‹ Notre-Dame de LourdesChapitre 180 sur 238 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

La sœur d'un notaire de Tarbes, la demoiselle Jeanne-Marie Massot-Bordena\e, était demeurée, à la suite d'une longue et sérieuse maladie, presque entièrement percluse des pieds et des mains. 1^'lle ne marchait qu'avec d'extrêmes difllcultés. Quant à ses mains, habituellement gonflées, violacées, endolories, elles lui refusaient à peu près tout service. Ses doigts, recourbés et roidis, ne pouvaient se redresseret étaient en proie à une complète paralysie. Étant allée voir son frère à Tarbes, elle retournait chez elle, à Arras, dans 1(^ canton d'Aucun. Elle était seule dans l'intérieur de la diligence. Une gourde de vin que son frère lui avait

maladie, parcourant à grands pas sa première période, menaçait, dans un temps plus ou moins éloigné, la vie de l'enfant, lorsque l'on eut la pensée de le porter à la Grotte de Loui'des, où sa guérison s'opéra inslantanément,

« L'affection du jeune Tambourné appartient à la même famille que celle de Busquet, mais elle tst plus grave, car le mal a envahi une grande articulation. Les pr'évisions ont pris déjà un caractère fâcheux aux yeux du médecin qui sait lire dans l'avenir.

M II est possible sans doute de guérir une coxalgie, par les moyens et par les procédés que po-sède la Science. Les «'aux sulfureu-es naturelles ne comptent plus ces sortes de guérisons; mais, dans aucun cas, il ne leur est arrivé de les opérer avec la rapidité de l'éclair.

« i/inslatilanéité daction est tellement en dehors de l.j force médicatrioe, sans l'intermédiaire de laquelle elles ne sauraient guérir, que l'on peut aftirmer qu'il y a fait d'un ordre surnaturel dans tous les cas, compliqués de lésion matérielle, où elle s'est manifestée. Est-il besoin de rappeler que le jeune Tambourné est arrivé à la Grotte porlé par sa mère, et que, quelques moments après, il remontait une pente rapide, marchait et courait le reste de la journée sans éprouver la moindre douleur, et avec autant de facilité qu'avant l'invasion de la maladie? » etc.

donnée étant venue à se déboucher et à se renverser, elle ne put ni la relever ni la reboucher, tant était absolue l'inlirinité de ses doigts.

Lourdes était sur sa route. Elle s'y arrêta et se rendit à la Grotte.

A peine eut-elle plongé ses mains dans l'eau miraculeuse, qu'elle les sentit revenir instantanément à la vie. Les doigts s'étaient redressés et avaient retrouvé soudainement leur flexibilité et leur force. Heureuse au-delà peut-être de son espérance, elle plonge ses pieds dans l'eau miraculeuse, et ses pieds guérissent, comme ses mains. Elle tombe h genoux. Que dit-elle à la Vierge? comment la remercia-t-elle? De telles prières, de tels élans de reconnaissance se devinent et ne s'écrivent pas.

Puis elle remit ses chaussures, et, d'un pas assuré, reprit le chemin de la ville.

Dans la même direction marchait une jeune fdle qui revenait du bois et qui portait sur sa tète un énorme fjigot. Il faisait chaud, et cette pauvre paysanne était couverte de sueur. Épuisée de fatigue, elle s'assit sur une pierre, au bord de la route, en déposant à ses pieds son fardeau, trop lourd pour sa faiblesse. En ce moment Jeanne-Marie Massot passait devant elle, retournant, alerte et radieuse, de la Source divine. Une bonne pensée lui descendit au cœur. Elle s'approcha de la jeune fille.

— Won enfant, lui dit-elle, le Seigneur vient de m'accorder une insigne faveur. Il m'a guérie, il m'a enlevé mon fardeau. Et à mon tour je veux t'aider et te soulager.

Et, ce disant, Marie Massot prit, de ses mains rendues à la vie, le lourd fagot jeté à terre, le posa sur sa tète, et rentra ainsi dans Lourdes, d'où, moins d'uiie

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