‹ Notre-Dame de la Fin des Terres de SoulacChapitre 21 sur 39 · M DR · texte numérisé non relu

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trois églises existant à l'extrémité du Médoc: celles de Solac, de Gruva ei de Cordan. Bien plus, ce texte semble attribuer à un religieux, sans doute un abbé, qu’ilappelle 75 bons hom, l'érection ou du moins la restauration de ces trois sanctuaires (D.

Il fut impossible de les défendre. Ou du moins la crainte d’une dévastation probable ne permit pas de laisser dans le sanctuaire de Soulac le corps de sainte Véronique. Vers le milieu du ix° siècle, il fut transporté à Saint-Seurin de Bordeaux. On présume non sans fondement qu’en ce même temps plusieurs des reliques de Soulac passèrent en différents pays, et que la paroisse de Bégadan reçut alors sa relique célèbre de saint Jean-Baptiste.

Dans sa Vie de saint Martial, qui est un vrai monument d’érudition, le Père Bonaventure de Saint-Amable dit que la translation du corps de sainte Véronique à Saint-Seurin eut lieu pour cause de guerre ou autres désolations du pays.

Ce dernier mot donne à réfléchir. Les reliques de la chère et aimable sainte auraïient-elles été menacées, dès lors, par les envahisssements progressifs de la mer, ou plutôt des dunes avant-

(1) « E qui gist li bons hom, qui fist l’église de Solac et de Grava, et de Cordan, per lo comandament Karla. » Au moyen âge les moines étaient assez volontiers appelés bons hommes.

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courrières de l'Océan ? C’est possible. Toutefois nous inclinons à penser que les ravages des Normands ont été le motif déterminant de ce transfert, qui priva l’église de Notre-Dame de la Fin des Terres des dépouilles sacrées de son illustre fondatrice (1.

Sa mémoire d’ailleurs ne s’effaça pas pour cela. Un cénotaphe marqua le lieu où avait été son tombeau. La basilique garda fidèlement l'autel de sainte Véronique, ainsi que la fontaine revêtue de son nom où venait puiser la dévotion des fidèles. Nous reviendrons plus tard sur ces deux témoins irrécusables de la vénération rendue de temps immémorial à la sainte amie de Jésus dans le sanctuaire de Soulac.

Pour le moment rappelons un épisode de l’invasion normande qui se rattache à ce sanctuaire. Les barques normandes avaient subitement investi Bordeaux, dont le gouverneur était en Saintonge. Trois jeunes gens courageux se dévouèrent pour aller le prévenir. Profitant de lobscurité d’une nuit d'hiver, ils se glissèrent, ‘inOontés sur une frêle barque, à travers les “drarars des pirates. Mais ils ne purent diriger leur esquif, qui vint échouer sur la côte du Médoc. À ce moment ils implorèrent la protection

…—. (4) Voir sur cette question la dissertation de M. Mezuret. — - Sainte Véronique, p. 127 et suivantes.

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de Notre-Dame de Soulac. Tout à coup la Sainte Vierge leur apparaît, toute resplendissante de lumière et de bonté, elle les rassure tendrement; des mains invisibles remettent leur barque à flot, et ils s’acquittent heureusement de leur mission. Le gouverneur réunit des troupes et vole au secours de Bordeaux qui est délivré. La ville reconnaissante s'engage à reconstruire le vénéré sanctuaire de Notre-Dame (,

Appelez ce récit, si vous le voulez, une légende, Ce mot ne nous effraie pas. Les légendes sont les pariétaires qui croissent sur les vieux murs et qui en attestent à leur manière l’antiquité.

(1) MM. Kérédan et Mezuret ont reproduit ce récit, dit légende des trois jeunes Bordelais. il se trouve dans la Guienne monumentale de Ducourneau, article Soulac (Bordeaux 1842). Nous ne savons où ce dernier auteur l'avait puisé.

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