‹ Notre-Dame de LourdesChapitre 162 sur 238 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

« ries d'enfant, que quelques menaces ont fait cesser*. (( Tels sont les faits que des personnes trop zélées ont ti travestis, dans leurs rapports, en scènes perma- (i nentes.

«.le serais bien aise, monsieur le Ministre, que « Yous prissiez des renseignements sur ce qui se passe (( à Lourdes, auprès des personnes honorables qui se « sont arrêtées dans cette ville, pour voir les lieux par u elles-mêmes, entendre les habitants et l'entant qui (( aurait eu la Vision, telles que NN. SS. les Évèques u de Montpellier et de Soissons, Mgr l'Archevêque (id'Auch, M. Yène, inspecteur des eaux thermales, (t Mm.e l'amirale Bruat, M. Louis Veuillot,etc., etc.

«1 Le (Uergé, monsieur le Ministre, ne s'est pas main- (( tenu jusqu'à présent dans une réserve complète à « l'occasion des faits de la Grotte. Le Clergé de la ville (( a été admirable de prudence, n'allant jamais à la (( Grotte, pour ne pas accréditer le pèlerinage, favorici sant au contraire les mesures prises par l'Autorité. « Toutefois il vous a été signalé comme favorisant la (( Superstition. Je n'accuse point le premier magistrat <t du département, dont les intentions ont toujours été (( droites ; mais il a eu dans cette affaire une confiance (( exclusive en ses subordonnés...

4 . Chacun comprendra par quelle raison de haute réserve Sa Grandeur ne mentionna pas ici les soupçons que tout le monde émettait à Lourdes, à Cauterets, à Baréges, à Taibes, partout en un mot, sur l'action occulte de l'Administration et de la Police dans ces scènes de faux visionnaires.- 11 était en effet dit'IJcile au IVélat de dire au Ministre : « Ces prétendus scundales dont vous vous plaignez et que vous grossissez outre miîsure, au point de tout dénaturer et de faire du roman pur, c'est vous-même, dans la personne de vos agents, qui les auriez suscités secrètement, si Ton en croyait l'unanimité du Lruit public. »

« Par ma lettre en réponse à M. le Préfet, à la date (( du 11 avril dernier, lettre qui a été mise sous vos « yeux, j'offrais mon loyal concours à ce magistrat, « pour mener cette affaire à bonne lin. Mais je n'ai pu, (1 comme on le désirait, flétrir, du haut de la chaire « chrétienne, sans examen, sans enquête, sans raison « avouée, les personnes qui allaient prier à la Grotte, <( ni leur en défendre l'accès, alors surtout qu'aucun « désordre n'était signalé, bien qu'à certains jours les (( visiteurs se comptassent par milliers. Outre que u l'Église motive toujours les défenses qu'elle porte, et « que je n'étais pas suflisamment renseigné, j'avais (( aussi la certitude que, dans ce moment d'excitation <{ des esprits, ma parole n'aurait pasét<; écoutée.

(( M. le Préfet, étant en conseil de révision à Lourdes, « le 4 mai, fit enlever, par le (commissaire de police de (( Lourdes, les objets et emblèmes religieux qui étaient « dans la Grotte, et, dans une allocution qu'il adressa « aux Maires du canton, il dit qu'il avait pris cette me- « sure d'accord avec l'Lvèque diocésain, assertion qui « a été répétée, quelques jours plus tard, par le jour- « nal de la Préfecture. Je fus informé de cette mesure « par les journaux et par M. le Curé de Lourdes. Je me « hâtai d'écrire à ce dernier, pour faire respecter les (( ordres de M. le Préfet; je ne me suis plaint, ni alors, « ni depuis, de ce que je paraissais être de moitié dans « une mesure que j'ignorais. Bien que de nombreuses « lettres m'aient été adressées pour m'engager à récluc( mer, je me suis abstenu : je n'ai pas voulu ajouter (( aux embarras de la situation.

(( Les objets religieux enlevés de la Grotte, nous pouu vions espérer que les visites diminueraient peu à peu, «et que ce pèlerinage, si inopinément improvisé, u prendrait (in. U n'en a pas été ainsi. Le public pré-

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