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Notre-Dame de Malone, N.Y. [microforme]

Au centre de Malone (1),—ville aux gracieuses collines, aux voies larges, aux grands arbres, aux résidences princières, aux jardins fleuris,—s'élève avec orgueil, dans un vert bocage, en face d’un parc planté de beaux érables, d'ormes et de tilleuls, l’église canadienne, Notre-Dame de Malone, qui couvre de son ombre protectrice la blanche maison du pasteur.

Sans doute, Notre-Dame de Malone n’est pas un monument, mais elle est très convenable, et si, d’un côté, les généreux Canadiens de cette ville ne pouvaient faire moins pour le Dieu caché qui daiguait venir dresser sa tente au milieu des leurs, et habiter parmi eux, ils ne pouvaient, de l’autre, faire davantage.

Du reste, comme cette église n’est pas encore revêtue des ornements que son style comporte, la description que nous allons en faire paraîtra nécessairement incomplète.

(1) Malone, situé au nord de l'Etat de New-York, à dix milles de la frontière canadienne, compte 4400 habitants et 880 familles ; il y a 40 ans, on n’y trouvait, d’après les souvenirs de ceux qui vinrent s'y établir alors, que 500 habitants et 80 à 90 maisons. Cette ville, assise sur de gracieuses collines, se blottit, comme dans un nid de riche feuillage, sur les deux rives abaissées de la rivière Salmon, protégée de trois côtés, à l’est, à l’ouest et au sud, par des hauteurs couvertes de gazon, qui ne manqueront pas d'être bientôt envahies par le flot de la population toujours croissant. Malone possède une belle académie, huitécoles de district, 2 journaux hebdomadaires, le Franklin Gazelle et le Malone Palladium, une cour de justice, une prison, un grand nombre d'avocats, 9 médecins, dont un, qui n’est pas le moins recommandable, est

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Notre.Dame de Malone est gothique, avec style de l'architecture ogivale secondaire; la façade est du XIII siècle. Six pilastres, remplissant le rôle de contreforts, s'élèvent de la base jusqu’au fronton ; les quatre pilastres internes forment les côtés des trois portes, et les deux extrêmes sont surmontés chacun d’un clocheton. De chaque côté des portes latérales s'ouvre une fenêtre svelte et élancée. Les pilastres de la grande porte, qui doivent être convertis en faisceau de colonnettes et s'élever au-dessus du tympan de la porte centrale, encadrent la grande fenêtre, destinée à recevoir un balcon et divisée en plusieurs légers meneaux ; ces meneaux sont surmontés de trèfles posés gracieusement les uns au-dessus des autres. La porte principale est couronnée d’un tympan composé d’arcades ogivales, la fenêtre, d'une rosace; et le fronton, flanqué de ses deux clochetons, porte fièrement dans les airs la croix qui fait la honte des protestants et le scandale des gentils (1). Les trois ouvertures, non closes, que nous venons de mentionner, conduisent sous le vestibule ayant également trois portes par où l’on entre dans le lieu saint.

Canadien-français, J. A. Cardinal, élève gradué, avec grande distinction, à l’université Laval,

Ajoutons ? banques, 3 compagnies d'assurance, 40 à 50 magasins, 4 grands hôtels, des boutiques de tous genres, des fonderies, et, ce qui constitue la principale richesse industrielle de cette ville, beaucoup de fabriques de draps et de tanneries, surtout de tanneries.

Il y a 7 églises, dont 2 sont catholiques : Notre-Dame, qui est celle des Canadiens, et Saint-Joseph des Irlandais. L'église Saint-Joseph, bâtie sur une haute colline, dans un des plus beaux quartiers de Malone, a été commencée en 1871 par M. l'abbé J. Sherry. La même année on en posa la pierre angulaire, On fait encore l'office divin dans le soubassement, en attendant que l'intérieur du corps principal soit terminé. Le Corps de cette église a 98 pieds sur 36; le sanctuaire, 25 sur 29 ; les deux côtés de la tour: 18 sur 16; la tour, 17 sur 17.

L'intérieur en est très beau.

Les travaux sont poussés activement sous l'habile direction du curé, M. W. Rossiter.

Avant Notre-Dame et Saint-Joseph, il y a eu deux églises catholiques à Malone, la première bâtie par M. l'abbé McCabe, et la seconde par M. l'abbé Thèves, missionnaire français.

(1) Les protestants remplacent très souvent la croix qui brille au sommet des églises catholiques par une girouette, éloquent emblème de l’inanité de leur symbole et des continuelles variations de leurs doctrines.

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L'intérieur de Notre-Dame n’est pas achevé ; il y manque plusieurs détails de ‘culpture et de peinture, mais les proportions de l’ensemble, les divisions et les lignes principales offrent déjà un beau coup d'œil. Ce sera un chef-d'œuvre d’art religieux auquel on ne trouvera rien de comparable dans le diocèse d'Ogdensburg. Le corps de l'enceinte se compose de la grande nef et de ses collatéraux, ceux-ci se terminant à l'entrée du sanctuaire par un mur droit où s'appuient deux autels. La grande nef, dont le prolongement forme le sanctuaire, est entourée de nombreuses colonnes sveltes, dont les chapiteaux donnent naissance à des faisceaux de nervures irradiant sous la voûte légère, pour la soutenir et en rompre agréablement la mo notonie. La nécéssité a fait ajouter un jubé qui, par nne heureuse disposition, forme au corps de l'enceinte une gracieuse ceinture. L’autel se dresse majestueux sur le fond droit du sanctuaire. Le plan du sanctuaire s'étend au-dessus de celui du chœur, et l'autel, élevé de trois degrés, domine l’un et l’autre. Le tombeau est creux et repose sur une série de colonnettes, tandis que le haut de l'autel est appuyé sur trois gradins fuyants, et composé d’une suite de niches aux frontons aigus et garnis de petits clochetons. Toutes ces lignes inposantes s'harmonisent heureusement avec le fond, qui se compose de trois grands panneaux surmontés d’ogives trilobées, servant comme de cadres à trois belles statues, celle de la bienheureuse vierge Marie, patronne de l’église canadienne, au centre, celle de saint Joseph, patron de l'Eglise universelle, à droite, et à gauche, celle de saint Jean-Baptiste, patron de la grande famille canadienne. Sept grandes lancettes percées de chaque côté éclairent d’une douce lumière toutes les parties de ce temple, qui fait le plus grand honneur et à l'architecte, —lequel n’est autre que le pasteur même,—et aux Canadiens qui lui ont prêté un généreux concours.

Telle est Notre-Dame de Malone.

Elle est là, debout, sur sa haute colline, au milieu de ses enfants, qui se sont groupés autour d’elle et la ceignent comme d'une couronne. Ce n’est pas une figure que nous employons à plaisir ; car les quatre cent cinquante familles canadiennes qui habitent Malone, un peu dispersées au cœur même de la ville, forment pourtant, vers les extrémités, des groupes distincts dans lesquels n'a pénétré jusqu'ici que très peu l'élément étranger : c’est le Flat, à l'est; la French Hill, au sud ; au sud-ouest, le Dépot; au nord, la Plaine. Tous ces groupes se trouvent à prox-

Gin imité, presque à l’ombre de Notre-Dame, à l'exception de la Plaine, qui en est cependant encore assez rapprochée pour que tous ses habitants aient à Notre-Dame un accès des plus faciles.

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