‹ Notre CarthageChapitre 23 sur 47 · LES SÉNÉGALAIS ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LES SÉNÉGALAIS ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

Aatilles françaises n'aehetërent plus un esclave. Ils avaient à se défendre contre les vengeances de leurs noirs en rébellion sous prétexte dereslaurer le principe royaliste contre tes apôtres créoles de l'Encyclopédie. Malgré son titre d'Administrateur pour le Roi^Blanchot, inquiet, las, dut revenir en France. Ses démarches, son union avec une demoiselle de Lesseps, leurs smis, ne réussirent pas à lui faire obtenir la retraite avantageuse de ses vœux. Au printemps de 1792, il gouvernait, de nouveau, le Sénégal dans le fort de Saint-Louis, avec mission d'agir, selon l'Égalité et la Fraternité, à l'égard des c princes africains ».

Dans une étude précise, M. Christian Scheffer a cité judicieusement un texte éloquent, la circulaire du 16 mars 1793 que reçut Blanchot. On aime à croire qu'il revêtit, pour la lire, un uniforme chamarré. Sous un parasol à franges tenu par un athlète ouolof au teint d'encre, et en toge; en « fez blanc », derrière le palais actuel du Gouvernement, entre une escorte d'ofQciers aux costumes de planteurs, et un auditoire disparate, Blanchot dut apparaître ainsi. Maures ironiques amplement chevelus, appuyés, en tuniques

sur les échines des nourrices en turban de foulards jaunes et rouges : tout ce monde se tassa dans la place sablonneuse.

Cependant les quatre-vingts hommes subsistant du bataillon d'Afrique, portaient les armes, de mauvaise humeur, et se roidissaient dans leurs uniformes en loques, sous leurs chapeaux de vache rousse. Les boutons, les plaques de ceinturons, les poignées de sabres brillaient encore. Les officiers n'avaient plus que le hausse-col, et le plumet sur des habits de coton, sur dés bicornes de cuir. Six mois de solde leur étaient dus. Car, à Pauillac, le navire Henri, affrété par les soins de Monge, alors ministre de la marine, demeurait encore, avec son chargement pour le Sénégal, malgré Tordre de partir et de porter à Saint-Louis les nouvelles de Jemmapes, de Vaimy, de notre jeune gloire.

Néanmoins Blanchot de Verly, enflant sa voix un peu éraillée de vieux militaire, ne manqua point de déclamer avec emphase, comme il l'avait entendu faire à la tribune de l'Assemblée Législative, deux années auparavant, tandis qu'il sollicitait sa mise à la retraite :

« Tous les despotes de l'Europe, citoyens, ont été étonnés des efforts que le peuple français a faits pour briser ses fers... Les tyrans de Prusse et d'Autriche ont osé les premiers s'opposer à ses efforts... N'osant plus se livrer aux hasards des Combats, ils ont eu recours aux plus noirs artifices, et le dernier roi des

Page 1