OBJETS PRECIEUX DU TRESOR DE I/EGLISE DE MONTAIGU
(i) Les presents des pelerins princiers, que nous avons mentionnes plus haut, ne doivent pas nous laisser oublier ceux des autres visiteurs du Sanctuaire.
En 1650, Gerard d'Instenraed et Anne Jabachs, sa femme, bffrirent a la Vierge une niche d'ebene et d'argent,surmonte'ede deux anges et portant les armes etles noms des donateurs. Cette belle offrandea echappe aux depredations des temps, et, le premier dimanche de novembre, elle est exposee sur 1'autel du chemin de"*la croix. Les deux ostensoirs d'argent sont aussi des cadeaux des pelerins. Le plus riche d'entre eux est une reproduction massive et peu elegante du chene de Montaigu, abritant la Sainte Image, et soutenu par un cercle d'or et de diamants de la plus grande richesse, au pied duquel prient deux cherubins. L'autre ostensoir a etc donne par des pelerins d'Anvers, en 1824. Le reliquaire gothique qu'on place sur 1'autel aux jours de fete est d'une execution plus soignee. Au milieu, entre des tours d'un beau travail, apparait 1'image d'or de Marie, et sur les creneaux se dressent les statuettes de saint Joseph et de sainte Anne. Le Ciboire en vermeil, de forme octogone, ferme par un couvercle a tourelle; le grand Ciboire d'ar-
gent surmonte (Tun pelican et les divers calices du tresor sont dus egalement a la generosite des pelerins. Trente-neuf lampes d'argent se balancaient, avant la Revolution, aux vofites du temple : la plupart ont ete vendues ou fondues avec les autres ornemcnts par 1'ordre des commissaires de la Republique. Huit d'entre elles ont echappe a la profanation et font regretter celles qui ont disparu. Sur 1'une d'elles on lit le nom de Chretien Lodewyckx de Malines (1697) : deux autres portent les noms de Christophe de Castro (1638) et de Werner, beauperedu ducde Cleves (1625). Ces lampes ornent lanef centrale. Le devant d'autel en velours rouge, avec 1'arbre dela Vierge brode en couleurs, est un present dss pelerins brugeois de 1604. Au siecle dernier, on fit don a 1'eglise du superbe ornement de damas blanc a palmes d'or et d'argent. II passe a bon droit pour un chef-d'oeuvre de broderie religieuse, mais le cede, toutefois, aux admirables vetements sacres, recemment sortis de la niaison Gauchet de Bruges. Les artistes semblent avoir re'.rouve le secret de nos anciens brodeurs, des dames du Beguinage de Lierre, en particulier, dontles ceuvres qu'on pent voir au riche tresor de 1'abbaye d'Averbode paraissent des emaux colories au pinceau.
Parmi les parures de 1'Image miraculeuse, on cite avant tout la robe et le manteau de velours rouge et or offert en 1819 par les pelerins de Maastricht, et le costume a pen pres pareil donne en 1852 par la ville de Breda, ainsi que la robe de soie bleue et celle en dentelle de Bruxelles, don d'un genereux inconnn. La banniere de damas bleue et rouge representant le chene traditionnel et 1'agneau redempteur, ainsi que I'oriflamme de la confrerie du B. Jean Berchmans, brode par M. De Try, sont aussi d'une remarquable beaute. Le baldaquin sous lequel on porte 1'Image miraculeuse est du poids de soixante-dix livres. II est de velours et rehausse d'ornements d'argent.
En 1858, le 9 aout, 1'Infante d'Espagne, Ferdinande de Bourbon, offrit a la Vierge, par 1'intermediaire de la Confrerie
de Notre-Dame de Montaigu erigee dans I'eglise de la Chapslle a Bruxelles, un magnifique ecusson en email portant les armoiries d'Albert et d'Isabelle, les fondateurs. angustes du sanctuaire. Ce fut une fete pour les serviteurs de Marie que 1'arrivee du pieux cortege. Le souvenir des Archiducs bienaimes se reveilla avec une vivacite nouvelle, en face du splendide present de la noble princesse. L'ecusson de 1'Iufante se trouve non loin de celui que la ville de Liege fit parvenir a I'eglise de Montaigu, le 18 septembre 1877. Us rivalisent tons les deux de richesse.
En 1840, des demoiselles delacipitale, en reconnaissance de diverses graces obtenues par 1'interc^ssion de la Vierge de Montaigu, firent don a I'eglise d'une nappe de communion d'ecarlate revetue de dentelles en point de Bruxelles d'une yaleur considerable.
L'ornement rouge pour 1'octave de la Pentecote offert, en 1851, par Madame la douairiere Marie Pangaert d'Opdorp, nee baronne de Raavere de Mooremerschype, est rehausse de dianiants et de pierres de prix. C'est un hommage de gratitude de la douairiere rendue, par Marie, a la sante centre 1'attente de tons. Ces vetements sacres passent pour les plus precieux du tresor de Montaigu.
II faut rappeler encore pour son antiquite la chasuble attribuee a saint Thomas de Cantorbery, chancelier d'Angleterre, tue en haine de la foi en 1170. Elle est de velours rouge. Sa forme a du etre remaniee. La croix du milieu represente Dieti le Pere contemplant son divin Fils sur la croix ; deux seraphins recueillent le sang de 1'auguste victime. Six medallions d'or et d'argent se trouvent snr les cotes anterieurs.
On he se sert de cette antique chasuble que pour 1'ofnce du 29 decembre,fete de S. Thomas. La tradition attribue au meme saint une autre chasuble semblable a la premiere sauf qu'au milieu est brodee 1'image de la Vierge et celledesquatrcEvangelistes.