‹ Notre-Dame de la Fin des Terres de SoulacChapitre 19 sur 39 · AT RS · texte numérisé non relu

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tuaire de Soulac, et elle appuie singulièrement les traditions qui en font la gloire.

Si ces premiers siècles ne nous fournissent pas de documents plus précis, il ne faut pas en être surpris. Aucune contrée n’a subi plus d’invasions, plus de bouleversements que le Médoc.

Après les catastrophes de la décadence romaine, les Wisigoths s’en emparent, et leur domination dure de 418 à 507; ces barbares, qui étaient ariens, pillaient les églises et persécutaient le catholicisme. Clovis, à la suite de la victoire de Vouillé, les chasse de l’Aquitaine qui passe momentanément sous le sceptre des rois francs.

Bientôt se produit une autre invasion. Du fond de l’Espagne.,et du haut des Pyrénées, les Sarrasins se répandent dans le midi de la France avec une célérité prodigieuse, voltigeant partout, comme dit un historien, sur leurs chevaux infatigables. Ils s’établissent tout spécialement

dans le Médoc. Arrêtés et battus par Charles

Martel, refoulés définitivement par Charlemagne, ils y laissent des traces de leur passage; des famillessarrasines demeurent en certains cantons, où elles ne se fondent pas tellement dans le reste de la population, que le type arabe, par un effet d’atavisme, ne soit encore çà et là reconnaissable (1).

(4) Kérédan, ch. ur, p. 32, 33, 34.

LE pe

Aux barbares du Midi succèdent les barbares du Nord. Sous les faibles successeurs de Charlemagne, les Normands désolèrent la France.

Montés sur leurs petits bateaux en osier recouverts de peaux, et appelés drakars ou dragons, ces pirates mirent à feu et à sang d'immenses contrées, principalement sur le bord de la mer et des grands fleuves. Ils ravagèrent tellement le pays bordelais, dit une chronique, qu’on faisait des lieues entières, sans voir la fumée d’un toit ni entendre aboyer un chien (.

Ajoutons à cela que les Normands dévastaient les églises et emportaient comme butin les vases d’autel et châsses précieuses. L'Église fit des prières publiques pour demander à Dieu déloigner des confins de la chrétienté cette race impie et sacrilège.

Gentem auferte perfidam Credentium de finibus @).

Cependant, de toutes parts on enlevait les corps saints pour les soustraire au pillage, et on les transportait, des endroits exposés à Ia rage des pirates, en des lieux mieux garantis et plus à l'intérieur des terres. C’est ainsi que les reliques

(4)-Id., ch. 1v, p. 38, 39.

(2) Hymne de la Toussaint.

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