‹ Notre-Dame de LourdesChapitre 163 sur 238 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

('. '-endit, à tort ou à raison, que l'eau qui coule dans (c la Grotte opérait des cures merveilleuses ; le concours (( de\int plus nombreux : on s'y rendait en foule des (( départements voisins.

« Le 8 juin, M. le maire de Lourdes prit un arrêté <( pour défendre l'accès de la Grotte. Les considérants (( sont pris dans l'intérêt de la Religion et de la santé « publique. Bien que la Religion eût été mise en avant « et que l'Évéque n'ait pas été consulté, ce dernier n'a « formulé aucune réclamation : il a gardé le silence « pour les raisons ci-dessus exposées.

«Vous voyez, monsieur le Ministre, par ces quel- « ques détails, que la réserve du Clergé n'a pas été « complète dans cette circonstance. Elle n'a été, selon (( moi, que prudente. Quand je l'ai pu, j'ai prêté mon « concours aux mesures prises par l'Autorité civile ; et, «si elles n'ont pas toujours réussi, ce n'est pas à « l'Évéque qu'il faut s'en prendre.

« Aujourd'hui , cédant aux réclamations qui me «sont adressées de toutes parts, j'ai cru que le mo- (( ment était venu de m'occuper utilement de cette « affaire. J'ai nommé une Commission, à l'effet de re- « chercher et de rassembler les éléments nécessaires « pour [irendre une décision, en ce qui me concerne, « sur une question qui remue le pays et qui, d'après « les renseignements qui m'arrivent, semble intéresser t« la France entière. J'ai la confiance que les Fidèles la «recevront avec soumission, parce qu'ils savent que je <« n'aurai rien négligé pour arriver à la vérité. Cette (« Commission fonctionne depuis quelques jours ; je me « détermine à rendre mon Ordonnance publique par «la voie de l'impression, dans l'espoir qu'elle contri- «buera à calmer les esprits, en attendant que la déci- «sionsoit connue. J'aurai l'honneur d'en adresser,

« SOUS peu de jours, un exemplaire à Votre Excel- « lence.

« Je suis, etc. « B.-S., Evêqiie de Tarbes. »

Telle fut la lettre de Mgr Laurence à M. Rouland. Elle était claire, elle était concluante ; il n'y avait rien à y répondre . Le Ministre des Cultes ne répliqua point. Il rentra dans le silence : cela était sage. Peutêtre eût-il été plus sage encore de ne pas en sortir.

Au moment où Mgr Laurence venait, au nom de la Religion, d'ordonner l'examen de ces laits étranges, que l'autorité civile avait condamnés, persécutés et voulu étouffer a pnon, sans daigner mém.e les étudier et les discuter ; le jour même où partait pour le Ministère des Cultes la lettre du Prélat. M. Filhol, l'illustre professeur de chimie de la Faculté de Toulouse, rendait sur l'eau de la Grotte de Lourdes le verdict définitif de la Science. Le consciencieux et très-complet travail du grand chimiste réduisait à néant l'analyse officielle de M. Latour de Trie, ce savant de la Préfecture dont M. le baron Massy avait fait tant de bruit.

<(Je soussigné,» disait M. Filhol, «je soussigné « Professeur de Chimie à la Faculté des Sciences de < Toulouse, Professeur de Pharmacie et de Toxicolo- <{ gie à l'École de Médecine ae la même ville, Clieva- « lier de la Légion d'Honneur, certifie avoir analysé «une eau provenant d'une Source qui a jailli aux en- 0 virons de Lourdes. ..

« II résulte de cette Analyse que l'eau de la Grotte

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