Actinie
Fig. 3.
Polm il u Comil.
(Un des animaux <[ni constltnral pai' leur réunion 1ns bronches rei i ésenlées ilans la figure 2, beaucoup grossi. Le Corail vit fixé sur les rochers ni autres corps sous-marins.
On en trouve beaucoup près de la rôle de l'Algérie.)
Fig. 2. Branche de Corail.
demeurent toujours fixés à la branche qui les porto Nous pourrions multiplier beaucoup ces exemples de formes bizarres parmi les ani maux, mais nous ne nous arrêterons pas à les décrire, et pour en donner une idée, nous nous contenterons d’appeler l’attention sur les figures ci-jointes qui représentent quelques uns de ces êtres dont 1 aspect s’éloigne tant de ce que l'on est accoutumé à voir dans le régné animal. (Voyez les figures 4 à 11.)
Il en résulte que pour déterminer d'une manière générale si un ( orps organisé qui a cessé de vivre, et qui par conséquent ne peut montrer aucun signe de sensibilité ni faire aucun mouvement, appartient ou non au règne animal , le zoologiste ne saurait se contenter des particularités de forme à l'aide desquelles on reconnaît si facilement la nature de la plupart de ces êtres, et qu’il doit nécessairement chercher d’autres caractères dans la structure même de ces corps.
En abordant I étude du règne animal, il nous faut donc examiner sommairement la structure des animaux et passer rapidement en levue les principaux organes dont leur corps se compose.
Fig. -i. Polypes tht ycnre Ai tro'ùle (1).
(I) Polypes marins qui ressemblent beaucoup aux Actinies ou Anémones de mer, ma' qui sont réunis par leur base en une sorte de croûte chornuo qui adhère aux rùclioi et renferme des loges pierreuses.
Dans celte ligure plusieurs de ces animaux son t représentés tels qu'on lcs voit quand la tner est calme 'd qu ils déploient la couronne de «Macules dont leur bouche est "touréo; d’autres sont plus ou «oins contractés. Ils sont très otnrnuns dans quelques parties de ■Mediterranée, sur la côle de C Al tïorie , par exemple , et se l“ n ^marquer par leur belle cou- ^ ar jaune orangé, Les zoologistes 08 désignent sous le nom d'As- '‘oules calycularls.
1 , “ 1 Polayia. Animal marin do sni,!"" 1 ® dos Méduses, dont la
|a, cmê C T!f Sélalineusc ct trails -
de 1 n TrÔS commu ' 1 s™ les côles 3 U d 1 revence. On en voit qui ont Co ° U • de large,
tuol animaux nagent à l'aide des que » cments de l’espèce d’ombrelle I,,. ormo 'a partie supérieure de lu,; cor P s . et leur bouche est si- ; tnr ' ( ' aa oot'lre de quaire grands
aa -teso° S ° U braS qU ‘ n ° t,cnl
Fig. 5. Méduse (2).
Fig. 6 (1).
(1) Sléphanomie . Animal marin pourvu d’une multitude de bouches (6, b, b), d’un Sroupe d organes natatoires (a), d'appendices garnis d'œufs, etc. ( c , c), et d’une foule de longs filaments (d). On en trouve dans la Méditerranée qui ont près d’un mètre de long et qui ressemblent a des guirlandes de fleurs flottantes dans l’eau do la mer.
KEGNE ANIMAL.
Fig'. 7. 5a belle (I).
anf- ^ s * î “ e vcr mar i“ qui vit dans un tube sablonneux et qui porte à l’extrémité erieure de son corps un grand nombre d’appendices frangés, disposés de façon à ro „“»«« u n° sorte de cloche ou de rampe spirale. On trouve beaucoup de ces vers sur très ° -a ’ ’' S ont som ' enfc 20 » 30 centimètres de long , et sont nuancés de couleurs n’a ;;r CS '. Dansoette fl » ul ' e on yoit l animal sortant un peu de sa gaine, mais celle-ci ote représentée que dans sa partie supérieure.
Fig. 8. Astérie o:. Etoile de mer .
(1) Les Oursins ou Clultaujnes de mer , sont des animaux dont le corps a la forme d’une boule à coque solide, percée en dessous pour la bouche et entourée de baguettes pierreuses. Ces animaux vivent dans la mer ; on en trouve sur nos côtes dont les baguettes sont grêles et courtes, et dont on mange l’intérieur dans plusieurs ports, à Marseille et à Naples, par exemple. Dans cette figure l’animal est dans une position renversée pour montrer sa bouche.
KliUNK ANIMAL.
Fig. 10. Encrines (1).
(1) Les Encrines sont des animaux marins qui ressemblent beaucoup aux Étoiles , niCT (fig- 8), mais qui vivent fixés sur des corps étrangers par une sorte de tige " L ‘*ible ; on en a représenté ici quatre individus dans des positions différentes.
Lbez les Astéries de même que chez les Encrines, la bouche est placée au milieu des cs l'èees de bras ou rayons qui entourent le curps. Les Etoiles de mer sont très com- 'nunes sur nos côtes et ont souvent plus de 2 décimètres de large. Elles rampent à l'aide des épines et des petits organes contractiles dont lu face inférieure de leur corps et de eiu 's bras est garnie.
Fig'. U. Anatifes (1).
§ 5. Nous avons déjà dit que tous les êtres vivants jouissent de la faculté de se nourrir, c’est-à-dire de s'emparer de matières étrangères à leur individu, de les assimiler à leur propre substance et d’accroître ainsi le volume de leur corps ou de réparer les pertes que celui-ci peut éprouver. Lorsqu’un minéral ( un cristal de sel commun , par exemple) grossit, c’est par suite d’un simple dépôt de particules nouvelles à la surface de la masse précédemment constituée, par juxtaposition de ces particules les unes sur les autres, et la forme de l’ensemble ne dépend pas tant de la forme du noyau primitif que du mode d’arrangement des parties nouvelles qui sont toujours les plus superficielles. C’est un mode d’accroissement qui peut se comparer à l’augmentation de volume que le maçon fait subir à un massif de briques lorsqu’il y ajoute de nouvelles assises, et continue son travail, tantôt de tous les côtés à la fois, tantôt dans une direction plutôt que dans une autre. L’observation de ce qui se passe dans notre corps pendant l’enfance ou dans un arbre qui grandit suffit pour montrer que chez les êtres vivants il en est tout
(1) Ces animaux marins -vivent fixés à la quille des navires et aux autres corps qui flottent dans la mer ; leur corps , garni de membres filiformes en assez grand nombre , est porté sur un gros pédoncule et loge entre les deux valves d’une coquille composée de plusieurs pièces.
autrement. En effet, lorsque le volume de ceux-ci augmente, l’accroissement n’est pas l'effet d’une sorte d’encroûtement de ce genre, mais la suite d'un travail intérieur à l’aide duquel des particules nouvelles portées dans la profondeur de leur substance s interposent entre les parties anciennes ; et cet accroissement s’opère d ordinaire sans que la forme de l’ensemble en éprouve aucun changement notable : ils se nourrissent par intussuscegtion , pour nous servir de 1 expression employée en physiologie.
11 faut donc que les matières étrangères nécessaires à la nutrition puissent pénétrer dans l’intérieur du corps de l’être vivant et être distribuées dans toutes les parties de son organisation. Cette absorption de substances nouvelles a en effet lieu chez. les plantes aussi bien que chez les animaux ; mais ainsi que nous le ferons voir plus tard , elle ne peut s’effectuer que si les matières destinées à être ainsi absorbées par le corps vivant se présentent sous la forme de fluides, et les matières solides ne sauraient traverser de la sorte •es tissus vivants pour pénétrer dans la profondeur de toutes les Parties de l’animal ou de la plant. Enfin , pour peu que l’on observe le mode de nutrition d’un cheval ou d’un chien, et d’un arbre ou d’une herbe, on s’aperçoit que les substances étrangères ou alimentaires qui sont nécessaires à l’entretien de la vie ne sont pas les mêmes pour ces deux sortes de corps vivants. Ainsi que nous le verrons en étudiant la physiologie, les plantes peuvent subsister et s accroître en absorbant du dehors de l’eau dont leurs racines sont baignées et diverses matières fluides contenues dans l’air qui entoure leurs feuilles. Les animaux , au contraire, ne peuvent se sustenter de la sorte et ont besoin de manger. En effet, des matières alimentaires qui ne se trouvent dans la nature qu’à l’état solide (telles que de la viande , des fruits ou des herbes ) sont indispensables à 1 entretien de la vie de tous ces êtres , et par conséquent on comprend lâchement qu’il faut aussi que les animaux aient la faculté de transformer ces aliments solides en matières fluides susceptibles d’être absorbées par leurs tissus. Or ce travail préliminaire qui n’a pas lieu chez les plantes, mais qui est nécessaire à la nutrition des animaux, n’est autre chose que la digestion.
Les plantes et les animaux diffèrent donc entre eux, non seule*ment par l’existence de la faculté de sentir et do la faculté de se mouvoir chez les uns , et l’absence de ces propriétés vitales chez les mitres, mais aussi par la manière dont ils effectuent le travail nutritif. Les plantes ne mangent ni ne digèrent, mais absorbent directement leur nourriture sans l’avoir digérée : les animaux ont besoih d’aliments qui no peuvent être absorbés sans avoir été digérés ; ils mangent donc , et par conséquent aussi ils sont ddués du pouvoir d opérer cette digestiou.
L’observation journalière nous apprend que les facultés des êtres vivants ne s'exercent qu'à 1 aide do certains instruments ou organes qui sont en quelque sorte les outils de la vie. et nous devons dire ici que lorsque plusieurs do ces organes concourent à produire un même résultat, on donne à cette réunion de parties le nom d'appareil.
Il résulte de ce qui précède que, puisque les animaux ont la faculté de digérer leurs aliments, il faut qu’il y ait dans leur corps des organes propres à effectuer ce travail, c'est-à-dire un appareil digestif; et puisque les végétaux ne possèdent pas cette faculté, il faut qu ils manquent aussi d’organes de ce genre, car la nature ne crée rien d inutile.
Ainsi toutes les fois qu'on trouvera dans le corps d'un être vivant un appareil digestif, on pourra être certain que cet être n’est pas une plante, mais bien un animal, quelle que soit d’ailleurs sa forme plus ou moins étrange, qu'il ressemble à une Ileur comme l’anémone de mer dont il a déjà été question (fig. 1 ), ou qu'il ressemble à un insecte, à un ver, à un poisson ou à un quadrupède.
Mais en quoi consiste cet appareil digestif qui peut servir ainsi à caractériser l'animal comparé à la plante?
La digestion, comme nous le verrons lorsque nous étudierons la physiologie des animaux, est un travail chimique qui s'opère au moyen de certains sucs, et qui a pour effet principal de rendre les aliments solubles dans les liquides dont ils sont baignés. Ce phénomène doit donc nécessairement avoir lieu dans une cavité, qui sert de vase pour contenir à la fois les sucs digestifs, les aliments à digérer et les produits fournis par le travail digestif et propres à être absorbés par l'animal. 11 faut aussi que cette cavité soit on communication facile avec le dehors pour que les aliments destinés li être digérés puissent y pénétrer , et il faut aussi que ses parois soient constituées de manière à permettre l’absorption ou passage des matières digérées dans la substance même du corps vivant.
Telle est effectivement la disposition essentielle de l’appareil digestif. La partie la plus importante de cet appareil est une sorte de poche ou de vase à parois membraneuses que l'on nomme estomac, et cette cavité reçoit les aliments du dehors par l'intermédiaire de la bouche.
Aussi un des caractères les plus constants de l'organisation des animaux c’est l’existence d'une bouche et d un estomac, tandis que chez les plantes on ne trouve rien qui y ressemble.
Du reste, la structure de l’appareil digestif varie beaucoup chez les divers animaux , et les différences que l’on y remarque servent souvent au naturaliste comme autant de caractères pour distinguer ces êtres entre eux. Il est donc nécessaire d’y jeter un coup d'œil, et pour cette étude préliminaire nous choisirons comme exemple le
singe, animal dont la structure ressemble beaucoup à celle de l’homme.
Poumons.
Cœur.
Foie.
Vésicule.
Gros intestin.
Cæcum .
Intestin grêle.
Glande salivaire.
Glande salivaire.
Trachée.
Pharynx.
Œsophage.
Thorax.
Artère aorte.
Vessie.
Pancréas.
Rate.
Reins.
Gros intestin.
Abdomen.
Rectum.
Fig. \ v 2. Appareil digestif d'un Singe.
§ 6. Chez ce quadrupède, ainsi que chez le chien, le cheval °u l'homme lui-même, la bouche , bordée par dos lèvres très mobiles, est garnie de mâchoires qui sont susceptibles de s’écarter ou de se ■'approcher entre elles de façon à livrer passage aux aliments ou à les saisir, étalés comprimer ou les couper. Ces mâchoires, comme °n le sait, sont à leur tour armées de dents qui servent à diviser ias aliments, et ainsi que nous le verrons plus lard, la forme de ces dents est toujours en rapport avec la nature des aliments qu’elles sont destinées à saisir ou à mâcher, de sorte que le zoologiste peut toujours reconnaître le régime d'un animal par la seule inspection de s °n système dentaire.
Ces organes de mastication n’existent pas chez tous les animaux : lo . crapaud , par exemple , n’a pas de dents , quoique ses mâchoires s oient conformées à peu près comme celles des quadrupèdes dont il 'dent d'être question. Chez l'huître, la bouche n’est armée ni de dents ni mémo de mâchoires, et chez d’autres animaux, au lieu d'étre disposée de façon à se dilater pour recevoir des aliments volumineux , elle n’est appropriée qu'à la succion, ainsi que cela se voit
chez les papillons et les cigales, qui, au lieu d'avoir des mâchoires, sont pourvus d’une trompe en forme de pipette.
Pendant que la mastication s effectue, les aliments sont imbibés de salive, liquide très aqueux qui est produit dans des organes particuliers nommés glandes salivaires, et qui sert principalement à faciliter la perception des saveurs et la déglutition. Ces glandes, placées dans le voisinage de la bouche, y versent la salive par de petits conduits et varient beaucoup quant à leur nombre et leur forme chez les divers animaux.
Chez le singe, de même que chez presque tous les animaux, la cavité digestive a la forme d un long tube membraneux qui s'étend depuis la bouche jusqu’à l’anus, et qui est élargi vers sa partie moyenne pour constituer l'estomac. Les parois de ce canal alimentaire sont formées essentiellement d'une membrane qui se voit déjà
sur les lèvres et qui a beaucoup de ressemblance avec la peau, mais qui est plus délicate et qui est au nombre de celles que les anatomistes appellent membranes muqueuses. La surface interne et libre de celte membrane est toujours lubrifiée par des humeurs particulières, et sa surface externe est unie à une couche de fibres charnues qui sont de la même nature que celles à l’aide desquelles nos membres se meuvent, et sont douées comme elles de la faculté de se contracter. Cette tunique charnue ( ou musculaire , pour nous servir du mot propre) est conformée de façon que ses fibres , en se con-
Oluudcs salivaires.
Os hyoïde.
Larynx.
Fig'. 13. Coupe verticale de la bouche et du y osier .
tractant, puissent presser les matières alimentaires et les pousser de la bouche vers l’estomac, puis de l’estomac vers l’extrémité postérieure du tube digestif, ou les arrêter au passage et les retenir pendant un certain temps dans l’intérieur de 1 estomac. Nous verrons plus tard par quel mécanisme curieux la déglutition s opère , et comment la digestion a lieu dans l'estomac; mais il nous faut, dès aujourd'hui , passer rapidement en revue toutes les parties de l’appareil digestif.
L’arrière-bouche, ou pharynx- (fuj. 4 3), se continue en arriéré avec un long tube nommé œsophage, qui descend le long du cou, traverse la cavité de la poitrine, ou thorax, et va se terminer à l’estomac. C’est par ce conduit que la déglutition a lieu, et l’estomac, ainsi que tout le reste de l’appareil digestif, est. logé dans la cavité abdominale ou ventre de l’animal. Chez les quadrupèdes, dont il est ici question , l'abdomen est séparé du thorax par une cloison charnue nommée diaphragme ; mais chez les oiseaux et beaucoup d’autres animaux, il n’en est pas de môme, et ces deux portions du tronc sont confondues en une seule cavité viscérale. L’abdomen est tapissé intérieurement par le péritoine, membrane très mince de la nature de celles que les anatomistes appellent des membranes séreuses , et du côté du dos cette tunique forme de grands replis entre les feuillets desquels se loge le canal digestif. Ce canal se trouve par conséquent suspendu dans l’intérieur de la cavité abdominale , et ses parois y présentent •ion seulement les deux couches dont il a déjà été question, savoir la membrane muqueuse et la tunique musculaire, mais une enveloppe externe ou tunique séreuse formée par le péritoine. Il est aussi à noter que les portions des replis du péritoine qui se portent ainsi des parois de l’abdomen au tube digestif sont nommées mésentères, et qu’on appelle épiploons les portions de ces mêmes replis qui dépassent ce canal et forment une sorte de tablier membraneux audevant de la masse des viscères abdominaux.
L’estomac (fig. 4 4), qui fait suite à l’œsophage, est placé à la partie antérieure de l'abdomen des quadrupèdes (ou à la partie supérieure de cotte cavité chez l’homme, dont le corps occupe la position verticale). C est une poche formée par une dilatation du canal alimentaire et renfermant dans l’épaisseur de ses parois une multitude de petits 0r ganes glandulaires destinés à produire le suc gastrique, agent principal de la digestion. Chez le singe, de même que chez le chien, le *e lapin , le cheval et l'homme, cette poche est simple; mais chez d’autres animaux elle est divisée en plusieurs compartiments qui Peuvent même former autant d'estomacs distincts : ainsi chez le bœuf et les autres ruminants il y a quatre estomacs à la suite les Ul >s des autres, et chez le coq, ainsi que chez la plupart des autres °iseaux, on trouve trois estomacs.
Vésicule biliaire.
Foie. Pylore. Œsophage. Pancréas. Estomac.
Gros intestin.
• Intestin grêle. Reclum.
Fig. 1 i. Appareil digestif.
I)u côté opposé à l'ouverture de l’œsophage, l’estomac présente un second orifice nommé pylore, par lequel cet organe communique avec la suite du canal digestif, c’est-à-dire avec l 'intestin. Ce tube membraneux est très long , surtout chez les animaux herbivores, et lormo dans 1 intérieur de l’abdomen un grand nombre de circonvolutions. On y distingue deux parties, appelées intestin grêle e t gros intestin.
L'intestin grile fait suite à l’estomac, et c’est dans son intérieur que la digestion s’achève. Deux organes de la nature de ceux qu’on appelle des glandes sont placés dans le voisinage de cet intestin et y versent les liquides qu'ils sont chargés de produire. L’une de ces glandes, le foie, sécrète une humeur verdâtre nommée "hile, qui est très amère, et qui, par ses propriétés chimiques, ressemble un peu à de 1 eau chargée de savon. L’autre, appelée pancréas, produit un liquide qui a beaucoup d’analogie avec la salive. Presque tous les animaux ont un foie ou quelques organes analogues; le pancréas, au
contraire, n'existcque chez les quadrupèdes, les oiseaux et un petit nombre d’autres animaux. Enfin, on remarque aussi à la partie antérieure de la cavité abdominale du singe, du lapin, du chien, etc., un autre organe nommé rate , mais les fonctions n en sont pas encore bien connues.
Le gros intestin , qui à son tour fait suite a 1 intestin grêle, n est le siège d’aucun travail digestif, et ne sert qu a contenir le résidu laissé par les matières alimentaires et destinées a être expulsées au dehors Chez tous les quadrupèdes et les autres animaux supérieurs l'orifice du gros intestin est placé à l'extrémité postérieure de 1 abdomen - mais chez quelques animaux inférieurs, tels que le colimaçon, l'anus se trouve près de la tête , et chez d’autres d’une structure encore plus simple, cette ouverture manque complètement, de façon que l'appareil digestif, au lieu d’avoir la forme d un tube, est conforme à la manière d’un sac, et que c’est par la bouche seulement que la défécation, de même que la déglutition , s effectue. Les actinies ou anémones de mer, dont il a déjà été question (fig. 1), et les astéries ou étoiles de mer f/ig. 8), présentent cette disposition singulière.
§ 7. Les matières alimentaires, convenablement élaborées par la digestion, sont absorbées par les parois du canal alimentaire et portées jusque dans les vaisseaux sanguins, où elles se mêlent au fluide nourricier qui est destiné à entretenir la vie dans toutes les parties du corps, et à fournir au tissu des organes les matériaux nou\eau\ dont ils peuvent avoir besoin.
Ce liquide nourricier est en effet le sang.
La physiologie nous apprendra plus tard comment ce liquide e?l constitué et quels en sont les divers usages. Pour le moment il nous suffira de dire que le sang n’est pas toujours rouge, comme cela se Voit chez les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons et quelques aul i es animaux : ainsi chez les insectes, les écrevisses , les crabes, les colimaçons, les huîtres, etc. , ce liquide est presque incolore, et l on designe souvent tous ces animaux sous le nom d 'animaux à sang blanc. Par opposition aux premiers que l’on nomme animaux à sang rouge.
Le fluide nourricier doit se distribuer dans toutes les parties du corps, et, pour y entretenir la vie, il a besoin aussi de se mettre sans cesse en rapport avec l air. Il doit donc y avoir dans 1 intérieur du corps des courants de sang qui se rendent soit dans toutes les partie.s du corps où la nutrition s’opère, soit dans les organes à 1 aide desquels ces relations nécessaires entre l’air et le sang s établissent. Ces derniers organes constituent lappareil de la respiration, et chez le singe, ‘c lapin, le chien et les autres quadrupèdes dont l’étude nous occupe spécialement en ce moment, ces mêmes organes sont les poumons.
Pour contenir le sang et pour le faire circuler de la sorte dans tout le corps, ces animaux sont pourvus d’un système de vaisseaux
ou tuyaux membraneux appropriés à cette espèce d’irrigation phv- Mologique ams! que d’une sorte de pompe foulante destinée 'à mettre le fluide nourricier en mouvement. Cet organe d’impulsion n est autre chose que je cœur ; les vaisseaux qui portent le sang du cœur a toutes les parties du corps sont nommés artères, et ceux qm le rapportent de ces parties au cœur sont appelés veines.
Crosse de l'artère
a0rtC ' ' .'Arlcre carolidc.
Oreillette droite du cœur.
Aorte ventrale
Crosse de l’aorte.
Oreillette gauche.
-* Ventric. du cœur.
“ Veine pulmonaire.
■ Artère brachiale.
— Artère pulmonaire
Reins. Aorte ventrale.
Poumons-.
Estomac.
Veine porte.
Intestins.
Fig". 15. Appareil circulatoire d'un Lé%ard.
Le cœur est une sorte de poche charnue qui a la faculté de se dilater et de se contracter alternativement ; il reçoit le sang dans son Intérieur, et chaque fois qu’il se resserre il expulse une certaine
Trachée. Artères et veines du cou.
Oreillette droitG ; ! Cœur.
du cœur. Veine Artère sc rendant à l'abdomen, venant de aux membres inférieurs, etc., l’abdomen, et appelée artère aorte.
Fig. 16. Poumons, Cœur, et gros Vaisseaux sanguins.
quantité de ce liquide et le pousse dans les artères avec lesquelles *1 est en communication directe. Il est situé dans le thorax entre les 'leux poumons [fig. 1 6) ; et chez le lapin, le chien, le cheval, le bœuf,
Veine cave super . Art. pulm. Aorte. Artère pulmonaire.
Veine pulmonaire.
Oreillette droite. -- Valvule. •** ^ einc cave inférieure. -
Ventricule droit.
Veines pulmonaires.
Oreillette gauche.
Valvule auriculo- ventriculaire.
-"•-•Ventricule gauche.
Cloison. Aorte.
Fig. 4 7 . Coupe verticale du cœur.
de même que chez l’homme, il se compose de quatre compartiments ou cavités, savoir : de chaque côté une loge principale appelée ventricule, et une loge accessoire nommée oreillette (/Sy. 17). Mais chez les reptiles et les poissons, cet organe n'est pas aussi compliqué dans sa structure, et chez d’autres animaux, tels que les écrevisses et les crabes, il se simplifie davantage.
§ 8. Nous savons tous par notre expérience personnelle que l'homme ne peut vivre s’il ne respire pas, et il est facile de voir que la respiration est également indispensable au chien, au cheval, à l’oiseau ou à l'insecte. Les expériences des physiologistes montrent qu il en est de même pour les poissons et les autres animaux qui vivent dans l'eau. En un mot, tous les animaux ont besoin de respirer.
La respiration consiste essentiellement dans l’action de l’air sur le sang.
Les animaux terrestres, les quadrupèdes, les oiseaux et les insectes, par exemple, respirent l’air à l’état gazeux, tel que ce fluide se trouve dans l'atmosphère.
Les animaux aquatiques , tels que les poissons , les écrevisses et l'huître, respirent l’air qui est dissous dans l'eau.
Chez l’homme, le chien , le lapin et les autres quadrupèdes , de même que chez les oiseaux, cette fonction a son siège dans les poumons (fig. 16). Ces organes, au nombre de deux, consistent en uno sorte de sac membraneux dont l'intérieur est subdivisé en une multitude innombrable de petits compartiments ou cellules, dans la cavité desquelles l’air pénètre chaque fois que l’animal fait un mouvement d'inspiration. En effet, les poumons communiquent au dehors par 1 intermédiaire d'un conduit particulier nommé trachée , qui va s’ouvrir dans l’arrière-bouche ou pharynx [pg. 12), et cette dernièro cavité se continue en avant avec la bouche d’une part, et avec les fosses nasales de l’autre ( pg . 13), de façon que la respiration peut se faire également bien par les narines et par la bouche.
Chez quelques autres animaux terrestres, tels que les insectes, la respiration ne se fait pas à l aide de poumons, mais au moyen de petits tubes membraneux appelés trachées, qui s’ouvrent sur les côtes du corps et vont se ramifier dans tous les organes , de façon à y porter l’air.
Enfin, chez les poissons {pg. 1 8) et la plupart des autres animaux aquatiques, ce sont des espèces de franges vasculaires appelées branchies, qui tiennent lieu de poumons et servent h la respiration de l’air dissous dans l’eau.
Nous verrons plus loin que les plantes ont également besoin de respirer , mais que la nature du travail respiratoire est loin d’être la même dans les deux règnes organiques. Les animaux, en respi-
Fig. 18-
Anatomie du Brochet.
Branchies. —
Artère pul-^ mooaire. . -5
Cœur. -
Foie.
Vésicule ) du fiel. . .)
Ovaire.
Abdomen.
Conduit j biliaire, .f
Foie. .
Intestin. - —
Ovaire. .
Gros in-)
festin . . .5
Vessie. .
Anus. .
Urètre. .
Langue.
Narines.
Cerveau.
(Vessie na- ( tatoiro.
Estomac.
Reins.
rant, prennent de l'oxygène a l’air et produisent du gaz acide carbonique ; les plantes, au contraire, ont la faculté d'absorber l'acide carbonique qui se trouve répandu dans l’atmosphère, de le décomposer et de dégager l’oxygène ainsi séparé. Les animaux et les plantes exercent ainsi sur la composition de l’atmosphère des influences inverses : les premiers sont le siège d'une sorte de combustion , et les seconds revivifient l’air qui a été altéré et rendu impropre à l’entretien de la vie des animaux.
§9.11 est aussi à noter que les animaux ont besoin de séparer de leur sang diverses matières qui ne peuvent plus servir à la nutrition et qui doivent être rejetées au dehors; cette élimination a lieu en grande partie par un travail qui a beaucoup de ressemblance avec celui au moyen duquel se produisent la salive et la bile, mais qui a son siège dans d'autres organes. Ceux-ci constituent l'appareil urinaire dont les glandes nommées reins forment la partie essentielle.
§10. Les divers organes que nous venons de passer rapidement en revue concourent tous à la production de divers phénomènes de nutrition nécessaires à l’existence même de l’animal. Mais les facultés des animaux ne consistent pas seulement dans les fonctions de nutrition ; ces êtres, comme chacun le sait, sont doués aussi de la sensibilité et du mouvement, propriétés dont les végétaux sont privés et qui constituent ce que les physiologistes appellent les fondions de la vie animale. Or les instruments à l’aide desquels ces fonctions s’exercent sont non moins importants à connaître que ceux de la vie de nutrition, ou vie végétative, et par conséquent il est également nécessaire d’en présenter ici l’énumération, bien que l'étude réelle ne s’en fera que dans la seconde partie du cours.
§11. Les mouvements des animaux sont produits par des organes particuliers nommés muscles. Le tissu de ceux-ci constitue ce que l’on appelle vulgairement la chair, et pour peu que l’on examine avec, quelque attention un morceau de viande de boucherie , il est facile de voir qu’il se compose de filaments ou fibres disposées parallèlement en faisceaux. Or ces fibres sont douées de la faculté de se contracter, c’est-à-dire de se raccourcir sous l’inlluence de la volonté et de quelques autres causes d’excitation. Il est également facile de comprendre que si un de ces muscles tient par une de ses extrémités à une partie qu’il ue peut déplacer, et est fixé par l’autre bout à une partie mobile, il déplacera celle-ci et l’entraînera vers la première chaque fois qu’il viendra à se contracter de la sorte. El en effet , chez les quadrupèdes que nous avons choisis pour exemple, de même que chez l'homme, les oiseaux, les reptiles et les poissons, ces muscles se trouvent fixés en très grand nombre à des pièces dures et rigides , qui sont assemblées entre elles de façon à
constituer une sorte de charpente intérieure, mais articulés de manière à pouvoir se prêter à ce déplacement. Les parties dures qui servent ainsi de leviers dans l’appareil du mouvement ne sont autre chose que les os, et leur ensemble constitue le squelette intérieur dont tous ces animaux sont pourvus.
Fig. 19. Squelette du Chameau (1).
La portion la plus importante du squelette est la colonne vertébrale, sorte de tige osseuse qui s’étend tout le long de la ligne médiane du dos, et porte la tête à son extrémité antérieure. Elle se compose de beaucoup de petits os placés bout à bout et unis très solidement entre eux. On nomme ces os vertèbres (fig. 20), et il est à noter que chacun d’eux es t percé d’avant en arrière par un grand trou, de façon foe par leur réunion tous ces trous, venant à se correspondre, constituent un canal osseux qui sert à loger et à protéger un organe très important dont il sera bientôt oq gestion , savoir, la moelle épinière.
H) Le squelette du chameau sur un fond ifoir représentant la silhouette de l'animal : Vc, vertèbres cervicales ; — vd, vertèbres dorsales ; — vl, vertèbres lombaires j — **i sacrum j — vq, vertèbres do la queue ; — c, côtes; — o, omoplate ; — h, humérus; ~~ eu, cubitus ; — c a, carpe ; — me, métacarpe ; — ph, phalanges ; — fé, fémür ; — r °i rotule ; — fi, tibia ; — ta, tarse ; — mt, métatarse.
ZOOLOlilE.
La Me se compose de deux portions : le crâne et la face. Le crime est une sorte de boite osseuse formée par la réunion de plusieurs os plats et larges qui s’engrènent entre eux par les bords. La /«ce est formée par les mâchoires et les os qui entourent les orbites et les fosses nasales.
Dans sa portion moyenne , la colonne vertébrale porte aussi de chaque côté une série d’os longs et étroits qui ressemblent à des cerceaux , et qui garnissent les parois de la- poitrine ou cavité thoracique. Ce sont les eûtes (Jig. 21), qui par leur extrémité opposée s unissent à un os médian nommé sternum.
Enfin le squelette est complété par les os des membres. Ceux-ci manquent chez les serpents. Chez quelques animaux, tels que les baleines et les dauphins, il n'existe qu’une seule paire de membres attachés au thorax; mais chez l’homme, les quadrupèdes, les oiseaux et la plupart des poissons, il y a deux paires de membres, savoir, les membres postérieurs ou abdominaux, et les membres antérieurs ou thoraciques qui , prennent tantôt la forme de pattes, tantôt celle de bras, et d’autres fois celle d’ailes ou de nageoires.
Chez les quadrupèdes les membres thoraciques sont composés d’abord d’un grand os plat appelé omoplate, ou os de l’épaule, qui est appliqué contre les côtes et qui est en général maintenu on place par la clavicule, petit os grêle placé en arc-boutant entre son extrémité externe et le sternum à la base du cou. A l'os de l’épaule succède un os long et irrégulièrement cylindrique, nommé humérus, ou os du bras, qui s’articule par son extrémité inférieure avec les deux os de l'avant-bras, savoir, le radias et le cubitus. Enfin ceux-ci portent à leur tour les os qui forment la main de l’homme et les pieds de devant des quadrupèdes ; leur nombre est considérable, et on les distingue en os du carpe, ou os du poignet; en os du métatarse et en phalanges , ou os des doigts.
Les membres abdominaux ressemblent beaucoup par leur structure aux membres thoraciques. Les os des hanches, ou os iliaques . y tiennent lieu des os de l’épaule; mais au lieu d’être simplement appliqués contre les os du tronc, comme ces derniers, ils sont très solidement fixés à la colonne vertébrale d’une part, et unis entre eux d’autre part, de façon à former à la partie postérieure de l 'abdomen une sorte de ceinture appelée le bassin. L’os de la cuisse, ou fémur, ressemble beaucoup à l’humérus, et les os de l’avant-bras sont représentés par le tibia et le péroné- ; enfin les os du tarse, les os du métatarse et les phalanges y constituent le pied, comme nous avons vu les os du carpe, les os du métacarpe et les phalanges constituer la main
Ces os sont pour la plupart articulés entre eux à l’aide de surfaces lisses emboîtées les unes dans les autres et maintenues en contact à l’aide de ligaments. Enfin les muscles y sont en général fixésau moyen
Os frontal,
Os pariétal.
Humérus.
Rotule.
Orbite.
Mâchoire inférieure.
Vertèbre* cervicales.
Omoplate.
v «rtèbres
Os iliaque.
Cubitus.
Radius...
Bassin.
Os du carpe. - Os du métacarpe. -
Phalanges —
Fémur.
Tarse.
Métatarse.
, Phalange.
Tibia.
Péroné.
Clavicule.
Os temporal.
Fig. 21. Squelette de l'homme ,
c|g tendons, sortes de cordes d un blanc nacré et très résistantes, que 1 on désigné souvent à tort dans ie langage vulgaire sous le nonr de nerfs.
§ 12. Chez d’autres animaux, tels que les insectes et les écrevisses ou les langoustes (fig. 22), il n’y a pas de squelette intérieur
comme chez les quadrupèdes , les oiseaux ou les poissons , et cet appareil est remplacé par une sorte d’armure ou de squelette extérieur qui n’est pas formé par des os, mais par la solidification de la peau. On désigne souvent cette enveloppe sous le nom de squelette tégumentaire : tantôt il est de consistance cornée (chez le hanneton , par exemple); d'autres fois, d’une dureté pierreuse, ainsi que cela se voit chez la langouste et le homard.
§ 13. Les muscles qui agissent dans la locomotion sont mis en action par l'influence de la volonté, et cette influence leur est transmise par les nerfs proprement dits, qui sont en même temps les organes de la sensibilité. Ces nerfs sont des cordons mous et blanchâtres qui se ramifient dans la peau , dans les muscles et dans presque toutes les autres parties du corps, et qui par leur extrémité opposée vont se rendre, soit au cerveau , soit à la moelle épinière , qui est eu quelque sorte un prolongement dorsal de ce dernier organe.
Les nerfs, le cerveau, la moelle épinière et les autres parties d’une structure analogue, constituent ce que les anatomistes appellent le système nerveux (/îgf. 24). C’est, par l'intermédiaire du cerveau que la volonté se manifeste et que les sensations sont perçues. Cet organe est logé dans le crâne, et la moelle épinière qui en part pour se continuer tout le long du dos est renfermée dans le canal osseux que forme la colonne vertébrale. Toutes les parties sensibles du corps sont ainsi en connexion avec le cerveau, et si le nerf qui se rond à une d’elles venait à être coupé ou détruit, cette partie serait aussitôt paralysée, c’est-à-dire privée de la faculté de sentir et de se mouvoir sous l’empire, de la volonté.
Chez les insectes, les crabes, le ver de terre, le colimaçon, l'huître et la plupart des animaux mêmes les plus simples , on trouve aussi des nerfs et un organe qui ressemble plus ou moins au cerveau. La conformation du système nerveux, il est vrai, varie beaucoup chez ces êtres plus ou moins dégradés, mais presque toujours on peut reconnaître l’existence de ce système dans 1 économie animale, tandis que les végétaux ne présentent jamais rien d’analogue,
Ainsi de même que la sensibilité est un dus caractères physiologiques les plus remarquables de l’animalité, l’existence d un système nerveux est un caractère Anatomique dont la présence suffit toujours pour indiquer la nature animale de être chez lequel on l’observe, pour prouv er que c'est un animal et non une plante.
§U. Nous savons tous, par l'observation des facultés dont nous s °mrnes doués, que les objets extérieurs peuvent, à raison de leurs Propriétés diverses, exciter en nous des sensations de plusieurs sortes, et que ces sensations de nature différente nous arrivent par mtermédiaire d'organes spéciaux auxquels on donne le nom d'or- 9a ’ lfs des sens. Peut-être même est-il inutile de rappeler ici que les
Fig. 24. Système nerveux.
(1) a, cerveau ; — b, cervelet ; — c, moelle épinière ; — d } nerfs de la face ; — e, nerfs du bras ; — f, nerfs des parois de la poitrine ; — g, nerfs des membres inférieurs ; — h, nerfs de la jambe.
sens sont au nombre de cinq : que par le sens du toucher nous sentons les corps étrangers qui, en contact avec nos organes, résistent plus ou moins à la pression ; par le sens du goût, nous sentons les saveurs ; par l’odorat, nous sentons les odeurs; par l’ouïe, les sons, et par la vue , la lumière ainsi que l’image des corps placés à distance.
Le loucher s’exerce par la peau ou tunique externe du corps qui est formée de deux parties principales : une couche externe nommée épiderme, qui est insensible, et une couche profonde nommée derme. L’est dans cette dernière que les nerfs doués de la sensibilité tactile se distribuent, et le toucher est d’autant plus délicat, que sa surface est mieux disposée pour s’appliquer contre les corps étrangers et les palper. Les cheveux, les poils, les ongles, les cornes, les plumes et les écailles sont des dépendances du système épidermique, et sont insensibles comme l’épiderme.
La coquille de l’huître et du colimaçon est aussi une dépendance de la peau qui se produit et s’accroît à peu près de la même manière que les ongles ou les écailles, mais qui se développe de façon à recouvrir la totalité ou la plus grande partie du corps.
Le sens du goût s’exerce par les divers points de la surface de la membrane muqueuse, dont la bouche est tapissée, et plus particulièrement sur le dos de la langue.
Le sens de l’odorat a son siège dans les fosses nasales , cavités qui communiquent au dehors par les narines, et débouchent en arrière dans le pharynx. Une membrane muqueuse particulière, nommée membrane pUuilaire , en revêt les parois, et c est le contact des Particules odorantes charriées par l'air sur la surface de cette membrane qui produit l’olfaction.
Le sens de l’ouïe a pour instrument un appareil 1res compliqué logé de chaque côté de la tète ; les physiologistes le désignent sous I e nom d 'oreille, mais la partie saillante que l'on nomme ainsi dans le langage ordinaire n’en forme qu’une portion peu importante. En effet, ce dernier organe, qui a en général la forme d un cornet, n existe que chez un petit nombre d’animaux, tels que le chien , le lapin , le cheval , l’homme, etc., et manque chez les oiseaux, les reptiles, les Poissons, etc., sans que ceux-ci soient privés de la faculté d entendre les sons. Les parties les plus essentielles de l’appareil auditif sont situées plus profondément, et consistent dans le tympan, une cavité Nommée caisse et une poche nommée vestibule qui est remplie d un liquide aqueux dans lequel vient se terminer un nerf particulier.
Les veux sont, comme chacun le sait, les organes de la vue. Ils s °nt logés dans des cavités de la face nommées orbites, et protégés
avant par les paupières, sortes de voiles mobiles dont le nombre tantôt de deux, tantôt de trois. Des muscles particuliers fixés au
globe do l’œil par un de leurs bouts, et aux parois de l’orbite par l’autre, font varier la direction de ces organes, et chez l’homme, de mémo que chez la plupart des animaux qui lui ressemblent le plus par la structure de leur corps, il existe aussi un appareil glandulaire charge de produire les larmes , liquide qui a principalement pour usage de lubrifier la surface des yeux et d’y maintenir le degré d'humidité nécessaire à l’exercice de leurs fonctions. Quant à la structure des yeux et au mécanisme de la vision , nous ne pouvons en aborder aujourd'hui l’étude, et ce sera dans la seconde partie du cours que nous en traiterons.
§ 15. Pour terminer cette énumération dos organes de la vie animale ou vie de relation, il ne nous reste plus qu’à faire mention de l’appareil de la voix. Chez l’homme et les quadrupèdes la production des sons a lieu dans un organe nommé larynx, qui est situé à la partie supérieure de la trachée, derrière la base de la langue
(fig- i3).
Chez les oiseaux il existe un autre organe vocal ou larynx à la partie inférieure de la trachée, et chez les insectes les sons sont en général produits par le frottement des ailes ou de quelques autres parties du corps les unes contre les autres.
Les divers organes que nous venons do passer en revue constituent par leur réunion le corps tout entier; on les trouve tous non seulement chez le singe , le chien, le lapin ou le cheval que nous avons choisis comme exemples, mais aussi chez l'homme et chez beau coup d’autres animaux. Il ne faudrait pas cependant croire que tous existent nécessairement dans l’économie animale, car plusieurs de ces parties manquent chez un grand nombre d’animaux dont l'organisation est en quoique sorte dégradée : l’huître, par exemple n’a ni membres pour la locomotion, ni des yeux, ni des organes de L audition ou l'odorat, et l'actine ou l'anémone de mer, doiü il a déjà été question plusieurs fois, est d’une structure bien plus simple encore.
III e LEÇON.
programme officiel.
CLASSIFICATION GÉNÉRALE DU RÈGNE ANIMAL. SA DIVISION EN QUATRE PRINCIPAUX GROUPES OU EMBRANCHEMENTS.