CONCLUSION
Pour conclusion, nous nous contenterons de citer ces paroles si pleines d'onction que J.-C. , dans le Pharetra divini amoris du dévot Lansperg, adresse au chrétien fidèle :
« Ayez une profonde vénération et une dévotion toute particulière pour ma mère; honorez-la par de pieuses et fréquentes prières ; imitez surtout la sainteté de sa vie et les exemples de vertu qu'elle vous a laissés. Je l'ai donnée au monde comme un modèle de perfection, dinnocence et depureté, comme une avocate puissante et une protectrice assurée. Elle est pour tous les malheureux , un asile et un lieu de refuge : tous peuvent recourir à elle sans crainte et s^en approcher avec une entière confiance. C'est pour cela que je l'ai douée d^une si grande douceur , d'une miséricorde si rare, d'une clémence et d'une bonté si extraordinaires. Elle ne rebute personne , elle se donne a tous, elle ouvre à tous le sein de sa tendresse maternelle ; et jamais elle ne souffre que celui qui l'approche, s'éloigne d'elle sans joie et sans consolation. J'ai mis en elle tant de grâces et des attraits si doux qu'elle est aimable aux pécheurs,
même les plus désespérés et les plus obstinés dans le mal ; et je l'ai choisie comme un hameçon et un puissant appât pour prendre ces âmes criminelles. Les grands pécheurs rompent d'ordinaire mes autres filets, et je ne trouve guère de moyen plus efficace pour les attirer à moi et amollir leurs cœurs que de leur inspirer des sentiments d'amour et de respect envers ma très sainte mère. J'excite en ces âmes rebelles , toujours si dures pour moi, des mouvements de tendresse et de confiance qui les portent à l'invoquer , et bientôt je les trouve plus aptes à recevoir ma grâce et une lumière plus grande. C'est ainsi que je les dispose à corriger leurs mauvaises mœurs, et souvent ils en viennent à mener une vie très sainte et très parfaite.
» Implorez donc tous les jours l'assistance de ma mère, afin que, par son entremise, je vous enrichisse de mes grâces et que j'augmente en vous mon amour. Car je lui ai laissé la distribution des trésors de ma miséricorde, lorsqu'en la personne de S^-Jean je lui ai recommandé tous mes enfants, mais particulièrement les pécheurs pour qui je souffrais en ce moment. Elle ne l'ignore pas : aussi se montre-t-elle si empressée et si attentive à accomplir mes volontés , qu'elle ne laisse périr, autant qu'il est en elle, aucun de ceux que j'ai placés sous sa protection , surtout s'ils sont fidèles à implorer son intercession , et qu'elle s'efforce , par
tous les moyens possibles , de procurer leur réconciliation avec moi.
» Ne conviendrez-vous pas , mou fils , que j'ai fait un bon choix en la chargeant de ce ministère ? Aurais-je pu trouver une personne plus propre à, cet emploi? Ceux qui gémissent sous la pesanteur de leurs péchés, ceux qui sont accablés de tristesse et dénués de toute consolation , peuvent-ils désirer auprès de moi un médiateur qui leur soit plus fidèle, qui les reçoive avec plus de bienveillance, qui me les présente avec plus d'amour que cette Vierge très humble , très miséricordieuse, très clémente et très aimable; qui répand sur les autres, par un excès de plénitude , la compassion et la douceur , qui est revêtue d'un pouvoir immense , qui m'est si agréable , <ît qui , étant ma Mère, est la mère de celui qu'elle a mission de fléchir.
3) Oh ! qu'ils se trompent grossièrement , et qu'ils sont ingénieux à trouver les moyens de s^'endurcir dans le mal et de se perdre sans ressource, ceux qui ne parlent pas avec respect de cette trésorière de mes grâces , et qui refusent de la reconnaître pour leur avocate y auprès de mon Père ! En se mettant mal avec celle dont les prières ont si souvent arrêté mon bras et forcé ma miséricorde, ne se précipitent-ils pas en enfer par la voie la plus courte ? N'ayant personne auprès de
moi qui s'interpose pour eux , et qui retienne ma main, quand elle sera étendue pour frapper, pensent-ils se soustraire à mes coups ? Mais quel châtiment plus terrible puis-je infliger aux pécheurs, que de ne pas les châtier en ce monde comme mes enfants, et de les livrer à leur sens réprouvé comme mes ennemis^ afin qu'étant frappés d'aveuglement, ils ne voient pas le chemin qu'ils tiennent, jusqu'à ce qu'ils se trouvent enveloppés des ténèbres éternelles, et plongés dans des douleurs qui ne finiront jamais ?
3) Je vous donne ces instructions comme a mon enfant fidèle, afin que jamais vous ne vous sépariez des enseignements et de la tradition de mon Eglise qui est régie par mon esprit , et qu'à son exemple^ vous soyez toujours animé à l'égard dé ma Mère qui est aussi devenue la vôtre sur le calvaire, de l'amour le plus tendre, de la confiance la plus entière, de la vénération la plus profonde, »