DE LA DIVISION’ DU RÈGNE ANIMAL EN EMBRANCHEMENTS
§ 17. Si nous comparons entre eux un des quadrupèdes que nous avons pris comme exemple dans nos éludes précédentes, le chien ou lo lapin, l’écrevisse, le colimaçon et l’actinie ou l’anémone de mer, cet animal singulier (/if/. I ) qui ressemble à une plante et qui est au nombre des êtres auxquels on a donné pour cette raison le nom de soophijtes, nous apercevons dans leur conformation des différences très grandes ; ils ont en commun les caractères de l’animalité, et ils possèdent tous les principaux instruments physiologiques nécessaires à l’exercice des fonctions les plus importantes ; mais ils semblent néanmoins avoir été construits d’après dos plans différents, et ils représentent en quelque sorte quatre formes de l’animalité.
Ainsi le chien a le corps soutenu par une charpente intérieure qui en détermine la forme générale et qui constitue une des parties les plus importantes de l'appareil de la locomotion : c'est le squelette', autour duquel sont disposés les muscles, et le tout est revêtu extérieurement par une peau molle et tlexiblo.
Chez l’écrevisse, au contraire, il n’y a point de squelette intérieur,
(t 1 Coupe verticale du corps d'une écrevisse : — a, estomac, au-dessous diuiuol so voient I œsophage et la bouche ; — i, intestin ; — f, foie ; — a, cœur j — c, ganglions nerveux céphaliques situés au-devant et au-dessus de l'œsophage ; — (j, ganglions nerveux thoracique et abdominaux situés au-dessous du canal alimentaire.
mais la peau a acquis par places une dureté très grande et constitue de la sorte une espèce d'armure solide qui t remplit les mêmes usages que ce squelette intérieur , qui est composée aussi de pièces mobiles et articulées les unes avec les autres,
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tuais qui, au lieu d'ètre recouverte par la cliair, recouvre celle-ci, et mérite ainsi le nom de squelette extérieur.
Chez le colimaçon, il n'y a plus aucune trace d’un squelette intérieur, et le squelette extérieur de l’écrevisse manque également.
Le corps est mou dans toutes ses parties , excepté là où se trouve l'espèce de gatne ou de bouclier qui constitue la coquille, sorte d’armure tégumentaire qui sert à protéger les parties molles de l’organisme , comme le squelette extérieur de 1 écrevisse , mais qui n est point comme celui-ci un instrument de locomotion.
La forme générale diffère aussi beaucoup chez ces trois animaux.
Dans l’écrevisse , le corps est divisé en une série de tronçons placés bout à bout, et articulés ou soudés entre eux; les membres placés par paires, suivant la longueur du corps, sont nombreux, et le tube alimentaire s’ouvre aux deux extrémités du corps (jig. 25).
Chez le chien, le corps n’est pas divisé transversalement en tronçons , et les membres ne sont qu'au nombre de deux paires ; mais ces organes locomoteurs sont du reste placés comme chez 1 écrevisse, et le tube alimentaire présente aussi les caractères que nous venons de signaler chez cet animal.
Enfin , le colimaçon ne présente aussi aucun indice de division transversale du corps en tronçons, connue chez l'écrevisse, mais il diffère de celui-ci aussi bien que du chien par l’absence de membres locomoteurs comparables aux pattes de ces deux animaux, et par la disposition du canal alimentaire en forme d anse , les deux orifices de ce tube étant de la sorte fort rapprochés.
Enfin, chez le chien, l'écrevisse et le colimaçon, le corps, considéré dans son ensemble, présente deux moitiés latérales semblables entre elles ; la plupart des formes se répètent à droite et à gauche d’une manière symétrique et les organes sont groupés de la sortedes deux côtés d’une ligne médiane et longitudinale, mais le dessus et le dessous du corps ne se ressemblent pas , et l’on y distingue un côté dorsal et un côte ventral.
Chez l’actinie ou l'anémone de mer (/î<y. 1 ), au contraire, les diverses Parties du corps sont groupées circulairement ou en rayons autour du centre; les appendices ne sont pas disposés par paires, et il n’y a Pas de distinction entro le côté dorsal et le côté ventral, ou entre ceux-ci et les parties latérales.
Lorsque nous étudierons l'anatomie et la physiologie des animaux, nous verrons que ces différences dans la conformation générale du corps coïncident avec des différences plus importantes encore dans 'a structure intérieure de l'organisme, et notamment avec des particularités dans la disposition du système nerveux , appareil dont dépend l'exercice des fonctions de la vie animale. Le chien , l’éere-
•visse, le colimaçon et l'actinie sont, par conséquent des animaux de quatre sortes bien distinctes.
Or, si nous comparions maintenant tous les autres animaux à cos quatre types, nous verrions que chacun ressemble par les principaux traits de leur organisation à l’un do ceux-ci.
L’oiseau, par exemple, présente tous les caractères généraux que nous venons d’indiquer, en partant du chien, et aucun de ceux qui se distinguent de ce dernier, l'écrevisse, le colimaçon ou l’actinie. Il en est de même du lézard, de la grenouille, de la carpe et do tons
Fig. 20. Squelette de Perche.
les poissons, animaux chez lesquels le corps est toujours pourvu d un squelette intérieur (fig. 26). "
L’écrevisse, à son tour a évidemment une grande ressemblance avec les cloportes, les crabes, les scorpions, les millepieds, les araL
i i*r. 27. libellule thtyrimfo.