LA GRACIEUSE VIE DE KAVES
sn roseaux. On entrevoit de graves tisEerands qui peinent an milieu de leurs métiers complexes. Des foirerons martèlent, accroupis autour de la flamme, de l'enclume et de leurs soufflets. Les brodeurs ùia> nient l'aiguille scrupuleusement. Les ménagères cuisinent sur leurs pots à feu. Les mères houspillent leurs marmots. De belles Biles, en pagnes, écrasent avec énergie, de leurs grands pilons, le mil au fond du mortier. Puis l'avenue s'élargit boue les feuillages, ombre favorable aux flftneurs KhasEonké, qui montrent flèrement leurs neuf incisions armoriales, trois entre les sourcils, trois sur chaque tempe, et qui entraînent les pans de leurs boubous entre tes évenlaires à friandises des marchands, entre tes sourires des demoiselles & cadenettes rigides. Flâneurs nonchalants, aimables et gracieux ; la Oeur aux doigts ; la gentillesse du parler mandingue aux lèvres.
Cependant le trotteur court jusqu'aux palais du Gouvernement et du Secrétariat. Édifices imposants, voisins : l'un blanc et rouge avec ses arcades à cintre el ses balustres entourant les galeries des étages; l'autre rose et monumental, aéré par trois paliers d'arcades plus hautes, et à balcon. Rien du confort ne manque aux laides appartements.
La nouvelle capitale de l'antique Galam a l'aspect qu'il laut.
Plus loin c'est la gare, après les champs de mil. En réserves cubiques, les briques de houille importée atleodeot la faim des locomotives. Ces machines, de
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iorme oblongue, iront du Sénégal au Niger en traversant le pays de Bambouk, toute la région de cet or qui, montré en paillettes et en poudre, sur la côte du Cayor par les vendeurs d'esclaves, attira, vers le centre de l'Afrique, nos Dieppois de 1550, avant les La Courbe, les André Briie, les Compagnon, les agents aventureux attachés aux compagnies normandes, les fondateurs d'escales pendant les xvu* et xvni* siècles Et sur cette voie ferrée circuleront la plupart de nos denrées européennes importées par la voie du Sénégal acquises, dans le pays, au prix de dix-sept millions et plus.
A travers le pays des Khîissonké, jusqu'à leur capi taie, Médine, le train, parfaitement confortable pourvu de per siennes mobiles contre les rayons d soleil, vous entraîne dans un décor pittoresque, rc cheux, vert et fauve, orné, au loin, par des mont? gnes, en forme de remparts. Assis sur les escarp( ments, des singes verdâtres et blancs regardent, av< indifférence, passer le fracas de la machine, d< wagons. Aux gares, des matrones, sans voiles, offre leurs calebasses de lait. Les villages aux chaum pointus se cachent parmi les arbustes et la brou s ^ ou bien à l'ombre Hes ceïbas colossaux.
De la gare à la citadelle angulaire, Médine est toi de rues montueuses et blondes en pisé ; mais un européen les farde. Il subsiste encore des maisons . traitants. Leurs façades donnent à l'intérieur, sur larges cours. Au delà du porche massif , les mus