SACRE DE HENRI IV
(25 février 1594.)
« Le Roy fust meu à ce faire pour la péculière dévotion que ses ancestres, dans le vendomois, y avaient toujours porté... et aussi que le spécieux Temple qni s’y voit est le plus ancien de la chrestienté. »
Cérémonies observées au sacre et coronement du très chrestien et très valeureux Henry IIII, in-4, Paris, 1594, p. 6.
« Henri IV vient d’abjurer l’hérésie de Calvin dans la majestueuse basilique de Saint-Denis où reposent les rois de France, ces fils aînés de l’Eglise catholique. Chartres célèbre cette conversion au son de ses bourdons et de toutes ses autres cloches. Mais bientôt, l’allégresse redouble dans l’enceinte de cette paisible cité. Pour frapper d’un dernier coup les esprits indécis, le roi demande à l’Eglise Fonction sainte et choisit Chartres pour cette imposante cérémonie, parce que Reims, la ville du sacre, est encore occupée par les troupes de Mayenne et que Notre-Dame conserve le souvenir de son pieux ancêtre, Louis de Bourbon, comte de Vendôme.
» Le chœur de la cathédrale est paré d’une riche tapisserie; deux fauteuils sont placés devant le grand autel, pour le roi et pour l’évêque qui doit officier. Derrière, des sièges sont réservés aux pairs ecclésiastiques et aux pairs laïcs, aux nobles seigneurs et aux magistrats invités à cette splendide cérémonie. Les galeries du chœur et do la nef sont délaissées
N.-D. d« Chartres 8
à ceux qui pourront y trouver place par la licence de ceux qui les auront en garde 1. »
Sur le jubé le Chapitre a fait dresser un magnifique trône pour le monarque, « en telle sorte que luy assis puisse estre veu2 » et disposer à droite et à gauche des sièges: pour Messieurs les pairs et pour d’autres notables personnages.
Henri IV arrive à Chartres le 17 février 1594 et se présente le lendemain devant la porte royale de Notre-Dame où l’évêque Nicolas de Thou, assisté de son Chapitre, le remercie de ce qu’il a bien voulu choisir son église << pour la cérémonie de son sacre. » Lé monarque répond gracieusement au prélat qu’il suivra l’exemple de ses prédécesseurs et offre a Dieu ses hommages au pied de l’autel principal.
Les religieux de Marmoutiers possédaient une fiole d’huile miraculeuse, appelée sainte ampoule de sainct Miartin et conservée précieusement dans leur abbaye, près Tours. Le roi, qui ne pouvait faire venir la sainte ampoule de Reims, voulut être sacré avec l’huile de Marmoutiers. Cette relique arriva dans la capitale de la Beauce le 19 février, sur les trois heures de l’après-midi, portée par les frères Mathurin Giron, Jacques d’Huisseau et Isaïe Jaimay, religieux et officiers du couvent, et escortée par le sieur de S ouvres, député du roi, l’évêque d’Angers et uu grand nombre de gentilshommes tourangeaux et manceaux, de présidents et de conseillers au Parlement, à la Cour des Aides et à la Chambre des Comptes. Mgr l’évêque de Chartres avait envoyé à leur rencontre le clergé de toutes les paroisses et de tous les couvents de la ville, auquel s’étaient joints M. Guy Robert, prévôt de Chartres, douze notables bourgeois avec des torches aux armes du roi et de la ville, les échevins et une immense foule d’habitants en habits de fête 3.
1. Palma Cayet, Chronologie novenaire, édit. Buchon, t. I, 612.
2. Cérémonies observées au sacre et coronement du très dires tien et très valeureux Henri 1III, roy de France, Paris, 1594, p. 9.