VIII PRÉFACE
mes yeux par le souvenir et le récit de ceux qui avaient vu. J'ai fait de longs voyages à travers la France pour interroger tous ceux qui avaient figuré, soit comme personnages principaux, soit comme témoins, dans les événements que j'avais à raconter, pour contrôleileurs récits les uns par les autres et parvenir de la sorte à une entière et lumineuse vérité.
Dans mes investigations au sujet de cette divine histoire, j'ai voulu, en un mot, suivre et pousser aussi avant que cela se pouvait la méthode si excellente que M. Thiers a employée avec tant de supériorité, dans les longs travaux et les sagaces recherches qui ont précédé son chef-d'œuvre sur le Consulat et l'Empire.
J'ai la confiance que, Dieu aidant, mes efforts n'ont pas été entièrement vains.
La vérité une fois connue, je l'ai écrite avec autant de liberté que si, comme le duc de Saint-Simon, j'eusse fermé ma porte et raconté une histoire destinée à ne paraître que dans un siècle. J'ai voulu tout dire tant que les témoins sont encore vivants ; j'ai voulu donner leurs noms et leur demeure, pour qu'il fût possible de les interroger et de refaire, afin de contrôler mcn propre travail, l'enquête que j'ai faite moi-même. J'ai voulu que chaque lecteur pût examiner par lui-même