O*^ Procès-verbal de la Commission
minérales, reconnues à la Source nouvelle par la médecine officielle , ajoutaient encore au crédit de la Grotte et tendaient à y i'aire aflluer ceux-là mêmes qui, pour guérir, ne comptaient que sur les seules forces de la Nature. D'un autre côté, la polémique, en passionnant les esprits, ajoutait à la multitude des croyants la multitude des curieux. Tous les moyens pris par l'incrédulité tournaient directement contre le but qu'elle s'était proposé.
Par l'irrésistible pente des eyénements, pente fatale selon les uns, providentielle selon les autres , le concours que l'Autorité avait voulu arrêter prenait des proportions de plus en plus considérables. Et ce concours allait s'accélérant et se développant d'autant plus que, pour comble de maie chance, les difficultés matérielles opposées aux voyages par les frimas de l'hiver avaient peu à peu disparu. Le mois de mai était revenu. Et les beaux jours de la saison printanière semblaient inviter les pèlerins à se rendre à la Grotte par tous les chemins fleuris qui courent çà et là à travers les bois, les prés et les vignes, dans ce pays d'abruptes montagnes, de coteaux verdoyants et d'ombreuses vallées.
Impuissant et dépité, le Préfet voyait grandir et se généraliser ctt soulèvement pacifique et prodigieux qui portait des multitudes chrétiennes , sans cesse renaissantes, à venir s'agenouiller et boire au pied d'une roche déserte.
Les mesures déjà prises avaient, il est vrai, empêché de donner à la Grotte l'aspect d'un oratoire, mais le fond des choses n'en était pas atteint. De toutes parts on accourait au lieu du Miracle.
Contrairement à l'espérance des Libres Penseurs,