‹ Notre-Dame de LourdesChapitre 226 sur 238 · LIVRE ONZIÈME. Vil · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME. Vil

toutes ces splendeurs. A travers les rideaux fermés de sa ciiambre, le son joyeux des cloches argentines ne lui arrivait que comme ui) glas funèbre.

Quaut à l)ernadette. Dieu lui marquait aussi sa prédilection, comme il a coutume de le faire pour ses élus, en la faisant passer par la grande épreuve de la douleur. Tandis que, donunant l'immense procession des Fidèles, Sa Grandeur Monseigneur Laurence, évéque de Tarbes, allait, au nom de l'Église, prendre possession des Hoches iMassabielle et inaugurer solennellement le culte de la Vierge qui était apparue à la Voyante, Bernadette, comme le prêtre émincnt dont nous venons de parler, était frap[)éc par la maladie; et la maternelle Providenre, redoutant peutêtre pour sou enfant bien-aimée la tentation de quelque vaine gloire, lui dérobait le spectacle de ces fêtes inouïes, où elle eût entendu son nom acclamé par des milliers de bouches et glorifié du haut de la chaire chrétienne par l'ardente parole des prédicateurs. 1'rop indigente pour être soignée en sa maison, où ni elle ni les siens n'avaient jamais voulu recevoir aucun don, Bernadette avait été transportée à l'hôpital, où elle liisait sur l'humble grabat de la charité publique, au milieu de ces pauvres que le Monde qui passe appelle malheureux, mais que Jésus-Christ a bénis, en les déclarant les bienheureux de son Royaume éternel.

Aujourd'hui, onze ans se sont écoulés depuis les Apparitions de la très-sainte Vierge. Le vaste temple est presque achevé : il s'élève jusqu'à la naissance

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des voûtes, et il y a longtemps déjà que l'on célèbre le saint Sacrifice à tous les autels de la crypte souterraine. Des Missionnaires diocésains de la maison de Garaison ont été installés par l'Évêque à quelques pas de la Grotte et de l'église, pour distribuer aux pèlerins la parole apostolique, les sacrements et le Corps du Seigneur.

Les pèlerinages ont pris un développement sans exemple peut-être dans l'univers : car jamais, jusqu'à notre époque, ces vastes mouvements de la foi populaire n'avaient eu à leur disposition les tout-puissants moyens de transport inventés par la science moderne. Le chemin de fer des Pyrénées, pour lequel un tracé plus direct et moins coûteux était marqué d'avance entre Tarbes et Pau, a fait un détour pour passer à Lourdes, où il verse incessamment d'innombrables voyageurs, qui viennent, de tous les points de l'horizon, invoquer la Yierge apparue à la Grotte, et demander à la Source miraculeuse la guérison de leurs maux. On y accourt non-seulement des diverses provinces de la France, mais encore de l'Angleterre, de la Belgique, de l'Espagne, de la Russie, de l'Allemagne. Du fond des lointaines Amériques, de pieux chrétiens se sont levés et ont franchi les Océans pour se rendre à la Grotte de Lourdes, et s'agenouiller devant ces Roches célèbres, que la Mère de Dieu a sanctifiées en les touchant. Souvent ceux qui ne peuvent venir écrivent aux Missionnaires, et demandent qu'on leur fasse parvenir en leur pays un peu de cette eau miraculeuse. 11 s'en envoie dans le monde entier.

Bien que Lourdes soit une petite ville, il y a sur la route qui conduit à la Grotte un va-et-vient perpétuel, un mouvement prodigieux d'hommes, de fenmies. de

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