L1VR3 HUITIÈME
M. Lacadé n'eut pas les hésitations de M. Massy. Une pareille solution le déchargeait du rude fardeau qu'avait fait peser sur lui le complexe désir de ménager le Préfet et les multitudes , les Puissances célestes et le Pouvoir humain. Par une illusion assez commune chez les natures indécises, il s'imagina avoir toujours été de l'avis qui prévalait, et il rédigea dans cet ordre d'idées une proclamation solennelle : « Habitants de la ville de Lourdes, le jour tant désiré par nous est enfin arrivé; nous l'avons conquis par notre sagesse, par notre persévérance, par notre foi, par notre courage. » Tel était le sens et le ton de ce curieux document, dont, par malheur, le texte n'est point resté *.
La proclamation fut lue dans toute la ville au son de la trompette et du tambour. En même temps on affichait sur tous les murs le placard suivant :
« Le Maire de la ville de Lourdes , « Vu les instructions à lui adressées,