LIVRE HUITIÈME
« maintenir le règne de la Vérité dans le monde *. »
On le voit, dans la vaste polémique qui s'agitait sur cette question des Miracles au sujet des événements de Lourdes, les deux camps étaient absolument tranchés.
D'un côté, les catholiques faisaient appel à un loyal examen: de l'autre, les pseudo-philosophes tremblaient devant la lumière. Les premiers disaient : « Qu'on ouvre une enquête » ; les seconds s'écriaient : « Qu'on coupe court à tout débat. » Ceux-là avaient pour devise la liberté de conscience; ceux-ci conjuraient César d'opprimer violemment ce mouvement religieux et de l'étiiutTer, non par la puissance des arguments, mais par la brutalité de la force.
Tout esprit impartial, placé par ses idées ou par sa position en dehors de la mêlée, ne pouvait s'empêcher de voir avec la dernière évidence que la justice, la vérité, la raison, étaient du côté des catholiques. Il suffisait pour cela de ne pas être aveuglé par la fureur de la lutte ou par un parti jiris absolu.
Bien que, dans la personne d'un Commissaire, d'un Préfet et d'un Ministre l'Administration eût malheureusement pris en cette grave alfeire un rôle des plus passionnés, il existait un homme puissant, qui n'avait agi en rien et qui se trouvait, quelles que fussent ses idt'cs religieuses, philosophiques et politiques, dans les conditions d'une parfaite impartialité. Que le Surnaturel se fût manifesté ou non aux portes de Lour-