‹ Notre-Dame de ChartresChapitre 77 sur 92 · CHRONIQUE DE ROUEN · texte numérisé non relu

CHRONIQUE DE ROUEN

Le récit d’Haimon se trouve confirmé* par un passage de la chronique de Rouen :

« On construisit dans cette année, pour la première fois en Normandie et dans quelques autres pays, des chariots qui étaient chargés de diverses provisions, puis des fidèles de tout âge et de tout sexe, précédés de pieuses processions, les traînaient eux-mêmes à l’aide de câbles et avec une grande dévotion vers les églises où ils passaient la nuit à verser des larmes et à chanter les louanges du Seigneur. Tantôt ils laissaient en ces lieux les chariots avec leur charge, tantôt ils les conduisaient vides pour les ramener encore vers les mêmes églises ou vers des églises différentes1. »

Le témoignage de Robert-du-Mont prouve encore que cette particularité arriva en 1145 :

« Ce fut à Chartres que l’on vit pour la première fois des hommes traîner à force de bras des chariots chargés de pierres, de bois, de vivres et de toutes les provisions nécessaires aux travaux de l’église dont on élevait alors les tours. Qui n’a pas vu ces merveilles n’en verra jamais de semblables non seulement ici, mais dans la Normandie, dans toute la France et dans beaucoup d’autres pays; partout l’humilité et la douleur, partout le repentir de ses fautes et l’oubli des injures, partout des gémissements et des larmes. On peut voir des hommes, des femmes même se traîner sur les genoux à travers les marais fangeux et se frapper cruellement le corps en présence de nombreux miracles, au milieu des chants et des cris de joie 2. »

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