LIVRE DEUXIEME
pouvaient servir de commentaire à cette Fontaine étrange qui avait surgi soudainement sous la main de Bernadette en extase.
Tandis en effet que ceci se passait à la Grotte, devant la Source miraculeuse jaillie du côté droit de l'aride rocher, on célébrait dans le diocèse de Tarbes et dans plusieurs diocèses de France la mémoire d'une autre Source, la plus illustre et la plus vivifiante de toutes celles qui, depuis six mille années, ont arrosé l'héritage des enfants d'Adam. Ce jour-là, 26 février 1858, Vendredi de la première semaine de Carême, était la fête de la sainte Lance et des Clous de Notre- Seigneur *. Et la Source dont nous parlons, et dont les Offices particuliers du diocèse glorifiaient le souvenir, était la grande Source divine que la Lance du centurion romain, perçant le côté droit du Christ inanimé, avait fait jaillir comme un fleuve de vie pour régénérer la terre et sauver le genre humain. Vidi aquam egredientem de templo, a latere dextro ; et omnes ad qiios pervenit aqua ista salvifacti sunt. «J'ai vu une eau qui jaillissait du temple, du côté droite et tous ceux à qui cette eau arrivait ont été sauvés,» s'était écrié le Prophète, contemplant à travers les siècles les prodiges de la miséricorde de Dieu. En ce jour-là, disaient les prêtres en l'Office des Matines, il y aura, pour la maison de David et les habitants de Jérusalem ^ une Fontaine ouverte^ servant à la purification du pécheur et de toute personne souillée ^ .
1 . Ordo du diocèse de Tarbes pour 1 858, 26 février. Vendredi tle la 1" semaine de Carême. Fête de la sainte Lance et des Clous, iatroït de la Messe. (Voir cette Messe dans le Missel romain, en l'Appendice : Missœ ceîebrandœ in aliquibus lacis ex Indulto Apostolico.)