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LA GRACIEUSE VIE DE RAYES. HS

euilles ensiformes qui, peignées, rendent cinq ou ix kilos de fibre. Les cent kilos valent quatre-vingt- \ix francs. Bénéfice net : car les frais de cette culture, oit quinze mille francs, sont payés par la récolte des rachides qui recouvrirent, après deux ans de culture Qtercalaire, sept cents hectares, en reproduisant oixante fois leur semence. Tant est rémunératrice ette petite légumineuse que les indigènes transforlent en huile, en savon, et dont les fanes alimentent hevaux, moutons, bœufs. Pareille avant la récolte, ers la fin d'octobre, à notre trèfle, à notre luzerne, lie habille, de sa verdure fraîche, d'énormes espaces, lour là richesse budgétaire de l'Afrique occidentale. )n en exportait du Sénégal, l'an 1910, déjà pour cinuante millions ; envois destinés aux manufactures ^ançaises d'huiles, de beujre et de savon. Afin de lettre en sacs la précieuse pistache, le jeune colon est installé tout seul dans une maison de banco, que 6) la toile métallique protège, aux fenêtres, contre Invasion des insectes. Des adolescents Khassonké Icheni la terre vaillamment, tandis qu'avec leurs istes sautent les amulettes et les sachets de cuir indus à leurs cous robustes. Afin de montrer la nstitution des feuilles fibreuses, l'un va chercher n glaive, le tire du fourreau en maroquin ouvragé, [is, d'un coup net, tranche la dure épaisseur de la In te. Geste de guerrier facilement substitué au geste i paysan, ten face de l'ancien Gadiaro, autre marché d'or, d'es-

iSO NOTRE aiRTHAGE.

claves au xi* siècle, pour les caravanes de Ghana et du Nord, fourmille, sur les berges de Kayes, une multitude joyeuse de ces noUs chargeant ou déchargeant les pirogues amarrées, de femmes lavant leur linge, de laptots arrimant les cai^aisons, de blancs Européens se démenant sous le casque, de tirailleurs conduisant à des corvées les forçats haillonneux. Pour cinq millions de caoutchouc, d'arachides, d'or, de gommes, d'ivoire, de laines, de peaux, sont expédiés annuellement. C'est bien là tout le mouvement attendu et qui justifie b choix de Kayes comme point central des voies ferrées soudanaises et sénégalaises^ lorsqu'enfin le rail de Thiés sera boulonné jusqu'ici, malgré l'inconcevable retard de trois ans dû à la nonchalance de nos dépu tés, à leur méconnaissance de notre empire, de sa grandeur, de son avenir.

En haut de la pente, une belle série d'arbres om brage des voitures élégamment attelées. Les fonction nairesetles officiers attendent leurs amis, les ménage! que le vapeur amène. Ces nouveaux venus sont vili enchantés par les apparences de la ville. Des chevaui bien mis trottent sous l'épaisseur des feuillages e dôme, et foulent doctement la terre rose des chauî sées. Les villas transparaissent au centre des jardin féeriques. Des gazellesy broutent les pelouses arrosée! Des lionceaux s'y ébattent aux pieds de gracieuses Par siennes qui reçoivent brillamment, avec leurs mari les collègues de passage. Des échassiers au pluma^ chatoyant picorent derrière les grillages blancs.

LA GRACIEUSE VTE DE RAYES. lil

11 se forme là toute une élite prestigieuse /On y ^oDversedemanière éblouissante. A la résidence, Monsieur et Madame Tellier an'aient su réunir, autour l'eux, une société comme il en faudrait davantage en •'rance; même à Paris. i

Cette résidence et sa véranda que recouvre, sur liliers, une toiture basse, et le laste de son parc, X ses volières pleines d'oiseaux fabuleux, et ses lomestiques Khassonké en toges blanches, en vestes cariâtes, et la fraîche brise dispensée par les venilateurs électriques au-dessus des chopes en cristal ofi a glace fond dans le rubis, l'émeraude, des sirops t des menthes : quelle gracieuse demeure I Au soir, î foudre captive éclaire intensément les palmes et les eurs éclatantes autour de genlilhommesen costumes lancs que décore l'insigne pourpre de l'Honneur, et ui parlent, selon l'intelligence la plus élevée, de !urs œuvres coloniales, des littératures complètes, es miracles scientifiques, des mentalités curieuses bservées parmi les Soudanais, les Peuls, les Maures, s Berbères. Entre deux lionceaux qui se jouentàses ieds une jeune fée prestigieuse, en toilette d'archange, lime de sa grâce, de son esprit, de ses réparties ertes, ces conversations si différentes de nos humbles séries parisiennes épiloguant sur les vaudevilles, s concussions, les adultères, les intrigues électo- ;les. les assassinats ministériels, les trahisons. Quel iradls lointain, dans une atmosphère de noblesse, ■ vailIsQoe!

i»t xoTHE <:uimiÉfis.

Au jour. les bàtimnls admiiiîsftnitîfe. lems lan?^ porciies iiorerts. leurs baie<ni& «hfiti», IfiOR cooi mis. lefirs soidats acnis «ians les bureaux viâbW sons les jalousies et derrièfe Les ffifaies sopeibes H avenues, des boulevards, soggèient le respect n asénie oivilisateur la travail. Une natoxe de poèm*^ «icadTe ce spectacle dVsstoKes coiirageaaes a ^ pays où le soleil de mais tue parfois les fonctioiinair^ sur les wagonnets <:[ui les mèsaoït à leurs buiesu Exemples que vénère un peuple aux grands fronts Luisants, bosselés» rasés. En toges flaHantes bleues blanches, il pied, à cheval, à baudet, il s'agite dâily* rément ; à moins qu étendu sous les vontes de rol lages. il ne jouisse de la paix française, selon cent science de la joie calme, privilège des races africaine^ Au marché, le tailleur rit en étalant ses toges brodée que r acheteur marchande malgré ie prix infime d« da fraucs. Des nymphes au torse de fer. à genoux derrière leurs calebasses, aguichent le tirailleor qui veut acquérir la cendre grise et T huile d'arachide malaxées e& savon. Les Syriens attirent les jeunes femmes timide cambrées en leurs bigarrureSr vers ^étalage de cor liers, de bijoux en écrins, de pommades en flacons d'odeurs en holes. Par la location des places, le mtf ché rapporte douze mille francs à radmiaistration. Après avoir traversé cette vie de couieurs, et i Joies, cette cité plaisante comme une ville deaii française en été, le dog-car monte vers le Plateau eoti les quartiers de banco, de chaumes pointus, de cMtuK

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