de réunir en un certain nombre de groupes ceux qui se ressemblent a certains égards ; enfin d’assigner à chacun des groupes ainsi formé un nom propre et d’indiquer les caractères ou signes à l’aide desquels on pourra reconnaître les individus qui y appartiennent, et les distinguer de ceux dont sc composent tous les autres groupes.

Le premier degré dans ce modo de groupement consiste dans la réunion de tous les individus qui proviennent d’une même souche, qui descendent des mêmes parents , et qui sont pour ainsi dire des copies d'une seule et même conception zoologique du Créateur. Chacune de ces divisions du règne animal constitue ce que les zoologistes appellent une espèce. 11 n’a pas été donné à 1 homme de constater dans tous les cas cette filiation directe, mais toutes les fois que des individus dont l’origine nous est inconnue se ressemblent entre eux autant que nous voyons les descendants d un animal se ressembler mutuellement et ressembler à leurs parents, nous devons l’admettre. Ainsi les chevaux, malgré les différences de taille et de couleur qu'ils peuvent offrir , ont tous entre eux ce degre de ressemblance intime , et nous sommes nécessairement conduits par le raisonnement aussi bien que par l’observation à les considérer comme ( ' e même nature, comme autant de reproductions d'un seul et même l Ype organique, 'comme ayant une origine commune. Ce sont par conséquent nulanl d’individus d’une même espèce, et le zoologiste,

pour se former une idée suffisante de tous, pourra se contenter d’en étudier un seul ; car chaque individu est un représentant fidèle du groupe tout entier. Pour connaître tout ce qui est important à noter dans l’histoire des animaux, il n’est donc pas nécessaire de s’occuper des individus en particulier, mais des espèces , et dans le langage zoologique tous les individus de la même espèce doivent être désignés sous le môme nom. Ainsi les mots cheval, zèbre, One, mouton, bœuf, buffle, girafe, sont des noms qui appartiennent chacun en commun à tous les individus des diverses espèces dont un cheval quelconque, un zèbre quelconque, ou une girafe quelconque, nous représentent l'image, et les différences qui peuvent existor entre les divers individus d’une môme espèce n’ont en général pas assez d’importance pour que le zoologiste ait à s’en occuper.

Quelquefois une espèce diffère considérablement de toutes les autres; mais tout le monde a dû remarquer qu’en général il existe plusieurs espèces qui se ressemblent beaucoup, qui ne se distinguent même entre elles que par des caractères d’une faible importance, et qui diffèrent beaucoup plus de tous les autres animaux qu’elles ne diffèrent entre elles : le cheval, l’âne et le zèbre sont dans ce cas ; il en est de môme pour le chien, le loup et le chacal, ainsi que pour le lièvre et le lapin ; il semble y avoir une sorte de parenté entre les espèces qui se rapprochent ainsi, et dans les classifications naturelles du règne animal on les réunit en autant de groupes que l’on appelle des genres. Ainsi le chpval, l’âne et le zèbre sonl trois espèces d’un môme genre ; le chien, le loup et le chacal appartiennent aussi à un seul et môme genre qui est bien distinct du précédent; le lièvre et le lapin forment un troisième groupe du même rang en zoologie ; et l’on appelle aussi genres les groupes formés par les diverses espèces de cerfs, de chèvres, de bœufs, d’ours, do lézards, etc.

Dans la nomenclature zoologique on donne à toutes les espèces du même genre un nom commun, et l’on distingue ces espèces entre elles en ajoutant à ce nom commun des noms particuliers. Ainsi le mot ours est le nom du genre, et pourdésigner les différentes espèces de ce groupe on joint à ce nom commun des noms particuliers on spécifiques, on dit, par exemple, ours brun, ours polaire, oursjongleur, etc

Il suffit aussi d’une observation superficielle do la nature pour s’apercevoir que certains genres ont à leur tour une sorte de parenté, et se ressemblent entre eux beaucoup plus qu’ils ne ressemblent au reste du règne animal. Par leur réunion ils constituent ainsi des groupes d’une importance plus grande que ceux dont il vient d être question, et que l’on appelle des tribus et des familles naturelles. Ainsi les genres bœuf, chèvre, moulon, ont enlre eux beaucoup d analogie et appartiennent à une même famille zoologique qui est bien distincte de la famille qui renferme les chameaux et les lamas; les genres chien, chat, hyène, se ressemblent entre

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