ACTE TROISIEME
fenèire.) Tiens! voilà, à cette vitre, une pauvre mouche étourdie qui vicut de se jeter dans une toile d'araignée. Mais je n'ai qu'à étendre la main... Non! laissons faire la fatalité. — Oh! ceci est un symbole de tout. Elle vole, elle est joyeuse, elle cherche le printemps, le grand air, la liberté. Oh! oui, mais qu'elle se heurte à la rosace fatale, l'araignée en sort, l'araignée hideuse. Pauvre danseuse! pauvre mouche prédestinée! Hélas! Claude , tu es l'araignée. Claude , tu es la mouche aussi. Tu volais à la science , au soleil , à l'éternelle vérité ; mais tu n'as pas vu, mouche aveugle, docteur insensé, cette subtile toile d'araignée tendue par le destin entre la lumière et loi, tu t'y es jeté à corps perdu , misérable fou! et maintenant tu le débats, la tête brisée elles ailes arrachées, entre les antennes de fer de la fatalité. Laissons, laissons faire l'araignée! (ii prend sur la laWe un
compassé U'Te.el grave en silence sur la muraille «les lettres capilales.) JEHAN FROLLO, sorUnl <le sa cachette
Qu'est-ce qu'il grave donc lii, sur le mur? — Vu mot grec, — ANArRH.
CLAUDE FROLLO, se retournant au bruit
Entrez, maître Pierre.
J E H A .N FROLLO
Mon frère !
CLAUDE FROLLO, brasquement.
C'est vous, Jehan ! Que venez- vous faire ici"?
Je venais vous demander...
Quoi';
CLAUDE FROLLO
IKH \N FROLLO.
Un peu de morale, dont j'ai grand besoin, ia parti Et un peu d'argent, dont j'ai plus grand besoin encore.
.Monsieur, je suis très mécontent de vous.
JEHAN FROLLO
Ilélas !
CLAUDE FROLLO
Oii en ètes-vous des décrétâtes de (Iratien?
JEHAN rnoLLO.
J'ai perdu mes cahiers.
r.LAUDK FROLLO.
Où en ètes-vous des huinaiiités latines?
JEHAN FROLLO
On m'a vnlé mon exemplaire d'Ilornliiis.
CLAUDE FROLLO
OÙ en êtes-vous d'Aristoteles? — Mais savez-vous épeler le grec seulement ?
JEHAN FROLLO
Monsieur mon frère , vous plaît-il que je vous explique en btm parler français ce mol grec qui est écrit là sur le mur ?
CLAUDE FROLLO
Quel mot?
JEHAN FROLLO
ANArKH?
CLAUDE FROLLO
Eh bien, Jehan , qu'est-ce que ce mot veut dire?
JEBAN FROLLO.
Fatalilé ! Et ce mot qui est au-dessous, gravé par la même main, 'Avotys/f/i, signifie Impureté. Vous voyez qu'on sait son grec. (Un silence.) Mon bon frère...
CLAUDE FROLLO
Voyons, au fait! Qu'est-ce que vous voulez?
JEHAN FROLLO
Eh bien, voici. J'ai besoin d'argent.
CLAUDE FROLLO
Et qu'en voulez-vous faire?
JEHAN FROLLO
Oh ! je ne m'adresserais pas à vous en mauvaise intention. Il ne s'agit pas de faire le beau dans les tavernes avec vos douzaius. Non, mon frère, c'est pour une bonne œuvre.
CLAUDE FROLLO
Quelle lionne œuvre?
JEHAN FROLLO, cherchant la bonne «euTre.
Il y a deux de mes amis — qui voudraient acheter une layette — àl'enfanl... d'une pauvre veuve haudriette. — (^ela coûtera trois florins, et je voudrais mettre le mien.
CLAUDE FROLLO
Comment s'appellent vos deu.v amis ?
JEHAN FROLLO
Pierre l'Assommeur et Baptiste Croque-Oison.
De singuliers noms pour dos àmcs charitables! El depuis <|iianil les veuves haudrietles ont-elles des marmols au maillot?
JEHAN FROLLO, elTronltment
Eh bien, oui, j'ai besoin d'argent |ioiir donner un hratidel à Isabeau la Thierrve !