Les Sinistres de Notre-Dame, p
Au vif éclat de cette brillante pyramide l’obscurité de la nuit se dissipe, la ville se trouve spontanément illuminée. Les habitants de la basse-ville, à cette Vue, sont plongés dans la plus profonde consternation. Ce clocher, dans sa chute, doit peutêtre renverser de paisibles demeures! Lies Chartrains, qui s’étaient livrés au repos, se réveillent, désertent leurs maisons et accourent vers le cloître, attendant avec anxiété les résultats de l’incendie. Le feu, cependant, se faisant jour à travers toutes les ouvertures, se ralentit peu à peu; le vieux clocher reste immobile sur sa base, malgré les nombreuses détonations; qui s’échappent de soh intérieur.
Le soleil vient enfin éclairer ce lugubre spectacle. M. le Préfet s’empresse d’exprimer sa gratitude personnelle à tous les travailleurs et d’explorer les désastres. L'e 9 juin, M. Sauzet, garde des sceaux, arrive à Chartres, accompagné de M. Sch'mit, chef de division du culte catholique et de trois architectes. L’élévation des nobles sentiments dont ils sont pénétrés à la vue de l’horrible dégradation de la plus belle cathédrale de, France peut sé peindre par ces mots échappés de la bouché du ministre au moment où, posant le pied sur la plateforme du mur des combles qui divise la nef et le chœur, ses yeux se portent sur les deux majestueuses pyramides torréfiées, sillonnées de plaies encore saignantes et presque miraculeusement arrachées aux flammes qui les avaient menacées avec tant de fureur. M. Sauzet, vivement ému, se retourne vers ceux qui l’entourent et leur dit : « Je vous en prie, Messieurs, ne me dérangez pas, je suis dans l’extase de la plus grande admiration1. »
Le roi voulut honorer plusieurs personnes de médailles commémoratives en argent dont la distribution fut faite par M. le Maire, le 11 novembre 1836, dans une séance solennelle du conseil municipal. La ville de Chartres reconnaissante vota,