CHAPITRE V
Fondation du sanctuaire de Notre-Dame de la Fin des Terres par sainte Véronique, — Mort de cette sainte. — Le christianisme cheminant sous terre. — La basilique de Saint-Léonce. — Domination des Wisigoths et des Francs. — Invasions sarrasine et normande. — Translation du corps de sainte Véronique à Bordeaux, — Une légende.
Sainte Véronique déposa dans le sol mouvant du Bas-Médoc un germe précieux : nous voulons parler du sanctuaire vénéré connu sous le nom de Notre-Dame de la Fin des Terres.
Sainte Véronique avait connu, aimé, suivi la sainte Vierge; elle avait partagé ses douleurs et sa compassion à la mort de son divin Fils; elle avait été inondée avec elle au Cénacle des plus brûülantes effusions de l'Esprit d'amour; elle avait assisté à sa mort ineffablement douce, elle ne s'était séparée de Jérusalem que sur la certitude matérielle de sa triomphante Assomption. Quoi
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de plus vraisemblable qu’elle ait voulu consigner pour ainsi dire tous ces souvenirs par l'érection d’un oratoire à la sainte Mère de Dieu! Quoi de plus naturel qu’elle ait voulu mourir et être inhumée sous cet abri tout à la fois virginal et maternel!
Elle y avait déposé, avec plusieurs autres, une relique dite du lail de la Sainte Vierge. On sait qu'il existe aux environs de Bethléem une grotte où, suivant la tradition, la Mère de Dieu se retira momentanément pour allaiter son divin Enfant : une goutte de son lait tomba, dit-on, sur la roche et lui donna une couleur blanchâtre. On détache de petits fragments de cette roche, qui est friable, et on les conserve sous le nom de Zait de la Sainte Vierge. La relique de l’église de Soulac n’auraitelle été autre chose que ce pieux souvenir, apportée par les mains de sainte Véronique, elle méritait bien la vénération que tant de siècles lui ont attachée, et nous regrettons vivement sa disparition (1,
L’oratoire prit le nom de Notre-Dame de à | Fin des Terres : déjà le poète Ausone semble faire allusion à cette appellation de la pointe du Médoc.
Sainte Véronique passa auprès du Sanctuaire
(1) Cette relique figure dans un inventaire dressé en 1676. Elle fut perdue, retrouvée vers le milieu de notre siècle, puis reperdue, comme nous l’expliquerons par la suite.
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