COPIE DES LETTRES
d'approbation et confirmation , données par le très Illustre et Révérendîssîme Seigneur Ëvêque •de Tournay.
François Vilain de Gand, par la grâce de Dieu et du saint siège apostolique , évêque de Tournay, etc., fait sçavoir à un chacun , comment que de la part des bien-aimées in Christo, Dames Abbesse et Religieuses de l'abbaye de Groeninghe, de Tordre de Saint-Bernard, en la ville de Courtray, de notre ëvèché de Tournay , nous a été montré que de temps immémorial a toujours été observée en grand honneur et révérence , tant par les remontrantes que par celles qui les ont précédées en ladite abbaye, comme aussi par les bourgeois de ladite ville de Courtray, et plusieurs autres pèlerins venus à leur église , et y venant encore journellement des lieux, tant voisins qu'éloignés, une petite image de la très sainte Vierge Marie, ainsi qu'une chandelle de cire, faite de gouttes de la chandelle miraculeuse, laquelle est conservée dans la ville d'Arras, et tenue en grand honneur et estime, où les Prêtres Religieux y ayant leur résidence , sont accoutumés de bénir certaine eau, par l'apposition de cette chandelle , et invocation de la glorieuse Vierge Marie , laquelle on donne à toutes sortes de malades, aux uns pour la boire, aux autres pour la mettre sur leurs plaies, et appliquer à leurs in-
firmitds et afflictions. Et comme les remontrantes ont vu qu'il a plu à Dieu tout-puissant, d'octroyer tant de faveurs et bénéfices à ceux qui invoquaient la très sainte Mère et Vierge, en son image miraculeuse, comme aussi à ceux qui éloignés du lieu, avoient une vraie et pieuse intention vers elle, en son image, invoquant ainsi son secours et aide, et buvant de l'eau bénite, ou l'appliquant au mal, comme est mentionné ci-devant , de tout ceci en temps divers, et a plusieurs personnes affligées et désolées en leurs misères, ont été donnés des bénéfices, guérisons et santé ; de même que plusieurs étant en disette extrême, en agonie , et à l'article de la mort, délaissés des médecins , miraculeusement ont reçu leur santé ; pour ce , elles ont représenté et donné à connaître en forme de requête au très Illustre et Révérendissime seigneur Maximilien Vilain de Gand, notre oncle , et prédécesseur 5 en l'évesché de Tournay , lesdites grâces, guérisons, santé, bénéfices et miracles , requérant par cette requête (afin que le tout serait appert aux temps suivants) qu'aucuns commissaires seraient députés, lesquels s'informeroient promptemenldes affaires et mettroient par écrit tous les témoignages de ceux qui juridiquement seroient ouïs sur cette cause. Mais, encore que leur requête ait été reçue, et les informations tenues par les seigneurs commissaires, il est arrivé que la mort de notre
oncle a empêché qu'il ait pu les examiner; puis après, comme la guerre entre les deux couronnes d'Espagne et de France s'augmentait toujours, la ville de Courtrai était réduite sous la puissance et gouvernement de la France, en l'an 1646, et Tan 1648 ayant été reprise par les Espagnols; enfin, pour que par ces guerres durantes encore en Flandre le fidèle service et dévotion dus à la Sainte Vierge ne seraient anéantis j et que ses singulières grâces et faveurs seraient connues d'un chacun , principalement lorsque par l'orage de guerres aux environs de la ville de Courtrai, et autres lieux de son évêché , la gloire de Dieu et de sa glorieuse Mère, a quelque temps été ralentie, les remontrantes nous ont fait supplier qu'enfin il nous plairoit de poursuivre le contenu desdites informations, et delà procéder jusqu'à la confirmation des grâces et miracles prétendus. Nous donc,voulant satisfaire à leur demande aussi pieuse, et donner témoignage de l'honneur et révérence dus à la Sainte-Vierge , et montrer que sa plus grande gloire nous est à cœur, avons premièrement avant toutes autres choses, examiné lesdites informations , lu ensemble un livre, et après étant jointes , les avons fait réexaminer avec les témoins encore en vie, lesquels par les guerres n'étoient éloignés ou égarés du lieu, afin qu'ils fussent de rechef interrogés sur les susdites informations. Par après nous avons en propre