LIVRE SEPTIÈME
<■ blessé le sens moral de nos populations chrétien- « nés. Le parti de tout nier, d'accuser les intentions, « est le plus facile pour trancher les difficultés, nous (( en convenons ; mais, outre c.u'il est peu loyal, il est <« d<^raisonnable et plus propre à irriter les esprits qu'à *( les convaincre. Nier la possibilité des faits surnatu- (( rels, c'est suivre une école surannée, c'est abjurer lo :( Religion chrétienne, et se traîner dans l'ornière de « la philosophie incrédule du siècle dernier. Nous ne « pouvons, nous Catholiques, ni prendre conseil, dan? « cette circonstance, auprès des personnes qui dé- (( nient à Dieu le pouvoir de faire des exceptions aux « lois générales qu'il a établies pour gouverner le « monde, l'ouvrage de ses mains, ni entrer en discus- « sion avec elles pour arriver à connaître si tel ou tel « fait est surnaturel, attendu que , cl avance, elles pro- « clament que le Surnaturel est impossible. Est-ce à « dire que nous repoussons, sur les faits dont il s'agit, « une discussion large, sincère, consciencieuse, éclai- (( rée par la science et ses progrès ? Non, certes : nous « l'appelons, au contraire, de tous nos vœux. Nous « voulons que ces faits soient d'abord soumis aux rè- « gles sévères de la certitude qu'admet une saine phi- « losophie; qu'ensuite, pour décider si ces faits sont « surnaturels et di^ ins, on appelle à la discussion de « ces graves et difliciles questions, des hommes spé- « ciaux et versés dans les sciences de la théologie « mystique, de la médecine, de la physique, de la chi- « mie, (le la géologie, etc., etc, ; enfin, que la Science *« soit entendue et qu'elle se prononce. Nous désirons '< avant tout que, pour arriver à la vérité, aucun « moyen ne soit omis.
« 11 est une autre classe de personnes qui n'approu- « vent ni ne blâment les faits que l'on raconte, mais
« qui suspendent leur jugement : avant de se pro- « noncer, elles désirent connaître la décision de l'Au- « torité compétente, et la sollicitent de tous leurs vœux.
« 11 est enfin une troisième classe, très-nombreuse « et qui a déjà, sur les faits qui nous occupent, des « convictions acquises, quoique prématurées. Elle at- « tend avec une vive impatience que l'Évéque diocé- « sain prononce en premier ressort sur cette grave afa faire. Bien qu'elle espère de notre part une décision « favorable à ses pieux sentiments, nous connaissons <( assez sa soumission à l'Église, pour être assuré « qu'elle accueillera notre jugement, quel qu'il soit, « dès qu'il lui sera connu.
« C'est donc pour éclairer la religion et la piété de (( tant de milliers de fidèles, pour répondre à un be- (( soin public, fixer des incertitudes et calmer les es- « prits, que nous cédons aujourd'hui aux instances (( qui se renouvellent depuis longtemps de toutes parts: « nous appelons la lumière sur des faits qui intores- « sent au plus haut degré les Fidèles, le culte de Marie, « la Religion elle-même. Nous avons résolu, à cet ef- (( fet, d'instituer dans le diocèse une Commission pcru manente pour recueillir et constater les faits qui se « sont passés ou qui pourraient se produire encore a dans la Grotte de Lourdes ou à son occasion; pour « nous les signaler, nous en faire connaître le carac- « tère, et nous fournir ainsi les éléments indispensa- « blés afin d'arriver à une solution.