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Après cette réponse, les évêques de Nantes et de Maillezais soulèvent le roi de son’ fauteuil et demandent aux assistants s’ils veulent l’accepter pour monarque. Reconnu pour légitime souverain par toute la majestueuse assemblée, Henri IV prête le serment du royaume, la main' droite sur le livre saint : « Je promets, dit-il, au nom de Jésus-Christ, ces choses aux chrétiens à moy sujets :
» Premièrement je mettray peine que le peuple chrétien vive paisiblement avec l’Eglise de Dieu. Oultre je tâcheray qu’en toute vacations cessent rapines et toutes iniquités. Oultre je commanderai qu’en tous jugements l’équité et miséricorde ayent lieu, à cette fin que Dieu clément et miséricordieux fasse miséricorde à moy et à vous. Oultre je tâcherai à mon pouvoir, en bonne foy, de chasser de ma juridiction et terres de ma subjection tous hérétiques dénoncés par l’Eglise, promettant par serment de garder tout ce qui a esté dict: Âinsy Dieu m’aide et ces saints Evangiles de Dieu. » L’évêque de Chartres fait alors à Henri les onctions saintes, puis, après la convocation des pairs, faite par le chancelier de France, prenant la couronne et la levant au-dessus de la tête du monarque, il la donne à soutenir aux ducs et pairs, la bénit et la dépose sur le front du roi. Henri IV est ensuite conduit par l’évêque et par les grands seigneurs au trône qui lui est dressé sur le jubé, afin que le peuple puisse le voir. L’évêque officiant fait asseoir le monarque, prie Dieu « dé le confirmer en son throsne^ de le rendre invincible et inexpugnable contre ceux qui injustement s’efforcent de ravir la couronne qui luy est légitimement escheue >\ lui donne le baiser de paix et crie trois fois : Vive le Roi ! Ce cri est successivement répété par les pairs et par tout le peuple ; le son1 des clairons, des hautbois, des trompettes, des tambours et d’autres instruments de musique retentit sous les voûtes de la vieille basilique, tandis que des hérauts jettent des pièces d’or et d’argent, « marquées à l’effigie du Roy, avec la datte du jour et l’année de son sacre et couronnement. »
Mgr l'évêque de Chartres, revêtu d’une magnifique chasuble et assisté de l’abbé de Sainte-Geneviève, du doyen et de six chanoines de la cathédrale, célèbre la messe. Après l’évangile, l’abbé de Sainte-Geneviève, diacre d’honneur, remet « le texte à Mgr l’archevêque de Bourges », grand aumônier, qui le fait baiser au monarque. A l’offertoire, Sa Majesté descend du jubé, précédée des hérauts, des huissiers, de nobles seigneurs et entourée des pairs. M, de Sourdis présente le vin dans un vase d’or ciselé, M. de Souvré un pain d’argent, M. d’Entraigues un pain d’or, et M. Descars, une bourse garnie de treize pièces d’or à l’effigie du roi. Henri IV, « l’offrande faite, s’en retourne sur son trône, portant la couronne, le manteau, le sceptre et la main de justice. » La messe finie, « le roi s’étant réconcilié avec le dict docteur Benoist, son premier confesseur, » se présente à l’autel sans aucun insigne, pour recevoir la sainte communion. Agenouillé, il récite humblement, à haute voix, le Confiteor , « reçoit de l’évêque de Chartres l’absolution en la forme de l’Eglise et communie en très grande humilité au précieux corps et sang de Jésus- Christ, so'us. les deux espèces du pain et du vin1. »
L’office achevé, les évêques et les seigneurs reconduisent le monarque à l’évêché. Le duc de Montbazon marche le premier, portant la couronne sur un coussin de velours. M. d’O le suit avec le sceptre, puis ML de Roquelaure avec la main de justice, et le maréchal de Matignon, l’épée royale au poing 2.
La sainte ampoule est aussitôt reportée processionnellement à l’abbaye de Saint-Père, par les barons qui la remettent aux religieux de Marmoutiers. Sa Majesté, revêtue d’autres magnifiques vêtements, « s’assied à table, sous un dais de belle étoffe, dans la grande salle épiscopale ornée de riches tapisseries »; à sa droite et sur une autre table se placent les