‹ Notre-Dame de la Fin des Terres de SoulacChapitre 18 sur 39 · GO ES · texte numérisé non relu

GO ES

Nous tenons pour assuré que la foi, prêchée par saint Martial, implantée et cultivée par sainte Véronique, ne disparut jamais de ces contrées. Le sous-sol de la basilique de Soulac, s’il pouvait être interrogé, répondrait, comme les cryptes de Saint-Seurin, qu'il y à eu à Soulac aux premiers siècles une communauté chrétienne persistante.

N’avons-nous pas d’ailleurs dans le chevet de la basilique actuelle des colonnes de marbre qui appartenaient certainement à un sanctuaire antérieur, etdontnulne peut contester l'antiquité? Ce sanctuaire n’était plus sans doute l’oratoire primitif de sainte Véronique qui dut être construit très petitement, vili schemate, dit un vieil auteur ; c’est un édifice intermédiaire entre l’oratoire de la sainte et le monument actuel: qui date de la fin du x siègle:

La légende et l’histoire nous fournissent deux données intéressantes sur cette transformation du sanctuaire primitif.

Dans le Florimond de Lesparre, recueil légen-

ant Dhs je notre Ein

PR: De

daire édité par M. Rabanis, nous lisons qu’une noble dame nommée Marie, épouse du seigneur de Sénebrun, voyant que la chapelle de Notre- Dame de Soulac était faite de terre et très exiguë,

. la fit reconstruire sur un plan plus ample et voù-

ter en pierre; elle attribua à l’entretien du sanctuaire sa villa de Soulac, et voulut y être inhumée sous l’autel majeur D; un archevêque de Bordeaux, qu'on dit avoir été son fils, aurait présidé à ses obsèques au milieu d’une immense affluence de peuple. Tel est le récit de Florimond de Lesparre. Nous savons que ce recueil légendaire est entremèêlé de détails qui lui enlèvent toute autorité proprement historique. Mais ne contient-il pas aussi certains faits que leur vraisemblance rend admissibles? La reconstruction de l’oratoire primitif par les libéralités d’une pieuse et riche dame n'est-il pas un de ceux-là? En toute légende, il faut savoir démèêler l’or de lalliage, le vrai du faux.

Venons-en à une donnée plus sérieusement historique ; ici nous avons l’appui de lécrivain le plus autorisé des antiquités bordelaises, l’abbé Baurein. Au vi siècle, Fortunat, évêque de Poitiers, félicite son ami saint Léonce, archevêque de Bordeaux, de ce qu'il à érigé un temple à la Sainte Vierge; temple, dit-il, éclairé par des

(1) Dr Kérédan. Soulac et sa plage, p. 64.

lampes si nombreuses, qu’elles y entretiennent un jour perpétuel. Quel est ce temple, qui imite le sein de Marie, observe Fortunat, en renfermant ainsi la lumière dans ses murailles? N'est-ce pas

le sanctuaire de Notre-Dame de la Fin des Terres,

que saint Léonce aurait reconstruit, peut-être avec les largesses d’une pieuse dame, et consacré de sa main? « Nous ne connaissons nulle part dans nos contrées, dit Baurein appuyant sur cette hypothèse, d'église aussi ancienne, érigée sous l’invocation de la Sainte Vierge ©. »

Ne nous étonnons pas de voir à Soulac dès cette époque un archevêque de Bordeaux. Une notice bénédictine, découverte par M. lFabbé Mezuret, nous apprend que les archevèques de ce siège, une fois élus, se rendaient par Blaye à Soulac, afin de mettre leur épiscopat sous Ia protection de Marie; et de demander au Seigneur la sagesse nécessaire au bon gouvernement de leur diocèse ®. A quel moment cette coutume sionificative s’établit-elle? Nous ne savons. Elle atteste la haute vénération qu’éveillait le sanc-

(1) Baurein. Variétés bordelaises, p. 42. |

(2) « Ne vero excidat, quod traditio asserit, nempe… electos olim Burdigalæ antistites e Blavia statim ab electione Solacum accessisse ut sapientiam sedium dominicarum assistricem et ad diœcesis bonum regimen necessariam à Domino postularent. » (Fonds bénédictin de Saint-Germain des Prés. Bibliothèque Nationale.) — Sainte Véronique, p.128.

' EE à. TP

tes RS > ON La 8 ete a

Page 1