‹ Notre-Dame de LourdesChapitre 16 sur 238 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

a-t-il voulu naître, \'ivre et mourir au milieu des pauvres, être lui-même un pauvre. C'est parmi ewi, qu'il a pris ses Apôtres, ses principaux Disciples, les premiers-nés de son Église. Dans l'histoire, déjà longue, de cette Église, c'est sur les pauvres qu'il a généralement répandu ses plus grandes grâces spirituelles. De tout temps, et sauf de légères exceptions, les Apparitions, les Visions, les révélations, les grâces éclatantes, ont été le privilège de ces indigents et de ces petits que le Monde dédaigne.

Lorsque, dans sa sagesse. Dieu juge bon de se manifester sensiblement aux hommes par ces phénomènes mystérieux, il descend, de môme qu'un Roi en voyage, dans la maison de ses ministres ou de ses amis particuliers. Et voilà pourquoi il choisit habituellement la demeure des pauvres et des petits.

Depuis bientôt deux mille années se vérifie la parole de l'Apôtre : *< Dieu a fait élection de ce qui est Aiible selon le monde pour confondre ce qui est puissant * . »

Le récit que nous avons entrepris fournira peut-être quelques preuves de ces très-hautes vérités.

Le 11 février inaugurait en 1838 la semaine des réjouissances profanes qui, suivant un usage immémorial, précèdent les austérités du Carême. C'était le jour du Jeudi-Gras. Le temps était froid, un peu couvert, mais très-calme. Dans les profondeurs du ciel, les nuages se tenaient immobiles. Aucune brise ne les

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