LIVRE HUITIÈME
heure auparavant, elle était sortie infirme et paralysée. Les prémices de ses forces retrouvées avaient eu un noble emploi : elles avaient été consacrées à la charité. « Ce que Dieu vous donne gratuitement, donnez-le vous-même gratuitement,» dit quelque part un texte des saintes Lettres ' .
Une femme déjà âgée, Marie Capdevielle, du bourg de Livron, dans les environs de Lourdes, avait également été guérie d'une surdité des plus graves, qui commençait à être invétérée. « Il me semble, »> disaitelle, « être dans un autre monde, lorsque j'écoute les
1. Nous citons en nota le rapport des Médecins chargés iFétudier cette guérison par Ja Commission épiscopale. H est remarquable par sa circonspection. 11 n'ose conclure au Miracle; mais une telle réserve, en un cas si frappant cependant, donne, par contre, aux rapports où le Miracle est reconnu une autorité d'autant ])lus incontestable et d'autant plus forte.
« Mademoiselle Massot-Bordenave (d'Arras), âgée de 53 ans, avait éprouvé, au mois de mai 1858, une maladie qui ôtait à ses pieds et à ses mains une partie de leur force et de leur mouvement. Les doigts étaient dans la demi-tlexion.... On était obligé de lui couper le pain. Elle se rendit à pied à la (irotte, se lava les pieds et les mains, et L'Ile en repartit guérie.
« On ne peut disconvenir que toutes les apparences de ce fait militent en faveur de l'intervention d'une cause surnaturelle; mais, en l'examinant avec attention, on voit qu'il n'est pas à l'abri de quelques objections fondées. Ainsi rorigine du mal remonte à peine à quatre mois; sa nature est peu sérieuse : c'est une débilité de convalescence, une diminution d'énergie dans les muscles extenseurs et iléchisseurs der, doigts et des orteils. Que l'innervation afllue dans ces muscles, sou? l'uillutnce d'une forte excitation morale, et à l'instant ils reprendront leurs fonctions. Or n'est-il pas permis en ce cas d'admettre qu'il a [)u y avoir exaltation d'imagination parle sentiment ivligieux et par l'espérance d'être l'objet d'une faveur miraculeuse? »
3i8 NOTRE-DAME DE LOURDES.
cloches de régiise, que je n'avais pas entendues depuis truis ans. »
Ces gurrisons et beaucoup d'autres continuaient d'attester, d'une façon irrécusable, l'intervention directe de Dieu. Dieu manifestait sa puissance en rendant la santé aux malades; et il était évident que, s'il avait permis la persécution, cela était nécessaire à la conduite de ses desseins. Il dépendait de Lui de la faire cesser, et, pour cela, d'incliner comme il Lui plaisait la volonté des grands de la terre.
La polémique de la presse au sujet de la Grotte était épuisre. En France et à l'étranger, la conscience publique avait été r^'se à même déjuger, non de la réalité des événements surnaturels, mais de ro])|>ression violente que subissaient, dans un coin de l' Empire, la liberté de croire et le droit d'examiner. Les misérables sopliismesdu fanatisme antichrétien et de lintolérance prétendue philosophique n'avaient pas tenu devant la pressante logique des journaux catholiques. Les Ddhats, le Siècle, la Presse et la yile multitude des feuilles irréligieuses se taisaient, regrettant probablement d'avoir entrepris cette guerre malheureuse et fait un si grand bruit autour de ces faits extraordinaires. Us n'avaient réussi qu'à propager et à répandre dans tous les pays la renommée de tant de miracles. De l'Italie, de î'.Allemagne, de contrées plus lointaines encore, on écrivait à Lourdes pour se faire envoyer quelques gouttes de l'eau sacrée.
Au Ministère des Cultes, M. îlouland s'obstinait à