Histoire de Chartres, par de Lépinois, t. II, p
Le reliquaire est porté processionnellement, à travers les rues tendues de tapisseries et au son1 de toutes les cloches, jusqu’à l’abbaye de Saint-Père, et confié à la garde du frère Yves Gandeau, prieur claustral, et de quatre autres religieux. Le dimanche 27, à sept heures du matin, les comtes de Cheverny, d’Halluin, de Lauzun et lé baron de Termes, se présentent à l’abbaye de Saint-Père et prient le frère Giron et ses compagnons de porter l’huile sainte à Notre-Dame pour le sacre de Sa Majesté. Les religieux de Marmoutiers acquiescent a leur demande, mais exigent, des députés du roi, « devant notaires », le serment « de conduire et reconduire de bonne foy la dicte sainte ampoule a Saint-Père le dit sacre achevé. » Frère Giron, monté sur une haquenée blanche, porte alors la précieuse fiole sous un magnifique dais de damas rouge, suivi des seigneurs otagiers, des notables bourgeois et du peuple. Mgr de Thou reçoit la sainte ampoule à la porte royale, des mains du frère Giron, et prête le serment exigé des seigneurs à l’abbaye de Saint-Père.
Alors commencent les cérémonies du sacre. Le roi qui, la veille, « avait ouï une prédication' sur la divine institution de Ponction des roys de France, que lui fist Messire René Benoist, curé de Saint-Eustache de Paris 1 », sort du palais épiscopal pour se rendre à l’église choisie pour son1 sacre. Revêtu d’une camisole de satin cramoisi et d’une grande robe de toile d’argent, il arrive à la cathédrale par la porte, royale, accompagné des évêques de Nantes et de Maillezais et précédé des archers, du grand prévôt de son hôtel, du clergé, des suisses, des hérauts d’armes, des chevaliers du Saint-Esprit, des Ecossais, des gardes du corps et du maréchal de Matignon, portant l’épée de connétable. Derrière, marchent le grand chancelier de France, le grand maître, le grand chambellan et le premier gentilhomme de la Chambre.
Cependant, les douze pairs, « tous vestus de tuniques de