EMBRANCHEMENTS DU RÈGNE ANIMAL
gnées et les insectes, qui tous ont comme elle le corps garni d’une sorte de squelette extérieur, et composé d'une série de tronçons: le
v or de terre, quoique ayant une peau molle et n’avant pour organes de locomotion que des soies grêles, ressemble aussi à l'écrevisse par le 'Rode de division de son corps en une série de tronçons ou d’anneaux.
Fig. 20. Scorpion.
D’autre part, l'huître et une foule d’animaux marins dont nous indiquerons plus tard les noms et les caractères sont conformés à peu près comme le colimaçon quant aux traits les plus importants de leur organisation, et sont évidemment de la même nature.
Fig. 30. Lymnée lies étangs.
Ènfin l'étoile de mer (fig. 8), les polypes de corail et beaucoup d’autres zoophvtes [fig. 4, etc.) présentent la structure radiaire
t(i ZOOLOGIE.
que nous ayons signalée en parlant de l’actinie, et au premier coup d œil se distinguent de la sorte de tous les animaux à corps bilatéral dont il vient d’être question.
Il y a donc dans le mode de constitution des animaux quatre formes principales ; ces êtres sont de quatre sortes : les uns se rapprochent plus ou moins de la nature du chien ou du lapin, d’autres se rapprochent de la nature de l’écrevisse, d’autres se rapprochent à divers degrés aussi de la nature du colimaçon, et d autres encore participent plus ou moins à la nature particulière de l’actinie.
Il en / csu l te que, pour classer les animaux d'après les principes île la méthode naturelle, il faut d'abord diviser le règne animal en quaire groupes distincts ou divisions principales.
C’est ce qui a été fait par un des zoologistes les plus illustres des temps modernes , George Cuvier , et do nos jours cette manière de classer les animaux est adoptée par presque tous les auteurs.
Les groupes ainsi formés constituent les grandes divisions donL nous avons déjà fait mention sous lo nom d 'embranchement du règne animal.
L un de ces embranchements comprend les animaux à squelette intérieur [fig. 31), et comme les vertèbres constituent la partie la plus importante do ce squelette, on a donné à cette division le nom d'embranchement des vertébrés.
Fig. 31. Squelette du Phoque (I).
Un autre de ces groupes se compose des animaux dont le corps est divisé en une série de tronçons, ainsi que nous l’avons vu chez 1 écrevisse, et dont la peau constitue ordinairement un squelette
il ) Les os sont indiqués par les mêmes lettres que dans ta figure 19, p. 31,
EMBRANCHEMENTS DD RÈGNE ANIMAL. il
extérieur (fig. 32). On lui a donné le nom d’ embranchement des ento- «tosoaires ou des animaux annelés.
Fig. 32. Scolopendre.
Le troisième embranchement, se compose des animaux à coquille et des autres animaux qui, de môme que tous les premiers, sont conformés suivant le plan fondamental dont le colimaçon et l'huître nous offrent des exemples [fig. 30 et 33) : on l'appelle embranchement des maiacozuaires ou des mollusques,
Fig. 33. Mollusque (genre Aptysic).'
Enfin le quatrième et dernier embranchement du règne animal est celui des zoophyles, ou animaux qui ressemblent à des plantes et fini ont une structure radiaire. Ce sont do tous les animaux ceux dont l’organisation est la plus dégradée et les facultés les plu? bornées (fig. 1, 2, 3, 4, 5, 8, 9, 10 et 34).
Fig. ni. /.M/i/tJ/fr (genre Vérélille).
ZOOLUUlli.
DE L LMDRANCHEMEM' DES ANIMAUX VEBTÉilKÉS ET DE LA DIVISION DE CE GROUPE EN CLASSES.
g 18. Tous les animaux de cet embranchement sont conformés d après le même plan fondamental et se distinguent du reste de la création zoologique par l’existence d’un squelette intérieur plus ou moins complet et par plusieurs autres caractères anatomiques dont il sera question dans la seconde partie de ce cours , ainsi que par certaines particularités dans la forme générale; mais, malgré cette ressemblance dans ce qui est le plus essentiel, ils diffèrent beaucoup entre eux par la manière dont les grandes fonctions physiologiques s exercent dans leur organisme et par la conformation de leur corps
Pour se former une idée nette de ces différences, il suffit de comparer entre eux le chien ou le lapin, dont l’étude nous a déjà occupés le coq ou le pigeon, le lézard, la grenouille et la carpe, où tout autre do nos poissons les plus communs. Nous reconnaissons ainsi qu'il existe cinq sortes d’animaux vertébrés, et comme tous les autre' animaux du même embranchement ressemblent à l’un de ces types par l’ensemble de leur organisation, nous en devons conclure'que cette première grande division du règne animal doit être subdivisée en cinq groupes d’une importance secondaire ou classes.
Le chien , le lapin et. tous les animaux de la même classe sont pourvus de mamelles, c'est-à-dire d’organes aptes à produire du lait et destinés à servir ainsi à l’alimentation des jeunes pendant un certain temps après la naissance. Ces organes n’existent ni chez le pigeon, le lézard, la grenouille et la carpe, ni chez aucun des animaux vertébrés qui ressemblent à ceux-ci par leur mode do constitution. Tous les animaux des autres embranchements sont également dépourvus de mamelles, et par conséquent le seul fait de la présence de ces organes dans l’économie animale suffit pour caractériser les divers membres du groupe naturel, dont le chien est un des exemples les plus communs. C’est à raison de cette circonstance qu on donne à la division ainsi composée le nom de classe des mammifères.
Mais les mammifères ou animaux à mamelles ne se ressemblent pas seulement par ce caractère. Toutes les grandes fonctions s’exercent à peu près do la même manière chez tous ces êtres, et malgré les différences déformé qu'ils peuvent offrir, ils sont, sous le rapport de leur constitution physique, do même nature. Ainsi tous respirent 1 air atmosphérique au moyen de poumons ; tous produisent assez de chaleur pour que la température de leur corps soit à peu près constante, et ils sont appelés pour cette raison des animaux à sauf) chaud ; chez tous le sang circule de la même manière, et le coeur présente, la même structure; enfin ils naissent vivants, et ce sont
ANIMAUX YliHTWSKES. 49
les soûls animaux vertébrés dont la peau soit garnie do poils.
Chez le coq ou le pigeon, de même que chez tous les oiseaux, la respiration est également aérienne et s'effectue a l’aide de poumons, mais l’air inspiré par l’animal ne pénètre pas seulement dans ces organes, et se rend aussi dans de grandes poches membraneuses situées dans diverses parties du corps. Les oiseaux sont aussi des animaux à sang chaud, et leur appareil circulatoire ressemble à celui des mammifères ; mais ils diffèrent essentiellement de ceux-ci par l'absence de mamelles , par leur mode de naissance et par la nature de leurs téguments: effectivement, au lieu d’être vivipares, ils sont ovipares, et au lieu d’avoir la peau garnie de poils, ils sont recouverts de plumes.
Le lézard respire également l’air atmosphérique à l aide de pou-
Fig. 35. Ldzard vert piqueti.
mons, à peu prés comme les mammifères ; il est ovipare comme les oiseaux , et de môme que ces derniers, il est dépourvu de mamelles ; mais il diffère de ceux-ci aussi bien que des mammifères par la conformation de son cœur et par la manière dont son sang circule, caractères dont nous comprendrons mieux l’importance lorsque nous aurons étudié la physiologie. Enfin, c’est un animal h sang froid , c’est-à-dire qui ne produit pas assez de chaleur Pour avoir une température constante , et sa peau ne présente ni poils ni plumes , mais est recouverte d 'écailles.
Les crocodiles, les tortues, Fig. 3 ,j vipère aspic.
les serpents, ainsi que beaucoup
d'autres animaux vertébrés, ressemblent aux lézards par les carac-
> -y ai
tères que nous venons d'indiquer, et ils constituent un groupe naturel que l’on appelle la classe des reptiles.
La grenouille Ifig. 38) ressemble beaucoup aux reptiles lorsqu'elle est arrivée à l'àge adulte; mais dans les premiers temps de la vie elle ressemble tout à fait aux poissons, et au lieu de respirer l'air atmosphérique au moyen de poumons, elle respire alors dans l’eau , à l'aide d’organes particuliers
HL '-y .
appelés branchies. En grandissant elle acquiert des poumons ; elle subit donc dans le i eune â g e des métamors phoses, et on l’appelle tétarà
lorsqu’elle a la forme transitoire qui la fait ressembler aux poissons (/<'</. 37). Il est aussi à noter que la grenouille, de même que les reptiles.
est un animal à sang froid et qu elle est ovipare ; mais elle n'a le corps recouvert ni de poils, ni de plumes, ni d écaillés comme les divers animaux dont il vient d'être question , et sa peau est complètement nue. Le crapaud et plusieurs autres animaux présentent également ces caractères, et constituent avec la grenouille unequatrième classe de vertébrés que l’on nomme la classe des batraciens ou des amphibiens.
Kiir. 39. Crapaud. î , .
Lutin la carpe se distinguo
facilement de tous les précédents par son mode de respiration • à l'état adulte, de même que dans le jeune âge, elle respire dans l'eau au moyen de branchies, et elle n’a jamais de poumons. Du reste, c’est un animal ovipare et à sang froid comme les reptiles et les amphibiens; sa peaueit garnie d' écailles comme chez les premiers; enfin
Fig. 40. Esturgeon.
son appareil circulatoire est plus simple, et son cœur ne se compose que d'un seul ventricule et d'une seule oreillette. Tous les poissons se ressemblent par la manière dont les grandes fonctions